Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Sabir Mateen : The Sabir Mateen Jubilee Ensemble (Not Two, 2012)

the sabir mateen jubilee ensemble

Avec autant de cuivres, de cordes et de rythmiciens (plutôt anti-rythmiciens ici), on pouvait craindre que le Sabir Mateen Jubilee Ensemble passe en force et abandonne sur le bas-côté le chemin des justes sagesses. Et c’est justement ce qui arrive ici. Et c’est, précisément, ce qui rend ce disque attachant.

Ici, l’on flotte et l’on rejette la précision. On emprunte quelques petites choses à Sun Ra et l’on pétrifie les égos. Ce free jazz-là sera collectif ou ne sera pas. On s’abreuve d’approximatif, les harmonies s’opposent, on chaloupe et syncope les ardeurs. On ne craint pas de convulser et d’effriter la mesure. D’ailleurs, la mesure ne sera pas. On la crie, plus rarement on la chuchote (le leader en solo de flûte absolu). Et l’on termine en énumérant les joyeux compères de l’ami Mateen : M Nadar, Lewis Barnes, Matt Lavelle, Masahiko Kono, Mike Guilford, Darius Jones, Joe Rigby, Ras Moshe, Raymond A. King, Derek Washington, Shiau-Shu Yu, Jane Wang, Clif Jackson, Rashid Bakr.

The Sabir Mateen Jubilee Ensemble : The Sabir Mateen Jubilee Ensemble (Not Two Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ We Can Do I 02/ We Can Do II 03/ We Can Do III 04/ A Joy 05/ A Better Place I 06/ A Better Place II 07/ Shades of Brother Leroy Jenkins
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Matt Lavelle: Spiritual Power (Silkheart - 2007)

lavellegrisliMembre du Nation of We du tromboniste Steve Swell en tant que trompettiste, Matt Lavelle peut aussi convaincre lorsqu’il s’empare d’une clarinette basse ou d’un bugle. Ce qu'il prouve sur Spiritual Power, enregistrement de compositions personnelles qu’il défend aux côtés d’Hilliard Greene (notamment contrebassiste de Charles Gayle) et du batteur Mike A. Thompson.

Avec l’aide, donc, d’une section rythmique sécurisante dès l’ouverture (Spiritual Power), Lavelle déploie un savoir-faire solide, tenant d’une connaissance approfondie de l’histoire du jazz (et du swing, notamment) comme il se permet un recours fréquent à une improvisation fiévreuse.

A partir d'un thème évoquant Gershwin, Lavelle fomente, par exemple, la fronde d’un lyrisme ironique (Stars Like Fleas) ; d’une mélodie ciselée sur swing lent et introduite par un clin d’œil de Thompson à Max Roach, il fait une progression polyrythmique et défaillante (I Will Have Love in my Life). Ailleurs, il alterne des tourments intérieurs réécrits à trois (End Times) et un free forcément exutoire (Hey Liduva).

Aux Seth Speaks et Sí Se Puede (première partie, surtout) moins inspirés, Spiritual Power peut, au final, se targuer de révéler les talents divers de Matt Lavelle, interprète habile et compositeur en devenir, leader généreux offrant à ses partenaires, brillants, des plages de choix dont ils savent profiter.

CD: 01/ Spiritual Power 02/ Stars Like Fleas 03/ Si se puede (Yes We Can) 04/ End Time 05/ I Will Have Love in My Life 06/ Hey Liduva 07/ Seth Speaks

Matt Lavelle - Spiritual Power - 2007 - Silkheart. Distribution Orkhêstra International.

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Steve Swell's Nation of We: Live at the Bowery Poetry Club (Ayler Records - 2006)

swellnatiosliComme le Celestrial Communication Orchestra mené jadis par Alan Silva, le Nation of We de Steve Swell – ici enregistré début janvier 2006 à New York – rassemble quelques musiciens de premier ordre le temps d’un projet ambitieux. Mais l’époque demande plus de fougue encore, et conseille à chacun de soigner ses sursauts d’individualisme.

Trompettes de Roy Campbell, Lewis Barnes et Matt La Velle, en façade, l’ensemble tombe sans attendre dans les excès amusés d’un free ravageur. 16 musiciens, donc, partis à la recherche de gestes expiatoires enfouis, qu’ils provoquent dissonances ou emportements plus dramatiques - à l’image des phrases de saxophones de Rob Brown, Sabir Mateen, Ras Moshe, Saco Yasum et Will Connell (First Part).

Sonnant l’heure des trombones – de Swell, donc, Dave Taylor, Peter Zummo et Dick Griffin -, Second Part poursuit sur le même rythme et avec les mêmes intentions, auxquelles désobéiront pourtant l’intervention extatique des contrebassistes Matthew Heyner et Todd Nicholson, puis le piano de Chris Forbs, s’occupant en compagnie du batteur Jackson Krall d’imposer un passage plus déconstruit. Anéanties aussi par de nouveaux emportements collectifs, joyeusement coupables de cacophonies disposées à distances régulières, mais aussi de pauses lascives et de phases inquiètes.

Car le Nation of We répète l’éternel dilemme, vacillant entre phrases lâches et assauts vindicatifs (Third Part) - les trombones faits avocats de la mesure quand les saxophones n’en pourront plus de tout se permettre (Fourth Part). Jusqu’à la conclusion unanime scellant la réconciliation inévitable.

CD: 01/ First Part 02/ Second Part 03/ Third Part 04/ Fourth Part

Steve Swell's Nation of We - Live at the Bowery Poetry Club - 2006 - Ayler. Téléchargement.

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