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Hamiet Bluiett : Orchestra, Duo & Septet (Chiaroscuro, 2011)

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Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dès le titre, l’affaire est entendue. Deux jours de 1977, Hamiet Bluiett essaya trois combinaisons. Hamiet Bluiett et Don Pullen s’y essayèrent ensemble, pour être juste. La pièce du duo n’est pourtant pas la plus marquante des trois que l’on trouve sur Orchestra, Duo & Septet – ce Nioka qui avoue sa faiblesse sur piano romantique avant d’abandonner tout désir d’audace aux promesses des formations plus épaisses.

A l’orchestre rendant Glory (Symphony For World Peace) et au septette combinant Oasis et The Well, donc. Entre le baryton et la clarinette de Bluiett et le piano de Pullen s’immiscent ainsi >>>

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Le sous-titre de « Glory » prévenait de l’emphase du projet orchestral. Sa théâtralité est évidente, mais la forme de son propos n’est jamais arrêtée. La « symphonie » de moins d’un quart d’heure traverse un champ récitatif nébuleux avant d’accorder deux emportements à la traîne desquels l’orchestre brode : écarts dissonants d’un Pullen tissant des liens avec l’art de Chris McGregor période Blue Notes et impétuosités barytones de Bluiett. Et puis, la machine se grippe : les cuivres œuvrant au changement de décor les font tomber tous, événement que l’entier groupe reprend à son compte pour vociférer sur ruines fantastiques.

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The Well is there for all. La seconde face est celle d’un septette bon enfant d’allure et pourtant tranchant net en faveur d’une rosserie musicale jouant de contrastes. Bluiett divague dans les hauteurs de son baryton avant de répéter une note grave à laquelle les cordes opposeront des sifflements descendants : l’« Oasis » faite fontaine de jouvence, comme le laisse concevoir ce court texte au dos de la couverture.

La même année, Hamiet Bluiett s’essaya aussi au solo. Birthright fut enregistré en loft, à New York encore. Il y fait preuve d’une instabilité qui le détache une autre fois de toutes conventions (de style, notamment). Le label India Navigation publia ce solo. Un rapprochement avec Chiaroscuro aurait permis l’édition d’un disque double célébrant le grand art d’Hamiet Bluiett, toujours égal, qu’il ait été seul ou diversement accompagné.

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Hamiet Bluiett : Birthright (India Navigation, 1995)

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Birthright ou l'élégance d'Hamiet Bluiett racontée en 48 minutes. En 1977, offertes au public d'un loft new-yorkais, les poses hallucinantes d'un solo de saxophone baryton. Pour un free jazz qu'on raccommode avec ses sources ; qui met genou à terre le temps d'un hommage appuyé au blues des origines.

Histoire qu'on n'y revienne plus, signaler la maîtrise, impeccable, de l'instrument. Nouveau Faust, Bluiett explore avec emphase des gradations tout juste établies (Doll Baby, aka Song Service), ose les variations de phrases répétées (My Father's House), ou se moque du vertige lorsqu'il estime le gouffre séparant les contrastes (The Mighty Denn). Assagi, il poste délicatement quelques déclarations intimes (Ebu-Helen).

Dédiant In Tribute to Harry Carney à son maître de musique, il y appuie, respectueux, un free blues capable de silences comme de digression funk minimaliste. Carney notera l'élève tout à la fois studieux et innovateur, lorsque celui-ci se laisse aller à déconstruire à la lettre The Village of Brooklyn, Illinois, ou fait comprendre que les tremblements de My Father’s House ne sont pas d'hésitation, mais une façon comme une autre d'aller voir ailleurs.

De ce côté-ci, pas trop d'efforts à faire : Bluiett ne tient pas en place. L'espace du loft, il s'en sert ; la disposition des micros, il en joue, s'approche des appareils, compte sur eux pour capter les chocs des clefs de son instrument, ou s'en éloigne, histoire d'entamer un peu la présence, jusqu’au moment de mettre un terme au concert (Closing). La messe est dite ; le message délivré ; le solo éblouissant.

Hamiet Bluiett : Birthright (India Navigation / DAM)
Enregistrement : 1977. Réédition : 1995.

CD : 01/ Doll Baby, aka Song Service 02/ The Mighty Denn 03/ The Village of Brooklyn, Illinois 04/ Ballad for George Hudson 05/ My Father's House - 1. Hamiet 2. Deborah 3. Karen 06-07/ In Tribute to Harry Carney 08/ Ebu-Helen 09/ Closing
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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