Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Konstrukt, Akira Sakata : Kaishi: Live at Kargart (Holidays, 2015)

akira sakata konstrukt kaishi

Depuis 2008, le groupe Konstrukt improvise. A Istanbul –  d’où il est originaire –, il a même pris l’habitude d’inviter des musiciens de passage à jouer avec lui. Ainsi Konstrukt fut-il augmenté déjà de Marshall Allen (Vibrations of the Day), Evan Parker (Live at Akbank Jazz Festival), Peter Brötzmann (Dolunay, Eklisia Sunday), Joe McPhee (Babylon, If You Have Time), William Parker (Live at NHKM)…

Est-ce un goût commun (saxophone / guitare / basse / batterie) pour la musique d’un autre âge ou bien une fascination assumée pour la « libre » notoriété ? La question se posera lorsque telle ou telle association peinera à convaincre. Et cette longue improvisation donnée en compagnie d’Akira Sakata – concert enregistré au Kargart d’Istanbul le 17 janvier 2015 – pourrait bien en offrir l’occasion.  

Est-ce que le saxophoniste a connu (et récemment encore) des associés d’une autre trempe (Jim O’Rourke, Chikamorachi, ou paire Berthling / Nilssen-Love) ? Passant d’alto en clarinette, son implication est la même, et son invention intacte. Mais l’accompagnement se traîne, loin derrière l’implication, plus loin encore de l’invention. Un rock-folk-psychédélique s’évertue – la guitare d’Umut Çağlar et le saxophone passé en machine de Korhan Futaci cherchant l'inspiration dans de maintenant vieilles recettes – à rendre à Akira les coups qu’il lui a mis, mais en vain. La musique aura permis le voyage, mais ne l’aura pas valu.

Konstrukt, Akira Sakata : Kaishi: Live at Kargart (Holidays)
Enregistrement : 17 janvier 2015. Edition : 2015.
2 LP : A1/ Part I A2/ Part II B1/ Part III B2/ Part IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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festival météo le son du grisliAkira Sakata apparaîtra deux fois au festival Météo cette année : seul à la Chapelle Saint-Jean, le vendredi 28 août et en trio Arashi avec Johan Berthling et Paal Nilssen-Love (souvenir d'Arashi) le lendemain au Noumatrouff.

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Fred Frith, John Butcher : The Natural Order (Northern Spy, 2014)

fred frith john butcher the natural order

« Dansez d'abord. Pensez plus tard. C'est l'ordre naturel des choses. » La suggestion est de Samuel Beckett, que remercient ici « spécialement » Fred Frith et John Butcher, enregistrés en studio le 11 octobre 2009.

Faudra-t-il trouver, derrière chacun des titres donnés à ces dix plages de musique, un message voire une signification ? – That Unforgettable Line de ténor qui, suspendue entre deux notes, ne plie pas sous l’affront répété d’un retour d’ampli ; le Delirium Perhaps d’une pièce de fantaisies défaites et d’instabilités lasses…

Mais « écoutez d’abord » (ou plutôt) : multipliant les franches attaques au médiator, tapissant le haut-parleur avec davantage de retenue ou modelant quelques lignes de basse, Frith démontre une inspiration souvent ravageuse ; sur la somme d’artifices et/ou d’inventions de son partenaire (The Welts, the Squeaks, the Belts, the Shrieks), Butcher, lui, joue les équilibristes. Qui plus est, papillonne avec une désinvolture autrement impressionnante. Voilà bien l’ordre naturel des choses.

Fred Frith, John Butcher : The Natural Order (Northern Spy)
Enregistrement : 11 octobre 2009. Edition : 2014.
CD : 01/ That Unforgettable Line 02/ Delirium Perhaps 03/ Dance First, Think Later 04/ Faults of His Feet 05/ Colors of an Eye Half Seen 06/ Turning Away in Time 07/ The Welts, the Squeaks, the Belts, the Shrieks 08/ Butterflies of Vertigo 09/ Be Again, Be Again 10/ Accommodating the Mess
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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festival météo le son du grisliAu festival Météo cette année, Fred Frith apparaîtra plusieurs fois, et différemment : sur pellicule (projection du documentaire Step Across the Border au Palace le 26 août) et puis deux fois sur scène (en duo avec Lotte Anker le 28 et en quartette l'associant à Barry Guy le 29).

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Ingar Zach, Miguel Angel Tolosa : Loner (Sofa, 2015) / Huntsville : Pond (Hubro, 2015)

ingar zach miguel angel tolosa loner

Loner a été enregistré en différents endroits d’Europe, sur une période de dix années (2004-2014). On y entend Ingar Zach (percussions, électronique et field recordings), Miguel Angel Tolosa (électronique, field recordings et guitare électrique) et, sur un titre, Alessandra Rombolá (flûte).

Enveloppant les graves de la gran cassa, Tolosa anime quelques chimères qu’Offwall fera tourner longtemps. Mais un retour d’ampli (semble-t-il) menace, et gangrène maintenant le ballet. Si elle maintient le pouls à un rythme régulier, l’électricité change la donne au point d’avaler le chant des coups portés aux percussions pour les changer en grisailles.

Réverbérés, ces coups prendront leur revanche sur Dormont, autre réussite de l’enregistrement. Cette fois, c’est Zach qui lève quelques rumeurs capables de tourner antienne. C’est d’ailleurs en transformant tous les murmures en mélodies dont il est impossible de retenir l’air que le percussionniste, une fois de plus, fait impression.

Ingar Zach, Miguel Angel Tolosa : Loner (Sofa)
Edition : 2015.
CD : 01/ Offwall 02/ Whirlwords 03/ Dormont 04/ Astoneaged
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

huntsville pond

On aurait peut-être tort de voir en Huntsville – sur Pond, en tout cas, qui fait mieux que tous les disques qui l’ont précédé – ce projet facile qui permettrait à ses membres (Ivar Grydeland, Tonny Kluften et Ingar Zach) d’espérer conquérir un public plus large que celui qui est, d’ordinaire, le leur. C’est qu’à la danse minimaliste, et de synthèse, d’(ER), le trio oppose là trois plages de petite expérimentation. Moins « évidentes », certes, mais stériles, aussi.  

Huntsville : Pond (Hubro)
Enregistrement : juin 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ (ER) 02/ (ING) 03/ (AGE) 04/ (OK)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ingar Zach et Ivar Grydeland joueront aux côtés de Xavier Charles et Christian Wallumrod, Dans les arbres, au festival Météo : le 26 août, au Noumatrouff.

 

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Francisco Meirino, Leif Elggren : Trop Tôt (Firework, 2015) / Beyond Repair (Sincope) / The Aesthetics... (1000füssler, 2014)

francisco meirino leif elggren trop tôt

Avant Trop Tôt, une demi-heure en troisième et dernière piste du disque, on trouvera sur cette collaboration Francisco Meirino / Leif Elggren – que Laura Daengeli pourra rejoindre à la voix – Little Idiot (vingt minutes) et Petit Idiot (trois).

C’est le conte chagrin qu’il a ici publié qu’Elggren interprète et ainsi réinvente. Texte inquiet voire troublé, Little Idiot – dont Daengeli nous résumera le propos sur la seconde piste – est augmenté de divers bruits électriques dont le conteur délirant ne peut imaginer la disparition : autour de lui, s’agitent pourtant, avant de disparaître, field recordings et parasites électroniques, larsens et même, semble-t-il, quelques tronçonneuses.

C’est donc un noise de théâtre, dont Trop Tôt s’inspire (puisqu’Elggren y prélève un « I am the only One » qu’il répètera longtemps) et développera la méthode. A quai, c’est un noir bateau qui tremble sur lequel Elggren et Meirino s’agitent : field recordings encore, note de piano rabâchée et bruits divers construisent une autre bande originale. Alors Daengeli reprend le conte : la lecture est maladroite, c’est à dire imparfaite, mais fait quand même effet : la poésie sonore est au rasoir et l’entaille est béante.

Francisco Meirino, Leif Elggren : Trop Tôt (Firework Edition)
Edition : 2015.
CD : 01/ Little Idiot 02/ Petit Idiot 03/ Trop Tôt
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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francisco meirino beyond repair

Derrière Beyond Repair sont rangées onze courtes pièces pour synthétiseur modulaire et instruments électroniques inventés. Derrière chacun d’eux, c’est Francisco Meirino qui arrange aigus tremblants, bruits de synthèse ou concrets, rythmes minuscules… dans un souci d’abstraction noise sensible et efficiente.

Francisco Meirino : Beyond Repair (Sincope)
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2014.
CD : 01-11/ Beyond Repair
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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francisco meirino the aesthetics

Sur The Aesthetics of Everything for Nothing, Meirino fait œuvre de balayage ou joue à la roulette – ses instruments : deux jouets (un hochet et un cube d'éveil). Dans la roulette en question, il jette des résonances, d'étranges râlements, des larsens ou des tremblements, tous sons traités et même soignés. Si l’intensité est croissante, la pièce change progressivement son propos bruitiste en tendre et remarquable berceuse.

Francisco Meirino : The Aesthetics of Everything for Nothing (1000füssler)
Edition : 2014.
CD : 01/ The Aesthetics of Everything for Nothing
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Francisco Meirino jouera aux côtés de Jérôme Noetinger et Marcus Schmickler au festival Météo : le 28 août à la filature.

 

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Evan Parker, Joe Morris, Nate Wooley : Ninth Square (Clean Feed, 2015)

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C’est à la guitare, et seul, que Joe Morris ouvre ce concert enregistré au Firehouse 12 en septembre 2014. Après lui, arriveront Nate Wooley puis Evan Parker – l’association est inédite, à plus d’un titre. C’est ainsi, sur la première plage de Ninth Square, un solo, un duo, un trio puis un autre solo (de ténor), un autre duo (Wooley toujours second), et un autre trio encore.

Quand ce n’est pas à une improvisation commune dont le volume ménage l’auditeur, si ce n’est met au défi son attention, c’est à un jeu d’apparition et de disparition que se livrent les trois musiciens. Dans un cas comme dans l’autre, ils composent sur l’instant avec un intérêt pour une recherche sonore toujours vive, si possible d’une musicalité renouvelée. C’est dans ces notes de guitare timides mais expressives pourtant ou dans ces slides étouffés qu’on trouvera d’ailleurs celle-ci.

Dans ces nouvelles salves de soprano, aussi : et les façons qu’elles ont d’en imposer encore (Grove State) ou la manière avec laquelle elles prennent en compte les interventions de la trompette, qui, d’ailleurs, souvent surprennent (Grove State encore, soit l’instrument changé en cor des Alpes). Enfin, dans ces retournements de situation et autres accompagnements fabuleux (guitare caverneuse sur High Center, trompette verticale sur Green…, en guise d'exemples) dont se chargent, tour à tour, et les uns et les autres.

Evan Parker, Joe Morris, Nate Wooley : Ninth Square (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 19 septembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Temple Elm 02/ Orange George 03/ Wall Crown 04/ Grove State 05/ High Center 06/ Green
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Evan Parker apparaîtra deux fois cette année au festival Météo : le 27 août en compagnie de Peter Evans, Paul Lytton et Barry Guy ; le 28 août à la tête d’un Electroacoustic Nonet.

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