Le son du grisli

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Guillaume Belhomme : Giant Steps, Jazz en 100 figures (Le mot et le reste, 2009)

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Même pas Django ! Philippe Vincent, Jazz magazine.

Ce qui frappe à la lecture de ces pages est la grande connaissance de l'auteur et la subtilité avec laquelle il dépeint et décortique les oeuvres présentées. Philippe Renaud, Improjazz.

Il est heureux de posséder Giant Steps. Guy Darol, Le Magazine des Livres.

Une Anthologie de grande qualité. Franck Médioni, Jazzistiques (France Musique).

Essential book for the ones who want to approach to this culture, necessary compendium for those who can't do without it. Spiritual Archives.

Une anthologie du jazz à la subjectivité revendiquée. Vibrations, Hors-série Jazz.

Une véritable encyclopédie. Joe Farmer, Epopée des musiques noires (RFI).

Profondément original. Pierre Lemarchand, Jazz à part.

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Revolutionary Ensemble: Beyond the Boundary of Time (Mutable - 2008)

Revolutionisli

Deux ans avant la disparition de Leroy Jenkins, Revolutionary Ensemble donnait un concert à Varsovie, sur lequel revient Beyond the Boundary of Time.

Sur lequel le trio va et vient, une fois encore, entre inspiration et faiblesses avouées : chacun des musiciens ayant imposé une de ses compositions – celle de Jenkins (Usami), capable plus que les autres de faire naître l’inspiration (celle de Sirone, notamment) ; celle de Jerome Cooper (Le-Si-Jer), plus ludique : le compositeur déposant le thème au son des effets différents d’un clavier électrique –, les voici s’adonnant ensemble à une improvisation sur laquelle ils abandonnent un peu de leur lyrisme au profit d’échanges obsessionnels : inventifs souvent et parfois maladroits, à l’image de la dernière prestation du Revolutionary Ensemble.

CD: 01/ Configuration 02/ Usami 03/ Le-Si-Jer 04/ Improvisation I 02/ Improvisation II >>> Revolutionray Ensemble - Beyond the Boundary of Time - 2008 - Mutable.

Revolutionary Ensemble déjà sur grisli
Revolutionary Ensemble (Enja - 2008)

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Steve Lacy : The Gap (America, 1972 / 2004)

steve lacy the gap

Printemps 1972, Paris. Le Steve Lacy Quintet, formé l’année précédente, avise une « brèche » qui se révélera être une faille dans laquelle s’engouffrer : The Gap (America, 1972). La chute que racontent les notes précipitées de l’alto de Steve Potts en ouverture du morceau-titre ne laisse pas de surprendre : le saxophoniste s’y débat en virtuose, qui rivalisera plus tard avec le chant du soprano.Créée en 1967 – comme The Thing, que l’on entendra plus tard –, la pièce prend forme sous l’effet d’ « indices » (dont la mise-en-scène s’inspire des estampes que Sharaku consacra au théâtre, explique Lacy dans les notes de pochettes du disque) pensés pour obliger deux saxophones à évoluer de différentes manières, qu’il faudra concilier.

Avec aplomb, les deux hommes croisent le fer et de leurs éclats illuminent le décor élevé dans l’ombre par Irène Aebi (violoncelle), Kent Carter (contrebasse) et Noel McGhie (batterie). Après avoir sonné l’alarme – sifflements aigus des saxophones –, Lacy et Potts démontreront la même entente sur l’étrange bourdon des archets : Esteem les voit tisser d’autres entrelacs puis s’accorder sur une même note. L’atmosphère tient là de l’évidence et aussi du mystère, contrastant en cela avec La Motte-Picquet, ode à Paris que le sopraniste chante d’abord : La Motte-Picquet is a very nice stop, the people on by, and the metro on top. Enlevé, l’air offre ses quatre premières notes-syllabes aux souffleurs qui les répètent avant que la troupe n’entame une marche flottante. Alors, c’est l’heure de retourner le disque.

Sur sa seconde face, un seul titre : The Thing. Evocation des peintures de Jean Foutrier, la longue pièce – qui a alors déjà connu plusieurs versions et que Lacy qualifie de sorte de symphonie – est abstraite en conséquence. Répondant à d’autres indices – dans les notes de pochette, encore : sorties, entrées, conditions et puis surtout des quantités comme « très peu de choses, beaucoup de choses, choses isolées, une chose seulement, rien, tout. » –, la pièce est une autre histoire d’archets qui défaillent et découpent un paysage surréaliste que les deux saxophonistes, sur le conseil de la Poussée d’Infini chère à Michaux (Infini toujours en charge, en expansion, en dépassement, infini de gouffre qui incessamment déjoue le projet et l’idée humaine de mettre, par la compréhension, fin, limites et fermeture.), décideront de se disputer. Intense, le conflit aurait pu durer davantage s’il n’avait été empêché par le disque noir, dont la durée d’une face n’admet nul dépassement, et plus encore par un dernier crissement de corde qui, derechef, chassa Lacy et Potts du paysage. Mais déjà, avisaient-ils d’autres brèches.

Steve Lacy : The Gap (America)
Edition : 1972. Réédition : 2004.
CD : 01/ The Gap 02/ Esteem 03/ La Motte-Picquet 04/ The Thing 05/ La Motte-Picquet (Alternate Take)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Hugues, Lars Scherzberg, Nicolas Wiese: Discard Hidden Layers ? (Schraum - 2009)

Hughesli

Entre Berlin et Hambourg, John Hugues (contrebasse), Lars Scherzberg (saxophones alto et soprano)  et Nicolas Wiese (ordinateur) ont élaboré un langage électroacoustique dont Discard Hidden Layers ? sut recueillir une preuve sur le vif.

En concert, donc, Hugues et Scherzberg échangent tandis que Wiese s’occupe du devenir de leurs phrases (découpages et ordres inversés) lorsqu’il ne trouve pas plus judicieux de confectionner une armée de perturbations capables de diviser les acteurs de l’improvisation, et de dérouter l’ensemble jusqu’à l’édification d’un manifeste séditieux.

De mouvements instables d’archets en effets de cordes qu’il envisage en percussionniste, Hugues permet au trio de trouver son équilibre sur terrains glissants, qui le soulèvent bientôt, son anxieuse musique d’atmosphère avec.

CD: 01/ Neither shivering nor calm 02/ Lungwire 03/ Infraredemption 04/ Infra_texture 2.0 05/ Discard? 06/ Choke chamber revisited 07/ Choke chameleon choke 08/ Exit choke chamber 09/ Hidden disbalance >>> John Hugues, Lars Scherzberg, Nicolas Wiese - Discard Hidden Layers ? - 2009 - Schraum.

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Trio 3, Irène Schweizer: Berne Concert (Intakt - 2009)

Triosli

Au Taktlos Festival de Berne en 2007, Oliver Lake, Reggie Workman et Andrew Cyrille accueillaient sur scène la pianiste Irène Schweizer. Enregistré, le concert dévoile les qualités attendues de la rencontre.

Sur le Flow de Lake, Schweizer doit alors se faire une place : discrète, d’abord, trouve l’inspiration dans la paraphrase avant d’imposer sa méthode singulière du découpage mélodique. Faux-airs de valse – abandonnée rapidement pour une poursuite –, ensuite, sur laquelle la pianiste dialogue avec l’autre amateur de répétitions qu’est Workman, et l’échange avec l’entier trio sur Aubade, thème de Cyrille au swing martial et morceau d’angoisse qui profite d’un art de la délicatesse qu’ont en commun les intervenants.

Impétuosités et passages d’une contemplation impatiente de céder à l’emportement font l’essentiel d’une improvisation du duo Schweizer / Lake (Phrases), qui précède une autre du duo Schweizer / Cyrille : retrouvailles (rencontre, vingt ans auparavant, au Festival Willisau, dont Portrait donne une preuve) au lyrisme amusé pendant lesquelles le batteur ponctue avec sagacité les effets frénétiques de l’insatiable imagination de la pianiste. Ensemble, Schweizer, Lake, Workman et Cyrille, gravent leurs initiales sur une improvisation déboîtée (WSLC), et mettent un terme dans une allégresse sauvage à leur association unique.   

CD: 01/ Flow 02/ R.I. Exchange 03/ Aubade 04/ Phrases 05/ Ballad of the Silf 06/ Timbral Interplay 07/ WSLC >>> Trio 3, Irène Schweizer - Berne Concert - 2009 - Intakt Records. Distribution Orkhêstra International.

Trio 3 déjà sur grisli
Time Being (Intakt - 2006)

Irène Schweizer déjà sur grisli
First Choice (Intakt - 2006)
Portrait (Intakt - 2005)
Live at Taktlos (Intakt - 2005)

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Anthony Braxton: Standards (Brussels) 2006 (Amirani - 2008)

braxtonbelge

Six disques, pour revenir sur quatre soirs de concerts donnés en 2006 à Bruxelles (PP Café) par Anthony Braxton. A ses côtés, trois jeunes musiciens italiens : le pianiste Alessandro Giachero (entendu déjà dans l’Italian Quartet de William Parker), le contrebassiste Antonio Borghini et le batteur Cristiano Calcagnile. Le répertoire, enfin, fait essentiellement de standards (pratique régulière).

Ecueil des premières minutes du premier soir : prévenance, manque d’assurance ou timidité inquiète, et l’ensemble manque d’à propos : Giachero versant, pour se donner sans doute un peu de contenance, dans un lyrisme démonstratif sur Forest Flower de Charles Lloyd. Et puis – faute peut-être à l’enregistrement : prise directe de l’instrument dans la table en guise de raison envisageable –,  une sonorité de contrebasse qui tire encore l’ensemble vers le bas. Pour chasser les maladresses, attendre que la première improvisation fasse effet : brillante et inattendue, elle conforte sans doute le quartette dans l’idée qu’il peut trouver à dire.

Une version de Very Early (Bill Evans, que Giachero a vraisemblablement beaucoup écouté), de s’en trouver transformée, à laquelle succéderont – avec plus ou moins d’évidence selon le réalisme du trio d’accompagnateurs – quelques interprétations de taille, voire neuves : Night Dream, à laquelle Braxton applique sa notion personnelle de la justesse du timbre ; It Never Entered My Mind, Borghini parvenant ici à l’archet à se réserver un dialogue privilégié avec le maître ; Wave, simplement réinventée, ou encore Ruby My Dear, portée par les interventions minimalistes de Calcagnile.

Maintenant qu’il a gagné en cohésion – Borghini, en plus, débarrassé de la sonorité qui faisait défaut à l’ensemble –, le groupe soigne ses relectures (Alice in Wonderland, Evans encore, à l’allure vacillant sous les coups de saxophone ; Ezz-Thetics, thème emblématique de George Russell engouffré ici en accélérateur ; Out to Lunch, sur lequel Braxton et Giachero font état d’une presque complicité, d’une étonnante harmonie braque). Et puis, deux autres fois encore, ici et là, de ténébreuses improvisations, aux allures découpées : par un archet à distance (Improvisation No-3) ou les séquences branlantes que provoque Calcagnile. La première frayeur passée – qui provoquera l’hésitation de qui voudra aller réentendre les titres joués avant la première improvisation (premier disque) –, comme les quelques moments de plus faibles inspirations, et Standards (Brussels) 2006 se sera fait une place de choix dans la discographie (en formations d’un jour) d’Anthony Braxton.

CD1: 01/ Forest Flower 02/ It’s You or No One 03/ Darn That Dream 04/ Improvisation No-1 05/ Very Early 06/ If I Should Lose You - CD2: 01/ Virgo (Take 2) 02/ Embarcadero 03/ Night Dreamer 04/ It Never Entered My Mind 05/ Fine and Dandy 06/ Monk's Mood - CD3: 01/ Three Little Words 02/ Wave 03/ Ruby My Dear 04/ Mean to Me 05/ Afternoon in Paris 06/ What's New - CD4: 01/ Alice in Wonderland 02/ Ah Leu Cha 03/ For All We Know 04/ Improvisation No-2 05/ Tadd's Delight 06/ All of You - CD5: 01/ I'm Old Fashioned 02/ Ezz-thetics 03/ How Little We Know 04/ Out to Lunch 05/ Early Autumn 06/ Star Eyes - CD6: 01/ Israel 02/ These Foolish Things 03/ Improvisation No-3 04/ Strike Up the Band 05/ You're My Thrill 06/ Virgo (Take 1) >>> Anthony Braxton Quartet - Standards (Brussels) 2006 - 2008 - Amirani Records. Distribution Improjazz.

Anthony Braxton déjà sur grisli
Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)

Anthony Braxton (au pp café) ailleurs que sur grisli
Compte-rendu (d’époque) de be.jazz

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Mineral Paradoxe: Mineral Paradoxe (Quark - 2008)

grisliparadoxe

« Jouer une osmose de sensibilité...sans préméditation », ou le but avoué, sur le site du batteur Edward Perraud, du trio qui l’associe au saxophoniste Bruno Wilhelm et au contrebassiste Arnaud Cuisinier : Mineral Paradoxe.

Récalcitrantes, pourtant, les sensibilités : en ouverture, l’improvisation porte aux nues accrocs et divergences avant de marier les phrases d’un saxophone grave  et celles d’un grand archet sous effets ; sorti de l’antagonisme agissant, le trio s’entend sur l’édification d’une montagne d’interventions décousues avant de trouver refuge aux alentours du silence, de presque s’en remettre à lui – clochettes de Perraud pour tout intelligible.

Repartir – fulminant sur Multiples, le trio compose ensuite un morceau d’atmosphères bientôt éclatées (De l’immobilité) –, et puis retomber : toutes notes étirées, qui trahissent dans la lenteur l’évidence qui veut que toute ombre est passagère. Mineral Paradoxe en ayant ici retenu de grandes.

CD: 01/ Mirage du mouvement 02/ Vers la source 03/ Des reflets 04/ Multiples 05/ De l’immobilité 07/ Mobile >>> Mineral Paradoxe - Mineral Paradoxe - 2008 - Quark.

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Trio Viriditas: Live at Vision Festival IV (Clean Feed - 2008)

Trioviridisli

Lors de la quatrième édition du Vision Festival, Trio ViriditasAlfred Harth (saxophones, clarinettes, trompette), Wilber Morris (contrebasse) et Kevin Norton (vibraphone, percussions) – redisait l’implication acharnée de ses membres, et leur savoir-faire discret.

Malgré l’enjeu, qui consistait à évoquer l’époque d’un free jazz historique : Harth aux faux airs de Jimmy Lyons avant qu’il passe à la clarinette basse, puis insistant, faisant toute confiance à l’assurance d’un emportement qu’il a de facile. Ensuite, l’association se fait plus mesurée : fantôme de Coltrane planant sur Hiranyagarbha, swing délicat de Viriditas Waltz, ballade forte de ses lassitudes de Fuer die Katz’s deli(ght) et, en guise de conclusion, une irréprochable reprise de Peace, d’Horace Silver. Pas de plus bel hommage, donc, que cette dernière évocation de Wilbur Morris.

CD: 01/ Wind at the ear says June 02/ And loudspeakers loyal to the sea's deep bass say June 03/ Hiranyagarbha 04/ Melancholy 05/ A wind reads ruts saluting the blue silk beyond pain 06/ Viriditas Waltz 07/ Braggadocio 08/ Fuer die Katz's deli(ght)+Starbucks 09/ Peace >>> Trio Viriditas - Live at Vision Festival IV - 2008 - Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.

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KTL: IV (Editions Mego - 2009)

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Les conséquences de la no wave (espoir de guitares suspendues de Glenn Branca en tête) mêlées à d’imposantes réminiscences de cold, de porter haut le discours musical de KTL : Stephen O’Malley (Sun O)))) et Peter Rehberg, musiciens produits sur IV par Jim O’Rourke.

Guitares aux plaintes longues, donc ; les parasites : éreintants. Là, une mélodie achevée à peine tente de percer sous les nappes enveloppantes d’un clavier, avant de se complaire dans l’art de buter avec morgue et déraison sur deux notes vaines. La mécanique de l’ensemble, forcément lente, se plie quand même parfois à un crescendo, sur une esthétique du crachant de plus en plus pesante : obligée de disparaître enfin sous des couches d’atmosphères rugueuses qu’elle a elle-même engendrées.

CD: 01/ Paraug 02/ Paratrooper 03/ Wicked Way 04/ Benbett 05/ Eternal Winter 06/ Natural Trouble >>> KTL - IV - 2009 - Editions Mego. Distribution La baleine.

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Inscape : Lille-Flandres (Monotype, 2008)

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En personnage principal de l’Eve future, un Thomas Edison réinventé regrettait d’être arrivé trop tard dans l’humanité pour avoir permis à l’une de ses inventions de consigner les voix de ceux, importants, qui auront avant lui fait l’histoire. De l’invention en question – améliorée quand même –, Jean Luc Guionnet et Eric La Casa (soit : Inscape) s’emparent pour investir un lieu, mais s’occuper de quotidien, obnubilés davantage par les exceptions cachées sous le trivial. 

En 2004, une gare : Lille-Flandres, qu’ils remplirent de micros et de caméras pour jouer ensuite avec les sons à leur parvenir : sur le vif, mêler aux mouvements des voyageurs des souffles trouvés où, aux annonces diffusées en hall le bruit lointain des voitures, à des craquements ayant maintenant gagné le statut d’élément d’abstraction le bruissement retrouvé de strates ombreuses. Sans rien retoucher aux trouvailles et constructions faites sur place, Inscape, en rêvant de mettre la main sur la musicalité d’un environnement, révèle ici le corps – comme on parle du corps d’un texte – non pas de l’espace mais de l’endroit, à coup de preuves enfilées qui forment bientôt un langage.


Inscape, Mixings : (part 2). Courtesy of Monotype.

Inscape : Lille-Flandres (Monotype Records)
Enregistrement : 2004. Edition : 2008.
CD : 01/ Calibration 02/ Mixings : (part 1) 03/ Mixings : (part 2)  04/ Mixings : (part 3) 05/ Mixings : (part 4) 06/ Mixings : (part 5) 07/ Installation
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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