Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Interview de Quentin RolletAlan Silva à ParisA paraître : le son du grisli #5
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François Bayle : 50 ans de musique acousmatique (INA-GRM, 2012)

françois bayle 50 ans d'acousmatique

Combien de temps aurons nous passé à écouter François Bayle ? Toute sa vie à lui, et toute la nôtre avec – et ce n’est pas fini, c’est loin d’être fini, dis, Beatriz ? Cinquante ans de travail dans un coffret qui vient après tous les efforts de Magison, de quinze disques de couleurs différentes (Bayle est un coloriste, l’INA-GRM l’a bien évidemment remarqué)… Notre écoute n’en finira jamais, Beatriz...

... Quand même, il nous est arrivé de nous battre : musique concrète encore ? post-concrète ou plutôt acousmatique ? cinéma pour l’oreille ou théâtre sonore (la pièce Théâtre d’Ombres m’avait aiguillé) ? musique pour bande ou pour objets enregistrés ? pièces électroacoustiques ou mixtes ? psychisme concret ou délire psychédélique ? bref tout et n’importe quoi. On se moque bien des termes quand on peut s’accorder sur une chose : Bayle a fait des sons avec du « matériau » inadapté et exploré/éclairé des instruments de lutherie moderne. Comme Schaeffer il est passé du sonore au musical en allant jusqu’à transformer ses partitions en acousmographies.

Au diable les termes, d’accord, mais pas les préférences, Beatriz… Les miennes vont à ses premières œuvres, je te le redis. J’ai même un site que je conseille toujours dans ce paysage de lunes et d’étoiles : son Purgatoire dantesque qui fait pendant à l’Enfer de Bernard Parmegiani. Toi, Beatriz quand même, tu préfères les collages de rires d’homme sur Trois rêves d’oiseaux, les bandes retournées et les symphonies détraquées des Espaces inhabitables, les techniques mixtes des Expériences acoustiques (sur La preuve par les sens, tu as attiré mon attention sur les voix de Kevin Ayers et Robert Wyatt)…

Comme tout est rangé par ordre chronologique, ça a alors été l’heure de « mon » Purgatoire : par le menu, on nomme les « chiffres » qui ordonnent la récitation et c’est l’étrangeté du phénomène sonore qui éclate. Des voix s’approchent, d’autres s’éloignent, des sons de synthèse marquent l’expérience qui est inoubliable. Bayle y développe une expressivité qui n’appartient qu’à lui parce qu’il l’extrait (sons et images) de tout ce qu’il touche, lui. Plus le temps passe et plus il donnera d’ailleurs dans une scénographie de ses dons fabuleux : Les couleurs de la nuit (version 2012) en offre peut-être le meilleur exemple.

Toi, Beatriz encore, tu choisiras le concept emblématique de Son Vitesse-Lumière : c’est le début des années 1980, époque à laquelle je commence à perdre François Bayle d'oreille. J’écoute plus distraitement, les sonorités ne me conviennent plus autant que celles qui avaient le mystère de leur âge. Je me plonge dans le livret de textes, d’entretien et de catalogue commenté. C’est un autre voyage que je fais où l’on applique des mots à l’audiovisuel du compositeur. Au hasard d’un des Morceaux de ciels et autres Univers nerveux, deux des inédits qui terminent la rétrospective, je reviens doucement à la poésie du compositeur du concret et du rêve, à son actualité. Une actualité de laquelle, toi autant que moi, nous attendons d’autres nouvelles. N'est-ce pas, Beatriz ?

François Bayle : 50 ans d’acousmatique (INA-GRM)
Edition : 2012.
CD1 : Trois rêves d’oiseaux / Espaces inhabitables / Jeîta, ou Murmure des eaux CD2 : L’expérience Acoustique I-II : Thèmes sons / L’expérience Acoustique I : L’aventure du cri / L’expérience Acoustique II : le langage des fleurs CD3 : L’expérience acoustique III-IV-V : La preuve par les sens (III)  / L’épreuve par le son (IV) / La philosophie du non (V) CD4 : Purgatoire / Paradis terrestre CD5 : Vibra-tions composées / Grande Polyphonie CD6 : Camera Oscura / Les couleurs de la nuit (version 2012 inédite) CD7 : Erosphère / La fin du bruit  CD8 : Son Vitesse-Lumière I-II CD9 : Son Vitesse-Lumière III-IV-V CD10 : Motion-Emotion / Théâtre d’Ombres CD11 : Fabulae I à IV / Mamaméta CD12 : La maison vide / Morceaux de ciels CD13 : Arc, pour Gérard Grisey (inédit) / La forme du temps est un cercle CD14 : La forme de l’esprit est un papillon / Univers nerveux (inédit) CD15 : L’oreille étonnée (inédit) (In memoriam O. Messiaen) / Rien n’est réel (inédit) / Déplacements (inédit)
Héctor Cabrero © Le son du grisli



Francisco Meirino, Dave Phillips : We Are None of Us (Misanthropic Agenda, 2012)

dave phillips francisco meirino we are none of us

Sur la longueur de quatre faces gravées, Francisco Meirino et Dave Phillips rendent ici compte de travaux de laboratoire qu’ils partagent. Les deux hommes vont et viennent, remuent, tentent de combinaisons : font feu de tous bruits.

Le son capturé d’un objet de verre se brisant : du bocal s’échappent les premiers ingrédients, mouvant, au son d’une sirène que leur fuite a déclenchée. Une basse tombe alors, régulière, des éclats de voix animales trahissent un peu de quoi retournent les combinaisons imaginées par le duo, esprit et corps d’un nouveau Docteur Moreau.

Un chant de paroissiens s’en mêle, dont les oraisons seront vaines : c’est un peu de métal qu'injectent maintenant Meirino et Phillips à leur créature andis que ses premiers crissements se font entendre. Celle-ci se retournera évidemment contre ses pères. Eux, auront mis un son sur la menace – en couverture, Sereina Schwegler lui avait donné l’image d’une armée d'insectes clonés – avant de s’y abandonner tout à fait.

EN ECOUTE >>> Selcout >>> Haecceity

Francisco Meirino, Dave Phillips : We Are None Of Us (Misanthropic Agenda / Metamkine)
Enregistrement : 2005. Réédition : 2012.
LP : A-D/ 01/ Delenda 02/ Nepenthe 03/ Imbroglia 04/ Haecceity 05/ Sophomania 06/ Anhedonia 07/ Selcout 08/ Exipotic Auturgy
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Pierre Schaeffer : Le trièdre fertile (Editions Mego, 2012)

pierre schaeffer le trièdre fertile

Le trièdre fertile de Pierre Schaeffer est la première réédition de la série Recollection GRM des Editions Mego. Dans sa version intégrale, il s’agit de sept morceaux électroniques composés par l’inventeur de la musique concrète à partir de sons « de synthèse » créés par Bernard Dürr. Leurs titres sont autant d’indications sur la démarche de Schaeffer : Plutôt Dynamique, Plutôt Harmonique, Plutôt mélodique, etc.

En réécoutant plusieurs fois le disque, on s’aperçoit que ces indications sont bien respectées. Moi j’y entends des formes aux tons pastels et métalliques. Elles se répondent et interfèrent. Pour ce qui est de la théorie – que Schaeffer a toujours associé à la pratique –, voici ce que dit la présentation de l’œuvre par le label : Ce trièdre, dernière pièce de Schaeffer, fait écho au « trièdre de référence » des physiciens - celui des trois mesures fondamentales du son : fréquence, durée, intensité. A ces trois mesures correspondent d’ailleurs les signes de base du solfège traditionnel qui permettent de noter des hauteurs, des rythmes et des nuances. Il faut savoir lire, comprendre si possible, mais surtout se détacher de ce genre de notes à l’écoute. Sans quoi la subjugation n’est plus possible. Ce qui serait dommage, et même qui tomberait mal, car dans le cas présent, la musique est ... subjuguante.

Pierre Schaeffer : Le trièdre fertile (Editions Mego / Recollection GRM / Metamkine)
Enregistrement : 1975-1976. Edition : 1978. Réédition : 2012.
LP : A1/ Plutôt dynamique (Etude banale) A2/ Plutôt harmonique A3/ Plutôt mélodique A4/ Moins banal (Interlude, ou impromptu) – B1/ Toccata et Fugue B2/ Baroque (Second interlude) B3/ Strette
Héctor Cabrero © Le son du grisli


France Sauvage : Le monde des doigts (Doubtful Sounds..., 2017)

france sauvage le monde des doigts

La pochette (signée Stéphane Batsal) du 33 tours (sorti sur une guilde de labels, comme le fut Jeux vocaux des bords de Dronne) donne le ton : Le monde des doigts des rennais de France Sauvage est placé sous le signe du collage ! Les doigts, c’est sans doute pour les échantillons (on appellera ça comme ça plutôt que « samples », « emprunts », « citations »…) de cette réédition vinyle d’un CDR enregistré et produit sur Larsen Commercial en 2009.

France Sauvage, c’était alors encore Arno Bruil (ordinateur, tourne-disque, électronique), Johann Mazé (batterie, percussions, samples, câbles), Manuel Duval (saxophone, échantillons, percussions) et Simon Poligné (et non Louvigné, au chant, clavier et platine, qui a maintenant quitté le projet). Une Nationale de la Concrète Clandestine (NCC) ou une Association d’Abstraction Debout (AAD)… Leur propos ? ... ou plutôt ce qu’ils promettent ? Eh bien, y’a qu’à voir les titres : nettoyage d’insectes, désenvoûtement et sauce samouraï…

Alors, forcément, quand on secoue le vinyle, il en tombe bien des choses : une guimbarde ou un crooner, un mini synthé et une machine à écrire, des colliers de tambours et même un éléphant. Et tout ça danse sans but mais avec plaisir d’autant que les musiciens suscités ajoutent leur grain de sel (des notes de saxophone, un rythme de batterie ou de l’électronique expérimentale). Cette aléatoire qui parade valait bien qu’on la réédite !

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France Sauvage : Le monde des doigts
Tomaturj, Agraph’ Prod, Fougère, Doubtful Sounds, Fruqueupruk, Les Potagers Natures, KdB et Attila Tralala / Metamkine
Editions : 2009. Réédition : 2017.
LP : Le monde des doigts
Pierre Cécile © Le son du grisli


Lionel Marchetti, Yan Jun : 23 formes en élastique / Yan Jun : The Only Authentic Work (Sub Jam, 2013)

lionel marchetti 23 formes en élastique

En manipulateur prudent – soucieux qu’il est de préserver l’intégrité de sons collectés vingt-trois années durant (1987-2011) – Lionel Marchetti réalisa 23 formes en élastique qu’éclairent autant de textes signés Yan Jun dans un livre qui renferme le disque.

Poésie musicale ou réflexion sonore, voilà de quoi retournerait la « musique sans musique », pour citer Yan Jun, de Marchetti. Ici, les sons employés se répondent ou se fuient, les chants que l’on susurre ignorent tout de l’effet des drones et les collages, toujours, menacent ruine. Prenant tout leur sens dans la longueur, les formes en question composent un brouillon magique de sons et de phrases éclatées que révèle à ses façons The Only Authentic Work.

Là n’est pourtant pas la fonction du livre de Yan Jun. Inspiré par l’œuvre du compositeur français, The Only Authentic Work est un ouvrage de poésie, de souvenirs et d’anecdotes, de philosophie, d’art, de psychologie, de langage, d’étude critique enfin, où l’on croise quelques personnages-références (Ryu Hankil, Gerhard Richter, Xi Kang, Maurice Blanchot, Guy Debord, Marcel Duchamp, Pierre Schaeffer…) qui aident Yan Jun à interroger de nouveaux usages de « faire » de la musique et à remettre en question la représentation et les cadres qui, souvent, la contraignent.

écoute le son du grisliLionel Marchetti
23 formes en élastique

Lionel Marchetti, Yan Jun : 23 formes en élastique / Yan Jun : The Only Authentic Work (Sub Jam / Metamkine)
Edition : 2013.
CD + Livre (chinois / anglais) : 23 formes en élastique / The Only Authentic Work
Guillaume Belhomme © le son du grisli



Perrot, Wittmer, Meirino : In Absence of Song (Geräuschmanufaktur, 2014) / Meirino : Shell-Shocked (Noisendo, 2013)

romain perrot gerritt wittmer francisco meirino absence of song

On sait le goût de Romain Perrot, Gerritt Wittmer et Francisco Meirino, pour les tremblements intentionnels. Ensemble, les voici interrogeant l’absence : de chanson, d’abord, mais aussi de peine, de son, de vie et de mort (« notes » de jaquette).

Or, cette absence est un refus, qui se concrétise au son par un drone grêle mais tenace aussi, qui court le long d’une apparition en public (Live at the Ende Tymes Festival, Brooklyn, 2013, en première face) et d’une réécriture en studio (Studio « reversed-engineered » version, 2013-2014, en seconde face). A chaque fois, la réunion est obscure et ses instruments « dissimulés » : c’est que Perrot, Wittmer et Meirino, chantent ensemble un Tableau pour la Fin des Temps qu’une anxiété partagée confine – devant l’enjeu, n’était-il pas nécessaire de s’inquiéter d’absence, ou de refus ? – et, mystérieusement, illumine.

écoute le son du grisliRomain Perrot, Gerritt Wittmer, Francisco Meirino 
In Absence of Song
(extrait)

Romain Perrot, Gerritt Wittmer, Francisco Meirino : In Absence of Song (Geräuschmanufaktur)
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2014.
K7 : A/ Live at the Ende Tymes Festival, Brooklyn, 2013 B/ Studio « reversed-engineered » version, 2013-2014
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

francisco meirino shell-shoked

C’est au tamis aigus électroniques et larsens que Francisco Meirino passe en ouverture de Shell-Shoked. Divise, aussi, jusqu’à les réduire en une poudre qui promet quelques détonations. De premiers râles se font entendre, que Meirino organise en miniatures concrètes qui feront les mouvements d’une bruyante symphonie où piano détruit, cordes et graillements, vitupèrent tour à tour ou ensemble.

Francisco Meirino : Shell-Shocked (Noisendo)
Edition : 2013.
CDR : 01/ Triceps 02/ Beckett 03/ Knife 04/ Cage 05/ Drops 06/ Acidmodular 07/ Motors 08/ Vil 09/ Strings 10/ Hysteria 11/ Reeltoreel 12/ Pendervox 13/ Keys 14/ Revkeys
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Lars Åkerlund, Kasper T. Toeplitz : INERT/E (ROSA, 2013)

lars akerlund kasper t toeplitz inerte

A force d’avoir partagé les collaborateurs (Dror Feiler, le regretté Zbigniew Karkowski, CM von Hausswolff, pour tout bien citer mon dossier de presse), Lars Åkerlund (electronics) et Kasper T. Toeplitz (electronics, basse électrique) devaient bien un jour travailler ensemble. C’est maintenant chose faite : le second éditant sur son Recordings of Sleaze Art leur projet INERT/E (qui est peut-être aussi le nom de leur duo ?).

Disons-le sans attendre : cette collaboration fait grands bruits (oui, au pluriel), même si l’on n’est pas à l’abri de chutes de volumes qui impressionnent presque autant. Enregistré dans les studios du GRM, les deux compositions ont une forme qui rappelle les « collages » concrets et un fond proche de l’ambient noise. Alpagué par leurs champs électromagnétiques, l’auditeur n’est plus qu’un parasite parmi les milliers de parasites de l’ « écosystème électronique » qu’Åkerlund et Toeplitz (vérification faite, INERT/E est bien le nom de leur duo) revendiquent. Mais par n'importe quel parasite : un parasite plutôt flatté.

INERT/E : INERT/E (Recordings Of Sleaze Art / Metamkine)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Les masses sont l’inertie, la puissance du neutre
Pierre Cécile © Le son du grisli


Bernard Gagnon : Musique électronique (Tenzier, 2012) / Gisèle Ricard : Electroacoustique (Tenzier, 2013)

bernard gagnon musique électronique 1975-1983

Ah, les surprises que nous réserveront toujours les archives… Aujourd’hui, ce sont les disques Tenzier qui nous (me) font découvrir Bernard Gagnon. Après de brèves recherches sur internet : homme (Bernard !), né à Montréal en 1953, lâche le rock psyché pour la musique électronique au milieu des années 70, rejoint le collectif Cham Pang et, toujours plus près de nous, collabore avec Jean Derome.

Mais ce que Tenzier nous offre sur ce trente-trois, c’est un florilège de compositions qui vont de 1975 à 1983 et des bandes magnétiques aux rewinds invraisemblables à des collages électroacoustiques qui chassent en territoires Schaeffer, Parmegiani ou Genesis P-Orridge, à quoi on ajoutera encore une free noise quand il rejoint un groupe constitué de Michel-Paul Aussant, Jean Bourque, Jean-Pierre Gratton et Michel Courcy. Ce qui fait pas mal de noms à apprendre, je vous l'accorde...

L’autre face, c’est encore autre chose… Gagnon prend une phrase d'une dictée de son souvenir (« Le boa mange Léo ») et joue avec elle, la retourne dans tous les sens, la chante, la plonge en rythmique prépostindus et la noie pour couronner le tout (son œuvre, ce disque) dans un bruyant mélange krautelectro. Qu’importe si cette plage sonore est en fait plusieurs pièces mises bout à bout (je ne cherche pas à savoir) : son effet est immédiat ; d’ailleurs, à en reparler, voilà que j’y retourne.

écoute le son du grisliBernard Gagnon
Dictée

Bernard Gagnon : Musique électronique (1975-1983) (Tenzier / Metamkine)
Edition : 2012.
LP : A1/ Gwendoline descendue ! A2/ Sea Lunch A3/ Totem Ben A4/ Improvisation B1/ Dictée B2/ Nous sommes tous des cré Basile B3/ Gololo-Mashta
Pierre Cécile © Le son du grisli

gisèle ricard électroacoustique 1980-1987

Les trois pièces électroacoustiques que Tenzier rassemble ici sont l’œuvre de Gisèle Ricard (en collaboration avec Bernard Bonnier, pour l’une d’entre elles). Deux noms encore à apprendre pour des sons assez différents puisque Ricard emprunte, pour composer, des couplets à des chansons françaises qui parlent d’amour (Je t’aime) ou fabrique un petit univers en Immersion ou encore une balancelle sonore qui rappelle Ursula Bogner – à moins que Jan Jelinek ne soit aussi derrière Gisèle Ricard ..? Moins percutant à mon goût, ceci dit…

écoute le son du grisliGisèle Ricard
Une autre création du monde

Gisèle Ricard : Electroacoustique (1980-1987) (Tenzier / Metamkine)
Edition : 2013.
LP : A1/ Je t’aime A2/ Immersion B1/ Une autre création du monde
Pierre Cécile © Le son du grisli


Kentaro Takei, Kazuya Ishigami : Kentaro Takei / Kazuya Ishigami (Neus-318, 2010)

kentaro takei kazuya ishigami

Plutôt rare, ça, un split-CD ! Mais alors quid des forces en présence ? Kentaro Takei pour les trois premières plages, enregistrées @my room entre février et mars 2010 & Kazuya Ishigami pour les trois autres plages, enregistrées entre septembre et octobre @habikino. J’oublais de préciser… la musique est électronique.

Reste électronique, pour Kentaro Takei, même si elle est teintée de musique concrète, d’expérimentation technologique (le bruit des jacks que l’on titille, le souffle du matériel) ou de field recordings. Et c’est d’ailleurs ce qui fait la force du monsieur, qui manipule une pléiade de sons avec une précision et une délicatesse qui amplifie (à bas volume) l’étrangeté de son œuvre.

La musique reste électronique aussi chez Kazuya Ishigami parce qu’à part l’utilisation de field recordings elle semble n’être qu’électronique (mais on n’est pas à l’abri d’une surprise, il se peut que des guitares aient été utilisées). Si l’on n’oserait pas qualifier l’abstraction sonore de « science-fictionnelle », elle s’inspire sans aucun doute de références de ce genre (notamment cinématographique). Et quand (sur 2ban) l’activité d’un atelier urbain rejoint la symphonie synthéto-métallique, le bonheur est total !

écoute le son du grisliKentaro Takei
Untitled I

écoute le son du grisliKazuya Ishigami
2ban

Kentaro Takei, Kazuya Ishigami : Kentaro Takei / Kazuya Ishigami (Neus-318)
Enregistrement : 2010. Edition : 2010.
CD : 01-03 : Kentaro Takei : Untitled I – Untitled III 04-06 : Kazuya Ishigami : 1ban – 2ban – 3ban
Pierre Cécile © Le son du grisli


Jérôme Noetinger, Will Guthrie : Face Off (Erstwhile, 2011)

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Partenaires en Thymophtalein, Jérôme Noetinger et Will Guthrie enregistrèrent en 2010 les pièces d'électroacoustique remontée qui font aujourd'hui Face Off. Le premier est au Revox B77 et à l'électronique, le second à la batterie et aux objets amplifiés – Guthrie attestant-là, comme il le fit sur Spike-S pour Pica Disk, son goût pour les manipulations sonores détachées de toute mesure.

Douze dialogues profitent ainsi du rapprochement d'une pratique percussive claquante et d'une électronique agitatrice : improvisés à deux puis réécrits par l'un ou l'autre, ils composent un ouvrage d'une quarantaine de minutes passant à la vitesse de bandes agitées et de projectiles sifflant. La somme de trouvailles à repérer dans ces constructions abstraites est faramineuse : ses éléments disparates tiennent du bruit de moteur minuscule, de la rumeur d'éléments de nature ou du rythme empêché, captent et avalent un morceau de radio flottant dans l'air ou additionnent des saillies forcenées. D'un art de l'improvisation mêlé à des souvenirs de musique concrète naît alors une poésie débarrassée de mots, des chansons agitées et sans paroles soumises aux aléas de ses inventions et des retours de bâton qui leur sont associés.

Jérôme Noetinger, Will Guthrie : Face Off (Erstwhile / Metamkine)
Enregistrement : Mai 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Snide 02/ Creep Show 03/ Slo-Nife 04/ Swamp 05/ Le Analise 06/ Cymslake 07/ Saw 08/ Carpet Burn 09/ Atelier Forge 10/ Crackney 11/ Saikopasu-Komento
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

 



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