Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Céleste Boursier-Mougenot : Perturbations (Analogues, 2015)

céleste boursier-mougenot perturbations

C’est ici la suite – et, même, le complément – de ces États seconds dont il faudra aller relire la chronique (il est d’ailleurs possible au vaillant petit lecteur de se procurer, à cette adresse, les deux livres d’un coup). A cette courte présentation, on pourra ajouter la lecture des lignes consacrées à bruitformé par Olivier Michelon, directeur des Abattoirs de Toulouse qui accueillirent en 2014 l’exposition Perturbations.

Duchamp (et À bruits secrets) en ligne de mire, donc, ou plutôt : agissant sur Céleste Boursier-Mougenot comme Morton Feldman et Pierre Boulez agissaient par exemple sur Bunita Marcus : en figures inspirantes avec lesquelles il est, si l’on veut parvenir à s’exprimer dans sa propre langue, bien nécessaire de rompre. La métaphore musicale n’est pas vaine, puisque l'artiste, ancien compositeur, fait encore grand cas de la musique – ainsi s’explique-t-il : « la musique vivante produite en direct (…) est à compter parmi les phénomènes qui ont la propriété d’amplifier notre sentiment du présent. »  

Plus que tout, le « présent » / le « vivant » semble donc inquiéter l’artiste : ses installations où prolifèrent guitares-branche, mousse-masse, micros-ruche, pianos-truck… réagissent alors par le son aux mouvements alentours – à la fin du volume, Boursier-Mougenot explique de quoi retourne précisément chacune des œuvres récentes (2008-2014) ici présentées. Duchamp effacé, c’est John Cage – que cite notamment Emanuele Quinz, universitaire et autre contributeur de cette monographie : « l’art est l’imitation de la nature dans sa manière de procéder » – qui pose question. En jouant d’approches et de rapprochements, d’influences et d’échanges, Céleste Boursier-Mougenot pense un art qui ne s’en tient pas au seul effet qu’il fait.

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Olivier Michelon, Nikola Jankovitz, Emanuele Quinz, Emma Lavigne, Céleste Boursier-Mougenot : Perturbations
Analogues / Presses du Réel
Edition : 2015.
Livre (français / anglais) : Perturbations
Guillaume belhomme © Le son du grisli

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Marielle V Jakobsons : Glass Canyon (Students of Decay, 2012)

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Elle a beau avoir bossé avec Helena Espvall (Espers), c’est la toute première fois de ma vie que j’entends un disque de Marielle V Jakobsons – et, comme on dit en anglais, I’m glad I did. Auteure de sculptures sonores qui évoquent à la fois Mia Zabelka et Aaron Copeland, le tout mariant le violon, instrument de base de la musicienne américaine, aux synthétiseurs.

Tout en optant pour un stylé répétitif totalement représentatif de la scène musicale d’outre-Atlantique – qui n’a jamais entendu les boucles infinies de Philip Glass, même si le cas présent, nous en sommes loin – l’artiste d’Oakland ne donne toutefois pas toujours sa pleine mesure. Par instants, on se croirait même en plein revival faux synthkraut, voire même Vangelis (gloups), alors qu’en d’autres lieux, plus avantageux, des échos kosmische à la Tangerine Dream vs Leyland Kirby viennent heureusement compléter le tableau. Incomplet, hélas.

Marielle V Jakobsons : Glass Canyon (Students of Decay)
Edition : 2012.
CD / LP / Digital : 01/ Purple Sands 02/ Crystal Orchard 03/ Cobalt Waters 04/ Dusty Trails 05/ Albite Breath 06/ Shale Hollows
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Jacques Lasry, Bernard Baschet : Chronophagie (Arion, 1969)

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Un vide-grenier, printemps 2009, entre un Carlos (RIP) et du folklore auvergnat (RIP) : Chronophagie, Lasry et Baschet !

C'est carrément concret, de l'électroacoustique mais de l'electoacoustique jouée live !... Ca frotte, ça gratte,ça chante, c'est étonnant !! Au confluent du minimal, du contemporain, du jazz, de l'ambiante, du drone... Tout ça joué sur des structures sonores de cristal, des tôles, des ressorts plus quelques instruments (flûtes, basse, percussions et voix), on jurerais qu'il y a des traitements électroniques....

J'entends sur ce disque des musiciens d'aujourd'hui rechercher des nouveaux paysages, de nouvelles façons de faire... Il y a une difficulté a reconnaître les sons de chaque instrument sur certains passages tellement ils se confondent (voix ou métal / cristal ou flûte), un travail sur la matière sonore magnifique (fréquences pures, souffles, grésillements, craquements aigus,  jeux instrumentaux) : une palette énorme ! Un disque de 40 ans hors du temps!

Jacques Lasry, Bernard Baschet : Chronophagie (Arion)
Edition : 1969.
Christian Malfray © Le son du grisli

nappe

Christian Malfray est musicien. Avec Pierre Faure, il compose Nappe, projet qui a récemment enregistré et vu sortir Improvised Sound Compositions.   

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