Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Marc Behrens : Queendom Maybe Rise (Crónica, 2013)

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Outre une apparition sur l’excellentissime HD de son compatriote Atom™, Marc Behrens est surtout connu pour son œuvre électroacoustique, qu’il développe depuis plus de vingt ans avec une constance qui n’a d’égale que son inifni sens de la recherche. Son nouveau bébé, Queendom Maybe Rise, ne fait nullement exception à la règle, bercé qu’il est entre field recordings ovipares et traitement numérique soigné.

En de nombreux instants, on a l’impression d’assister à un documentaire animalier sur le monde des airs et/ou de l’inifiniment petit mis en ondes par Nicolas Bernier, avant qu’un violent orage ne vienne tout bouleverser ; à d’autres instants, on retrouve les excellents échos de Thomas Köner, voire de Jana Winderen, pour quarante-et-une minutes de bravoure captivante. Second et dernier titre, Quuendom repose entièrement sur la voix de Yoko Higashi (déjà aperçue chez Lionel Marchetti), directement ou régénérée digitalement telle la rencontre entre Luciano Berio et Machinefabriek. Pourquoi se priver ?

EN ECOUTE >>> Maybe Rise >>> Queendom

Marc Behrens : Queendom Maybe Rise (Crónica / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Leafer Maybe Rise 02/ Queendom
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch, 2013)

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Vieille branche de la musique électronique, qu’elle soit ou non drapée de beats, Mika Vainio joint ses forces obscures au Suédois Joachim Nordwall (le fondateur du label iDEAL Recordings), pour un disque en tous points vibrant. Telle une connexion frappadingue où Einstürzende Neubauten jammerait – osons le mot – aux côtés de SunnO))) dans un squat berlinois à douze mètres du mur, les deux Scandinaves font hurler les guitares et l’électronique, qu’est-ce que ça envoie du bois, ou plutôt de l’acier trempé.

Toutefois, Vainio (pour rappel, moitié de Pan Sonic) et Nordwall ne se contentent pas de jouer à qui sera le plus bruyant et/ou strident. Passés les – très – impressionnants deux premiers morceaux, un calme dès plus trompeurs s’installe, comme un écho de combinat est-allemand désaffecté (think Jason Kahn vs Gilles Aubry) et la suite des sept tracks explose à la moulinette toute allusion à la monotonie. Au-delà des mots, je vous laisse le plaisir sensoriel de la découverte, vous risquez d’en ressortir tout ouf.

Mika Vainio, Joachim Nordwall : Monstrance (Touch / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Alloy Ceremony 02/ Live At The Chrome Cathedral 03/ Midas In Reverse 04/ Irkutsk 05/ Praseodymium 06/ Promethium 07/ In The Sheltering Sanctus Of Minerals
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Anla Courtis, Jean D.L. : The Light Burns Ghosts (MNÓAD, 2012)

anla courtis jean dl the light burns ghosts

On ne sait jamais vraiment ce qu’Anla Courtis ramènera d’une nouvelle exploration et c’est peu dire quand il collabore et quand cette collaboration se fait avec un musicien inconnu de nous (de moi), ici : JEAN D.L.

Longue collaboration pourtant, s’il faut en croire les dates entre lesquelles s’est construit The Light Burns Ghosts (2005-2012). Dans quelle base sous-marine désaffectée le duo est-il allé enregistrer ? Ca souffle de partout, les basses vous environnent, les bruits de métaux vous (m’) arrivent en rafales et tout demande que l’on se calme, et même définitivement. C’est ce qu’Anla Courtis et Jean D.L. finissent par faire au bout de vingt minutes qui documentent sept années de leur belle collaboration.

Anla Courtis, Jean D.L. : The Light Burns Ghosts (MNÓAD)
Enregistrement : 2005-2012. Edition : 2012.
DL : The Light Burns Ghosts
Pierre Cécile © Le son du grisli

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70 Years of Sunshine (Monotype, 2013)

70 years of sunshine

Il y a vingt ans, pour célébrer les cinquante ans du premier voyage  fait sous LSD (par le docteur Albert Hofmann), Kim Cascone sortait sur Silent Records 50 Years of Sunshine, une compilation où l'on trouvait Timothy Leary (enregistré par Genesis P-Orridge), Nurse with Wound, Elliott Sharp ou Psychic TV. Aujourd'hui, le label Monotype présente la suite de la chose : 70 Years of Sunshine.

Toujours sous la direction de Cascone, le voyage se fait en deux étapes : une montée (CD1) et une descente (CD2). La folk interstellaire de Makoto Kawabata inaugure l'ascension. Pupilles dilatées, les formes et les couleurs s'en trouvent modifiées alors que s'engouffrent en plus par les pavillons la pop astrale de Chihei Hatakeyama, les drones alanguissants de Rafael Anton Irisarri, les visions refroidissantes des Legendary Pink Dots ressuscités, les pansements analgésiques d'Ethernet ou la dose de morphine synthétique d'Invisible Path.  

Hallucinogège, tout ça, bien sûr. Reste maintenant à gérer maintenant la descente, et Cascone s'en charge pour nous : amorcée par les arpèges de guitare folk d'Andrew Liles, elle nous faire perdre les nouveaux repères entre lesquels on évoluait avec les entêtants Rapoon (guitares électriques, loops, trompette et piano déglinqués) ou la schizophrénie sonore de Komora A, les larsens de (Darius Ciuta) et le minimalisme paranoïaque de Lonely Crowd. Des chansons plus straight (pour tout dire moins passionnantes) nous ramènent peu à peu à la (dure) réalité. Malgré tout, revenus du voyage, rien à déclarer, sinon qu'on est ravis de l'avoir fait.

70 Years of Sunshine (Monotype / Metamkine)
Edition : 2013.
2 CD : CD1 (Ascent) : 01/ Kawabata Makoto : Lost Milky Way 02/ Lord Tang : Blue Sunshine 03/ Chihei Hatakeyama : Border Feather 04/ Makyo : Octopi (Underwater Dub 2) 05/ Rafael Anton Irisarri : Scilla Im Scilla 06/ Legendary Pink Dots : Don't Worry Dear, I'll Be Holding Your Hand 07/ Ethernet : Owsley 08/ Invisible Path : Stare Deep Into the Clouds 09/ Phil Legard : Lifting the Veil – CD2 (Descent) : 01/ Andrew Liles : Bloodbury 1988 02/ Rapoon : Back On The Bus 03/ Komora A : Come Down 04/ (Darius Ciuta) : seR-v 05/ Mike Rooke : Sliding Spaces 06/ Lonely Crowd : It's Getting Near Dawn 07/ Mystical Sun : Echodyssey 08/ Mirt : Soul Disorder 09/ Ceremonial Dagger : Synesthesia 10/ Cotton Ferox : How About That? 11/ Andy Rantzen : No One Plays Upon Your Mind
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Akio Suzuki, Lawrence English : Boombana Echoes (Winds Measure, 2012)

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On peut voir ici ou ci-dessous à quoi ressemble l'analapos, création d'Akio Suzuki et instrument de lui seul. Qui voudra l'entendre pourra appuyer , où l'on trouve un enregistrement de l'instrument par Eric La Casa, essayer de mettre la main sur de vieux vinyles du maître (Analapos, premier de tous) ou plus simplement commander Boombana Echoes, souvenir consigné sur disque d'une collaboration avec Lawrence English, datée de 2005.

En concert, l'électronique gonflée de field recordings d'English se laisse envahir par un halètement, un chant miniature que l'on boucle, deux à trois notes fredonnées, toutes propositions sonores développées par un écho fantastique (celui de l'analapos en question) qui peut évoquer celui des territoires immergés de Michel Redolfi. Loin de l'ambient léchée souvent commise par English, l'enregistrement met la voix et ses transformations au centre de ses préoccupations : illustratif, voire devenu simple accompagnateur, l'Australien gagne étrangement en présence.

EN ECOUTE >>> Ficus Watkinsiana (extrait)

Akio Suzuki, Lawrence English : Boombana Echoes (Winds Measure / Metamkine)
Enregistrement : décembre 2005. Edition : 2012.
CD : 01/ Ficus Watkinsiana 02/ Manorina Melanophrys 03/ Eucalyptus Signata
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Woodger Speece / Thierry Burnhout : 14 Rhythms for Jamilla / This Beehive State (Tanuki, 2013)

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Enfourner une cassette dans le vieux lecteur quand on ne connaît aucun des intervenants de ladite cassette n'est pas chose aisée. Mais cela peut réserver des surprises.

Face A Woodger Speece, Face B Thierry Burnhout. L’un et l’autre s'en donnent à cœur joie pour vous changer les habitudes expérimentales. D'abord dans une noise à crachements et larsens des moins originales, certes. Mais ensuite dans une cadence qui s'installe, broyant toutes les régularités : ça crache encore, ça vous fait sursauter, mais aussi fredonner sur bandes, ou siffler sur des cracks à la Richard Chartier revenu d'Amityville. Bref, Woodger Speece quelques fois et Burnhout surtout ont de quoi remuer de fond en comble toutes les idées que vous vous faisiez de la noise, et toutes celles que vous vous faisiez de l'ambient. Pas mal, pour des inconnus.

Woodger Speece / Thierry Burnhout : 14 Rhythms for Jamilla / This Beehive State (Tanuki)
Edition : 2013.
Cassette : A/ Woodger Speece : 14 / Rhythms / For / Jamilla B/ Thierry Burnhout : This Beehive State
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Bruce Gilbert, BAW : Diluvial (Touch, 2013)

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Ce sont sept pièces – et pas six, ni neuf ou treize, la faute à Russell Haswell, qui a tout découpé (sequenced) alors que Diluvial aurait pu faire une seule plage qu'on n'aurait pas vu la différence – dont Bruce Gilbert (c'est la rentrée, et Gilbert est encore prof principal ?) et BAW (pour le Beaconsfield Artworks de David Crawforth et Naomi Siderfin) nous gratifient.

Gratifient, j'ai bien dit ! Loin derrière, le passé pop-ambient-indus de Gilbert (en solo, je parle) ; loin devant, les visions de BAW. Alors voilà que se lève un rideau de fumée, l'ambient rampe sur quatre coudes, les bruissements opèrent comme jamais (comme toujours ?). Le plus de la chose réside dans les graves, dans les silences, dans les éléments inattendus (harmonica, grands vents, criquets inframodernes...). Pas assez orgueilleuse, la collaboration se dit “diluvienne”. Elle se nourrit d'eau (forcément), mais aussi de profondeur et de peuples grouillant qu'elle accueille. Pas assez orgeilleux, le titre de cette collaboration ne dit pas ce dont il est capable : vous envoyer (valser) l'arche de n'importe quel Noé à trois millions de coudées. Pour les simples d'esprit (tout heureux qu'ils sont) : c'est beau, très beau.

Bruce Gilbert, BAW : Diluvial (Touch)
Edition : 2013.
CD : 01/ The Void 02/ The Expanse 03/ Dry Land 04/ Lights 05/ Creatures of Sea and Air 06/ Beasts of the Earth 07/ Rest/Reflection
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Nicolas Wiese : Living Theory Without Anecdotes (Corvo, 2013)

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A l'index, il faudra ajouter une entrée sous le patronyme de Wiese : prénom, Nicolas. Toutefois pas dans le même tiroir que le bruyant John, parce qu'à l'efficiente perte d'audition Nicolas Wiese préfère l'ambient... “bizarre”.

La première face de ce vinyl jette toutes les cartes (et d'ailleurs : les meilleures) : de quoi joue N. Wiese ? Peu importe, car avec l'Ensemble Adapter ou Thorsten Soltau, il signe des morceaux d'une ambient... “bizarre” (donc) au noise confiné, aux instruments irrepérables (on y reconnaît bien des à cordes mais ils font l'effet de guitare jouet sur une molle électronique), aux voix d'outre-bombe discrètes mais envahissantes, mais néanmoins au balancement estival.

Avec Tom Rojo Poller, suit une collaboration audiovisuelle sans véritable intérêt, encore ambient, avec quelques effets parasites qui interviennent mais trop tard, avec une transparence qui ne doit surtout pas nous fair oublier que, seul ou presque, Nicolas Wiese a prouvé qu'il était l'homme d'une face et d'une seule, la première, la stupéfiante.

Nicolas Wiese : Living Theory Without Anecdotes (Corvo Records)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2013.
2 LP : LP1 : A1/ Due to Idle A2/ Subterfile A3/ Der Elefant Im Porzellankäfig – LP2 : B1/ El jardin revisitado
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Duane Pitre : Bridges (Important, 2013)

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Quatrième album Important pour Duane Pitre (deux collaborations avec Pilotram Ensemble & Eleh et deux solos), Bridges apportera de l’eau au moulin du meunier perdu, et ravi de l’être, parmi les étiquettes (ambient molle ? psyché flippée ? folk tordu ?).

Ravi, oui, parce que les « ponts » que Pitre a bâtis relient le drone pour lequel le garçon a un sérieux penchant à la musique de chambre, mais aussi le zen à la tarabiscote pop. En lieu et place de truelle, Pitre utilise en plus d’électronique d’exotiques petits instruments à cordes – japonisme aidant, voilà que le cümbüş, l’ukelin et la mandoline se rêvent en koto, en shamisen, en biwa... – et ne refuse pas qu’on lui prête main forte (Oliver Barrett au violoncelle et Bhob Rainey au saxophone soprano). Et voilà maintenant que ce n’est plus les styles que Duane Pitre rapproche, mais toutes les traditions musicales de l’Orient et de l’Occident !

Duane Pitre : Bridges (Important)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Bridges : Earth/Ember/Serpent 02/ Bridges: Cup/Aether/Crane
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Cyril Bondi, D’incise, Jacques Demierre, Jonas Kocher : Öcca (Bocian, 2013)

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Les bourdons et sifflements périssables, multipliés en conséquence, de l’accordéon de Jonas Kocher agiront une fois encore comme autant d’aimants. A eux, viendront dans un ordre ou un désordre que seul peut permettre l’improvisation de groupe – pas aussi fourni que l’Insub Meta Orchestra, celui-ci, mais imposant quand même –, le bruissement des cordes de piano que pince ou frôle Jacques Demierre, les rumeurs des caisses graves de Cyril Bondi, les ornements électroniques de D’incise.

C’est bientôt le battement d’un cœur que l’on soupçonne puis que l’on authentifie. Entre ses silences – courts mais parfois pesants, qui plusieurs fois en tout cas nous font craindre l’abandon –, il chante à force de tremblements orageux, de larsens contrits, de carillons presque éteints, d’harmoniques intimidées par leurs propres possibilités, voire formules… toutes sonorités qui, après avoir exploré tout l’espace, s’en reviendront droit au cœur large qui jadis les nourrit.

Cyril Bondi, D’incise, Jacques Demierre, Jonas Kocher : Öcca (Bocian / Metamkine)
Enregistrement : 29-31 août 2011. Edition : 2013.
LP : A1/ Telllre A2/ Scrae A3/ Rssac(s) – B1/ Iln Acynn
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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