Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Maxime Petit : How Many Miles To Babylon? (2013)

maxime petit how many miles to babylon

Un détail attire notre attention : Lasse Marhaug est au mastering… Oui, mais avant ?... Basse électrique branchée directement sur la table (c’est ce qu’on suppose en tout cas), médiator bien calé, envie de s’appliquer à  la confection de sa carte de visite (il n’y en a qu’une centaine, dans une jolie pochette sérigraphiée)… voilà Maxime Petit prêt pour trois prises ! Les dites prises ne font pas un disque très long mais elles montrent de quoi le bassiste est capable.

Malgré son titre (How Many Miles To Babylon?), voilà Petit en route pour des terres plus « expérimentales » que celles de Peter Tosh sans toutefois réussir à cacher son goût (c’est ce qu’on suppose, bis) pour les musiques d’ailleurs (ce que confirmerait le troisième morceau, baptisé du nom d’une ville née de l’imagination de Gabriel Garcia Marquez). En plus de quoi, lorsqu’il ne cherche pas la pépite sonore en geek lo-fi, Petit peut faire de sa basse un mbira (Fira Palace) ou jouer de plus en plus fort un air qui sent fort le manioc (Macondo, justement). Certes, le son manque un peu d’étoffe et la production de pittoresque, mais la tentative est pour le moins originale et même… honnête.

Maxime Petit : How Many Miles to Babylon? (Autoproduction)
CDR / DL : 01/ Fira Palace 02/ City-O-Matic 03/ Macondo
Enregistrement : 17 & 18 juillet 2013. Edition : 2013.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Léandre, Dalachinsky : The Bill Has Been Paid (Dark Tree, 2013) / Léandre, Bourdellon : Evidence (Relative Pitch, 2012)

joelle léandre steve dalachinsky the bill has been paid

Joëlle Léandre est (bien évidemment) des Sept basses, onzième hors-série papier du son du grisli qui vient de paraître. 

D’une manifestation estampillée Rogue Art, le label Dark Tree a fait un disque : The Bill Has Been Paid, enregistré le 27 mai 2012 en public par Joëlle Léandre et Steve Dalachinsky.

Improvisée, c’est ici la rencontre d’un langage et d’une poésie. Archet large et palette ouverte, Léandre développe le premier sous l’effet de son extravagance, de sa pratique enlevée et aussi des nuances de son partenaire. En vagabonde, la voici qui fond sur l’écrivain doué de parole – la chose n’est pas si courante – et même d’implication sensible : le contact est nerveux mais d’allures diverses. Ainsi les interludes contrastent-ils avec la ponctuation écrite au poing ou les nombreux transports commandés par l’archet.

En Léandre, Dalachinsky a donc trouvé – comme jadis en Joe McPhee (Pray for Me) ou Loren Connors (Thin Air) – une compagnie et un moteur qui épousent voire subliment ses penchants. Dite, voici sa poésie de prolifération et de désenchantements, enfin un touchant message adressé à ses frères d’armes ou de blues (qu’ils soient poètes, musiciens…).  

écoute le son du grisliSteve Dalachinsky, Joëlle Léandre
Son of the Sun (After Magic)

Steve Dalachinsky, Joëlle Léandre : The Bill Has Been Paid (Dark Tree / Orkhêstra International)
Enregistrement : 27 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Vocalise (for Jeanne Lee) 02/ Interlude #1 03/ Son of The Sun (After Magic) 04/ Interlude #2 05/ Sweet & Low (Word of Light And Love / The Bill Has Been Paid) 06/ Interlude #3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


 
joëlle léandre jérôme bourdellon evidence

En un autre duo – enregistré au Théâtre du Saulcy en 2011 –, Léandre élabora un autre ouvrage de langage partagé. En guise de partenaire, Jérôme Bourdellon, dont l’usage des flûtes (de la contrebasse au picolo) trahit un heureux rapport à la nature. Dévalant des structures (forêts en pente ou jardins suspendus) imaginées sur l’instant, Léandre et Bourdellon parlent d’Evidence et improvisent en bonne entente.

Joëlle Léandre, Jérôme Bourdellon : Evidence (Relative Pitch)
Enregistrement : 2 novembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01-07/ Evidence I - Evidence VII
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Edwards, Lee : White Cable, Black Wires (Fataka, 2013) / Carrier, Lambert, Edwards, Beresford : ...to The Vortex (Not Two, 2013)

john edwards okkyung lee white cable black wires

25 mai 2011, Welsh Chapel, Londres. Cinq improvisations contrebasse / violoncelle découperont à force d’applications appuyées (John Edwards, Okkyung Lee) et l’un et l’autre instrument.

De jeux de question-réponse en champs libres, Edwards et Lee vont et viennent, cognent et scient ; faisant parfois même le dos rond (scie à archet alors tenue à l’envers), fendent avec une autre efficacité, débitent avec un autre panache un bout de bois et de cordes dont les éclats percent sur partition. De celle-ci, le sujet est les dissensions que l’urgence impose et que White Cable, Black Wires répond gère à force d’acharnements qui impressionnent.

écoute le son du grisliJohn Edwards, Okkyung Lee
WCBW III

John Edwards, Okkyung Lee : White Cable, Black Wires (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 25 mai 2011. Edition : 2013.
CD : 01-05/ WBCW I - WBCW V
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



françois carrier michel lambert john edwards steve beresford vortex

Le duo Carrier / Lambert associée à la paire Edwards / Beresford : l’occasion date du 6 décembre 2011 (concert donné au Vortex de Londres). Dans l’ombre, les tensions feront et déferont l’improvisation : l’alto évoluant, avec une légèreté de contraste, sur les passes de cordes et de batterie, avant de bouillir sous l’effet d’un motif répété par Edwards. Quelques flottements ici ou là, mais les relances sont souvent irrésistibles.

François Carrier, Michel Lambert, John Edwards, Steve Beresford : Overground to The Vortex (Not Two)
Enregistrement : 6 décembre 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Mile End 02/ Bow Road 03/ Archway 04/ Barkingside
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sult : Harm (Bocian, 2013)

sult harm

Il y a deux contrebasses dans Sult, maniées par Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe. Il y a dans Sult d’autres instruments quand même, qui sont la guitare acoustique d’Håvard Skaset et les percussions de Jacob Felix Heule. Mais c’est bien la (dons les !) contrebasse qui est au centre des débats.

Car c’est elle qui tricote le canevas de souffre & de fiel dont le groupe fait ses partitions. C’est elle qui gémit sous le grattage, elle qui rôde partout sur ce disque de modal expérimental. C’est encore elle qui décoche un pizzi qui renverra lentement mais sûrement la guitare frottée ou les toms frappés à leurs études. Elle qui symbolise ce vague à l'âme instable qu’est la musique de Sult. Vague-à-l'âme dont on ne peut que s’éprendre des ruines et des ravages qu'il fait.

Sult : Harm (Bocian)
Edition : 2013.
LP : A1/ Lunge A2/ Mince A3/ Skade A4/ Fange A5/ Wince
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Parution de Sept basses (hors-série #11)

sept basses a

sept basses 2  sept basses 3

sept basses 4  sept basses 5

Sept basses
Hors-série papier #11
100 exemplaires numérotés
7 euros (port compris)

Image d’aperçu

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Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness, 2013) / Grid Mesh : Live In Madrid (Leo, 2013)

fabric trio murmurs

La radiographie n’est pas claire, sa lecture pas évidente. Tout de même, ses blancs et gris disent un peu des préoccupations du Fabric Trio – saxophones alto et soprano de Frank Paul Schubert, contrebasse de Mike Majkowski et batterie de Yorgos Dimitriadis.

Ainsi, cinq improvisations enregistrées le 30 novembre 2010 à Berlin accordent les intervenants sur une musique de contrastes : pointant, piquant, brassant, Majkowski donne toujours consistance à l’improvisation, qu’elle rampe pour prendre discrètement possession de tout l’espace (Decomposer), attise les rivalités afin de contrarier le plan rythmique (Jaw) ou au contraire revient à l’éternelle combinaison soliste / section rythmique pour permettre à Schubert de faire entendre ses influences (Coleman, Ayler, Ware) et même quelques qualités.

Malgré celles-ci et celles, non moins remarquables, de Dimitriadis, c’est bien la contrebasse qui guide le trio dans l’ombre. Elle, qui dessine la voie que le groupe doit suivre pour, six stations plus loin, admettre avoir changé l’épreuve en beau parcours.

écoute le son du grisliFabric Trio
Jaw

Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness Records)
Enregistrement : 30 novembre 2010. Edition : 2013.
LP : A1/ Jaw A2/ The Salt of Pleasure A3/ Hook A4/ Bristles B1/ Decomposer B2/ Acorn/Tongue
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

grid mesh live in madrid

Formé en 2006, Grid Mesh associe le même Frank Paul Schubert à Johannes Bauer (trombone), Andreas Willers (guitare électrique) et Willi Kellers (batterie). Point d’archet, donc, et moins de subtilité dans le jeu du saxophoniste : alors l’improvisation de ce Live in Madrid court après un lyrisme rocailleux, parfois bruitiste (cependant, les devices de Willers manquent de corps), et frise le brouillon quand Bauer n’y intervient pas.

Grid Mesh : Live in Madrid (Leo /Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 février 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Part I 02/ Part Iia 03/ Part IIb
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

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Pascal Niggenkemper : Lucky Prime (Clean Feed, 2013)

pascal niggenkemper vision7 lucky prime

S'il n'est pas des sept basses à paraître, Pascal Niggenkemper n'en est pas moins contrebassiste. Capable, même, d'emmener septette...

Les idées ne fusent pas au hasard chez Pascal Niggenkemper. Avec sa petite bande (Frank Gratkowski, Emilie Lesbros, Eve Risser, Frantz Loriot, Els Vandeweyer, Christian Lillinger), le contrebassiste enflamme quelques hautes contrées. La plus évidente de ces zones passe par l’entremêlement des timbres (concentration et délestement en duo, charge unie en septet).

D’autres territoires seront fréquentés qui passeront par la désintégration des masses et de bruts découpages. Il y aura crispation et respiration, composition et décomposition, surchauffe et attente. Le jazz sera restitué en un axe bancal et souffreteux avant qu’un vibraphone gouailleur ne vienne lui rappeler sa force vitale. Et du fil de tendresse final (sortir de la colère) jailliront des pépites aux soleils audacieux. Pas mal pour un premier enregistrement.

Pascal Niggenkemper Vision7 : Lucky Prime (Clean Feed / Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : 01/ Carnet plein d’histoires 02/ Dia de los muertos 03/ Feuetreppe 04/ En urgence 05/ I Don’t Know, But This Morning 06/ Ke Belle 07/ Lance de Lanze 08/ Sortir de la colère
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton : Live at Maya Recordings Festival (NoBusiness, 2013)

evan parker barry guy paul lytton live at maya recordings festival

Fin septembre 2011, Barry Guy * et Maya Homburger fêtaient à Winterthour, Suisse, les vingt ans de Maya Recordings. L’occasion pour le trio – trentenaire, lui – que le contrebassiste compose avec Evan Parker et Paul Lytton de poursuivre ses efforts d’improvisation. Quatre pièces naîtront de cette nouvelle rencontre, sur lesquelles Parker passe de ténor en soprano (passablement réverbéré entre les murs du Theater am Gleis) et que Guy et Lytton détaillent à coups d’archet ou de baguettes saillants.

Guy, pour tout dire, dirige l’essentiel des débats : sur Chert, le voici atténuant la volubilité du soprano pour imposer une approche plus sensible d’un art instrumental partagé ; sur Gabbro, il ajoute aux graves du ténor d’autres qu’il va chercher au plus profond de sa contrebasse. Ailleurs, l’association navigue sans plus de tuteur, arrangeant sur l’instant brefs coups d’éclat (frappe sèche de Lytton) et inventions parallèles (apnéiques de Parker contre harmoniques de Guy). S’il paraît sur NoBusiness (auquel Guy a déjà offert quelques belles références) et non sur Maya, impossible de taire les grandes qualités de ce Live at Maya Recordings Festival.

écoute le son du grisliEvan Parker, Barry Guy, Paul Lytton
Gabbro

Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton : Live at Maya Recordings Festival (NoBusiness).
Enregistrement : 25-27 septembre 2011. Edition : 2013.
CD / LP : 01/ Obsidian 02/ Chert 03/ Gabbro 04/ Scoria
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Peter Kowald, Werner Lüdi, Butch Morris, Sainkho Namtchylak : When the Sun Is Out You Don’t See Stars (FMP, 1992)

peter kowald werner ludi butch morris sainkho namtchylak when the sun is out you don't see stard

Cette chronique est l'une des cinq qui illustrent le portrait de Peter Kowald dans le hors-série papier à paraître mardi (26 novembre) : sept basses.

C’est une nature qui s’éveille lorsque débute When The Sun Is Out You Don’t See Stars, disque d’improvisateurs en quête d’essence : Peter Kowald (contrebasse), Werner Lüdi (saxophones alto et baryton), Butch Morris (cornet) et Sainkho Namtchylak (voix). Reptations sonores révélées par l’archet rapide, barrissements et vagissements des instruments à vent, chants d’une espèce volatile : un nouveau jour se lève, prétexte pour le quartette à raconter l’histoire du monde. Ses heures, toutes, rassemblées en soixante-dix minutes, et leurs mouvements, nombreux et souvent interdits de destination : vingt pièces au total, enregistrées en trois fois (26 et 27 juillet 1990, 8 juillet 1991), qui disent les impératifs d’une existence avec une poésie capable de tous les sublimer ; vingt saynètes, qui peignent des rencontres avec l’autre (conversations interlopes d’Overcome Babylon, confrontation de Killer Planets) ou l’élément naturel (est-ce la voix de Sainkho qui fait parler le vent sur Wind Talking ou bien l’apparition fugace du souffle de Morris ?), des pertes de repères (géographiques sur Happysad, physiologiques sur Long Trust And These Jokes) et des glissements de terrain (Dawn In Tuva, A Thousand Years Etcetera, Pretty Ugly).

Au-delà, ce sont même des mystères que l’on approche, dont le moindre n’est pas celui de l’origine d’une musique à la croisée des chemins, née de l’accord impeccable d’improvisateurs réunis par le goût de l’éclectisme et des expériences qu’ils ont en commun, et par la fascination qu’exerce sur chacun d’eux le même horizon : « faire se rencontrer les mondes » : OverWelcome Babylon !

Peter Kowald, Werner Lüdi, Butch Morris, Sainkho Namtchylak : When the Sun Is Out You Don’t See Stars (FMP)
Enregistrement : 26 & 27 novembre 1990, 8 juillet 1991. Edition : 1992.
CD : 01/ Dance of The Invisibles 02/ Paris Bar 03/ A Thousand Years Etcetera 04/ Bursting Bubbles 05/ Sacred Places 06/ Overcome Babylon 07/ Wind Talking 08/ Happysad 09/ Bold As Gold 10/ Killer Planets 11/ Down in Tuva 12/ Yes Yes The Anarchy 13/ A Little World Music 14/ Long Trust And These Jokes 15/ Dark Side of White 16/ The Art of Falling Apart 17/ Burning Spirits 18/ Pretty Ugly 19/ House of Trouble 20/ No Longer Down Under
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Benoit Cancoin : Instants minuscules (Blumlein, 2013)

benoit cancoin instants minuscules

Il faut pénétrer sur la pointe des pieds. Accepter le sensible. S’y risquer. Benoit Cancoin est de ces contrebassistes qui n’en finissent pas d’interroger l’instrument. Un laborantin du sensible pour être plus précis. Ici, il improvise en solo quatre pièces dans l’antre de quelques essentiels amis.

Que ce soit pour un baptême sonore ou dans l’atelier d’un ami luthier, Benoit Cancoin frotte, s’efface, éveille ou saigne la corde, duplique les axes, craquelle, strie, scie, crisse, pleure, écartèle, martyrise, grogne, hèle, offre. Rien d’autre – et cela est déjà beaucoup – qu’un feuilleton du tendre et du sensible entremêlés. Pas mal (euphémisme doux !) pour un premier solo.

Benoit Cancoin : Instants minuscules. Solo pour un (Blumlein / Metamkine)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Plume-ventre rond 02/ Hervé-piano écho 03/ Jean 04/ Jean-rabot
Luc Bouquet © Le son du grisli

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