Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire











Interview de Michael EspositoTalweg à ParisCahiers John Butcher
En théorie : l'improvisation par l'écritJohn ButcherEvan Parker

Lytton, Wooley, Mori, Vandermark : The Nows (Clean Feed, 2012) / Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira, 2012)

nate wooley paul lytton the nows

Deux enregistrements de concerts ont permis à Paul Lytton et Nate Wooley de peaufiner leur entente et d’enrichir leur discographie commune – d’un disque double, qui plus est : The Nows.

Le concert donné au Stone de New York date du 2 mars 2011. Le batteur charge en impatient, le trompettiste lui répond en frénétique : le repli viendra ensuite, au son de recherches percussives impertinentes et de notes de trompette qui y résistent ou se laissent par elles subtilement modifiées. Alors, Ikue Mori rejoint le duo : l’électronique éloigne un temps Wooley, qui reparaîtra pour parfaire l’ouvrage électroacoustique à coups d’exclamations franches. L’association aura brillé.

Le concert donné au Hideout de Chicago date du 16 mars 2011. Lytton et Wooley sur deux plages d’abord : notes longues de trompette contre claques redoublées, les secondes réussissant bientôt à faire danser les premières ; dialogue intergénérationnelle qui s’amuse de ses différences sur une même pratique de l’improvisation alerte. Alors, Ken Vandermark rejoint le duo : une fois que la clarinette basse aura charmé Wooley, ce sera au ténor que le trompettiste devra s’opposer avec force. L’un comme l’autre amateur de déroute, les deux souffleurs construiront un interlude comme privés soudain de leurs nerfs, avant de reprendre les hostilités : baryton répétitif que la trompette pourra citer pour mieux l'agacer encore. L’association aura autrement brillé.

Paul Lytton, Nate Wooley : The Nows (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2 mars 2011 & 16 mars 2011. Edition : 2012.
CD1 : 01/ Free Will, Free Won’t 02/ Abstractions and Replications 03/ Berlyne’s Law – CD2 : 01/ Men Caught Staring 02/ The Information Bomb 03/ Automatic 04/ Destructive to Our Proper Business 05/ The Ripple Effect
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

duplant movement and immobility

Est-ce pour l'enregistrer par correspondance (France / USA) que Bruno Duplant confectionna ce Movement and Immobility mi-écrit mi-improvisé ? Le trajet serait en mesure d’expliquer le délayage des notes de trompette (Wooley) et de saxophone alto (Héraud) qu’on y trouve, animées à peine par son électroacoustique et ses battements. Trucs et astuces de pratique, divagations atmosphériques, bruitisme et harmoniques : malgré un louable son de trompette, la timidité de Duplant, l’imprécision d’Héraud et peut-être l’approximation du « projet » tout entier le fragilisent à l'excès.  

Nate Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira)
Enregistrement : 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Continental Drif 02/ Climate Disruption 03/ Continuity Strata
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD, 2013) / Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD, 2010)

nate wooley 9 syllabes

Suffirait-il de reprendre les termes qui servirent à définir [8] Syllabes, sorti en 2011 sur Peira, pour parler de [9] Syllabes qu’édite aujourd’hui MNÓAD ? « Autre ouvrage de trompette et de vocalises » sur lequel Nate Wooley « dit les tremblements légers du souvenir de notes longues » conviendrait en effet à la description. Mais serait trop court, puisque, dans la nuance, les deux épreuves diffèrent.

Enregistré – par Jeremiah Cymerman – le 7 octobre 2012, [9] Syllabes joue encore davantage de résistances. Trompette et ampli unis pour faire entendre deux à trois voix discordantes, bourdon tremblant et cuivre-fausset alternent d'audacieuses figures sur parois rocheuses : de l’ombre des cavernes à l’aigu du cri qui réclame vouloir au plus vite en sortir, Wooley découvre des mélodies transversales dont la partition serait faite d'énigmatiques inscriptions de catacombes. L’impressionnant étant la justesse de leur regroupement.

Nate Wooley : [9] Syllabes (MNÓAD)
Enregistrement : 7 octobre 2012. Edition : 2013.
CD / DL : 01/ [9] Syllabes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

antoine chessex point immobile

Plus tôt (2010), MNÓAD publiait un disque court d’Antoine Chessex : Le point immobile. Là, deux pièces, enregistrées en 2009 et 2010, contrastent : #1 au minimalisme à saturation dont les lignes bougent à peine mais bougent encore ; #2 où le saxophone se laisse reconnaître – qui joue de l’espace dans lequel il se trouve – et puis interrompre de mille façons : aphonie ou démultiplication du souffle, inserts bruitistes, jeu de balles suspendu, larsens tenaces, noise déferlant. L’objet est rare, et son contenu puissant.

Antoine Chessex : Le point immobile (MNÓAD)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2010.
CD / DL : 01/ #1 02/ #2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

ken vandermark à mons

 

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Queixas : Eye of Newt (Insubordinations, 2012)

queixas eye of newt

Le projet helvético-portugais Queixas regroupe Cyril Bondi, D’incise et Abdul Moimême sur son premier essai Eye Of Newt. Là où le second nommé laissait voguer les crissements singuliers, les trois comparses invitent à un déjeuner sur l’herbe expérimentale où, certes, les bruits épars d’une civilisation post-ouvrière se font encore entendre dans le lointain.

Tel un négatif, au sens photographique du mot, de La Forêt Des Mécanismes Sauvages, leur Œil de Newt jette un regard périphérique empreint de paradoxes, entre calme apparent et nerfs au bord de l’implosion. On vous laisse juges, pour ma part, j’aime – vraiment – beaucoup.

Queixas : Eye Of Newt (Insubordinations)
Edition : 2012.
CD / DL (libre) : 01/ An All Wynde that Blowth No Man to Good 02/ Stow the Croze 03/ Everybody Out
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Mikrokolektyw : Absent Minded (Delmark, 2013)

Mikrokolektyw absent minded

Duo polonais installé à Chicago, Mikrokolektyw : (Artur Majewski : trompette et electronics, Kuba Suchar : batterie et electronics) crée la surprise. La sauvagerie féroce et acide ouvrant le disque cède vite la place à des vents tourbillonnants : souffles circulaires et rhombes ancestraux désossant un air vicié, trompes d’appel appelant au rassemblement ; les repères temporels se brouillent.

D’un souffle s’assombrissant ou se perdant, d’une percussion bondissante (un air d’Han Bennink chez Suchar) ou d’un lithophone envoûtant émergent de lapidaires phrasés. Le jazz n’est pas loin mais ne se dévoile jamais. Pas plus que ne se désorganise un duo aux fraternels impacts. Et de ces modernes electronics s’agitant ça et là, une évidence s’impose : la plus haute technologie n’est jamais très loin de la musique des origines.

Mikrokolektyw : Absent Minded (Delmark)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Vacuum 02/ Dream about Mind Master 03/ Sonar Toy 04/ Thistle Soup 05/ Fossil Stairway 06/ Dream about City Backyards 07/ Trilobite 08/ Trouble Spot 09/ Superconductor 10/ Crazy Idea of Jakub S. 11/ Little Warrior 12/ No Magic 13/ Dream about the One
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Pª : 9 (Drone Sweet Drone, 2013)

Pa 9

A main gauche, Soizic Lebrat, violoncelliste qui improvise seule ou accompagnée (par Heddy Boubaker, Jean-Marc Foussat, Sophie Agnel…). A main droite, Amaury Bourget qui – dixit le site du label Drone Sweet Drone –  a développé « le dispositif électro-acoustique SeMoNO!LinA, qu'il utilise dans divers contextes (reprise du son d'un musicien ou de sons concrets pré-enregistrés) ».

On comprend donc comment s’est fabriqué 9, le premier album de : Lebrat joue et Bourget la reprend. Non pour la corriger mais pour construire une « musique contemporaine polymorphe » (cette fois, c’est le site internet du duo que je cite). « Polymorphe » est le terme approprié, puisque les musiciens peuvent créer une superbe plage que l’on aimerait voir dansée par Josef Nadj (Neuf, où Lebrat suspend ses gestes pour que Bourget donne des ailes à leurs empreintes sonores) ou ennuyer en regagnant le monde de l’impro contemporaine entendue et réentendue (Persépolis). Et si Bourget peut aider Lebrat à sortir un impressionnant chant de gorge (Sables), le duo peut aussi expérimenter sans se soucier de la présence de l’auditeur (Coda). Voilà pourquoi l’avis est mitigé, ce qui n’empêche pas de le donner quand même !

Pª : 9 (Drone Sweet Drone)
Enregistrement : juillet 2009. Edition : 2013.
CD / Téléchargement libre : 01/ Neuf 02/ Sur les fils 03/ Persépolis 04/ Sables 05/ La conférence 06/ Coda 07/ .*.*
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jason Kahn : Open Space (Editions, 2013)

jason kahn open space

Cela fait près de dix ans que Jason Kahn (electronics) élabore, sur mesure, pour des occasions et des musiciens particuliers, des partitions graphiques : de Séoul (Dotolim) à New York (Timelines_NY), de Los Angeles (Timelines Los Angeles) à Zurich (Timelines, Sin Asunto), leur interprétation – puisque c'est bien d'une actualisation collective, littéralement d'une « performance », dont il s'agit – a toujours donné lieu à de passionnants concerts... et les soixante-dix minutes de la prestation enregistrée en janvier 2012 à Sydney ne déçoivent pas !

Porté à neuf membres, l'effectif australien regroupe, autour de Kahn, Chris Abrahams (piano), Laura Altman (clarinette), Monika Brooks (accordéon), Rishin Singh (trombone), Aemon Webb (guitare), John Wilton (percussion), Matt Earle (electronics) et Adam Sussmann (electronics) – les deux derniers constituant le Stasis Duo avec lequel JK a enregistré début 2011. L'orchestre au complet n'intervient que très brièvement et ponctuellement ; il est en général dispersé afin d'obtenir différentes variations de densités : c'est ainsi que les accords d'Abrahams se déposent sur un bourdon de guitare avant que ne s'ouvre une courte séquence de silence à peine empoussiéré qui elle-même annonce des constructions fragiles, mixtes, dictées par cette partition qui pousse les improvisateurs hors de leurs « zones de confort », dans des associations délicates.

L'auditeur, quant à lui, affecté à la manipulation de ces deux beaux vinyles (luxueusement escortés : fac-similé de la partition, livret détaillé, pochette peinte et numérotée), est convié dans cet « espace » que ménagent les interactions à l'œuvre. Carte en main, il n'en évalue que mieux les ouvertures.

open space score open space c

Jason Kahn : Open Space (Editions)
Enregistrement : Janvier 2012. Edition : 2013.
2 LP : LP1 : A/ Open Space B/ Open Space – LP2 : C/ Open Space D/ Open Space
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Vincent Posty : Le Hakarl (Ritte Ritte Ross, 2012)

vincent posty le hakarl

Un mastering dû à « Total Cochon » ne pouvait que m’engager à me précipiter sur ce disque : Le Hakarl de Vincent Posty (du Zakarya de Tzadik).

Vincent Posty est contrebassiste, mais pas du genre « enième improvisateur » – à part sur la fin de la seconde face où se cache un solo réverbéré plutôt anecdotique. Vincent Posty donne dans l’expérimentation électroacoustique, mais n’est pas du genre bidouilleur béat. Vincent Posty est soliste, mais pas du genre à être seul tout le temps puisqu’il peut inviter le batteur Pascal Gully à jouer avec lui.

Il fallait que cela soit souligné, pour pouvoir dire tout le bien de ce que ce vinyle hétéroclite (enregistré « en direct ») contient : une ambient haletante, des drones volants, des aigus qui vibrent, des emprunts au noise ou au metal ! Comme d’autres raclent sur l’os des bouts de viande tenaces, Vincent Posty extirpe à sa contrebasse des refrains tordus et peu communs. Longue vie au Hakarl !

Vincent Posty : Le Hakarl (Ritte Ritte Ross)
Edition : 2012.
LP : A-AA/ Le Hakarl
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Oren Ambarchi, Crys Cole, Keith Rowe : Black Plume (Bocian, 2012)

oren ambarchi crys cole keith rowe black plume

Si sa discographie arbore de belles références enregistrées dans l’intimité (Flypaper, Squire, Treatise), la paire Keith Rowe / Oren Ambarchi sait aussi improviser augmentée – ce que prouvent déjà Thumb et Afternoon Tea, disques sur lesquels entendre respectivement et notamment Otomo Yoshihide et Sachiko M, Fennesz et Peter Rehberg.

Extraits de concerts donnés en 2010 par le duo en compagnie de Crys Cole (électronique), Black Plume se souvient d’une tournée nord-américaine aux coordonnées de trois endroits : Winnipeg, Toronto et Montréal. Ici et là – s’il faut croire les extraits découpés par Ambarchi lui-même –, la même machinerie ébranla l’espace. Dévalant une pente qui le conduira jusqu’au ventre de guitares et d’autres appareillages sous tension, le trio prit ses grands airs d’industrie pour changer l’instant en réunion d’aigus crachant, d’échos en suspension et d’explorations sonores qui, à force d’altérations, tournent au réquisitoire. Mais la grisaille s’explique et retourne l’exercice en sa faveur : des poussières qu’elle a amassées, elle a composé d’imposants moutons de matière grise.

Oren Ambarchi, Keith Rowe, Crys Cole : Black Plume (Bocian / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
LP : A-B/ Black Plume I, Black Plume II, Black Plume III
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Antifun Arkestra : Nineleveneleven (Kollaps, 2012)

antifun arkestra

L’Antifun Arkestra est, je cite, un « free noise ensemble » formé à Munich en 2010 dont les membres ont pour noms (ou pseudos) Azz, Anton Kaun, Martin Krejci, Rohprokk et TV Shit. Mystérieux, tout ça, mais qui va plutôt bien avec le genre de musique qu’ils défendent (dans le noir, si l’on en croit les photos inclues dans ce double LP).

Evidemment électroacoustique, la musique de l'Antifun distribue des claques à qui s’en approche. Solidifiée par une basse qu’on définira de « bonne », elle est faite de sons qui ne font pas dans la demi-mesure et souffle des déferlantes impressionnantes de larsens, saxophones infiltrés, couinements ou bruits de moteur… On en serait bouleversé à moins puisque la mixture nécessiterait l’infusion de Diskaholics (vraiment) Anonymous, de Sissy Spacek plus free ou de Throbbing Gristle plus brut de décoffrage… Il faut attendre la quatrième face pour obtenir un peu du silence que notre oreille quémandait avant de reprendre encore un peu non pas de 6.8 mais de 9-11... Tant mieux !

Antifun Arkestra : Nineeleveneleven (Kollaps)
Edition : 2012.
2 LP : Nineeleveneleven
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Klaus Filip, Toshimaru Nakamura, Andrea Neumann, Ivan Palacký : Messier Objects (Ftarri, 2012)

klaus filip toshimaru nakamura andrea neumann ivan palacky messier objects

Le duo d’Aluk (Klaus Filip / Toshimaru Nakamura) et celui de Pappeltalks (Andrea Neumann / Ivan Palacký) mettent en commun sur Messier Objects leurs instruments rares – à savoir : logiciel ppooll (Filip), no-input mixing board (Nakamura), ventre de piano et mixing board (Neumann), machine à coudre amplifiée et… panneaux solaires (Palacký). Voilà deux rencontres (concert enregistré à Prague le 4 octobre 2011 et pièce enregistrée en studio à Vienne le lendemain) qui donnent à leur fantaisie futuriste les moyens de ses ambitions.

Au Babel Festival, quarante minutes furent données : strates de sons continus ou oscillants sur lesquels les musiciens se cherchent avant que le piano de Neumann ne creuse, à force d’arpèges délicats mais tenaces, un lit profond. Là, viendront se ficher à la verticale : lignes d’aigus, tessons cristallins, parasites, larsens, bourdonnements et puis déflagrations, avant que les rafales sourdes de la Dopleta ne retournent la pièce. Alors, les bruissements graves des tables de mixage agissent en poudreuses : mille grisailles pousseront après leur passage.

A Vienne, derrière les micros de Christof Amann, seize minutes seulement. Des râles d’origine forcément inconnue s’y disputent d’autres aigus superposés, des crépitements remontent jusqu’au sommet de cordes défaites… Plus aérée, l’expérimentation revêt les atours d’une ronde qui, à force de tourner, fait quitter le sol à Filip, Nakamura, Neumann et Palacký. Avec eux, lentement, la fantaisie futuriste gagne les hautes sphères.  

EN ECOUTE >>> M1 Crab Nebula (extrait) >>> M20 Trifid Nebula (extrait)

Klaus Filip, Toshimaru Nakamura, Andrea Neumann, Ivan Palacký : Messier Objects (Ftarri / Souffle Continu)
Enregistrement : 4 et 5 octobre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ M1 Crab Nebula 02/ M20 Trifid Nebula
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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