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Genetic Transmission : Genetic Transmission / Chrzqszcz brzmi w trzcinie (Zoharum, 2016)

genetic transmission

Si je crois tout connaître de l’industrie musicale, l’indus est encore un monde à découvrir pour moi. Passées les références du genre, que de surprises en effet m’attendent entre un zinc en décomposition et des rails de métal rouillés. Dans une série dédiée aux archives, le label Zoharum réédite donc… Genetic Transmission.

C’est sous ce nom que Tomasz Twardawa a enregistré en 1996 ce CD inaugural sorti sur OBUH l’année d’après. Il joue avec les programmations, les rythmes entêtants, multiplie les ajouts bruitistes (un des disques de Genetic Transmission s’appelle Electro Bruitiste et un autre rend hommage à Russolo !) sur des pistes… bruitistes. Lent et étouffant à souhait, une belle découverte donc.

Si belle qu’on se jettera sur une autre réédition sortie à l’époque sur Tochnit Aleph : Chrzqszcz brzmi w trzcinie. Twardawa franchit encore un cap dans l’étouffement et du coup… plus difficile pour nous de respirer (orgues, ordinateur, bandes triturées ne nous laissent pas le choix). Loin d’être aussi intéressant que l’autre, mais l’autre c’est quand même quelque chose.

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Genetic Transmission : Genetic Transmission
Zoharum
Edition : 1997. Réédition : 2016.
CD : 01-09/ Genetic Transmission

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Genetic Transmission : Chrzqszcz brzmi w trzcinie
Zoharum
Edition : 1997. Réédition : 2016.
CD : 01-06/ Chrzqszcz brzmi w trzcinie
Pierre Cécile © Le son du grisli

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For Promotional Use Only? Jemh Circs, Tucker Dulin & Ben Owen, John Chantler

for promotional use only jehm circs tucker dulin ben owen john chantler

Piqué par quelques remarques (la loi des séries, en mai et juin et même si mai et juin c'est déjà loin c'est quand même beaucoup) de lecteurs (c’est donc qu’il y en a, et ils sont parfois musiciens >> smiley clignant de l’œil) sur mon travail de « critique musical », l’envie m’a titillé d’expliquer pourquoi je fais vite et pourquoi je ne décris pas tant que ça la musique des galettes que je reçois. Et puis non. Non, je n’expliquerai rien, mais je promets que je ferai pire. Car je peux faire (encore) pire, évidemment. En plus de mon incapacité choisie (oui) à ne pas décrire, voilà que je survolerai maintenant la production FPUO (For Promotional Use Only > c'est pas à un mois de la fin des chroniques de disques en ligne sur le son du grisli que je vais lancer une rubrique, dommage mais tant pis j'avais qu'à y penser avant) que je reçois. Après tout, quand un disque est mauvais sa copie l’est tout autant (et même parfois elle saute mais parfois vaut mieux pour elle) et me voilà dans l’impossibilité de le revendre à un prix défiant toute concurrence = à la poubelle. Et dans la banlieue silencieuse où je réside, je suis lourdement taxé sur les déchets.

Dans la banlieue silencieuse où je réside, donc, qu’avais-je besoin de ces sauts de puce électronique, de ces plages qui ont la bougeotte triste ? La copie d’un LP de Jemh Circs (CD-R LC 06790 tamponné des noms de l’artiste et du label Cellule 75) qui saura ennuyer tout amateur de bonne électro à synthés. Du Bel Canto mou de la glotte ou du Momus instrumental qui se la jouerait expé (tiens là un bruit de verre, tiens là un larsen, lequel je garde putain ?…).



Quitte à donner dans l’expérimental, j’ouvre la pochette du Tucker Dulin / Ben Owen. Dans la version que j’ai reçue de For Echo of Echo il y a un carton plié en deux (un « /30 » apparaît au dos mais le mien est barré par un trait de crayon) et un CD-R (TDK 52X 700MB). Une demi-heure d’une prestation enregistrée en 2013 à New York, dans une galerie au public comblé je n’en doute pas par des bruits de trucs traînés par terre, un drone électronique ou deux notes de cuivre (je ne saurais dire lequel)… Je ne comprends pas vraiment ce que font Dulin et Owen, ce qu’ils cherchent et pourquoi ils pensent que le son de leur performance pourrait m’intéresser. La question restera en suspens.



Comme la question que pose John Chantler : Which Way to Leave? Retourner au bidouillage électro ? Bon. Va pour le Chantler alors… Un autocollant avec la tracklisting et les infos de base sur une pochette cartonnée avec dedans un autre CD-R imprimé… D’une autre trempe que celle de Jemh Circs, la copie de celui-là, alors qu’elle aussi peut sautiller mais avec une gaucherie classe qui la rend intéressante. Bizarre dans sa façon de se tenir, de s’aplatir à la Eno ou de saturer à la grecque, Chantler accouche d’une belle œuvre abstracto-dépressionniste. Ce qui me fait avouer qu’il y a bien sûr des FPUO que l’on garde. Et qu’il peut même arriver que le pauvre chroniqueur de banlieue achète « le vrai » bon disque qu’on lui a gentiment copié pour que, avec un peu de chance et même rapidement, il en fasse encore mieux après la publicité.  



jehm

Jemh Circs : Jemh Circs
Cellule 75
Edition : 2016.
CD : 01-09/ Jemh Circs

tucker dulin ben owen

Tucker Dulin, Ben Owen : For Echo of Echo
Enregistrement : 2013. Edition : 2016.
CD : 01/ Echo of Echo

john chantler

John Chantler : Which Way to Leave?
Room40
Edition : 2016.
CD : 01-09/ Which Way to Leave?
Pierre Cécile © Le son du grisli

 

P.S. : N'hésitez pas à réagir à cette rubrique afin qu'elle ait une chance de se poursuivre dans la version papier du son du grisli.

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Michael Esposito : Voice Box (Spectral Electric, 2016)

phantom air waves michael esposito voice box

Le sous-titre de cette Voice Box – en réalité : une clef usb de la forme d’une carte de crédit – dira ce qu’on y trouve : « A Collection of Oddities and Curiosities », issus de travaux signés du Phantom Air Waves de Michael Esposito. Une suite de raretés, à l’image d’In The Silence Of A Watery Grave dont une centaine d’exemplaires furent jadis glissés dans un petit livre et qu’il sera en conséquence impossible de commenter ici.

Rangées dans neuf dossiers qui renferment aussi images et parfois explications, les autres pièces sonores (MP3 et WAV) donnent à entendre Esposito arranger ses EVP seul ou en compagnie d’amis choisis. Certes inégale – le chasseur se contentant parfois d’évaluer sa collection au son d’une ou deux boucles simplistes –, la boîte renferme quelques traitements astucieux qui parviennent à égaler en intérêt les interventions de ses acolytes.

Ainsi, sous la voix de Bryan Lewis Saunders, Esposito dispose-t-il quelques basses profondes qui renferment déjà le code d’un langage singulier ; avec Kommissar Hjuler und Mama Bär, il déforme d’autres prises afin qu’elles épousent le propos d’une surprenante discussion en allemand ; avec Carl Michael von Hausswolff, il adapte ses manières à deux pièces d’une électronique jouant de couches multiples pour mieux rendre hommage à Friedrich Jürgenson, l’une des grandes figures du phénomène de voix électronique. Seul, Esposito peut donner dans un genre expérimental progressif auquel on préférera l’étrange atmosphère de Haunt Of The Athenaeum Codex ou les miaulements répétés de The Barn Witch Familiar, pièce qu’il ne faudra pas oublier de produire quand viendra l’heure du procès en sorcellerie qu'on devra bien lui faire un jour.

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Michael Esposito : Voice Box: A Collection of Oddities and Curiosities
Spectral Electric
Edition : 2016.
MP3 / WAV : 01/ Byan Lewis Saunders & Michael Esposito : S.S. House 02/ Michael Esposito & Kommissar Hjuler und Frau : Der Geist Meiner Mutter 03/ CM von Hausswolff & Michael Esposito : The Ghosts of Effingham 04/ Michael Esposito & Rainier Lericolais : Perdus Et 05/ The Maladjusted of Manteno Asylum : Radical Matters 06/ The Shadow Of Roy Vail's Daughter Walks The Moonlit Harvest 07/ Haunt Of The Athenaeum Codex 08/ In The Silence Of A Watery Grave 09/ Demons Of Independance Day 10/ The Barn Witches' Familiar
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Seňales de Síntesis : Música Electroacústica Peruana (1991-2000) (Buh, 2016)

senales de sintesis

J’ai un failli un jour aller au Pérou mais ça ne s’est pas fait. Alors pas étonnant que le Pérou vienne à moi, même si c’est de façon plutôt inattendue, faut avouer : une compilation double CD de musique électroacoustique de là-bas, enregistrée entre 1991 et 2000 (rendons-nous à l’évidence : ça commence déjà à faire loin 2000). C’est un peu dans le genre de la série An Anthology of ??? Experimental Music de Sub Rosa (il faut remplacer donc ??? par Peruvian, donc, et même, ça se complique, experimental par electroacustic).

Dans ces archives récentes il y a des drôles de bruits de synthés, des expérimentations en langue espagnole, des collages à jambe de bois et des compositions à béquille électronique, de la musique concréto-schizo… Je ne sais s’il servirait à grand-chose de citer les noms des neuf musiciens présents sur cette rétro (à part à allonger ma chronique, bien sûr, ce qui serait du goût de beaucoup de monde mais à qui je n’ai pas forcément envie d’obéir, ah cet éternel penchant pour la désobéissance...) mais je vais oser donner quand même ceux de ceux qui m'ont ravi l’oreille : Federico Tarazona, José Sosaya & César Villavicencio (dont les instruments à vents retapés sont irrésistibles). C’est toujours ça de pris, n’est-ce pas ?

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Seňales de Síntesis
Música Electroacústica Peruana (1991-2000)
Buh Records
2016
2 CD : Seňales de Síntesis. Música Electroacústica Peruana (1991-2000)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pali Meursault : Mécanes (Universinternational, 2016)

pali meursault mécanes

Ainsi, après Offset, Pali Meursault porte-t-il encore ses micros à la bouche des machines : il y a un an, sur proposition du GRM, il imaginait < Mécanes > à l’atelier de typographie m.u.r.r., à Pantin. Prétextant l’impression de l’imprimé qui sera ensuite glissé dans la pochette de ce nouveau vinyle – presque livre d’artiste –, Meursault composait donc doublement.

Sur la première face, on pourra entendre l’agencement des caractères et les types de plomb qui font le voyage de la casse à la galée sembler épouser non seulement le mouvement mais aussi la respiration du typographe. Sur la seconde, c’est le rythme de la presse – qui répond au doux nom de Rosa, ce qui permet à Meursault d’adresser un hommage à Gertrude Stein –, son souffle, ses allers et ses retours, ses bruits parasites même, qui fabriquent une rumeur active.

Pour le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie Nationale, le « bourdon » est une « omission de texte due à un oubli du compositeur ». Celui que Pali Meursault a consigné en < Mécanes > est d’une autre nature, qui chante au rythme des lettres qui défilent – comme le « h », voici le « m », le « e », le « c »… aspirés – et qui, forcément, fait impression.

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Pali Meursault : < Mécanes >
Universinternational
Enregistrement : octobre 2015. Edition : 2016.
LP : A/ Penser avec les mains – B/ Rosa is Rosa is Rosa
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Stephen Cornford, Ben Gwilliam : On Taking Things Apart (Winds Measure, 2016)

stephen cornford ben gwilliam on taking things apart

Il y a de l’idée et, plus encore, du prêt-à-expérimenter dans l’étrange instrumentarium que se partagent Stephen Cornford et Ben Gwilliam – à en croire leurs précédentes réalisations, un intérêt inspirant pour John Cage rapprocherait les deux musiciens. Enregistrés en 2012 à Bruxelles, ils improvisent ici une quarantaine de minutes.

C’est d’abord l’impression d’interrompre des préparatifs : le souffle de la bande, un (discret) remue-ménage ou l’exploration d’une boîte à outils, se font ainsi entendre. Et puis il y a ce petit moteur qui pétarade, première expression assumée derrière laquelle se lèveront des sifflements. Eux vont à l’allure du tour sur lequel Cornford et Gwilliam semblent jeter tous leurs artifices, leurs objets comme leurs illusions. Les projections à suivre ont alors raison de leur intention première : ni brute ni vraiment abstraite, leur musique d’atelier – pour ne pas dire « de bricole » – laisse ainsi chanter les circonstances.

écoute le son du grisliStephen Cornford, Ben Gwilliam
On Taking Things Apart
(extrait)

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Stephen Cornford, Ben Gwilliam : On Taking Things Apart
Winds Measure
Enregistrement : juin 2012. Edition : 2016.
CD : On Taking Things Apart
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

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Hugo Blouin, Claude Bourque, Paul Grégoire : L’ossuaire (Tour de bras, 2016)

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Il faut faire abstraction des instruments et ce sont les musiciens (plutôt artistes sonores) eux-mêmes qui nous aident à le faire… C’est-à-dire Hugo Blouin, Claude Bourque et Paul Grégoire… Mais de quels instruments parlons-nous ? ces trois-là jouent du même : un orgue à feu (une sculpture que la chaleur fait vibrer, souffler, chanter… si l’on veut résumer les notes du disque qui disent aussi : « cette sculpture monumentale (…) est faite de tuyaux de métal résonnant à l’aide de torches au propane et d’ossements de baleine »).

C’est donc bien un ossuaire que l’on entend une fois le disque rangé dans le tiroir et non deux ou trois saxophones + une contrebasse à l’archet… Au-delà de l’aspect dronique de son son (on pense à Urban Sax bizarrement), on imagine mille choses cachées dans ses tuyaux, comme un train-fantôme, un transfo mélodique, un bacille de Dyson, un roulement à billes, une flûte électronique, un avion-balais… En représentation le 23 juillet 2013 (alors que leur instrument venait tout juste de sortir de l’atelier), les sculpteurs-musiciens (costumés, cf. la vidéo) ont en tout cas réussi à démontrer les diverses possibilités de la bête… Et, vous en conviendrez, c'est assez impressionnant !  


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Hugo Blouin, Claude Bourque, Paul Grégoire : L’ossuaire
Tour de bras
Enregistrement : 23 juillet 2013. Edition : 2016.
2 CD : 01/ Un 02/ Deux
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Goh Lee Kwang, Julien Ottavi : Pukul Berapa ? (Herbal International, 2015)

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Un premier crépitement et l’affaire éclate : duo de noisers – d’un noise qui cherche davantage à mettre la main sur quelques sons neufs qu’à abasourdir – que sont Goh Lee Kwang (no-input mixing board) et Julien Ottavi (percussions, ordinateur), enregistré – non pas par correspondance, malgré la question posée dans le titre : « Quelle heure est-il ? », en Indonésien – entre janvier et mai 2015. 

Ainsi les « chants minuscules frappés de frénésie expressionniste » du premier, décrits dans cette évocation d’And Vice-Versa, se voient-ils renforcés par l’usage que fait Ottavi d’un tam tam, d’une grosse caisse et d’un ordinateur. D’autres interférences s’expriment alors, qui soumettent l’électronique à la palpation ou au pincement et les percussions aux effets des résonances sur leurs timbres. De bordées en décharges, de crépitements en respirations et de ronflements en projections sifflantes, le duo compose des paysages bruitistes qui « roulent » puis se meuvent sur de grands plateaux en équilibre. Enfin, quand les deux sont à l’électronique, c’est pour s’approcher plus encore du chant des oiseaux.

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Goh Lee Kwang, Julien Ottavi : Pukul Berapa ?
Herbal International
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Berapa In Loop 02/ Extra 03/ Out of Berapa 04/ Pukul 1 05/ Pukul 2 06/ Pukul 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Murmurists : I Am You, Dragging Halo (Zoharum, 2016)

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Derrière (au-dessus de ?) ces voix murmureuses (Pixyblink, Bryan Lewis Saunders, Annie Dee, Anton Mobin…) et ces musiciens au « la 440 » tordu (Paulo Chagas, Mark Browne, Annie Dee encore, Thomas Fernier…) il y a la main d’Anthony Donovan, un multi-instrumentiste qui en a vu d’autres (de multi-instrumentistes) d’autant qu’il lui a fallu deux ans pour nous conter I Am You, Dragging Halo.

Une drôle d’histoire que cette pièce de poésie sonore sur accompagnement d’abstract-noise. Bizarroïde ne pourrait pas dire comme cette pièce est bizzaroïde, au point que même les sons sont méconnaissables ; une abstract-psyché virant noise à vous percer le tympan, un rock-ambient dont les guitares répétitives crachent tout à coup du métal, des collages distroy en phase de reconstruction… C’est un peu tout ça, I Am You, Dragging Halo… Et d’autres choses encore. Même si derrière (ou au-dessus de) ces choses, c'est toujours et surtout... Anthony Donovan.



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Murmurists : I Am You, Dragging Halo
Zoharum
Enregistrement : 2012-2014. Edition : 2016.
CD : 01/ I Am You, Dragging Halo
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Diatribes & Cristián Alvear : Roshambo (Trio) / Yan Jun : On 3 Pipes (1000füssler, 2015)

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Sans y paraître, les petits disques 1000füssler prennent de plus en plus de place, s’installent dans le paysage mais en toute discrétion. C’est ce que font les deux dernières publications du label, qui datent de novembre dernier : Roshambo (Trio) de Diatribes et Cristián Alvear et On 3 Pipes de Yan Jun. Après l’écoute, et une fois rangés, on les soupçonne même d’enregistrer encore…

C’est chez Alvear, au Chili, que D’incise et Cyril Bondi sont allés enregistrer Roshambo, une de leurs compositions déjà consignée sur disque (A New Castle). La guitare de l’invité devra faire face aux bourdons du duo et jouer aussi avec ses souffles, ses silences, ses enregistrements de terrain – d’un monde renversé où les Suisses gagnent en altitude –, ses usinages en équilibre… Alvear choisissant de se fondre dans le décor, il composera ce trio qui ne changera pas Diatribes mais le déstabilisera quand même, en sourdine.

A Pékin, c’est un autre trio que Yan Jun fit chanter en deux fois (et modifia bien sûr ensuite) : un tuyau enregistré en 2009 (Track 2), puis deux autres l’année suivante (Track 1). Derrière les sifflements étouffés – ceux du matériel utilisé pour l’enregistrement – de la première plage, entendre un peu d’eau qui circule à différentes vitesses ; derrière la succession de roulements et de (presque) silence de la seconde, c’est cette fois le bruit d’une position : les micros dont se sert Yan Jun révélant à chaque fois la musique d’un intérieur qu’on supposait inaccessible jusqu'à ce que la sonnerie d’un téléphone, atténuée par les parois du tube, ne nous ramène à une réalité, autrement concrète.

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Diatribes & Cristián Alvear : Roshambo (Trio)
1000füssler
Enregistrement : 11 décembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Roshambo (Trio)

 

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Yan Jun : On 3 Pipes
1000füssler
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2015.
CD : 01/ track 1 02/ Track 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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