Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Vortex, J-Kristoff Camps (Un rêve nu, 2015)

vortex jk camps le grand attracteur

Par grand vent, Vortex (Heddy Boubaker au synthétiseur modulaie & Sébastien Cirotteau à la trompette amplifiée, tubes et caisse claire) résiste. Par grand vent, Vortex tient le cap. Vortex mastique le chaos, l’agrippe à nos tympans, y ajoute quelque insecte vibrant. Vortex chasse des troupeaux rampants. Vortex soulage l’excès. Vortex fait du heurt un programme. Vortex entretient l’entresol. Vortex crache le souffle.

J-Kristoff Camps remixe Vortex. D’une voix monocorde, JKC parcourt les tristes rapports de tristes personnages. On épie, on espionne, on surveille, on consigne et l’insurrection tarde à venir. Coup de Jarnac à Tarnac, les esprits moisis tissent de bases œuvres. On pourchasse les soleils. Heureusement, le Comité Invisible s’invite. Eveille. Welcome.



le grand attracteur

Vortex, J-Kristoff Camps : Le grand attracteur
Un rêve nu

Enregistrement : 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Sexy Sushi 02/ Cinq de mieux 03/ La minute 04/ A Dance Contest 05/ En douze lettres 06/ JP 07/ Mochitsuki 08/ ADN 09/ Valse nocturne en Moselle 10/ Contestation Dance 11/ Bella Vita en six lettres 12/ A nos amis
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Machinefabriek : Wendingen (Zoharum, 2016)

machinefabriek wendingen

Il est difficile de suivre l’actualité de Machinefabriek, alors autant s’attaquer à la chronique du dernier disque en date et faire comme si c’était un choix… Enfin, je veux dire, dans le cas de Wendingen, c’est quand même un choix, car le CD compile des remixes de morceaux qui datent d’entre 2005 et 2015… Ce qui devrait donner un aperçu satisfaisant du travail de Rutger Zuydervelt.

Si je ne connais pas tous les treize groupes ou musiciens remixés, je peux dire qu’ils officient dans des genres parfois différents (n’est-ce pas The Moi Non Plus, Amon Tobin, De la Mancha ou Coppice ?) à en croire les éléments d’origine encore présents dans les remixes. Maintenant, saluons les efforts de Zuydervelt.

Car qu’il repeigne les façades sonores dans une veine ambient-claustro, construct-downtempo ou psyché-dronisant (j’ai déposé hier tous ces termes, ils sont donc à moi) ou qu’il procède par couches successives qui oppressent le ou les musiciens qu’il devait retoucher, Zuydervelt impose sa patte tout en laissant affleurer le son d’origine. Autant dire que ce n’est pas donné à tout le monde, et quand en plus ça atteint des sommets comme sur une relecture de Fieldhead ou de Coppice, alors là : félicitations à la remixfabriek !

wendingen

Machinefabriek : Wendingen
Zoharum
Enregistrement : 2005-2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Mensenkinderen : Een Blauwe Maandag (Machinefabriek Remix) 02/ Wouter van Veldhoven : Schetsje (Machinefabriek Remix) 03/ Fieldhead : Songs Well (Machinefabriek Remix) 04/ Aaron Martin : Necks Of Wire (Machinefabriek Remix) 05/ Coppice : Hoist Spell (Machinefabriek's Philicorda Version) 06/ De La Mancha : Release All Night (Machinefabriek Remix) 07/ The Moi Non Plus : Where Is Everything (Machinefabriek Remix) 08/ Djivan Gasparyan : Moon Shines At Night (Machinefabriek Remix) 09/ Amon Tobin : Lost & Found (Machinefabriek Deconstruction) 10/ Gareth Hardwick : Lost in the Memory (Machinefabriek Remix) 11/ Fiium Shaarrk : Krypton Tunning (Machinefabriek Remix) 12/ Vladimir : Compare & Contrast (Machinefabriek Remix) 13/ Red Stars Over Tokyo : Guilded Houses (Machinefabriek Remix)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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S.A.S.W. : Fine Pattern / Searching on a Stationary Wave (Winds Measure, 2015)

sasw fine pattern searching a stationary wave based on aspect works

C’est une habitude fort appréciable qu’a prise le label Winds Measure de rééditer des pépites soniques introuvables. Cette cassette, par exemple, était déjà une cassette quand, en 1995, Minoru Sato (aussi connu sous le diminutif d’m/s) et Toshiya Tsunoda ont autoproduit ses quatre pièces d’expélectronique (sous le titre Fine Patterns). En plus desquelles WM offre deux mix d’une installation plus récente (de 2000).

On entend là-dessus presque toujours deux voix bien différentes, de là à dire qu’elles sont celles de Minoru d’un côté et de Toshiya de l’autre, rien n’est moins sûr. Ce qui l’est par contre c’est l’effet que fait leur passage par le magnétophone. Ici des beats qui n’ont rien à craindre des limiteurs acoustiques, là des drones tout minces qui ont tout à craindre de la plus petite interférence, ici des pistes qui défilent sur des rails, là des microsystèmes qui déraillent sans faire de bruit... Bref, du minimal qui fait grand bien !

écoute le son du grisliS.A.S.W
Air Conditioner

S.A.S.W. : Fine Pattern / Searching a Stationary Wave Based on ‘Aspect’ Works by Minoru Sato (Winds Measure)
Edition : 1995. Réédition : 2015.
K7 : A1/ Heater System A2/ Overpass A3/ Days of the Sky Mix – B1/ Disk & Streamer B2/ Air Conditioner B3/ Days of the Sky Another Mix
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Christian Wolfarth : Acoustic Solo Percussion Vol. 1-4 & Remixes (Hiddenbell, 2013)

christian wolfarth acoustic solo percussion remixes

Avec la compilation sur CD des quatre quarante-cinq tours que Christian Wolfarth édita sous appellation Acoustic Solo Percussion – aux réussites des faces E & F et G & H, voici donc ajoutés l’humeur noire élevée dans le cercle de A, le rythme embarrassé du marching band claudiquant de B, la diaphonie porteuse du couple de cymbales de C et les tornades élevées sur peau tendue de D –, trouver dans le digipack huit remixes des mêmes pièces signés Günter Müller, Joke Lanz (duettiste de Tell), Hans Joachim Irmler (Faust) et Rashad Becker.

Dans l’ordre établi par les faces qui jadis les consignèrent, les pièces percussives tournent par deux encore, mais d’autres façons. Ainsi Müller décide-t-il de l'élévation, autour de Skyscraping et Zirr, de champs magnétiques qui respectent le travaux de Wolfarth en leur insufflant une pulsation nouvelle ; Lanz donne, lui, dans une expérimentation électronique qui régénère après anéantissement (quelques cris et détonations attestent le choc d’une opération un rien passéiste) ; Irmler, plus redoutable, comblera les pièces qu’on lui a confiées de menaces larvées et de tintements inquiétants ; enfin, Becker ne s’écartera que peu de son sujet (Cabin No.9) pour retourner ensuite de fond en comble, avec l’aide du saxophone baryton d’André Vida et des cordes de Mari Sawada et Boram Lie, les grincements et ronronnements de Well Educated Society.

Soit : huit opérations de chirurgie reconstructrice presque toutes aussi heureuses que fut belle l’offre faite par Christian Wolfarth à ses affidés : conclure sa série d’Acoustic Solo Percussion en confiant à une oreille amie le soin de la réinventer.

Christian Wolfarth : Acoustic Solo Percussion Vol. 1-4 & Remixes (Hiddenbell)
Edition : 2013.
CD1 : 01/ Skyscraping 02/ Zirr 03/ Elastic Stream 04/ Viril Vortex 05/ Crystal Alien 06/ Amber 07/ Cabin No.9 08/ Well Educated Society – CD2 : 01/ Skyscraping (Günter Müller) 02/ Zirr (Günter Müller) 03/ Elastic Stream (Joke Lanz) 04/ Viril Vortex (Joke Lanz) 05/ Crystal Alien (Hans Joachim Irmler) 06/ Amber (Hans Joachim Irmler) 07/ Cabin No.9 (Rashad Becker) 08/ Well Educated Society (Rashad Becker)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Wooley, Yeh, Chen, Carter : NCAT (Monotype, 2013) / Wooley, Morris, Fernández : From the Discrete... (Relative Pitch, 2012)

nate wooley c spencer yeh audrey chen todd carter ncat

Au croisement de l’improvisation (Nate Wooley, C. Spencer Yeh et Audrey Chen) et du (re)modelage (Todd Carter), NCAT prend positions : bruitistes, dérangées, voire anxieuses.

Du matériau improvisé par le trio – qui nous renvoie au souvenir de Silo et à celui, plus récent, de Seven Storey Mountain III & IV –, Carter fait un ouvrage de belle angoisse : allumant les mèches de feux d’artifice installés en tunnels, il commande une série de causes et d’effets qui auront quelque répercussion sur les « airs » de trompette, de violon et de violoncelle, à trouver sur le disque. Bruissements, crissements, vrombissements ; accords égarés, passes perdues, sirènes et cris d’effroi… se disputent, sûrs tous de leur suprématie musicale, ces cinq pièces d’un noir que rehausse les préoccupations et obsessions personnelles de Todd Carter.

Nate Wooley, C. Spencer Yeh, Audrey Chen, Todd Carter : NCAT (Monotype)
Enregistrement : 2008. Edition : 2013.
LP (12’’) : A1/ - A2/ - A3/ - A4/ - B1/ -
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



joe morris agusti fernandez nate wooley from the discrete to the particular

L’exercice est plus conventionnel – concert donné le 14 juillet 2011 au Firehouse 12 – mais n’en impressionne pas moins : From the Discrete To the Particular donne à entendre Nate Wooley en compagnie de Joe Morris (à la guitare) et d’Agustí Fernández sur sept pièces d’une improvisation accidentée. Alerte encore davantage, elle profite, en plus des trois expériences avérées, d’un art de l’à-propos partagé. 

Joe Morris, Agustí Fernández, Nate Wooley : From the Discrete To the Particular (Relative Pitch)
Enregistrement : 14 juillet 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Automatos 02/ As Expected 03/ Bilocation 04/ Hieratic 05/ Membrane 06/ That Mountain 07/ Chums of Chance
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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