Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Newsletter

suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Interview de Quentin RolletAlan Silva à ParisA paraître : le son du grisli #5
Archives des interviews du son du grisli

Schizo : Le voyageur / Torcol - Heldon : Soutien à la RAF / Perspectives (Souffle Continu, 2014)

schizo le voyageur torcol heldon soutien à la raf perspectives

Dans son entreprise de réédition, le Souffle Continu aura beaucoup à faire avec le cas Richard Pinhas – pour s’en convaincre, on pourra lire ou relire l’interview de Théo Jarrier. Première étape du programme, la sortie de trois quarante-cinq tours datant de la première moitié des années 1970.

Ce sont d’abord deux titres de Schizo dont Wah Whah Records avait réédité voici quelques années l’Electronique Guérilla. Avec Patrick Gauthier (guitare, synthétiseur), Pierrot Roussel (basse) et Coco Roussel (percussions), Pinhas invite Gilles Deleuze à lire Nietzsche sur fond de rock défait qui atteste que le plaisir est bien « dans le passage » (Le voyageur). Sur l’autre face, c’est une rengaine plus synthétique que se disputent pop psychédélique et prog, qui brille notamment par ses pulsations étouffées (Torcol).

Les deux autres quarante-cinq tours concernent Heldon (nom que Pinhas emprunta au Rêve de fer de son ami Norman Spinrad). Sur son Soutien à la RAF – disque jadis distribué gratuitement avec un appel aux dons signé d’un comité de soutien qui s’insurgeait contre les conditions de détention des membres de la bande à Baader –, Pinhas dépose sur un tapis de moog un blues ligne claire joué à la guitare électrique. Au dos, c’est un autre hommage – à Omar Diop Blondin, militant communiste sénégalais qui venait de mourir en prison – et un autre blues, plus cavalier peut-être, autrement insolent.

Sur Perspectives, publié en 1976, Pinhas travaille avec plus de cohérence encore au rapprochement de la guitare et du synthétiseur. Inspiré par la science-fiction, il développe et amasse des solos qui interfèrent et, par effet de superposition, révéleront l’étendue de son imagination-psychose. En seconde face, le rock est d’une formule plus entendue mais démontre une diversité de perspectives que les live publiés ces jours-ci par le Souffle Continu (1975, 1976) multiplieront encore. A suivre, donc.

Schizo : Le voyageur / Torcol (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Le voyageur B/ Torcol

Heldon : Soutien à la RAF (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Soutien à la Raf B/ O.D.B.

Heldon : Perspectives (Souffle Continu)
Réédition : 2014.
45 tours : A/ Perspectives 1 Bis Complement B/ Perspectives 4 Bis
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

cd



Slobodan Kakjut : The Compromise Is Not Possible (GOD, 2008)

slobodan kajkut the compromise is not possible

Vu que la pochette de ce double LP donne peu d’informations sur son contenu, je remercie l’étiquette du cellophane (son producteur, son attaché de presse…) de m’avoir fait cette promesse : « 65 minutes from hell coposed by Slobodan Kajkut for voice, guitar, drums and organs, recorded in St. Andrä Church, Graz, Austria ».

Sorti en 2008, ce disque noir de l’enfer pour qui « The compromise is not possible » est donc l’œuvre du patron de God Records qui a collaboré par la suite avec Michael Moser ou Weasel Walter. C’est même son premier disque, qui marque son esthétique du sceau d’une dark ambient qui raffole presque autant de silences que de metalenvolées.

L’écho de l’église où ces quatre faces ont été enregistrées va d’ailleurs bien au projet. La voix de Christine Scherzer lui donne ce je ne sais quoi d’eucharistie païenne qui piochent dans un panthéon où batifolent Stephen O’Malley, Yanka Rupkina, Richard Pinhas, Luciano Berio, Sonny Sharrock, Jon Porras et j’en passe. Heureusement, la guitare de Robert Lepenik, l’orgue d’Hannes Kerschbaumer et la batterie de Wolfgang Eichinger renversent rapidement le vin de messe et la table qu’il y avait dessous. Et si l’on ne sait plus à quel saint se vouer on mettra tous nos espoirs dans leur nouvelle idole, Slobodan Kajkut.

Slobodan Kakjut : The Compromise Is Not Possible (Wide Globe / God)
Enregistrement : 7 mars 2008. Edition : 2008.
2 LP : The Compromise Is Not Possible
Pierre Cécile © Le son du grisli


Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq, 2014)

thomas bonvalet jean-luc guionnet éloges de souffle

L’excellente idée d’un rapprochement Jean-Luc Guionnet / Thomas Bonvalet fut notamment concrétisée en octobre 2010, au temple protestant de Bergerac. Là, le premier investissait l’orgue (capable de présider à un autre genre de Carnaval des âmes) quand le second passait de banjo en diapasons, orgue à bouche, micros et amplis – ce qu’atteste donc Loges de souffle: refuges multiples et unique soupir.

La résonance de l’endroit est d’abord interrogée par une corde qui, plusieurs fois, claque, et de longues notes timidement soufflées. Désormais bourdons, celles-ci trouvent un écho dans les feedbacks que dompte Bonvalet, murmures en filigrane ou périphériques. Comme de grands vents engouffrés par-dessous les portes du temple prendraient sournoisement possession du lieu, Guionnet et Bonvalet confectionnent à coups de rumeurs et d’usinages divers une berceuse adéquate aux attentes des fidèles (de l’un, comme de l’autre musicien). 

Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq)
Enregistrement : 23 octobre 2010. Edition : 2014.
CD : 01/ Loges de souffle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Robert Curgenven : They Tore the Earth and, Like a Scar, It Swallowed Them (Recorded Fields, 2014)

robert curgenven they tore the earth and like a scar it swallowed them

Je vais vous faire part d’une expérience qui n’est pas donnée à tout le monde (du moins c’est ce que je crois) = commencer un disque par sa face B. Après Built Through (avec Richard Chartier), ce ne sont pas les premières bourrasques de They Tore the Earth… (mastered by Rashad Becker !) qui m’écarteront du chemin de Robert Curgenven. Oui,  mais une fois passées les bourrasques ?

Mon tort est d’avoir entendu la claque finale dont la première face ne cessera pas de me menacer ensuite (à plus ou moins « sons couverts »). Mais bon, plongé dans les crépitements et les cercles de feu, je dégusterais les field recordings (enregistrés en Australie entre 1999 et 2010), la basse & l’orgue & les turntables… de la face A au point de vouloir me replonger une nouvelle fois dans la B. Ce qui me fera respecter en plus le storytelling (2 scènes par face) écrit par Curgenven.

Et là, surprise, le flip-trip est plus impressionnant encore. Tellurique et engloutissant, comme le promettait le titre du LP. Comme d’autres, Curgenven aurait-il décidé de mettre ses field recs au profit du côté obscur de la force (tellurique) ? Pour me rassurer, la prochaine fois que j’écouterai The Tore the Earth, je recommencerai par la face B. Intriguant, non ?

Robert Curgenven : They Tore the Earth and, Like a Scar, It Swallowed Them (Recorded Fields)
Edition : 2014.
LP : A1/ Scene 1. Scattered to the Wind, the Fortunate A2/ Scene 2. Only the Dogs And the Fires On the Horizon – B1/ Scene 3. The Heat at Their Necks B2/ Scene 4. And When the Storm Came, They Were the Storm
Pierre Cécile © Le son du grisli

nww 33


Bruno Duplant : Là où nos rêves se forment / Là où nos rêves s’effacent (Diafani, 2013)

bruno duplant là où nos rêves se forment là où nos rêves s'effacent

J’attends la neige avec deux disques de Bruno Duplant, Là où nos rêves se forment (to Maria-Eva Houben) et Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann). Mais elle ne vient pas. Les rêves de Duplant sont ma musique d’attente. J’y entends d’ailleurs, comme un pressentiment, la respiration et les craquements de cette neige que j’attends.  

Pour occuper mon temps, je me plonge dans les rêves d’un autre. Des études Wandelweiser (comme hier chez B-boim de Malfatti, aujourd’hui chez Diafani d'Houben), des visions transcrites pour orgue. De la vallée il semble que l’appel d’un cor m’arrive, je regarde par la fenêtre (j’ai recouvert les vitres de calque) et ne vois rien venir. J’avais tout prévu, j’étais à l’abri, et j’attendais l’intempérie. Pour qu’elle me prouve justement que j’avais bien tout prévu, que j’étais bien à l’abri.

J’attendrais l’éternité s’il le faut. Les fins tapis de sons et les images qu’ils provoquent – Est-ce, là-bas, la scierie qui a repris son activité ? Est-ce le moteur du véhicule qui m’apporte les journaux des deux dernières semaines ? Est-ce la friture d’une station de radio dont le contenu s’évapore en altitude ? – me suffisent. Les disques m’ont fait attendre, m’ont captivé, m’ont éloigné. Et le neige tombe maintenant. A l’intérieur.

écoute le son du grisliBruno Duplant
Là où les rêves... (extraits)

Bruno Duplant : Là où nos rêves se forment (to Maria-Eva Houben) / Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann) (Diafani)
Edition : 2013.
2 CD : CD1/ 01 / Là où nos rêves se forment (to Eva-Maria Houben) – CD2/ 01/ Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann)
Héctor Cabrero © Le son du grisli



Coppice : Big Wad Excisions (Quakebasket, 2013) / Epoxy (Pilgrim Talk, 2013)

coppice big wad excisions

Electronique, harmoniums et instruments personnalisés (pour ne pas dire « détournés »), sont les outils dont disposent Noé Cuéllar et Joseph Kramer pour travailler, sur disques ou en installations, à l’identité sonore de leur Coppice. Sur Big Wad Excisions – bel objet sonore qui relance la production du Quakebasket de Tim Barnes –, c’est cependant surtout l’harmonium que l’on explore.

Intelligemment, qui plus est : le duo s’interdisant la simple compagnie d’un ou deux drone(s) pour insister sur le mystérieux potentiel de l’instrument. Alors, bruits des touches, souffles avalés, ronflements découpés, pompes tremblantes révélant une navigation à l’oreille, projections saillantes, interférences de l’orgue et d’un boombox (en français correct : ghetto-blaster) font l’étoffe de compositions surprenantes.

Avec Sop, c’est-à-dire sur la troisième plage, Coppice élève son art d’un ton encore : souffles rapatriés sur bandes et soupçon électronique s’émouvront de la ligne électrique d’un ampli avant de se perdre en volutes – notes en suspension qui se frôlent et par là même s’élèvent. Hoist Spell à suivre, qui convoque harmoniums (préparés), magnétophones, préamplis, samplers… pour composer sur couches instables certes mais denses aussi : derrière la confrontation des deux harmoniums, court même une mélodie. Soit, de quoi retourner à Quakebasket, instamment.

Coppice : Big Wad Excisions (Quakebasket / Metamkine)
Enregistrement : 2013. Editions : 2013.
CD : 01/ Snuck Keel 02/ Impulses for Elaborated Turbulence (Excised) 03/ Sop 04/ Hoist Spell
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

coppice epoxy

Enregistrés en 2011 et 2012 à Chicago, deux morceaux de Coppice font aujourd’hui autant de faces d’une cassette (qui peut être aussi téléchargée) estampillée Pilgrim Talk : Epoxy. En première, une bande-originale sans attache trouve sa raison d’être en dramaturgie faite de boucles en décalage et de notes grises rêvant de prépotence. En seconde, avec les appuis successifs de Carol Genetti (voix), Julia A. Miller (guitare-jouet), Sarah J. Ritch (violoncelle) et Berglind María Tómasdóttir (flûte), le duo taille dans le silence des formes faites de parasites et de rumeurs autrement parlants. Soit, de quoi aller voir du côté de Pilgrim Talk, illico.

Coppice : Epoxy (Pilgrim Talk)
Enregistrement : 2013.
K7 / DL : A/ A Deflective Index B/ A Refracted Index of "Seam" with Girls
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ, 2013)

jakob ullmann fremde zeit addendum 4

Sur quel point de cette carte sonore énigmatique (cette carte que j’entends à chaque fois que je la regarde) faut-il placer Jakob Ullmann ? Que sont devenues ses études de musique sacrée ? Et son expérience avec Friedrich Goldmann ? J’ai écouté le plus attentivement du monde Fremde Zeiten Addendum 4 et je n’ai obtenu aucune réponse. Le code de sa couverture m’avait prévenu, le disque alimenterait encore l'énigme Ullmann

Voilà de quoi elle retourne. Pendant une heure et six minutes, un orgue démontre une sensibilité qu’on ne lui aurait peut-être pas soupçonnée, jamais, si Ullmann ne s’était chargé de lui. Si l’Allemand n’avait eu envie de l’assigner au bourdon avant de lui faire prendre plusieurs chemins, celui des combinaisons minimalistes (bien sûr, l’instrument le rapproche de Terry Riley, de Moondog…), d’arpèges volatiles, de dissonances… Souvent on entend passer le souffle dans la tuyauterie et le souffle est une menace constante. Il aspire les notes les unes après les autres. Jusqu’à la dernière. Jusqu’à l’extinction de ce merveilleux solo et de l’alimentation du mystère.

Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ)
Edition : 2013.
CD : 01/ Fremde Zeiten Addendum 4
Héctor Cabrero © Le son du grisli


Eva-Maria Houben : Orgelbuch (Edition Wandelweiser, 2013)

eva-maria houben orgelbuch

Le bruit a couru dans tout le village : à l’office c’est aujourd’hui Eva-Maria Houben qui tient l’orgue ! Les paroissiens ont fui et laissé place à un groupe d’humains hétéroclite. Ils ferment tous les yeux et écoutent les notes sortir des tuyaux, les unes sur les autres, calmes, qui leur font l'effet d'un baume merveilleux.

Quatorze pièces, voilà le répertoire, et peut être trois fois plus de bourdons libérés par les tirants, qui vous lancent un appel, vous submergent, résonnent en vous. L’orgue est réduit, comme tous les instruments de nos jours. Mais dans les limites qu’elle s’est imposées ce n’est pas moins un territoire vierge et incroyablement étendu qu’Houben explore. Une fois fait, rêvant d’ailleurs comme tout esprit curieux, elle allume au clavier des feux de détresse et adresse des messages aux étoiles. Jamais aucune paroisse de la région n’avait célébré pareille cosmogonie !

Eva-Maria Houben : Orgelbuch (Edition wandelweiser)
Edition : 2013.
CD : Orgelbuch
Héctor Cabrero © Le son du grisli


The Fish : Moon Fish (Clean Feed, 2012) / Jean-Luc Guionnet, Thomas Tilly : Stones, Air, Axioms (Circum-Disc, 2012)

the_fish_moon_fish

On reconnait The Fish à sa transe continue. Pour Jean-Luc Guionnet, Benjamin Duboc et Edward Perraud, le fil ne doit jamais rompre, la tension ne doit jamais retomber. Et si modulation il y a, elle ne peut s’entretenir que dans le crescendo et, seulement, dans le crescendo.

Donc : ne pas dévier mais s’autoriser quelques suspension (duos, solo) avant la reprise des hostilités. Et dans chaque cas de figure, faire de ces courts passages en duo (le solo de batterie n’est là que pour conclure la troisième improvisation) un tremplin vers de nouvelles attaques soniques. Et, toujours, répéter le motif, ce dernier s’arrachant à sa solitude quand l’un ou l’autre se charge d’en faire écho ou unisson. Ici, trois improvisations (la dernière ne semblant pas couvrir son intégralité) aux fureurs intenses, soutenues. Remarquable à nouveau.

The Fish : Moon Fish (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.  
CD : 01/ Moon Fish 1 02/ Moon Fish 2 03/ Moon Fish 3
Luc Bouquet © Le son du grisli

guionnet_tilly_stones_air_axioms

Passé d’un instrument à vent à un autre, Jean-Luc Guionnet s’adonne ici à l’orgue – celui de la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, dont la tuyauterie paraît faite de geysers fontaine et gazeux. L’effet des notes projetées sur l’architecture et leur agencement par Thomas Tilly forme un disque qui raconte le parcours de propulsions au son de drones, oscillations, vacillations, rondes mécaniques, ronflements, sirènes…  Qui aime se perdre en labyrinthe pourra aussi chercher à en apprendre sur l’étude du site et les mesures qui ont présidé à la conception de ces quatre pièces.

Thomas Tilly, Jean-Luc Guionnet : Stones, Air, Axioms (Circum-Disc)
Edition : 2012.
CD / Flac : 01/ SAA1 (Air Volume) 02/ SAA2 (For Standing Waves) 03/ SAA3 (For Standing Waves, Disturbances) 04/ SAA4 (Close, Bells, Architectural Remains)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Eva-Maria Houben : Druids and Questions (Wandelweiser, 2011)

eva-maria houben druids and questions

Derrière la gare, encore le long des rails, il y a un petit parc idéal pour écouter, quand le temps le permet, Druids and Questions d’Eva-Maria Houben, du groupe Wandelweiser.

Qui de l’œuf Malfatti ou de la poule Wandelweiser ? Qui a eu un jour sur l’autre cette influence de silences et de succession de longues traces sonores ? Ces questions se posaient à moi avant que je ne cherche à me faire une idée d’Houben, compositrice née en 1955. Sa musique de grandes orgues offrant leurs notes au compte-gouttes, cette impression de trains passant devant moi sur les différents plans d’un tableau de brouillard, les particules qu’ils laissèrent tous derrière eux, en bref cette musique de voyage à faire plus que de trajet parcouru, me laissèrent deviner que la compositrice allemande aurait pu tout aussi bien être aiguilleuse de trains. Son originalité lui aurait conseillé pour ce faire de souffler sur les machines. Celles-ci l’auraient remercié en chantant.

Eva-Maria Houben : Druids and Questions (Wandelweiser / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01/ Druids and Questions
Héctor Cabrero © Le son du grisli



Commentaires sur