Le son du grisli

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Hors-série

 

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Matmos, Wobbly, J Lesser : Simultaneous Quodlibet (Important, 2010)

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Quid de Simultaneous Quodlibet, le disque issu de la collaboration de Matmos, Wobbly et J Lesser ? Un album studio farfelu après une longue partie de ping pong sonore ? Exactement !

Il fallait s’y attendre : Simultaneous Quodlibet n’a ni queue ni tête, aucun plan et presque d’ailleurs aucune raison d’être. Pourtant, ses jeux de constructions pop, remplis d’humour et de clins d’oeil, font souvent impression. Entrer dans ce disque c’est un peu comme aller à la foire : ici une attraction vous attire et là une autre vous fatigue d’avance. Encore : l’association Lesser Matmos Wobbly fait penser parfois à Stereolab ou même McCarthy (par sa naïveté pop mais efficace). Enfin : d’autres fois, elle se montre capable d’une belle originalité, comme sur la fantaisie aérienne du sixième morceau. Alors, quid ? Excentrique !


Matmos, Lesser, Wobbly, 6 (extrait). Courtesy of Important.

Matmos, Wobbly, J Lesser : Simultaneous Quodlibet (Important)
Edition : 2010
CD / LP : 01-06/ Simultaneous Quodlibet
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Dominic Duval, Jimmy Halperin, Brian Willson : Music of John Coltrane (NoBusiness, 2010)

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Après avoir célébré ensemble le répertoire de Thelonious Monk, Jimmy Halperin (saxophone ténor) et Dominic Duval (contrebasse) investissent en compagnie de Brian Willson (batterie) le répertoire de John Coltrane (johncoltrane).

Avec une distance élégante, Halperin envisage d’abord Giant Steps sur le swing las décidé par ses partenaires : l’évocation est loyale, l’invention de Duval nette et l’implication de Willson mince. Pour faire prendre quelques « risques » au trio, Duval devra ainsi multiplier précipitations voire ruades : Moments Notice y gagne et Living Space en échange ses soucis de révérence contre une impétuosité bienvenue.

A mi-parcours, constater un retour aux premiers démons : clins d’œil d’usage au thème, intensité aléatoire voire plate récitation de l’air (Naima). Honnête mais trop sage peut-être ; probe seulement.

Dominic Duval, Jimmy Halperin, Brian Willson : Music of John Coltrane (NoBusiness)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Giant Steps 02/ Moments Notice 03/ Living Space 04/ Sveeda’s Song Flute 05/ Naima 06/ A Love Supreme (Pursuance)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Nu Band : Live in Paris (NoBusiness, 2010)

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Pour emblème quelques croissants, Live in Paris consigne un concert donné par The Nu Band à Paris (Atelier Tampon Ramier) en octobre 2007.

Avec mesure, le quartette retourne à son credo : musique hantée par un free jazz antédiluvien entre une danse de Saint-Guy à la vigueur incontestable (Somewhere Over the Seine) et un air que l'on invente sur place et puis répète jusqu'à faire avouer à qui l'entendra qu'il a quelque chose d'inoubliable (Avanti Galoppi). Déjà persuasifs – même lorsqu'ils pêchent par trop de légèreté (première partie de Bolero française) –, Roy Campbell (trompettes, bugle, flûte), Mark Whitecage (saxophone alto, clarinette), Joe Fonda (contrebasse) et Lou Grassi (batterie), réinventent les codes d'un jazz d'emportements alertes et impeccable de cohésion.


The Nu Band, The Angle of Repose (extrait). Courtesy of NoBusiness.

The Nu Band : Live in Paris (NoBusiness / Instant Jazz)
Enregistrement : 15 octobre 2007. Edition : 2010.
CD : 01/ Somewhere Over the Seine 02/ Bolero française 03/ Avanti Galoppi 04/ The Angle of Repose
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Roberto Fabbriciani, Robin Hayward : Nella Basilica (Another Timbre, 2010)

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Les deux se sont rencontrés en Toscane dans un Ensemble consacré au répertoire de Luigi Nono. Aujourd’hui, ils improvisent en duo : le trombone de Robin Hayward est « microtonal » et les flûtes de Roberto Fabbriciani sont « bass, contrebass & hyperbass ».

Là où l’on parle de Nella Basilica, des mètres et des mètres de tubes de cuivre forment un modèle réduit de Beaubourg. Dans ses couloirs, des centaines de vents se frôlent et font naître des voix caverneuses qui multiplient les ordres. Car l’ingénierie ne peut s’en passer si elle veut que ses tentatives expérimentales soient ingénieuses à la fin des fins. Et celle de Fabbriciani et Hayward donne des gages de solidité : il n’y a qu’à entendre les chocs qui secouent la structure ; la carcasse vacille mais elle n’a rien à craindre. Les fresques qui décorent son intérieur y sont à l’abri : c’est en fait Cimabue au Centre Pompidou.


Roberto Fabbriciani, Robin Hayward, Nella Basilica (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Roberto Fabbriciani, Robin Hayward : Nella Basilica (Another Timbre / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Nella Basilica 02/ Adagio 03/ Riflessione 04/ Colori du Cimabue 05/ Arezzo
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Garrison Fewell : Sound Particle 47 (Creative Nation Music, 2010)

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Parmi les neuf musiciens que compte le changeant Variable Density Sound Orchestra de Garrison Fewell, on trouve sur Sound Particle 47 Roy Campbell, Steve Swell, Achille Succi ou encore John Voigt.

Après avoir ravivé le transport lent qui inspira déjà sa « première communion » avec ses partenaires, le guitariste compose des pièces dont l’équilibre est toujours d’une précarité irrésistible. Au gré d’interventions libres ou commandées, les musiciens font œuvre cohérente de références multiples : brouillons charmants de marche et de post-bop construisent ainsi de subtiles paysages flottants. 

Pour ce qui est des cordes, un duo avec Eric Hofbauer sur l’Afro Danish Form Six de John Tchicai permet à Fewell d’instaurer un premier sas de décompression – Swell et Campbell se chargeront d’en ouvrir un second sur un Conspiring in Your Favor aux souffles mesurés. Enfin, à la manière de Butch Morris dont il reprenait hier Namthini’s Shadow, le Variable Density Sound Orchestra façonne Long Distance Unity – composition signée Fewell / Tchicai –, conclusion vaporeuse d’un ouvrage obnubilé par la musique des sphères.


Variable Density Sound Orchestra, Requiem for a Consequence. Courtesy of CNM.

Garrison Fewell Variable Density Sound Orchestra : Sound Particle 47 (Creative Nation Music)
Edition : 2010.
CD : 01/ Terra Firma, Terra Incognita 02/ Variable Density #1 03/ Fanfare For Wisdom 04/ Requiem for a Consequence 05/ Afro Danish Form 6 06/ Betty’s Bounce 07/ Conspiring in Your Favor 08/ Sound Particle 47 09/  Variable Density #2 10/ Long Distance Unity
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Michael Vorfeld : Flugangst (Monotype, 2010)

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Familier de Wolfarth (dans leur duo Vorwolf), Samartzis, Friedl, Beins ou Marwedel (ces deux derniers pour le fort réussi Misiiki, chez Rossbin), Michael Vorfeld (percussions et instruments à cordes) livre, avec ce solo de mai 2007, un très beau disque qui s’écoute d’une traite, comme une suite développant tout un environnement sonore.

L’impression de se trouver en présence d’un espace en extension est particulièrement vive : le long de quelles structures métalliques Vorfeld se promène-t-il ? dans quel vaste hangar d’aéronautique (la phobie de l’avion, qu’indique précisément le mot Flugangst, invite au rapprochement) a-t-il disposé son attirail ? Frottés, vibrants, piqués, les sons guident l’auditeur – comme dans une des installations dont le percussionniste est par ailleurs l’auteur – au fil d’une méditation qui n’est pas à proprement parler « planante ». Plutôt une lente course de nuages qu’on approche et desquels on s’éloigne.


Michael Vorfeld, Peilung (extrait). Courtesy of Monotype.

Michael Vorfeld : Flugangst (Monotype / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : 01/ Peilung 02/ Taumel 03/ Parabel 04/ Scheinlot 05/ Turbulenz 06/ Stufung 07/ Azimut
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Joëlle Léandre, India Cooke : Journey (NoBusiness, 2010)

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De Guelph au Mans, on avait pu remarquer la complicité de Joëlle Léandre et d’India Cooke. Deux archets inquiets de libertés qui se retrouvaient en 2008 à Denver, ce dont atteste Journey.

Avec autant d’implication mais en se faisant plus persuasives encore, la contrebassiste et la violoniste accordent leurs manières : vindicatives et invocatoires quand elles ne sont pas métronomiques, lyriques ou minimalistes (le violon, surtout, sous influence). Léandre et Cooke construisent un dialogue moins exubérant que celui que Firedance avait consigné et gagnent ainsi l’une et l’autre en « nouveautés » : subtilités confondantes et acharnement ne se jouant plus seulement dans la force mais aussi dans l’audace. Ainsi il arrive que des voix familières – dans le champ même de l’improvisation – parviennent à dire autrement qu’au moyen d’un vocabulaire su par cœur : et, au risque de surprendre, ravissent davantage.


Joëlle Léandre, India Cooke, Journey V (extrait). Courtesy of NoBusiness.

Joëlle Léandre, India Cooke : Journey (NoBusiness / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Journey I 02/ Journey II 03/ Journey III 04/ Journey IV 05/ Journey V 06/ Journey VI
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Urs Leimgruber : Chicago Solo (Leo, 2010)

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Comme celle d’Evan Parker, la discographie d’Urs Leimgruber compte désormais un Chicago Solo. Comme Evan Parker, Urs Leimgruber y fait état de préoccupations circulaires – voire, cycliques – et d’un art altier de l’exercice improvisé en solitaire.

Délicat voire renfrogné, impétueux sinon véhément, quelle que soit l’impression qu’il donne, Leimgruber fabrique avec la même application une structure sonore qui balance mais tient bon : l’instabilité est seulement feinte ; la résistance est même capable d’avaler cascades de notes et airs velléitaires – la vérité est en fait qu’elle s’en nourrit. Entre deux processions de notes nombreuses, le saxophoniste vérifie les clefs de son instrument ou vidange avant de repartir. La chose était presque entendue : au fil du parcours, le voilà qui abandonne tous graves aux silences, pour disparaître au son de sifflements irréductibles.


Urs Leimgruber, Chicago Solo (extrait). Courtesy of Leo Records.

Urs Leimgruber : Chicago Solo (Leo Records / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD : 01-02/ Chicago Solo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ap'strophe : Corgroc (Another Timbre, 2010)

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Que ceux et celles qui n’aiment dans la peinture de paysages que les aplats épais quittent la salle d’exposition. Car si Ap’strophe en remet une couche, c’est dans la finesse, l’ellipse, l’effleurement...

Ferran Fages intervient pourtant à la guitare et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare. De quoi faire beaucoup avec des cordes pincées ou frappées, des attaques sur un corps en bois ou sur des mécaniques de métal. A la place il y a Spring et Is Like a Perhaps Hand (faut-il lire « Spring Is Like a Perhaps Hand » ?). C’est à dire qu’il y a un drone qui siffle et le jeu bizarre de cordes distendues. Il y a aussi des grincements (le bois) et des mouvements de plaques (le métal). Et sous l’effet de la surprise le tout procure de drôles de sensations qui font qu’on se demande si le duo n’avait pas surréastylistiquement raison : le printemps serait peut être comme une main.


Ap'strophe, Corgroc (extrait).

Ap’strophe : Corgroc (Another Timbre)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Spring 02/ Is Like a Perhapd Hand
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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