Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Automatisme : Momentform Accumulations (Constellation, 2016)

automatisme momentform accumulations

Derrière Automatisme se cache un homme (du moins, un Canadien) : William Jourdain. M. Jourdain est un producteur adepte de l’autoproduction – un autoproducteur, en somme – mais cet album sort sur Constellation. C’est donc une présentation de son travail électronique (electronica, rhythm, ambient, drone…) depuis 2013 bien qu’il soit actif depuis le milieu des années 1990.

Le rythme est toujours bien présent sur les six morceaux choisis et le minimalisme en semble le fil rouge. L’écoute n’est pas désagréable et quelques sons de basse valent le coup d’oreille, mais on ne trouve pas grand-chose de neuf là-dedans. Du post (voire du sous) Alva Noto / Four Tet / Kruder & Dorfmeister / Pole… Peut-être pas suffisant pour le moment…


automatisme

Automatisme : Momentform Accumulations
Constellation
Edition : 2016
CD / LP / DL : 01/ Transport 1 02/ Simultanéité 3 03/ Transport 2 04/ Sumultanéité 1 05/ Transport 3 06/ Simultanéité 4
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Colin Potter : Rank Sonata (Hallow Ground, 2015)

colin potter rank sonata

On avait croisé l’ingé-son Colin Potter dans les parages de Nurse With Wound & Current 93 et le voici qui fait de la musique pour lui. En fait, ce n’est pas une nouveauté, sa discographie personnelle est bien fournie, j’avoue donc mon retard puisque ce LP, Rank Sonata, est ma première sortie dans l’univers Potter.

Le premier titre est lancé par un drone, mais un beat arrive. L’Anglais ne le lâche pas pendant une bonne dizaine de minutes jusqu’à ce que son trip de dance ramolli plonge dans une ambient à ondes hallucinogènes. C’est dire qu’avec A Wider Pale of Shale le disque est bien parti, d’autant que son battement est déjà re...parti ! Toujours mou, mais bien là, il inspire à Potter des instrumentaux d’un bizarroïde à loops qui finiront dans une prototechindus un peu forcée mais qui ne nous fera pas bouder notre plaisir !



colin potter

Colin Potter : Rank Sonata (Hallow Ground)
Edition : 2015.
LP : 01/ A Wider Pale of Shale 02/ You 03/ Knit Where? 04/ Beyond the Pail
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Philippe Petit : Multicoloured Shadows (Aagoo, 2015)

philippe petit multicoloured shadows

Nouvelle saison, ancien acteur et quel plaisir de retrouver cette vieille branche de Philippe Petit pour ses 30 ans d'activisme musical. Souvent présent sur des terrains où on l'attend peu, le Marseillais dévoile sur Multicoloured Shadows des tentations techno à la Jeff Mills, qui sont d'autant plus surprenantes qu'elles s'entrechoquent sur des canevas noise-psychédéliques où des spectres sous absinthe viennent battre la chamade (Yourselfosophy).

Si ça se calme sur la suite de ce – toujours – premier (et impeccable) morceau, avec des cloches qui évoquent un Charlemagne Palestine dévoyé chez Marcel Dettmann, ce n'est qu'illusion ou prétexte. Dès Pyramid of the Moon, des échos d'outre-monde dépiautent le cadavre exquis d'ambiances post-Coil, sous forte influence Reinhold Friedl quand ce n'est pas Markus Schmickler revenu d'un séjour-club en apnée qui endosse ses habits de Casper bouddhiste pour rejoindre Eliane Radigue, mais aussi (ô surprise) O. Lamm, sur le double Tidbindilla Sanctuary..

Philippe Petit : Multicoloured Shadows (Aagoo)
Edition : 2015.
CD / LP / DL : 01/ Yourselfosophy 02/ Pyramid Of The Moon 03/ Tidbinbilla Sanctuary 04/ Tidbinbilla Sanctuary
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Wieman Plays Goem : Trenkel (Kvitnu, 2015)

wieman plays goem trenkel

Derrière Wieman, se cachent Frans de Waard et Roel Meelkop (mais se cachent-ils vraiment ?). Qui est par contre ce Goem qu’ils interprètent aujourd’hui ? Aucune idée. Nous n’apprendrons que tardivement que la musique de cette plage de trois quarts d’heure était destinée à servir de bande-son à un film (que nous n’aurons pas vu).

Ce qui n’empêche que cette musique intéresse quand même. C’est une sorte de proto techno (on soupçonne l’usage de petits synthés du siècle passé dans ce petit coup de cymbale par exemple) qui va virer de bord. Son battement régulier (et étouffé) va peu à peu gonfler et, à force de se balancer, tomber sur une electronica plus (ouvrez les guillemets) expérimentale, qui rappellera les mignardises de Jan Jelinek ou les (ouvrez les guillemets) élucubrations de Felix Kubin. Aux amateurs de techno minimale (se cachent-ils, eux aussi ?) : au Wieman toute !

Wieman Plays Goem : Trenkel (Kvitnu)
Edition : 2015.
CD : 01-05/ Trenkel 1 - Trenkel 5
Pierre Cécile © Le son du grisli

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The Noiser : The Black Symphony (Monochrome Vision, 2013) / KK Null, The Noiser (Monotype, 2013)

julien ottavi the noiser black symphony

Le nom de scène de Julien Ottavi est The Noiser et c'est certain qu'il n'est pas immérité – il est autant musicien (de noise? de harsh-noise même..) qu'activiste – il porte depuis plus de dix ans la structure APO33, à Nantes, qui est aussi inhabituelle qu'exemplaire en France, soutenant non seulement les musiques « autres » (ou expérimentales) mais également toutes activités artistiques avec une idée forte de leur politisation – que ce soit par des politiques de « copyleft », de leur distribution, que plus simplement par une réflexion sur leur positionnement dans notre monde.

Et parfois le travail d'Ottavi le musicien a pu être occulté par ces activités. Mais cette nouvelle production devrait remettre les proverbiales pendules à l'heure : le nom de « symphonie » n'est pas usurpé pour cette pièce (électronique) basée essentiellement (ou exclusivement) sur l'utilisation de bruits, tels que définis physiquement – bruit blanc, rose, noir, bleu ou fractal, resynthèse granulaire et waveshaping – mais dont la structure est de toute finesse, comprenant (élément inhabituel dans les productions « noise ») des silences ou des ruptures de dynamiques soudaines et surprenantes. Loin du bruit en quelques sorte bien qu'en plein dedans, un des disques les plus réussis de son auteur.

Julien Ottavi (The Noiser) : The Black Symphony (Monochrome Vision / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Prelude 02/ Silcenzio 1 03/ Adagio Mouvement Primo 04/ Canon Mouvement Primo 05/ Silcenzio 2 06/ Mouvement Secundo Presto 07/ Mouvement Secondo Variation 08/ Fugue Mouvement Tercio 09/ Silcenzio 3 10/ Canon Mouvement Tercio 11/ Suite Allegro 12/ Suite Variation Menuet 13/ Finale Lento
Kasper T. Toeplitz © Le son du grisli

kk null the noiser

Un des maîtres incontestés du noise et collectionneur de collaborations (avec Merzbow, Z’EV, Anla Courtis…), KK Null rencontre ici un Noiser français en la personne de Julien Ottavi. Dans ce CD remuant avec des bouts de live dedans, on trouve de la prototechno poussée ou de l’indus technoïde, des lasers et des saturations, des synthés qui mitraillent et des délires de claviers old school. Et tout ça provoque les mêmes choses que les montagnes russes : un super frémissement ou alors la nausée.

écoute le son du grisliKK Null, The Noiser
Untitled

K.K. Null, The Noiser (Monotype)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01-08/ Untitled
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pixel : Mantle (Raster-Noton, 2013)

pixel mantle

Pour fêter les dix ans de Display, son tout premier disque sur Raster-Noton, Pixel (derrière lequel se cache Jon Egelskov) en sort un nouveau (et quatrième sur le même label) : Mantle.

A notre écoute on dirait qu’il guette les réactions de petits schémas rythmiques à la loupe. Il les chatouille, les fait grésiller, les provoque… et le fruit de ses expériences varie entre minimalisme, proto-techno expérimentale (qui jongle avec les pulsations, les prises jacks et les buzzs) et pop électronique (où des basses ronflantes font face à des effets sonores für Atari). S’il s’était montré plus sélectif, Egelskov aurait pu faire de Mantle un excellent EP. Or le CD compte huit pistes...

Pixel : Mantle (Raster-Noton)
Edition : 2013.
CD : 01/ Line Level 02/ Steel Tape 03/ Plumb Bob 04/ Brown Shirt 05/ Nesting Screen 06/ North Arrow 07/ Ericson Sandstone 08/ Mantle
Pierre Cécile © le son du grisli

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Jacqueline Caux : Les couleurs du prisme, la mécanique du temps (La Huit, 2012)

jacqueline caux les couleurs du prisme

On revient souvent au livre Le silence, les couleurs du prisme & la mécanique du temps qui passe. On peut se plonger désormais dans les images d’un film du même nom (ou presque) qu’écrivit Daniel Caux et qu’a réalisé Jacqueline Caux.

C’est d’abord la voix de John Cage : Je voudrais laisser les gens libres, il ne faut pas qu’ils soient disciples. La seule influence que je voudrais avoir c’est que les gens ne doivent pas influencer les autres. Le compositeur sera le fil rouge du film et l’entretien qu’il a donné le premier d’une série consacrée aux novateurs qui ont animé la passion de Daniel Caux. Ils parleront (certaines interviews sont récentes) : Cage (qui évoque Satie, Philip Glass), Pauline Oliveros (Tudor, Cage, le San Francisco Music Center…), La Monte Young (Webern, « l’âme du bourdon »), Terry Riley (la nouvelle musique, La Monte Young), Meredith Monk (New York, Philip Corner), Gavin Bryars (The Sinking of the Titanic, l’enseignement), Steve Reich (It’s Gonna Rain, Coltrane), Richie Hawtin (le beat de la Techno)…

Surtout il y a Daniel Caux, qui peut à l’occasion piocher dans sa collection de vinyles, qui raconte Variations IV de Cage, It’s Gonna Rain de Reich ou la transe ou l’extase possible par les notes tournantes de Riley. Là, à quelques centimètres, avec une simplicité et une science qui change du bavardage universitaire, Daniel Caux nous invite en ami à aller trouver tous les disques qui ont pu nous échapper.

Jacqueline Caux, Daniel Caux : Les couleurs du prisme, la mécanique du temps (La Huit / Souffle Continu)
Edition : 2012.  
DVD : Les couleurs du prisme, la mécanique du temps
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Myra Davies, Beate Bartel, Gudrun Gut : Sirens (Moabit, 2017)

 myra davies sirens

Au début des années 1990, Myra Davies et Gudrun Gut ont entamé une collaboration sous le nom de Miasma (Miasma 1, 2 & 3 ont fini par donner ce nom au duo) ce qui n’a pas empêché la première de sortir un autre album de mots parlés / chantés avec la seconde à la musique, c’était Cities and Girls en 2004. Voilà donc que Davies (à l’écriture et à la voix) et Gut (à la musique sur la moitié des morceaux) remettent ça (nous sommes alors en 2015-2016).

Mais quid de la musique de l’autre moitié des morceaux ? Eh bien c’est Beate Bartel qui s’en charge, la Bartel qu’on se souvient avoir entendu avec Einstürzende Neubauten et qui a aussi connu des projets communs avec Gut (Matador et Mania D., pour ne pas les citer). Notons avant de parler du « comment sonne » Sirens que le label publie dans le même temps Instrumentals for ‘’Sirens’’, soit les dix mêmes compositions mais privées de la piste des voix.

Partant de là (je veux dire d’Armand Monroe, le premier titre du disque), on craint un peu l’hommage intello aux DJ du temps des premiers… DJ. Mais non, la voix de Davies, qu’on pourrait curseuriser entre Patti Smith et Laurie Anderson, et sa plume nous interpellent et nous intéressent « par-dessus » la musique. Dans un souffle elle referme même ce club intello où s’entendaient les premières minutes une scansion hip-hop et des synthés de retro-techno… C’est alors un tout autre genre de musique auquel on a droit, une électronique mécanico-robotico-répétitive au rythme souvent soutenu qui n’empêche pas qu’on parle de John Cage ou de Wagner, qu’on raconte une anecdote qui ramène à la Seconde Guerre mondiale ou qu’on s’essaye à une poésie métaphysique. Particulier, et percutant ouvrage de spoken-word.  


MOABIT021CD_PROD

Myra Davies, Beate Bartel, Gudrun Gut : Sirens
Moabit Musik
Edition : 2017.
CD : Sirens
Pierre Cécile © Le son du grisli

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NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN, 2012)

nhk koyxen dance classics 1

Producteur aux innombrables pseudonymes (NHK, NHKyx, Koyxen...), Kouhei Matsunaga nous offre, le titre est suffisamment explicite, une sélection très vivace de ses divagations dancefloor. Largement à l'ouest de ses œuvres noise ou abstraites, notamment les morceaux basés sur Henri Chopin qu'il avait écrites pour la WDR de Cologne, l'artiste japonais évite, c'est très heureux, le piège de la monotonie kilométrique en 4/4 sur les onze pistes de Dance Classics Vol. 1 – dont plusieurs sont de simples transitions de moins d'une minute.

A vrai dire, l'ensemble est vachement fun tout en oubliant de nous prendre pour des veaux parqués au Blue Disco Club de Gueugnon – oui, celui entre l'Intermarché et Flunch. Variés et efficaces sans jamais franchir le seuil de la putasserie from Ibiza (think Berlin meets Osaka), les rythmes syncopés de NHK'Koyxen s'inscrustent avec bonheur entre techno dub(step) et video games experiences, voire électro-pop de traviole où ne manque qu'une ligne vocale black soul genre Shara Nelson. La bête s'intutulant Volume 1, ne reste plus qu'à espérer un second volet du même tonneau, celui-ci n'est pas des Danaïdes.

NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN)
Edition : 2012
LP : A1/ 587 A2/ 57 A3/ 476 A4/ 568_491 A5/ 638 A6/ 625 B1/ 521 B2/ 530 B3/ 55 B4/ 572_2 B5/614
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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