Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Mahjun : Mahjun (Souffle Continu, 2016)

mahjun mahjun

C’est en une seule fois que Souffle Continu réédite deux références Saravah enregistrées au début des années 1970 par Mahjun, « happy french band » emmené par le violoniste Jean-Louis Lefebvre, entendu plus tôt sur le même label auprès de Jacques Higelin. A Vivre la mort du vieux monde, première référence publiée du groupe (alors Maajun), succédaient donc ces deux collections de pastiches aux couleurs changeantes.

Sur le premier disque (1973), c’est encore une chanson de paysage dans lequel les intervenants jonglent avec les emprunts – le groupe explore (et même « exploite ») différents folklores français – au point de servir bientôt un trad psychédélique, certes, mais capable de revendications : ainsi quand dévisse le saxophone de Pierre Rigaud ou lorsque tournent les guitares électriques, c’est un vent frais qui souffle sur ces hommages amusés au terroir et dépose Mahjun aux portes d’un rock progressif de bamboche.

Sur le second disque (1974), l’expérience est identique mais le charme du groupe – naïf encore mais passé du pastiche au potache – fait sensiblement moins d’effet. De terreurs enfantines en folklores angoissés (bourrée, sonioù…), Mahjun hésite là entre une poésie grivoise et un lyrisme revendicatif qui trouve sa raison d’être (et donc son intérêt à être entendu) dans la seule déclamation. Suit quand même La ville pue, divagation de près d’un quart d’heure à laquelle se joignent les percussions de l’invité Nana Vasconcelos, dont Pierre Barouh produisit l’année précédente l’incontournable Africadeus.

FFL022-Mahjun_Cover_(2)

Mahjun : Mahjun
Souffle Continu
Edition : 1973. Réédition : 2016.
LP : 01/ Le jus de la figue 02/ Les enfants sauvages 03/ Family Valse 04/ Shavi Ravi 05/ La déniche 06/ Chez Planos 07/ La guitare à Rigaud

FFL023-Mahjun_Cover_(2)

Mahjun : Mahjun
Souffle Continu
Edition : 1974. Réédition : 2016.
LP : 01/ Fils à Colin-Maillard 02/ Denise 03/ Bourrée 04/ La ville pue 05/ Fin janvier
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean-Jacques Birgé, Francis Gorgé : Avant Toute (Souffle Continu, 2016)

jean-jacques birgé francis gorgé avant toute

Comme de Bernard Vitet (voir La guêpe, récemment réédité par Souffle Continu), on sait de Jean-Jacques Birgé « à peu près » le parcours. C’est que le parcours en question est, lui aussi, dense et hétéroclite, dont Avant Toute, enregistré en 1974-1975 en duo avec Francis Gorgé, sonne en quelque sorte le départ – et le préambule au Drame Musical Instantané que le duo jouera ensuite avec Vitet.

Birgé aux claviers (synthétiseur ARP 2600 et piano électrique) et Gorgé à la guitare, et aussi une époque : celle d’une improvisation (instantanéisation ?) capable encore d’émettre sans trop s’écouter (voire se regarder) faire. Raccord avec son temps, le duo musarde à loisir sur trois quarts d’heure de quartier libre, et ses Bolet Meuble, CXLII, Coup de Groutchmeu ou Corde lisse, en profitent souvent.

Car l’ego trip est, quand il n’est pas vain (deux ou trois « baisses de régime » en concluront les générations suivantes), plutôt bon conseiller : qui va au son de gimmicks tournants, de cordes qui légèrement saturent, d’élucubrations électroniques minutieuses, de programmations sous cloches… Mais, pour résumer encore, il faudra choisir : alors, pop ou kraut, ce folâtre minimalisme ? « Il s’agit avant tout d’expliquer l’action », répondent (presque en chœur) Birgé et Gorgé.



birgé borgé

Jean-Jacques Birgé, Francis Gorgé : Avant Toute
Souffle Continu
Enregistrement : 1974-1975. Réédition : 2016.
LP : A1/ Bolet Meuble A2/ CXLII – B1/ Coup de Groutchmeu B2/ Corde lisse
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Kosmose : Kosmic Music from the Black Country (Sub Rosa, 2015)

kosmose kosmic music from the black country

Le label Sub Rosa déterre un groupe pas banal et belge en plus : Kosmose. Ces 2 CD (ou 2 LP, au choix) sont la seule référence de ce groupe qui opéra dans la région de Charleroi entre 1973 et 1978. Pour résumer, c’est une bande d’improvisateurs pileux nés d’un premier groupe du nom de SIC

Aux claviers, guitares, saxophones, flûtes, batteries, etc. il y a Francis Pourcel, Daniel Malempré, Alain Neffe, Paul Kutzner, Michel Demonceau, Guy-Marc Hinant (l’un des fondateurs de… Sub Rosa !), des concitoyens qui aimaient le rock mais aussi le punk, le kraut, le psyché et la kosmische. Quarante ans après, je fais leur connaissance sur de la musique qui plane beaucoup (genre Pink Floyd), où les solos sont peu fréquents mais où les musiciens peuvent déboîter quand même (mention spéciale à la batterie d’Hinant sut The Fourth Untitled Track & The Ninetieth Untitled Track)…

Quand la musique plane moins, c’est d’ailleurs plus intéressant. Au gré des ans, le groupe découvre le drone et la boîte à rythmes. Ça modifie son travail sans non plus lui permettre d’atteindre à la félicité (= rivaliser avec les parangons des genres cités ci-dessus). Mais à quoi bon puisqu’en 1978, Kosmose c’est déjà fini. Pour Neffe et Hinant, c’est une autre aventure qui commence, avec Pseudo Code et sa potlatch music.



Kosmose : Kosmic Music from the Black Country (Sub Rosa)
2 CD / 2 LP : 01/ The Second Untitled Track 02/ The Third Untitled Track 03/ The Fourth Untitled Track 04/ The Fifth Untitled Track 05/ The Ninetieth Untitled Track 06/ The Tenth Untitled Track 07/ The eleventh Untitled Track 08/ The Sixth Untitled Track 09/ The Seventh Untitled Track 10/ The Twelfth Untitled Track 11/ The Eighth Untitled Track
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Heldon : Live in Paris 1975 / Live in Paris 1976 (Souffle Continu, 2015)

heldon live in paris 1975 1976

Ce week-end (très fort, pour couvrir des réappropriations de Smells Like Teen Spirit qui avaient pourtant un intérêt, au moins sociologique) j’ai écouté toute une face d’Heldon (la B de 1976) à la mauvaise vitesse. Je n’aime pas me faire avoir de la sorte. D'autant que j’ai aimé cet instru déterritorialisé (deuleuzien d’inspiration), que j’ai trouvé un peu mou quand même. A la bonne vitesse (45), le solo de guitare psyché en arrière sur le beat répétitif avait encore plus d’allure. Schön.

M’étant promis de bien détailler les trois faces qui me restaient à écouter de ces deux nouvelles sorties Souffle Continu, j’entamais l’escalade de la face A de 1976 = 1984 après cosmic c’était. La tête me tournit. Mais je fisus avec. Richard Pinhas parle un peu avant de reprendre sa six cordes et sa palette de couleurs que les moog de Patrick Gauthier et la batterie de François Auger projetteront sur les murs du Palace. Urgent, et nerveux : protransgressif / prog&transgressif.

Le live de l’année précédente, c’est en 33 tours qu’il faut le passer. Est-ce parce que ça tourne moins vite que la musique est plus obscure ? Les loops de synthé luttent contre les guitares et sur le champ de bataille c’est Pinhas et Alain Renaud qui s’activent. Alors quoi, rock modal ou blues sceptique ? Il suffira de retourner le vinyle (ah les belles couleurs) pour que les basses deviennent des aigus qui tirent le duo vers le haut. & dans un tourbillon Heldon tire sa révérence. Et moi j’en veux encore, en 45 ou en 33.


 
Heldon : Live in 1975 (Souffle Continu)
Enregistrement : 1975. Edition : 2015.
LP : A1/ Heldon Is Back A2/ Lady from the North B1/ Klossowski’s Circlus Vitiosus B2/ Death of Omar Diop Blondi B3/ Track of Cocaine

Heldon : Live in 1976 (Souffle Continu)
Enregistrement : 1976. Edition : 2015
LP : A1/ 1984 après cosmic c’était B1/ Distribution Déterritorialisation
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

WMWS : One-Night Stand (Improjazz, 2015)

wmws one-night stand pam windo

ONE NIGHT STAND is Michael King’s last gift to the fans of the UK”s improvised music scene of the 1970s. Of course, like everyone else, I had no idea it would be his last. As a longtime friend, I knew he was very troubled that music could be downloaded for ‘free’ on the Internet, and he positively hated what he considered “the catastrophe” of today’s technology….even though he used some of it to engineer and re-master the lost treasures he always had the knack to discover. ONE NIGHT STAND is one of those treasures.

The recording was made one night in the Upstairs Room at Ronnie Scott’s Club on Frith Street, in those days a rather seedy red-light district. The continuous 45-minute improvisation is both flowing and serious in tone. It would be Robert Wyatt’s last performance playing drums, as he would have his back-breaking accident only two months later.  

I was in touch with Michael King for weeks about the CD, a copy of which he had sent me to listen to. He was concerned about how the musicians would get paid, and kept hesitating about where to place it. He was also, as usual, concerned about the sound quality. I suggested that it was a 40-year-old recording, that it was a brilliant and unique performance, and that he should go with the offers he had. I also said: “Keep your creative force moving along and do this album.” And he did. A few months later he committed suicide. The recording is now out on vinyl and on CD, and he would be very proud.

WMWS : One-Night Stand (Improjazz)
Enregistrement : 14 avril 1973. Edition : 2015.
CD / LP : A-B/ One-Night Stand
Pam Windo © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Schizo : Le voyageur / Torcol - Heldon : Soutien à la RAF / Perspectives (Souffle Continu, 2014)

schizo le voyageur torcol heldon soutien à la raf perspectives

Dans son entreprise de réédition, le Souffle Continu aura beaucoup à faire avec le cas Richard Pinhas – pour s’en convaincre, on pourra lire ou relire l’interview de Théo Jarrier. Première étape du programme, la sortie de trois quarante-cinq tours datant de la première moitié des années 1970.

Ce sont d’abord deux titres de Schizo dont Wah Whah Records avait réédité voici quelques années l’Electronique Guérilla. Avec Patrick Gauthier (guitare, synthétiseur), Pierrot Roussel (basse) et Coco Roussel (percussions), Pinhas invite Gilles Deleuze à lire Nietzsche sur fond de rock défait qui atteste que le plaisir est bien « dans le passage » (Le voyageur). Sur l’autre face, c’est une rengaine plus synthétique que se disputent pop psychédélique et prog, qui brille notamment par ses pulsations étouffées (Torcol).

Les deux autres quarante-cinq tours concernent Heldon (nom que Pinhas emprunta au Rêve de fer de son ami Norman Spinrad). Sur son Soutien à la RAF – disque jadis distribué gratuitement avec un appel aux dons signé d’un comité de soutien qui s’insurgeait contre les conditions de détention des membres de la bande à Baader –, Pinhas dépose sur un tapis de moog un blues ligne claire joué à la guitare électrique. Au dos, c’est un autre hommage – à Omar Diop Blondin, militant communiste sénégalais qui venait de mourir en prison – et un autre blues, plus cavalier peut-être, autrement insolent.

Sur Perspectives, publié en 1976, Pinhas travaille avec plus de cohérence encore au rapprochement de la guitare et du synthétiseur. Inspiré par la science-fiction, il développe et amasse des solos qui interfèrent et, par effet de superposition, révéleront l’étendue de son imagination-psychose. En seconde face, le rock est d’une formule plus entendue mais démontre une diversité de perspectives que les live publiés ces jours-ci par le Souffle Continu (1975, 1976) multiplieront encore. A suivre, donc.

Schizo : Le voyageur / Torcol (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Le voyageur B/ Torcol

Heldon : Soutien à la RAF (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Soutien à la Raf B/ O.D.B.

Heldon : Perspectives (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Perspectives 1 Bis Complement B/ Perspectives 4 Bis
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

cd

Commentaires [0] - Permalien [#]

Tribraque : Le passé du futur est toujours présent (Bloc Thyristors, 2014)

tribraque le passé du futur est toujours présent

Ce n’est donc pas en braque mais en barque que l’aventure Tribraque se poursuit. Une barcarolle ralentie par le médiator de Jean-François Pauvros, c'est comme ça que débute la suite du « sauvagement émancipatoire » de Tribraque.

Braque quand même, c’est accordé (je ne me lancerai pas dans une interprétation de la pochette du disque). La guitare à califourchon, les claque-baguettes de Jean-Nöel Cognard, l’electrosonic de Patrick Müller et l’électricité à tous les étages. Pour réécrire le présent au futur le trio ouvre des portes sur le passé pour en découdre avec la Great Kosmische Musik, le prog ou free rock et même le metal-babouin avalé par l’americana-vibrato (Hurt de Nine Inch Nails chanté par Pauvros).

C'est peut-être parce que les gars rament à l’envers que notre point de vue change tout le temps. Et on n’est pas fâché de remonter avec eux jusqu’au (super) latin de Clorurel : Lincit (oui, le latin est une langue vivante) sur le vinyle et jusqu’à Hydrorgyrum sur le CD livré avec le vinyle. Magie de la technique, la galette de polycarbonate nous amène jusqu’en Inde (après absorption de Brucina). Bref, si Le passé du futur est toujours présent, avouons que le présent de l’avenir a de beaux (et parfois hallucinants) restes.

Tribraque : Le passé du futur est toujours présent (Bloc Thyristors / Souffle Continu)
Enregistré : 1er août 2012. Edition : 2014.
LP + CD : 01/ Acidum Oxalicum 02/ Tina Tinnabaris 03/ Hurt 04/ Clorurel : Lincit [05/ Brucina 06/ Suffas Quinicus 07/ Hydrorgyrum]
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Charles Hayward, Kawabata Makoto, Guy Segers : Uneven Eleven (Sub Rosa, 2015)

charles hayward kawabata makoto guy segers uneven eleven

Je n’ai que rarement eu l’occasion d’entendre Makoto Kawabata sans ses Acid Mothers Temple (même dedans d’ailleurs, il faut savoir le débusquer) et cette captation de concert au Café Oto l'année dernière a mis un terme à cet étrange phénomène. Avec le guitariste japonais, il y avait le bassiste belgo-électrique Guy Segers et le batteur Charles This Heat  Hayward.

L’atmosphère du concert est bon enfant, le public est proche & enthousiaste. Il n’en faut pas plus aux trois hommes pour improviser un rock que l’on qualifiera, selon les plages, de « blues », « prog », « tribal , « no wave » ou même « funk ». Si ce n’était que ça, ce ne serait pas grand-chose, un concert de plus de loops de basse, de guitar solos et de costaude batterie, des improvisations assez pépères (malgré tout le respect que je dois aux musiciens)…

Mais (car il y a un mais) c’était sans compter sur le message des premières secondes du concert : c’est indubitable, il y a quelque chose dans l’air que les déclinaisons fastoches et les tissages rock-cliché ne peuvent réduire en miettes. Et bing, c’est Excavation, une perle dyonisiaque de treize minutes, & plus loin Hologram, une piste de noisy tirée à quatre épingle, qui nous forcent à l’admettre : dans ou hors d’AMT, on doit toujours faire confiance à Makoto Kawabata.

Charles Hayward, Kawabata Makoto, Guy Segers : Uneven Eleven : Live at Café Oto (Sub Rosa)
Enregistrement : 24 mai 2013. Edition : 2015.
2 CD / LP : CD1 : 01/ Dislocation 7 03/ Combustible Comestible 03/ Benevolent with Hybrid Shoes 04/ Excavation 05/ Dune 11 – CD2 : 01/ Slow Sweep 02/ Javelin 03/ Irrigation 04/ Hologram 05/ Global Anaesthesists
Pierre Cécile © Le son du grisli

cd

Commentaires [0] - Permalien [#]

WMWS : One-Night Stand (Improjazz, 2015)

wmws one-night stand

Il est vrai… j’étais venu là (à l’Upstairs Room du Ronnie Scott’s Club le 14 avril 1973 sur invitation du label Improjazz) pour Robert Wyatt. A la batterie, il faisait pulser (et comment !) l’improvisation d’un quartette d’un soir. Avec lui, il y avait le saxophoniste Gary Windo, le claviériste Dave MacRae et le bassiste Richard Sinclair.

Juste après l’enregistrement de Rock Bottom, l'homme de Soft Machine travaille à une tout autre affaire. Plutôt de manière informelle, comme on dit, il improvise. Avec MacRae son comparse de Matching Mole, il donne au set un goût de rock prog et de fusion (le clavier électrique n’y est pas pour rien, MacRae faisant même penser au Chick Corea des seventies sur la deuxième face). Mais malgré l’efficacité du duo, c’est peut être Windo qui opère le mieux et donne une cohérence aux nombreuses séquences de jeu. Plusieurs fois il intervient avec autorité et, dans ses solos, vire au free. A ma grande surprise, et pour mon plus grand plaisir.

D’ailleurs, si j’étais venu là pour Robert Wyatt, c’est bien Gary Windo qui aura retenu mon attention. Depuis, il l’a même conservée.

RMWS : One-Night Stand (Improjazz)
Enregistrement : 14 avril 1973. Edition : 2015.
LP : A-B/ One-Night Stand
Pierre Cécile © Le son du grisli

le son du grisli

mail 10 years

Commentaires [0] - Permalien [#]

Mahogany Brain : With (Junk-Saucepan) When (Spoon-Trigger) (Souffle Continu, 2014)

mahogany brain with (junk-saucepan) when (spoon-trigger)

Je renverrais à la page Discogs de cette antique référence Futura les lecteurs qui voudront examiner dans les moindres détails qui y joue de quoi. Car si Michel Bulteau (poète électrique, cinéaste expérimental & clochard céleste) et Patrick Geoffrois (bassiste électrique qui rejoindra plus tard à New York James Chance & the Contortions) étaient les têtes pensantes (pour ne pas dire le cerveau) du Mahogany Brain, on trouvait pas mal de beau monde à sa queue.

Enregistré en 1970, le premier Mahogany Brain, c’est toute une époque en avance sur son époque. Entre Velvet, Suicide et Varèse, le groupe inventait un rock de bazar qui croise guitares électriques ou folk, flûtes, piano ou violon, devant un Bulteau en verve avachie ! Noire comme l’espoir, la couverture du disque contraste avec les débris colorés du piano déglingué branché sur le transfo électrique et les images que nous envoient les mots (en anglais, et avec accent) de Bulteau. Au bonheur des Beats et de l’avant No Wave, Mahogany Brain With (Junk-Saucepan) When (Spoon-Trigger) méritait bien cette magnifique réédition.

Mahogany Brain : With (Junk-Saucepan) When (Spoon-Trigger) (Souffle Continu)
Enregistrement : décembre 1970. Edition : 1971. Réédition : 2014.
LP : A1/ Bloody Hide and Seek in the Rain A2/ Wrong Reincarnation A3/ Hot Milk Elbow A4/ Sky-Fish A5/ Unbottoned Eyes A6/ Screaming Zenith – B1/ The Child With the Wind, the Snow, and the Yellow Top Waiting for the Magical Toy B2/ Universe (Naked Speed) B3/ The Secret Body of Wind B4/ Hot Milk Elbow (Part 2) B5/ Head of Night B6/ Zevagho Chzechago
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>