Le son du grisli

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Don Cherry: Live at Café Montmartre (ESP - 2007)

cherrysliEn  son  refuge  scandinave, Café  Montmartre de  Copenhague, Don Cherry menait en 1966 un quintette de nouveaux barbares.

Sur la section rythmique emportée de Bo Stief et Aldo Romano, le trompettiste, appuyé par le saxophoniste Gato Barbieri, projette sur scène un free jazz hautain, qui ménage les incartades ravageuses (signées Barbieri, le plus souvent) et des expériences consistant à passer leur souvenirs du bop en transformateur (Cocktail Piece, Free Improvisation). Plus langoureux (Neopolitan Suite) ou accueillant les couleurs sorties de la palette du vibraphoniste Karl Berger, le discours a autant de mal à s'assagir, élevé par une émulation trouvant à chaque fois le mot juste: plaintes combinées de Complete Communion, gimmick à peine découvert, déjà surprenant, de Free Improvisation.

Expéditif, le set renferme l'essentiel du message d'alors de Don Cherry, et l'énoncé, abrasif, se passe on ne peut mieux de tout développement.

CD: 01/ Intro 02/ Cocktail Piece 03/ Neopolitan Suite: Dios & Diablo 04/ Complete Communion 05/ Free Improvisation: Music Now 06/ Cocktail Piece (end)

Don Cherry – Live at Café Montmartre – 2007 – ESP. Distribution Orkhêstra International.



Albert Mangelsdorff: And His Friends (MPS - 2003)

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Albert Mangesldorff And His (Six) Friends. On a très peu d’amis, sans doute, mais les six duos minimalistes et baroques enregistrés entre 1967 et 1969 privilégient l’entente plutôt que le foisonnement.

En ouverture, une discussion entre Mangelsdorff et Don Cherry sur un thème de Terry Riley, I Dig It, ici rebaptisé I Dig It, You Dig IT, principe en filigrane de l’album entier. La complicité mène à l’amusement et, de répétitions entrelacées en improvisation souriante, les deux musiciens exploitent entièrement leur instrument, autant musicalement que physiquement (sons sortant de l’instrument, puis de l’embouchure seule). La voix de Don Cherry prononce, enfin, le titre du morceau, et clôt le duo le plus emblématique publié ici, l’âme, presque, du projet mené par le tromboniste allemand.

Aux côtés d’Elvin Jones (My Kind of Time), Mangelsdorff écoute d’abord le swing imposé, avant de suivre. Allégeance discrète faite au batteur, le tromboniste se montre plus volubile lorsqu’il enregistre avec Karl Berger (Way Beyond Cave), au vibraphone sage et précis, ou en compagnie d’Attila Zoller (Outox), dont la guitare, pas impressionnante, cherche la réponse adéquate à l’imagination de Mangelsdorff, ne la trouvant qu’à la toute fin du morceau.

Al-Lee, courte improvisation aux influences hongroises, démontre un Lee Konitz capable du meilleur dans le domaine. Braxton policé, le saxophoniste entame une véritable course contre le trombone, jusqu’à le rejoindre, et à faire du duo une démonstration irréprochable de l’entente de deux musiciens jouant, on peut le croire, d’un seul et unique instrument.

Dernier instrument à prendre place auprès du trombone, le piano de Wolfgang Dauner entame, en maltraitant les cordes, une romance là pour soigner. Succession de notes intemporelle et rarement de bon goût confrontée à l’avant-garde de cette fin d’années 1960, My Kind of Beauty, morceau baroque et décalé, est une couverture idéale, étouffant d’accalmie le chaos imposé tout au long du disque par Albert Mangelsdorff et ses amis.

Albert Mangelsdorff : And His Friends (MPS)
Enregistrement : 1967-1969. Réédition : 2003.
CD : 01/ I Dig It, You Dig IT 02/ My Kind of Time 03/ Way Beyond Cave 04/ Outox 05/ Al-Lee 06/ My Kind of Beauty
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


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