Martin Küchen, Landæus Trio : Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence (Moserobie, 2014)

Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence : le titre du vinyle s’explique, et même, se comprend : quatre compositions de Martin Küchen, d’un abattement inspiré, augmentées d’une composition « innocente » que l’on doit au pianiste de la section rythmique qui accompagnait le saxophoniste ce 19 avril 2013, Mathias Landæus.
Des années après India ou Olé, le modal (et l’ « exotique ») inspire encore Küchen : ses mélodies sont attachantes, mais surtout sublimées par ses façons d’instrumentiste. Ainsi, les saxophones (alto, ténor, baryton) invitent-ils la section rythmique à les rejoindre pour mieux, ensuite, la traîner à terre ; et quand ils vacillent sur un swing ralenti – qui pourra évoquer le vieil Hawkins (Tres Palabras) ou le jeune Kenyatta (Until) – leurs vibrations font effet.
On remerciera Johnny Åman (contrebasse lâche) et Jonas Holgersson (batterie mesurée) des discrétions qu’ils dispensent. Mais n’étant « que » membres du Landæus Trio, leur élégance ne compte pas en comparaison du bavardage mélodique – à la McCoy Tyner, alors qu’on aurait apprécié ici la ponctuation d’un Fred Simmons (Until encore) – de leur leader de pianiste. Inquiet de placer quelques notes au-dessus de celles du soliste, Mathias Landæus démontre en effet un goût pour le clinquant qui finit par embarrasser l’auditeur – après absorption de pilule Küchen, voici qu’il entend TSF.
L’auditeur en question devra donc faire un effort (en seconde face, surtout) : et consacrer toute son attention au timbre singulier de Martin Küchen en imaginant le pianiste suédois – mais, au son, déjà franco-italien – accompagner, et accepter d’accompagner seulement, l’épatant saxophoniste sur piano Bolleter.
Martin Küchen, Landaeus Trio : Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence (Moserobie)
Enregistrement : 19 avril 2013. Edition : 2014.
LP : A1/ Post Injuries A2/ Don’t Ruin Me – B1/ En Jämtländsk Xe B2/ Du Rör Dig Så Sakta… 03/ One Minute of Innocence
Guillaume Belhomme © Le son du grisli
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