Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Nate Wooley : Polychoral (MNÓAD, 2016)

nate wooley polychoral

On pourra capter sur le film ci-dessous un peu de l’esprit qui préside à l’exercice – mi installation mi performance – auquel s’adonnèrent les trompettistes Nate Wooley, son concepteur, et Peter Evans au Knockdown Center de New York un après-midi d’avril 2015.

Sur disque, ce sont de longues notes passées au tamis minimaliste (on pense ici aux anciens travaux de Rhys Chatham, là aux souffles multipliés de Richard Landry) jusqu’à ce qu’un grave change la donne et bouleverse un peu le va-et-vient de ce qu’on imagine être, quand on est encore privé d’images, une grande sculpture de métal.

Sous l’effet peut-être du passage – remuement ou déstabilisation –, voici le duo s’engageant sur d’autres voies, ou canaux si l’on veut faire référence au dispositif qu’on leur prête le temps d’une heure à peine. Evans peut alors déposer sur la rumeur un solo plus lyrique que ce qu’on avait entendu jusque-là ; derrière le motif, Wooley décidera lui de suspendre une note qui le gangrènera bientôt. Et puis il y a cette présence électronique qui rode et transforme parfois les trompettes en instruments de simple parasitage. Alors des voix se font entendre, tout comme le bruit de curieuses mécaniques qui, de séquence en séquence de plus en plus courtes : sur place peine à pétrifier ; sur disque stupéfie. 

wooley evans polychoral

Nate Wooley : Polychoral
MNÓAD
Enregistrement : 12 avril 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Polychoral
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

a

d

g

Commentaires [0] - Permalien [#]

Loris Gréaud : Crossfading (Dis Voir, 2015)

loris gréaud crossfading

C’est un article du (de Le ?) Monde qui m’a présenté Loris Gréaud, en des termes flatteurs en plus, que je m'en vais cito-piller : « Pétri de l'univers junky de William Burroughs et de science-fiction façon J.G. Ballard, Gréaud brouille les frontières entre le réel et le virtuel : nano-sculptures invisibles à l'œil nu, tentative de télétransportation, concert pour les poissons abyssaux… »

Déjà curieux, c’est enthousiaste que j’ouvrais ce livre de soixante pages après avoir lancé le CD qu’il contient, Crossfading, soit : l’enregistrement d’une IRM cérébrale de l’artiste en pleine création au Whitney Museum of American Art de New York le 20 novembre 2006. Pendant que je goûte au noir & blanc des images de tous les tissus de la tête de notre hôte (j’ai renoncé à la lecture de leurs messages cryptés, et cessé d’essayer de comprendre pourquoi la date du 5 juillet 2013 y traînait dans un coin), je me laisse magnétiser par des basses qui battent à plus ou moins vive allure – je vous explique là l’effet des « décalages de fréquences intra-auriculaires successifs. » C’est en fait comme un drone aléatoire qu’on aurait peut-être pu obtenir grâce à une Bass Station.

Un drone qui a quand même un goût de trop peu et qui n’a pas pu occulter les dernières expériences de Rudolf Eb.er (Brainnectar & Wellenfeld) autrement plus mystérieuses. Ceci étant, peut-être qu’assister à la performance de Gréaud aurait redonné du panache à son projet. Qui saura ? En tout cas, il ne faut pas en vouloir à Philippe Langlois et Frank Smith, qui dirigent la série ZagZig des éditions Dis Voir. Ils ne pouvaient mettre un Gréaud dans chaque livre, en plus du CD.

Loris Gréaud : Crossfading (Dis Voir)
Enregistrement : 2006. Edition : 2015.
Livre (64 pages) + CD : 01/ Crossfading
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>