Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire











Interview de Michael EspositoTalweg à ParisCahiers John Butcher
En théorie : l'improvisation par l'écritJohn ButcherEvan Parker

Simon Nabatov : Plays Herbie Nichols (PanRec, 2009) / Nils Wogram, Simon Nabatov : Moods and Modes (PanRec, 2011)

simon nabatov plays herbie nichols

C’est qu’il n’est pas le seul, Simon Nabatov, à payer son dû à Herbie Nichols : Dave Douglas, Gerri Allen, Misha Mengelberg (grâce à qui Nabatov découvrit les compositions du new-yorkais), Frank Kimbrough et son Herbie Nichols Project ont, en leur temps, rendu hommage au génial pianiste. Deux ans après Spinning Songs of Herbie Nichols (Leo Records), le pianiste russe se retrouve en solitaire sur la petite scène du Loft à Cologne. Et Herbie Nichols ne le quitte pas.

Ici, Nabotov prolonge et élargit les consonances du compositeur. Il fouille les aigus, s’y aimante (2300 Skiddoo) et en quelques occasions tente le parallèle avec Monk (The Spinning Bar). Ici, Simon Nabatov, introspectif ou loquace,  se positionne en qualité de passeur. Tempos en apesanteur (Lady Sings the Blues) ou passant du ragtime à la libre improvisation – et cela sans transition – (Twelve Bars), le pianiste russe dérègle les circuits harmoniques de Nichols et offre à ce dernier de nouveaux et singuliers émois.

Simon Nabatov : Plays Herbie Nichols (PanRec)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
DVD : 01/ 2300 Skiddoo 02/ The Spinning Song 03/ Lady Sing the Blues 04/ Twelve Bars 05/ The Third World 06/ Sunday Stroll 07/ Terpischore  
Luc Bouquet © Le son du grisli

nils wogram simon nabatov moods and modes

Faisant suite à Jazz Limbo (Leo Records / 2007) et Nawora (Leo Records / 2012), voici Moods and Modes, captation vidéo du duo Nils Wogram-Simon Nabatov. En noir et blanc et dans la solitude d’un studio de la radio zurichoise, tromboniste et pianiste engagent quelques sages courses-poursuites. Sans être décoiffant – mais néanmoins décomplexés –, ils n’ont aucune peine à faire se partager leurs lyrismes. Il y a de suaves mélodies, des dissonances caressées – mais vite abandonnées –, des saveurs partagées... Empruntant à la délicatesse quelques traits puis lessivant le chaos, ils chassent et cueillent sur des terres amies, fécondes. Et toujours, s’inscrivent en une complicité effrontément palpable.

Nils Wogram, Simon Nabatov : Moods and Modes (PanRec)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
DVD : 01/ Moods and Modes 02/ Assuming 03/ Full Stop 04/ First Thought-Best Thought 05/ Split the Difference 06/ Moving In 07/ Dança Nova 08/ Speak Up 09/ The Song I Knew
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Pat Thomas : Al-Khwarizmi Variations (Fataka, 2012)

pat thomas variations

Le 19 juin 2011, Pat Thomas donnait à ses extravagances quelques variations supplémentaires. Dix pour être plus précis. A chaque fois, une nouvelle géographie prenait corps. A chaque fois, un paysage se découvrait, se reconquérait, s’intensifiait.

Le clavier n’était pas assez large : le pianiste puisait à l’intérieur de l’instrument quelque marche à piano préparé et à idées fortes. Plus loin, l’improvisateur jouait des coudes, faisait siens symétrie, dissymétrie et parallélisme. Le jazz s’y percevait parfois, alourdi et déconstruit. Puis s’en allait, pulvérisé par quelques sombres martellements. Une tempête de graves annonçait des aigus embrassés. Le pianiste comprimait le clavier, balayait l’inutile et ne restait alors qu’oubli, effacement et résonnance.  Ne restait qu’une saine et folle imagination. Oui, dix belles extravagances.

EN ECOUTE >>> Variation 8

Pat Thomas : Al-Khwarizmi Variations (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Variation 1 02/ Variation 2 03/ Variation 3 04/ Variation 4 05/ Variation 5 06/ Variation 6 07/ Variation 7 08/ Variation 8 09/ Variation 9 10/ Variation 10
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey, 2013)

glenn jones my garden state

Glenn Jones, avec sa guitare et son banjo, défrisera plus d’un hipster chercheur de pépites à quarante euros le vinyle rayé – pas soigné, le look, et d’un classique dans la fioriture ! Mais ce n’est pas là son principal mérite, non. Le principal mérite du guitariste est qu’il donne une actualité, et comme pour lui-même, à l’ « American Primitive Guitar » de John Fahey – ce qui ne l’empêche pas de rappeler parfois le jeu d’Egberto Gismonti ou de Ralph Towner (The Vernal Pool).

Parfois accompagné de Laura ou Meg Baird, Jones tisse un ouvrage (son troisième sur Thrill Jockey) un brin mélancolique, aux mélodies qui ont souvent la simplicité de l’évidence, qui illustrent une aventure de Buster Keaton (Accross the Tappan Zee) ou adressent un clin d’œil à Charles Ives (Like A Sick Eagle Looking at the Sky). Capodastre tendu, arpèges et lignes de basse assurés, tapping, picking, pull-off… tout concourt à mettre au jour le goût d’hier qui coule dans les veines de Jones.

Et comme par enchantement, folk, country, blues, se mélangent au profit d’une légèreté musicale / bande-son de beaux moments contemplatifs (il arrive à Jones de dialoguer avec un orage ou le vent dans les arbres) et même parfois : poignants (Berger County Farewell, à déguster ci-dessous).

Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Chimes 02/ Across the Tappan Zee 03/ Going Back to East Montgomery 04/ Blues for Tom Carter 05/ The Vernal Pool 06/ Alcouer Gardens 07/ My Garden State 08/ Like a Sick Eagle Looking at the Sky 09/ Bergen County Farewell 10/ Chimes II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD, 2013) / Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD, 2010)

nate wooley 9 syllabes

Suffirait-il de reprendre les termes qui servirent à définir [8] Syllabes, sorti en 2011 sur Peira, pour parler de [9] Syllabes qu’édite aujourd’hui MNÓAD ? « Autre ouvrage de trompette et de vocalises » sur lequel Nate Wooley « dit les tremblements légers du souvenir de notes longues » conviendrait en effet à la description. Mais serait trop court, puisque, dans la nuance, les deux épreuves diffèrent.

Enregistré – par Jeremiah Cymerman – le 7 octobre 2012, [9] Syllabes joue encore davantage de résistances. Trompette et ampli unis pour faire entendre deux à trois voix discordantes, bourdon tremblant et cuivre-fausset alternent d'audacieuses figures sur parois rocheuses : de l’ombre des cavernes à l’aigu du cri qui réclame vouloir au plus vite en sortir, Wooley découvre des mélodies transversales dont la partition serait faite d'énigmatiques inscriptions de catacombes. L’impressionnant étant la justesse de leur regroupement.

Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD)
Enregistrement : 7 octobre 2012. Edition : 2013.
CD / DL : 01/ [9] Syllabes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

antoine chessex point immobile

Plus tôt (2010), MNÓAD publiait un disque court d’Antoine Chessex : Le point immobile. Là, deux pièces, enregistrées en 2009 et 2010, contrastent : #1 au minimalisme à saturation dont les lignes bougent à peine mais bougent encore ; #2 où le saxophone se laisse reconnaître – qui joue de l’espace dans lequel il se trouve – et puis interrompre de mille façons : aphonie ou démultiplication du souffle, inserts bruitistes, jeu de balles suspendu, larsens tenaces, noise déferlant. L’objet est rare, et son contenu puissant.

Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2010.
CD / DL : 01/ #1 02/ #2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

ken vandermark à mons

 

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Colin Stetson : New History Warfare Vol. 3: To See More Light (Constellation, 2013)

colin stetson to see more light

Certes il n’a pas été absent très longtemps mais… Colin Stetson est de retour ! Et pour couronner le tout il n’est pas seul : Justin Vernon (de Bon Iver) chante sur quatre titres de To See More Light (troisième volume de la série « New History Warfare »).

Ce qui n’est pas toujours un succès, il faut l’avouer, puisqu’une chorale soul (oui, encore... remember Shara Worden) peut, sans que vous ne vous y attendiez, vous sauter à l’oreille (And in Truth), ou un qu’un refrain chanté peut écarter de ses faiblesses tout faux-semblant expérimental (Who the Waves Are Roaring for (Hunted II)). Pour ce qui est des instrumentaux, rien de neuf chez Stetson : sa voix perce le saxophone qu’il utilise sur trois ou quatre notes en boucle (Hunted, High Above a Grey Green Sea). Bon…

Un peu mieux quand même : sur l’introduction d’In Mirrors, quand le saxophoniste ose jouer abstrait !, et sur Brute, dont le beat se rapproche de la musique électronique et où la voix se fait plus brutale, en effet, et donc un peu plus provocante. Lui qui aime creuser des sillons, pourrait-on conseiller à Colin Stetson de creuser de ce côté-là pour son prochain retour ?

EN ECOUTE >>> High Above a Grey Green Sea

Colin Stetson : New History Warfare Vol. 3: To See More Light (Constellation / Gibert Joseph)
Edition : 2013.
CD / 2 LP / DL : 01/ And In Truth 02/ Hunted 03/ High Above A Grey Green Sea 04/ In Mirrors 05/ Brute 06/ Among The Sef (Righteous II) 07/ Who The Waves Are Roaring For (Hunted II) 08/ To See More Light 09/ What Are They Doing In Heaven Today? 10/ This Bed Of Shattered Bone 11/ Part Of Me Apart From You
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pali Meursault : Offset (Doubtful Sounds, 2013)

pali meursault offset

S’agit-il pour Pali Meursault de faire musique avec du concret – rotatives des imprimeries Cédigraphe (Bresson) et Laville (Paris) – datant ? Aux lecteurs pointilleux ou inquiets, le projet sera expliqué ici, et encore .

Capturé, le rythme des machines est aussi contrarié sans cesse. Et la musique à naître de l’opération (bruits de rouages que l’on tord, cadences en décalage et sirènes essoufflées) intéresse au-delà des couleurs qu’elle crache. C’est que les découpes que l’artiste a pratiquées dans ses enregistrements les compliquent et les rehaussent dans le même temps. Lourdes choses en perpétuel mouvement, les instruments de Pali Meursault l’obligeaient à faire du neuf à coups de vieux : chose faite et bien faite, au point qu’au terme de leurs efforts, elles suffoquent dans un dernier acte d’épatante dramatisation.

EN ECOUTE >>> Cycle 2

Pali Meursault : Offset (Doubtful Sounds)
Edition : 2013.
LP : A/ 01/ Cycle 1 02/ Cycle 2 03/ Cycle 3 04/ Cycle 4 05/ Cycle 5 – B/ 01/ Flux 1 02/ Flux 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Chim Nwabueze : Fenêtre dissimulée (L'Harmattan, 2012)

chim nwabueze fenêtre dissimulée

Chim Nwabueze est joueur de scie (ou lame sonore). Dans son avant-propos à Fenêtre dissimulée – livre-disque –, il écrit : En 2001, j’ai eu une proposition de la Bibliothèque du 12e arrondissement de Paris pour faire un projet autour de la scie : Naissance des Mondes : Voyages de la Scie Musicale. Je ne voulais pas seulement faire une série de concerts. Ainsi, je suggérai, à mes risques et périls, un projet plus global fait d’images, poèmes, installations et rencontres. La première version de Fenêtre dissimulée est née de cette tentative de présenter une vision claire de mon rapport à l’art en général, la scie comme point de ralliement.

Passée la crainte d’avoir entre les mains un recueil-gadget de poèmes et de pensées mêlés, la surprise naît : les mots choisis de Chim Nwabueze – qu’ils nous entretiennent du délicat usage de cette scie à qui les dents ont été arrachées (Une chose à considérer est la virtuosité de la lenteur), dénoncent les habitudes de milieux satisfaits (les lieux dits « alternatifs » deviennent des nids de mafieux déguisés en brebis et de fonctionnaires sans grande marge de manœuvre : pourtant, les artistes de rue et du voyage sont de moins en moins libres, visibles, admissibles, pendant que d’autres se battent, souvent de façon machiavélique, pour enfin, pouvoir entrer dans le cadre d’un tableau municipal) ou composent des confidences-plaidoyers (L’oreille, aussi, veut pêcher / Loin des rivages) – font mouche.

Pour ne pas attendre après les partitions adaptées, Nwabueze a couru les collaborations. Sur le disque, il dialogue notamment avec Joëlle Léandre – avec la contrebassiste, il publia plus tôt Near and Far, concert donné en 2001 aux 7 lézards à Paris –, le percussionniste Tatsuya Nakatani ou la harpiste (de piano) Sylvie Menta. Seul, il insiste sur les performances percussives de son instrument (évidemment couplé sur Doublesaw), expérimente et brade toute virtuosité au profit d’un bizarre autrement saisissant, interroge les effets de l’amplification avec un goût pour les bruits « inconvenants », enfin, glisse quelques phrases sur la lame de fond bruitiste de Fugitive Stillness. Voilà qui attache d'une autre manière le mot à la musique, et conseille et la lecture et l’écoute de Fenêtre dissimulée.

Chim Nwabueze : Fenêtre dissimulée (L’Harmattan)
Edition : 2012.
Livre + CD : 01/ Doublesaw I 02/ Chant libre I 03/ Doublesaw II 04/ Saturn Turning 05/ Poussière d’étoile 06/ - 07/ Thoughtstreams 08/ Green Report 6 (extrait) 09/ A Sudden Shift 10/  Fugitive Stillness 11/ Inner Seas
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

_Chimannonce

Le 14 avril, pour fêter la sortie de Fenêtre dissimulée, Chim Nwabueze improvisera en compagnie de Bobby Few  à l'espace Le Scribe L'Harmattan, Paris.

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Anthony Coleman : The End of Summer (Tzadik, 2013)

anthony coleman the end of summer

Ici, six facettes de l’Anthony Coleman compositeur. Ici, quelques clés du CD.

- Matter of Operation : Anthony Coleman dirige cuivres, cordes et percussions. Un coulis de cuivres tournoie avant apparition d’une voix percée d’inquiétude. Fusent quelques dérèglements ligetiens. Les motifs sont courts mais s’obstinent à obscurcir le cercle. Douleurs, cris et hurlants appels au secours pour finir.

- Whorfian Hypothesis : Coleman, en pianiste solitaire, caresse les distances. Joue avec les nerfs. Ne garde que le seul squelette de sa blafarde composition.

- The Taste of Saury : Coleman s’entoure de deux saxophones alto (Ashley Paul, Michael Attias) et d’un trombone (Randall Pingrey). Dépayse et détimbre l’harmonie. Fait se désunir l’unisson. Et caresse toujours les distances.

- Kohayagawa-ke No Aki : Coleman dirige à nouveau et instaure une permanence : répétitions de motifs détrempés, lugubres menaces.

- Aioli : Coleman fait subir à son piano quelques traitements cagiens. Petite ballade lasse où se caressent à nouveau les distances.

- Zendegi va digar hich : Coleman dirige encore son drôle de big-band. Bringuebale et décale ses gluants motifs. Puis fait se dégager le ciel. Grand soleil avent reprise des frayeurs. La délivrance n’est pas pour demain.

Anthony Coleman : The End of Summer (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : 01/ Matter of Operation 02/ Whorfian Hypothesis 03/ The Taste of Saury 04/ Kohayagawa-ke No Aki (The End of Summer) 05/ Aioli 06-09/ Zendegi va digar hich (And Life Goes On)
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Patrick Thinsy : Disappearances (Tanuki, 2013)

patrick thinsy disappearances

Voilà une cassette qui ne me fait pas regretter d’avoir rebranché ma vieille platine (Sony, désolé). Non pas parce qu’elle est dorée, ni parce qu’elle se glisse dans un étui carton (lui-même protégé par une gaine noire) avec du papier d’Arménie tamponné « For Nina », mais parce qu’elle m’informe de l’existence de Patrick Thinsy.

En fouillant bien, je suis tombé ici, où j’ai appris que Thinsy a déjà collaboré avec Ignaz Schick, z’ev ou Martin Tétreault, et qu’il semble vénérer Phill Niblock. Bonnes références, donc, qui n’étonneront pas les chanceux qui pourront mettre la main sur l’un des cinquante exemplaires de sa cassette. Car la première face accouche d’un drone fragile mais qui ne s’oublie pas comme ça. Comme un brin de chromosome, il fait des tours et des détours au milieu d’autres sons, aussi fragiles et subtiles que lui.

La face B se contente d’un buzz, de coups de burin et de clics : est-elle moins originale pour autant ? Eh bien non, car une voix de femme fait son entrée. Son enregistrement est découpé et ajoute à la bizarrerie de son message en français et de sa diction. C’est donc une tout autre atmosphère... et une tout autre réussite. Patrick Thinsy, enchanté !

Patrick Thinsy : Disappearances [For Nina] (Tanuki Records)
Edition : 2013.
K7 : Disappearances [For Nina]
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Abdul Moimême : Mekhaanu (Insubordinations, 2012)

abdul moimême mekhaanu

Avec un catalogue rassemblant une quarantaine de sorties (en mp3), le net-label suisse Insurbodinations, création de Laurent Peter (alias D’incise) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin free impro expérimental. Huitième sortie en CD de l’officine genevoise, Mekhaanu. La forêt des mécanismes sauvages d’Abdul Moimême (ah, ah, ce nom) n’est pas exactement à ranger du côté easy listening.

Proche d’un Z’ev en mode radical total, le musicien portugais explore une approche quasiment jazz indus où grincements et bruitages insèrent leurs membranes vénéneuses largement au-delà des clichés étroits des étiquettes. Par moments, on songe à une vision ultra-grinçante des Sonic Youth 1981 en mode noise unplugged, ailleurs on laisse s’exprimer les échos tardifs d’un Chris Corsano déguisé en libérateur d’un outillage sidérurgique prisonnier d’une friche désaffectée entre Florange et Seraing. Qu’en penserait Lakshmi Mittal ?

EN ECOUTE >>> Mécanisme Pi >>> Atmosphères mécaniques

Abdul Moimême : Mekhaanu. La forêt des mécanismes sauvages (Insubordinations)
Edition : 2012
CD  / Téléchargement libre: 01/ Mécanismes Gamma 02/ Mécanismes Delta 03/ Mécanismes Theta 04/ Mécanismes Pi 05/ Mécanismes Sigma 06/ Qu'ils appellent Saturne 07/ Atmosphères Mécaniques
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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