Le son du grisli

Jazz, musiques expérimentales et autres










Tintina Bulum : Not The Wind Not The Flag (Barnyard Records, 2009)

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La guitare tinte la première (Colin Fisher), et puis la batterie (Brandon Valdivia) : un accord, un autre accord et un troisième autour desquels les deux hommes tournent. A la première écoute de Not The Wind Not The Flag, je me fais promener en me demandant où Tintinabulum m’emmène.

Pour continuer, la guitare continue de tinter sous l'effet de nombreuses pédales. La batterie aussi prend plus de place. La musique n’arrête pas d’aller crescendo. A dix minutes de la fin, malheureusement, la progression (jusque-là plutôt intéressante) tourne au progressif, et l’on se demande si avoir suivi les musiciens en attendant une conclusion valait le coup…

Tintinabulum : Not The Wind Not The Flag (Barnyard Records)
Edition : 2009.
Cd : 01/ Not The Wind Not The Flag
Pierre Cécile © Le son du grisli

The Necks : Drive By (Rer, 2003)

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Hey mon ami ! Tu es en voyage ? Tu cherches comment dormir n’importe où ? Very simple ! Ecoute The Necks ! Tu mets ton casque, tu t’affales tranquille, tu glisses le disque Drive By. Ok ? C’est peut-être un des meilleurs albums de ce surprenant trio australien. Dès le début je kiffe. As de la variation : c’est lent comme quand tu roules à 180 km/h sur l’autoroute A4 juste dans la descente avant la sortie Fresnes-en-Woëvre dans le sens Paris /Strasbourg.

Chris Abrahams (piano), Tony Buck (drums), and Lloyd Swanton (bass) forment cet orchestre. Jamais pareil, pourtant un peu semblable,  tout bouge, tout reste, comment dire ce qui les animent ? Une transe du tympan ? Le son fait vibrer les mêmes terminaisons, excite les mêmes molécules de viande... Je sais pas comment ça marche, mais on sent bien que le chemin parcouru se répète sans jamais s’imiter et toi tu décolles doucement mais sûrement, le son fait son effet, drogue légal, toujours pas interdite en France, étonnant...Profitons en encore tant qu’il est temps.

La musique de ce trio australien, m’a beaucoup servi ... Et oui, ça sert la musique ! Elle m’a aidé à dormir, à me réveiller, à regarder la nature, à imaginer, à rouler, bref, c’est comme qui dirait platement mais sûrement un terreau fertile... Alors pour cette revue j’ai réécouté Aquatic / Drive By / Mosquito / See Through, que du bon... Y a un site web sur lequel tu trouves tout ! Bonne écoute ! Au fait, le dernier est sorti y a peu, pas encore écouté... Silverwater. Affalons-nous !

The Necks : Drive By (Rer)
Edition : 2003.
CD : 01/ Drive By
Xavier Charles © Le son du grisli

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Xavier Charles est clarinettiste. Entendu mercredi à Stockholm auprès de John Butcher et Axel Dörner, il entame ce soir une tournée avec Dans les arbres : Nantes (Pannonica ce soir), Tours (Festival Total Meeting le 5), Berne (Dampfzentrale le 8), Genève (Cave 12 le 9), Oslo (le 10) et Hamburgsund (le 12).

Bill Orcutt : A New Way to Pay Old Debts (Palilalia , 2009)

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Durant les années 1990, la guitare incendiaire de Bill Orcutt accompagne les hurlements et le jeu extrême à la batterie de sa compagne Adris Hoyos au sein du groupe de hard core Harry Pussy. Depuis la fin de cette aventure en 1997, les deux activistes sonores ont donné peu de nouvelles. C’est pourquoi cet album solo de Bill Orcutt paraît débarquer de nulle part. Cette impression de singularité est renforcée par l’achèvement stylistique atteint par le guitariste.

En effet, rarement le son d’une guitare acoustique aura paru aussi sauvage, notamment grâce à un accordage particulier et à l’enlèvement des cordes de La et Ré. Si les influences hard core se font toujours sentir, la rugosité du blues d’un Fred Mc Dowell, la recherche de déconstruction adoptée par John Fahey à la fin de sa carrière et l’expressionnisme unique de Derek Bailey semblent avoir marqué Bill Orcutt. Surtout, le guitariste s’intéresse peu aux effets que la technologie pourrait apporter à son jeu. Le son qui résulte d’une telle approche est d’une grande présence physique et prend place dans un espace révélé par divers parasites comme un coup de téléphone, le bruit du trafic…

Souvent, les notes se succédent dans un flux incontrôlé, comme si le musicien luttait avec son instrument. Entièrement investi, Bill Orcutt ne peut s’empêcher d’accompagner ses notes de hurlements bruts. Un album de blues et de fureur qui devrait faciliter toute entreprise cathartique.


Bill Orcutt, My Reckless Parts (extrait). Courtesy of Palilalia.

Bill Orcutt : A New Way to Pay Old Debts (Palilalia Records)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
LP : A1/ Lip Rich A2/ Sad News from Korea A3/ Pocket Underground A4/ Too Late to Fly B1/ My Reckless Parts B2/ Street Peaches B3/ A New Way to Pay Old Debts B4/ Cold Ground.
Jean Dezert © Le son du grisli

Supernova 2 (Interstellar, 2009)

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Huit ans après le passage d'une première Supernova, le label Interstellar publie une deuxième compilation regroupant des titres d’une sélection intéressante de pourfendeurs de quiétude.

Une face vinyle pour chacun : Bulbul, qui donne avec l’aide d’Heimo Wallner dans une country amatrice de drones et de batterie ravageuse ; Merzbow, qui opte lui pour des déferlantes de sons saturées et un futurisme aux bruits exacerbés ; Peach Pit, au post-rock grapillant un peu partout et néanmoins décevant ; Wolfgang Fuchs, pour terminer, qui compose à partir de bourdons et de crépitements deux grands morceaux répétitifs. Espérons que la suite arrive avant neuf autres années... 

Supernova 2 (Interstellar Records)
Edition : 2009.
10’’ : A1/ Bulbul & Heimo Wallner : Grand Kratzscha B1/ Merzbow : 11339 C1/ Peach Pit : Vertigo C2/ Peach Pit : O Biciklizmu C3/ Peach Pit : Ru-fruitcake2 D1/ Wolfganag Fuchs : Laurenz D2/ Rundschau
Pierre Cécile © Le son du grisli

Robert Wyatt : Radio Experiment Rome, February 1981 (Tracce, 2009)

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En 1981, pour répondre à une carte blanche que lui offrait la radio italienne, Robert Wyatt revoyait ses manières expérimentales de faire : Radio Experiment Rome, February 1981, de faire aujourd’hui état de ses tentatives.

A force d’éclats de voix rivalisant de présence avec un piano ou une guimbarde (aux possibilités sonores élargies par quels traitements), Wyatt construit ici un minimalisme pop entêtant, qui tire sa substance rare d’extraits rapportés d’autres documents radiophoniques ou d’expérimentations ludiques (douceur de la révolution culturelle, dit la voix maltraitée de Revolution Without ‘’R’’ sur d’implacables percussions mises en boucles).

Mais l’exercice est un peu long et voici que la pop en décalage se transforme en à-peu-près sonore, voire mélodique (Born Again Cretin, L’Albero Degli Zoccoli) : suspecter alors le manque d’inspiration, ou encore une facilité de passage prônant le remplissage prêt à donner le change. En conséquence, Radio Experiment vacille, et malgré la poésie singulière (les mots et leur mise en formes) de Robert Wyatt, ne vaut guère davantage que son statut de document.

Robert Wyatt : Radio Experiment Rome February 1981 (Tracce / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1981. Edition : 2009.
CD : 01/ Opium War 02/ Heaven Have No Souls 03/ L’Albero Degli Zoccoli 04/ Holy War 05/ Revolution Without “R” 06/ Billy’s Bounce 07/ Born Again Cretin 08/ Prove Sparse
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Eugene Chadbourne, Dinosaur on The Way (House of Chadula, 1985)

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Que ce soit dit : il y a actuellement une sorte de Sun Ra en liberté qui s'appelle Eugene Chadbourne, et dont l'oeuvre labyrinthique dépasse les limites du raisonnable, de l'humain, et du bon goût. Dinosaur on The Way, comme tous les autres « On The Way » (Pee Wee on The Way, Muppet on The Way...), appartient à la sous-catégorie des « Tape Madness », autrement dit des disques lo-fi du Docteur, qui constituent la partie la plus sale, destroy, cinglée de son œuvre pourtant déjà magnifiquement secouée.

Dès les premières notes, on sait que ça va être sauvage, mais d'une sauvagerie sans doute encore peu égalée par Chadbourne lui-même. Ce qui rend Dinosaur on The Way aussi velu, aussi définitif, aussi apocalyptique, c'est le taux de distorsion, le degré d'incandescence du son, porté à blanc par la flamme alchimique de l'analogique. Le docteur s'excuse sur la pochette pour le magnéto cassettes qui tombe en panne. Et ça s'entend, dans la juxtaposition anarchique des plages, dans ces chansons enfantines passées au hachoir lysergique d'une guitare monstrueuse, dans ce How Can You Kill Me, I'm Already Dead d'anthologie, qui dévaste tout et ne laisse à aucune herbe le loisir de repousser. Chadbourne s'autorise une cavalcade sonique meurtrière, et le son est si cru qu'il nous rappelle qu'avant d'être des citoyens, nous sommes d'abord des carnivores assoiffés de carnage. L'esprit du rock garage est là, le spectre de Jimi Hendrix n'est pas loin et c'est bien dans l'acide que les mains machiavéliques du docteur ont trempé les guitares. Chadbourne abuse également magnifiquement de la reverb analogique, et s'égare parfois tout seul au centre de la chambre à échos. Le reste est une succession de collages dadaïstes, de lambeaux de country réverbérée, de chiens qui aboient, de vent, et de guitares toujours aussi barbelées, tourbillonnantes, en entonnoir. Plus loin, il achève de massacrer les Beatles à coup de pelle (ou de rateau électrique) : While My Guitar Gently Weeps (ou ce qu'il en reste) est la reprise idéale pour se faire interner d'office. Enfin, s'il faut avancer un dernier argument en faveur de ce méchant disque, précisons que sur la liste des musiciens, aux côtés de John Zorn, Kramer, David Licht et Jenny Chadbourne, une des filles du docteur, figurent Charles Manson et le merveilleux Révérend Jim Jones (914 victimes).

Eugene Chadbourne : Dinosaur on The Way (House of Chadula)
Edition : 1985.
CD : 01/ How Can You Kill Me ? 02/ Wiffer Woffer Song 03/ Eugene Stinks 04/ Red Headed Stranger 05/ Greetings From Grenada 06/ Mc Death 07/ She Was a Leaving, Breathing Piece of Dirt 08/ Answer the Phone (?) 09/ Psychology 101 (?) 10/ While My Guitar Gently Weeps 11/ Ghostbusters 12/ Kiowa War Song 13/ Octopus Garden 14/ Her Name Is 15/ They Froze Jones's Brain 16/ Yardbird Suite 17/ Good Lovin' 18/ Nympho Lodge 19/ Eugene Stinks 20/ Who's Gonna Take The Garbage Out ? 21/ Strawberry Fields For Ever 21/ Driftin' Blues.
Arnaud Le Gouëfflec  © Le son du grisli

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Arnaud Le Gouëfflec est écrivain et musicien. Il anime en outre Chadbourneries, blog incontournable pour qui s’intéresse à l’œuvre d’Eugene Chadbourne.

Nisennenmondai : Destination Tokyo (Smalltown Supersound, 2009)

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Sur le front désormais bien peuplé du néo-krautrock ou de la post-no-wave, les trois Japonaises de Nisennenmondai occupent d’ores et déjà une place de choix, conquise à la force du poignet – et de l’archet.

Oui, mieux vaut prévenir d’emblée les tympans douillets : toute en brisures harmoniques et tressautements rythmiques, la musique de ces (dé)bridées demoiselles frappe et grince sans répit. Un aperçu particulièrement détonant, et convaincant, du potentiel des Nissenenmondai est offert dès le morceau d’ouverture de Destination Tokyo, leur premier album distribué en Europe par l’excellente maison norvégienne Smalltown Supersound. Irrésistible incitation à la danse et/ou à la transe, ce long coup de fouet instrumental, aux stridences électrisantes, constitue une parfaite mise à feu. Le reste de l’album est au diapason, Sayaka Himeno (batterie), Masako Takada (guitare) et Yuri Zaikawa (basse) mobilisant leurs énergies motrices avec une fougue palpable et une précision remarquable. Ainsi, canalisée au mieux, leur musique parvient-elle à dépasser ses influences (Neu, Sonic Youth, Theoretical Girls, pour citer les plus évidentes) et à gagner son indépendance – une indépendance d’une intraitable virulence. Quand, avec le morceau éponyme, s’achève Destination Tokyo, s’impose le constat d’avoir accompli un parcours sans temps mort et d’avoir découvert un groupe à suivre de très près.

Nisennenmondai : Destination Tokyo (Smalltown Supersound / Differ-ant)
Edition : 2009
CD : 01/ Souzousuru Neji 02/ Disco 03/ Miraabouru 04/ Mirrorball 05/ Destination Tokyo
Jérôme Provençal © Le son du grisli

The Present : The Way We Are (LOAF, 2009)

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Rusty Santos est sans doute l’un des acteurs les plus dynamiques (et les plus prolifiques) de la très prisée scène musicale de Brooklyn. Repéré comme producteur, aux côtés de groupes tels qu'Animal Collective, Born Ruffians ou Panda Bear, notre homme a également publié plusieurs albums solos avant de lancer The Present, aventure musicale hors norme à laquelle prend également part Jesse Lee, ci-devant batteur de Gang Gang Dance – c’est dire si nous sommes ici entre gens de (très) bonne compagnie.

Moins d’un an après World I See, premier album sérieusement dérangé, nous arrive sur le coin de l’oreille The Way We Are, au contact duquel l’on se rend rapidement compte que tout espoir de guérison est perdu – ce dont ne manqueront pas de se plaindre les amateurs de disques bien portants et ce dont, par conséquent, nous nous réjouirons abondamment. S’engageant encore plus avant dans l’inconnu, The Present nous entraîne ici dans une odyssée instrumentale en forme de quête du Graal. Cette quête obsédante, jalonnée de motifs répétitifs, chaque nouvelle écoute la relance et l’exacerbe. Semblables à de zigzagantes lignes de fuite, aux perspectives infinies, les six morceaux de The Way We Are libèrent d’intenses effluves (l’acid-folk, le krautrock, la new thing, la musique concrète) et atteignent d’ahurissantes altitudes. A cet égard, le morceau final (et fatal), long de plus d’une demi-heure, constitue un inexpugnable sommet, sur lequel il est urgent d’aller se percher.

The Present : The Way We Are (LOAF / La baleine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Medman 02/ Saltwater Trails 03/ Space Meadow 04/ Shapeshifter 05/ Press Play 06/ The Way We Are
Jérôme Provençal © Le son du grisli

Oneida : Rated O (Jagjaguwar, 2009)

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Le groupe Oneida a déjà prouvé – avec Preteen Weaponry, notamment – qu’il pouvait se montrer aussi radical que convaincant dans l'arrangement d’un rock torturé par ses propres références. Les trois disques qui forment Rated O (deuxième volet d'une trilogie baptisée Thank Your Parents) laissent pourtant entendre (ou plutôt réentendre) que les soupçons sont plus que fondés sur l’inspiration inégale de Kid Millions, Bobby Matador et Baby Hanoi Jane.

Ceci, parce que l’auditeur doit faire face sur Rated O à une suite d’exercices de style souvent poussifs : dub, pop psychédélique et toutes sortes de rock (sixties, krautrock ou encore héroïque). Grasse de nature, la mixture parvient à convaincre de très rares fois, et encore, jamais longtemps : sur la toute fin du premier disque (drone et batterie avalant un lot de guitares hurlantes qui, pour une fois, ne sont pas là pour combler les brèches compositionnelles) et la première moitié du troisième. Le temps de ces deux exceptions, Oneida renoue avec la rythmique lente, répète les motifs d’une musique envoûtante et conclut avec plus d'intelligence un projet ambitieux, qui reste malgré tout bien dispensable. 

Oneida : Rated O (Jagjaguwar / Differ-ant)
Edition : 2009.
CD1 : 01/ Brownout In Lagos 02/ What’s Up, Jackal? 03/ 10:30 at the Oasis 04/ Story of O 05/ The Human Factor - CD2 : 01/ The River 02/ I Will Haunt You 03/ The Life You Preferred 04/ Ghost in the Room 05/ Saturday 06/ It Was a Wall 08/ Luxury Travel - CD3 : 01/ O 02/ End of Time 03/ Folk Wisdom
Pierre Cécile © Le son du grisli

Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media, 2009)

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Livre-disque et souvenir d’une exposition organisée au Musée d'Art Contemporain de Lyon en 2006, Soundtrack for an Exhibition s’attache à recréer un projet qui alliait peinture, cinéma et musique, en assemblant photographies de toiles (John Armleder, Steven Parrino), extraits des rushs du film The King is Alive (Kristian Levring), et pièce sonore (revue pour tenir ici sur l’espace d’un DVD mais courant à l’origine le long de 96 jours, durée de l’exposition) écrite par Susan Stenger (Band of Susans, Brood).

S’il ne donne qu’un aperçu de l’univers musical déployé pour l’occasion, le disque donne à entendre une longue progression découpée dans l’optique de rendre hommage à des styles musicaux différents, et qui fait, sur son ensemble, référence aux travaux de drones de Phill Niblock. En guise d'intervenants : Kim Gordon, Alan Vega, Jim White ou Spider Stacy, finissent de diversifier le propos, qui va de ritournelles répétitives en mélodies de pop précieuse, de nappes monochromes en constructions rythmiques lasses. Partout, le transport est lent, engage l’auditeur sur terrains différents – certains accueillants, d’autres moins.

Pas toujours heureux, donc, le voyage touche pourtant à sa fin en donnant l’impression d’avoir traversé une œuvre conceptuelle d’un minimalisme magistral et souvent obnubilant. Pour revenir aux origines du projet, se plonger enfin dans l’entretien de Mathieu Copeland avec Susan Stenger et Tony Conrad, le second ne cachant pas ses inquiétudes face à l’ampleur d’un exercice encore en projet. Désormais évanoui mais consigné en objet rare.

Mathieu Copeland (édition) : Soundtrack for an Exhibition (Forma Arts and Media / Les presses du réel)
Exposition : 2006. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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