Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Echtzeitmusik Berlin (Wolke Verlag, 2011)

Echtzeitmusik

Au milieu des années 1990, un mot s’est imposé pour désigner la musique d’une scène née quelques années plus tôt à Berlin, qui hésitait jusque-là à se dire improvisée, expérimentale, libre ou nouvelle – plus tard, réductionniste. A ce mot, à cette musique et à cette scène, un livre est aujourd’hui consacré : Echtzeitmusik Berlin.

Cette scène est diverse, sa musique donc multiple ; ce mot n’est d'ailleurs pas apprécié de tous les musiciens qu’on y attache. Qu’importe, puisqu’il s’agit ici, sous prétexte d’éclairage stylistique, de revenir sur le parcours de nombre de ses représentants et pour eux d’expliquer de quoi retourne leur pratique musicale. C’est ce que font Andrea Neumann, Margareth Kammerer, Annette Krebs, Kai Fagaschinski, Burkhard Beins, Christoph Kurzmann, Ekkehard Ehlers, Axel Dörner, Franz Hautzinger, Werner Dafeldecker, Ignaz Schick, Robin Hayward

A propos de l’étiquette, tous n’ont pas le même avis (Hayward met en garde contre l’idiome réductionniste, Hautzinger accepte le terme Echtzeitmusik sans se satisfaire d’aucune définition, Ehlers prend de la hauteur et brille par sa sagacité…). Des réflexions poussées, des retours en arrière et même de sérieuses tables rondes, posent le problème dans tous les sens – des voisins et amis abondent qui proposent quelques pistes : Sven Ake-Johansson, Toshimaru Nakamura, Rhodri Davies... A force, sont bien mis au jour des points essentiels : volonté de « sonner électronique » en usant d’instruments classiques ou intérêt revendiqué pour le silence. Et puis voici que Krebs précise « quiet volume » quand Schick conseille « play it loud ». La scène est irréconciliable, si elle est celle d’une époque et d’un lieu ; sa musique seule est d’importance.

Burkhard Beins, Christian Kesten, Gisela Nauck, Andrea Neumann (Ed.) : Echtzeitmusik Berlin. Selbstbestimmung einer szene / Self-defining a scene (Wolke Verlag / Metamkine)
Edition : 2011.
Livre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Andrea Belfi, Ignaz Schick : The Myth of Persistence of Vision Revisited (Zarek, 2011)

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Aux côtés du percussionniste Andrea Belfi, Ignaz Schick dévoilait aux platines The Myth of Persistence of Vision Revisited, disque au master estampillé Giuseppe Ielasi.

Là, ce sont six pièces nées de la rencontre – connivence affermie par un lot de concerts plus tôt donnés ensemble – de deux rythmiciens subtils. L’art de la précision qu’ils ont en commun, Schick et Belfi le mettent à profit de tailles miniatures qui n’interdisent pas aux couleurs et aux textures de se mêler en d’implacables environnements.

Belfi en endurant sur toms et caisse claire, Schick en générateur de boucles ou de drones ; l’un et l’autre faisant ensemble œuvre électroacoustique minimaliste et fière. Concassés, quelques disques, croirait-on, de Radian, Kruder & Dorfmeister ou Ingar Zach… Autre mythe que celui qui parlerait d’évocations forcées ou de références obligatoires : Schick et Belfi agissent avec superbe, sur le moment et sans souvenir encore, ne faisant confiance qu’à leurs penchants saturniens – Myth 5 en dit assez long sur ceux-là – et à leurs impulsions.

Andrea Belfi, Ignaz Schick : The Myth of Persistence of Vision Revisited (Zarek)
Enregistrement :mai 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Myth 1 02/ Myth 2 03/ Myth 3 04/ Myth 4 05/ Myth 5 06/ Myth 6
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ignaz Schick, Dawid Szczesny : Live In Geneva (Zarek, 2011)

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Une nuit de novembre 2008 à Genève, on l’imagine déjà imprégnée des premiers frimats hivernaux. Un lieu étroit et pittoresque (Cave12 / L'écurie) fréquenté ce soir-là d’esprits dévoués à la cause electronica – nombre d’entre eux doivent être fans des productions Crónica. Un duo germano (Ignaz Schick) - polonais (Dawid Szczesny) en performance live intégrale, consécutive à leur début The View Underneath échafaudé sur le label NonVisual Objects quelques mois plus tôt.

Cinq titres joués à coup de turntables, gongs, laptop, arcs et boucles, voyage fantasmagorique où Z’ev approcherait @c – à moins que ce ne soit Figueras, Toop & Burwell. Un surprenant échantillonnage sonore – où l’abstraction devient concrète, alors que, peut-être, le palpable incandescent s’effrite en un éther industriel, cherchez l’interstice – tout est toujours question d’ouverture sur l’au-delà. Peuplé d’instants graves, agité de peurs ancrées dans nos instincts primitifs, affrontant les Zoroastre modernes dissimulés dans un monde numérisé – il n’est pour autant nullement déshumanisé.

Appliquez les sous-couches bruitistes en siphonnant une liberté post-free jazz, imprégnez-vous d’une tentation expérimentale qui n’alourdit jamais le propos, particulièrement sur le Movement 4, digne des plus belles heures de l’officine viennoise Mosz. Laissez poser le tout, quelques nuits rêvassées durant, l’effet durable est garanti – pour une redécouverte permanente de saveurs assumées et sans complexes.

Ignaz Schick, Dawid Szczesny  : Live In Geneva (Zarek)
Enregistrement : Novembre 2008. Edition : 2011.
CD : 1/ Movement 1 2/ Movement 2 3/ Movement 3 4/ Movement 4 5/ Movement 5
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Phosphor : Phosphor II (Potlatch, 2009)

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Avec ce second album de Phosphor, le label Potlatch donne une nouvelle marque du suivi qu’il exerce fidèlement auprès de « ses » artistes – il faut dire également que la première galette (P501, 2001) du groupe berlinois pâtissait d’un son terne et que le présent enregistrement répare cet inconvénient : Burkhard Beins (percussion, objets, etc.), Axel Dörner (trompette, electronics), Robin Hayward (tuba), Annette Krebs (guitare, objets, etc.), Andrea Neumann (intérieur de piano, table de mixage), Michael Renkel (guitare, ordinateur) et Ignaz Schick (tourne-disque, objets, archets) ont gravé ces six pièces (qui prennent la suite des six mouvements du précédent opus) dans d’excellentes conditions.

Et cela concourt beaucoup à l’adhésion de l’auditeur : l’espace d’écoute se voit redimensionné par les structures portantes soufflées, grenues, lissées ou pulvérulentes qui émanent de l’instrumentarium du groupe ; mécaniques ou organiques, électriques ou acoustiques, les sonorités, dans leur « jeu », déploient des mondes poétiques, déposent des mégalithes complexes – et quelques vignettes dont les riches textures et dynamiques sont assez éloignées de l’emprise urbaine du primo-réductionnisme.

Phosphor : Phosphor II (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009
CD : 01/ P7 02/ P8 03/ P9 04/ P10 05/ P11 06/ P12
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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