Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck (Zoharum, 2016)

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J’étais à deux doigts de me passer un bon petit Steppenwolf (c’était dimanche) quand je suis tombé sur ce disque Zoharum (oui, j’ai souscrit un abonnement). Comme le label sort de belles choses cet an-ci, j’ai mis ce CD à la place du vieux groupe, c’est-à-dire deux groupes que le label défend depuis qu’il a été lancé : Monopium et K.

Bizarre bizarre, j’entends toute une cour de récréation d’école s’ébrouant à un concert (qu’on imagine) donné dans la salle des fêtes qui la jouxte. Un genre de groupe de post-neo-kraut-indus-coldwave bien tendu en pleine balance bien tendue elle aussi. C’est donc ça le Monopium ? Jusqu’ici inconnu au bataillon (pour ma part), le groupe m’a fait forte impression,comme une mixture tache mais réussie entre Throbbing Gristle et The Fall.

C’est un peu dans le même genre qu’officient les Polonais de K. = trois morceaux présentés en seconde partie de CD. Un bout de batterie straight peut partir, par contre, et ramener le bruit ambiant à son point le plus « musical ».  Pas mal non plus, K. dont je conseille le site pour constater que leur musique (pas mal de samples et de collages) est en perpétuel questionnement. Alors après ???


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Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck
Zoharum
Edition : 2016/
CD / DL :  01-07/ Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck
Pierre Cécile © Le son du grisli

 

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Oren Ambarchi, Stefano Pilia, Massimo Pupillo : Aithein (Karlrecords, 2016)

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Oren Ambarchi / Stefano Pilia (3/4HadBeenEliminated, Afterhours…) / Massimo Pupillo (Zu, Offonoff…) ? Les trois ? D’un coup ? Deux guitares, une basse, une batterie ? D’un coup ? Ça pourrait s’avérer planant s’il n’y avait cette petite saturation qui m’attaque le bas du dos et empêche mes yeux de se fermer plus que le temps d'un battement de cil. OK, ça monte lentement, mais au moins on sait que ça monte (…)

-    C’est une chtouille comme Sagittarian Domain en fait ?
-    Oui, un peu beaucoup.
-    Bah, un peu ou beaucoup ?
-    Un peu beaucoup, j’ai écrit.

(…) Les cordes électriques donnent dans le dronofeedback travaillé, les cymbales les chatouillent jusqu’à ce qu’elles se séparent = une guitare d’un côté, une autre guitare de l’autre, une qui monte et l’autre qui descend, & avec ça la batterie qui applaudit grassement et leur bourre le mou : « tout ce qui brûle brille » (c’est ce que veut dire « athein »). Et c’est comme avec The Necks for example ça force ça frotte ça gratte et à la fin ça prend feu. Pourquoi bouder son plaisir ? c’est joli, le feu.



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Oren Ambarchi, Stefano Pilia, Massimo Pupillo : Aithein
Karlrecords
Edition : 2016.
LP / DL : 01/ Burn 02/ Shine
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Giovanni Di Domenico, Jim O’Rourke, Tatsuhisa Yamamoto : Delivery Health (Silent Water, 2015)

giovanni di domenico jim o'rourke tatsuhisa yamamoto delivery health

L’intention avec laquelle Giovanni Di Domenico fait tourner un motif pourrait rappeler certaines pièces de Morton Feldman : mais les premières secondes de Delivery Health, que le pianiste a enregistré en 2013 avec Jim O’Rourke et Tatsuhisa Yamamoto, sont trompeuses.  

Car voici bientôt décalé le motif en question sous l’effet des cordes électriques : O’Rourke fait bien de choisir d’opposer aux aigus du piano des graves capables de polir leur brillance. Plus loin ce sont des merles sur un piano clair et puis, plus intéressant, en seconde face, de longues notes de guitare qui quadrillent l’espace ( ce Superfield annoncé).

Le trio y progresse comme sur un fil – des créatures l’environnent, qui chantent – et finit par aboutir : à ce morceau d’atmosphère qui rappelle de vieilles rengaines krautrock au détour desquelles il ne serait pas surprenant de croiser un Merzbow perdu. L’exercice est donc dense, et cet art de faire de la musique au gré de ses (diverses) envies, au final, plutôt louable.



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Giovanni Di Domenico, Jim O’Rourke, Tatsuhisa Yamamoto : Delivery Health
Silent Water
Enregistrement : 2013. Edition : 2015.
LP : A1/ Transgression Is Only Fleeting A2/ Passe Muraille – B1/ Superfield
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Going : II (Silent Water, 2015)

going II machinery

Difficilement déchiffrable, la pochette du second disque de Going signifie peut-être II dans le langage de celui qui emmène le projet, Giovanni Di Domenico (ici au Fender Rhodes). Avec lui, une jeune femme aux claviers (Pak Yan Lau) et puis deux batteurs (João Lobo et Mathieu Calleja).

D’allure plutôt lente, l’improvisation joue de simples répétitions puis de séquences qui se fondent lorsqu’arrive le moment d’une diversion instrumentale (ici une fioriture à l’orgue, là une accélération d'une des batteries…). Un new age à la Tangerine Dream – sur le premier disque de Going, l’influence du krautrock était plus marquée – que vient chahuter l’écho du premier post-rock : c’est en somme la première face du disque.

Sur la seconde, plus enlevée, le groupe se fait plus bavard, tourne un temps en rond sur un prétexte modal, puis lâche un peu de lest pour revenir à un minimalisme répétitif plus convaincant : à force de nouvelles répétitions, Going perce la matière et s’y engouffre : c’est alors là qu’il faut l’entendre.

going ii

Going : II (Machinery)
Silent Water
Enregistrement : 2013. Edition : 2015.
LP : A/ Red Machinery – B/ Blue Machinery
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Kosmose : Kosmic Music from the Black Country (Sub Rosa, 2015)

kosmose kosmic music from the black country

Le label Sub Rosa déterre un groupe pas banal et belge en plus : Kosmose. Ces 2 CD (ou 2 LP, au choix) sont la seule référence de ce groupe qui opéra dans la région de Charleroi entre 1973 et 1978. Pour résumer, c’est une bande d’improvisateurs pileux nés d’un premier groupe du nom de SIC

Aux claviers, guitares, saxophones, flûtes, batteries, etc. il y a Francis Pourcel, Daniel Malempré, Alain Neffe, Paul Kutzner, Michel Demonceau, Guy-Marc Hinant (l’un des fondateurs de… Sub Rosa !), des concitoyens qui aimaient le rock mais aussi le punk, le kraut, le psyché et la kosmische. Quarante ans après, je fais leur connaissance sur de la musique qui plane beaucoup (genre Pink Floyd), où les solos sont peu fréquents mais où les musiciens peuvent déboîter quand même (mention spéciale à la batterie d’Hinant sut The Fourth Untitled Track & The Ninetieth Untitled Track)…

Quand la musique plane moins, c’est d’ailleurs plus intéressant. Au gré des ans, le groupe découvre le drone et la boîte à rythmes. Ça modifie son travail sans non plus lui permettre d’atteindre à la félicité (= rivaliser avec les parangons des genres cités ci-dessus). Mais à quoi bon puisqu’en 1978, Kosmose c’est déjà fini. Pour Neffe et Hinant, c’est une autre aventure qui commence, avec Pseudo Code et sa potlatch music.



Kosmose : Kosmic Music from the Black Country (Sub Rosa)
2 CD / 2 LP : 01/ The Second Untitled Track 02/ The Third Untitled Track 03/ The Fourth Untitled Track 04/ The Fifth Untitled Track 05/ The Ninetieth Untitled Track 06/ The Tenth Untitled Track 07/ The eleventh Untitled Track 08/ The Sixth Untitled Track 09/ The Seventh Untitled Track 10/ The Twelfth Untitled Track 11/ The Eighth Untitled Track
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Åke Parmerud : Growl (Empreintes DIGITALes)

ake parmerud growl

Vétéran de la scène électroacoustique, Åke Parmerud est d'autant plus précieux qu'il est rarissime. Septième disque du sexagénaire suédois, malgré des débuts qui remontent à 1980, Growl parcourt le temps des machines et l'impact constant qu'elles ont sur notre quotidien d'homme moderne.

Avec ses atours robotiques et ses pulsations régulières, le premier titre La Vie Mécanique renvoie carrément à la motorique de Kraftwerk (et nul doute que si Ralf und Florian avaient un jour décidé de s'intéresser au genre, on les aurait retrouvés sur l'officine québécoise Empteintes DIGITALes). La suite s'intéresse aux craquements du disque vinyl (Grooves, moins original) avant un étonnant et radical rapprochement entre la vie aviaire captée par Chris Watson et une électronique cosmique remodelée par Felix Kubin vs. Philippe Petit. Grandioses et comiques, ces Electric Birds. Qui disait que la musique électroacoustique manquait d'humour ? D'autant que le titre suivant, Growl!, dépote avec une envie fendarde tous les clichés vocaux de la scène métal. Jouissif, avant la conclusion un rien chiffonnée Transmissions II.



Åke Parmerud : Growl (Empreintes DIGITALes)
Edition : 2015.
CD : 01/ La Vie Mécanique  02/ Grooves  03/ Electric Birds  04/ Growl!  05/ Transmissions II
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Hans-Joachim Irmler, FM Einheit : Bestandteil (Klangbad, 2015)

irmler einheit bestandteil

Pas la première fois (ô non) que l’ingénieur du son Hans-Joachim Irmler (ex Faust et l’homme derrière le label Klangbad et le Faust Studio) enregistre (avec) FM Einheit (ex Einstürzende Neubauten et ami cher de Caspar Brötzmann). Alors quid de Bestandteil (« composant », dans la langue de Baader) ?

Eh bien une abstract-ambient assez sombre. Ou (car c’est au choix) des structures rythmiques (parfois inversées) dus à l’invention du batteur Mufti… L’aubaine, c’est pour Irmler : le remplissage de ces structures post-indus / cyberpunk / krautrobotik… avec des loops d’orgue, des projectiles soniques, des sons concrets, des inserts parasités, etc. Ou (encore à la carte) des collages réalisés à partir des archives du batteur, comme The Taking au groove assez impressionnant. Parfois, le duo orgue / percussions oldschoolise (les sons ne sont pas tous de premières fraîcheurs il faut bien avouer) mais plus on avance et plus il rajeunit (Thaler). Ce qui est plutôt encourageant pour la suite de la longue collaboration Irmler / Einheit, nein ?



Hans-Joachim, FM Einheit : Bestandteil (Klangbad)
Edition : 2015.
CD : 01/ Reset 02/ Brooks 03/ Streetlife 04/ M 05/ The Taking 06/ Bestandteil 07/ Treat 08/ Thaler 09/ Brooks (Reprise)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Justin Lépany : Agnes (In Redemption) (Creative Sources, 2015)

justin lépany agnes (in redemption)

Compositeur français installé à Berlin, Justin Lépany est aussi guitariste. Electrique, je précise. En tout cas sur son Agnes (In Redemption) = trois plages enregistrées tout récemment.

Si le CD sort sous l’excellente étiquette Creative Sources, on est loin d’une improvisation cérébrale et même peut-être bien pas dans l’improvisation du tout. C’est ainsi que sur la première plage, Lépany construit (Avec force delay ou chorus, à ce que j’en ai conclu) un solo de guitare qui doit autant au minimalisme US qu’au Krautrock ou à l’indus. C’est dire que, pendant 25 minutes, la pièce bouge pas mal. Accélérant le rythme des boucles de sa guitare, Lépany arrive même à nous faire croire que celle-ci nous parle (« avec des mots », je veux dire).

La suite est dans le genre d’Oren Ambarchi de Sagitarrian Domain (pour le deuxième morceau) et dans le genre dispensable (pour le troisième, qui colle divers petits jeux de guitare sans grand intérêt). Mais qu’importe la disparité d’Agnes (In Redemption), Lépany y a fait un plutôt bel effet !

Justin Lépany : Agnes (In Redemption) (Creative Sources)
Enregistrement : 2015. Edition : 2015.
CD : 01/ Agnes (in Redemption) 02/ Tügüdüdü (God of Smokes) 03/ And Raven Stole the Sun
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tribraque : Le passé du futur est toujours présent (Bloc Thyristors, 2014)

tribraque le passé du futur est toujours présent

Ce n’est donc pas en braque mais en barque que l’aventure Tribraque se poursuit. Une barcarolle ralentie par le médiator de Jean-François Pauvros, c'est comme ça que débute la suite du « sauvagement émancipatoire » de Tribraque.

Braque quand même, c’est accordé (je ne me lancerai pas dans une interprétation de la pochette du disque). La guitare à califourchon, les claque-baguettes de Jean-Nöel Cognard, l’electrosonic de Patrick Müller et l’électricité à tous les étages. Pour réécrire le présent au futur le trio ouvre des portes sur le passé pour en découdre avec la Great Kosmische Musik, le prog ou free rock et même le metal-babouin avalé par l’americana-vibrato (Hurt de Nine Inch Nails chanté par Pauvros).

C'est peut-être parce que les gars rament à l’envers que notre point de vue change tout le temps. Et on n’est pas fâché de remonter avec eux jusqu’au (super) latin de Clorurel : Lincit (oui, le latin est une langue vivante) sur le vinyle et jusqu’à Hydrorgyrum sur le CD livré avec le vinyle. Magie de la technique, la galette de polycarbonate nous amène jusqu’en Inde (après absorption de Brucina). Bref, si Le passé du futur est toujours présent, avouons que le présent de l’avenir a de beaux (et parfois hallucinants) restes.

Tribraque : Le passé du futur est toujours présent (Bloc Thyristors / Souffle Continu)
Enregistré : 1er août 2012. Edition : 2014.
LP + CD : 01/ Acidum Oxalicum 02/ Tina Tinnabaris 03/ Hurt 04/ Clorurel : Lincit [05/ Brucina 06/ Suffas Quinicus 07/ Hydrorgyrum]
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Günter Schickert, Pharoah Chromium : OXTLR (Grautag, 2014)

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Alors que les dernières années ont vu les rééditions du Günter Schickert seventies, soit l’un des musiciens les plus captivants que la scène kraut ait engendrés (et ils sont nombreux, avis à tous les fans de Can qui n’ont jamais écouté son Samtvogel de 1975), la décennie 2010 voit le musicien teuton revenir avec des compositions récentes aux côtés du Palestinien de Berlin Ghazi Barakat alias Pharoah Chromium, dont on se rappelle l'Electric Cremation de 2011.

Aujourd’hui, dans une veine dark ambient peut-être moins épicée mais avec un sens de la profondeur obscure qui a une sacrée gueule post-mortem, les deux comparses semblent avoir trouvé sur OXTLR un terrain d’entente à la mesure de leurs envies. Tels des remixeurs de l’hiver repeint aux couleurs de Svarte Greiner sur fond de Earth, Schickert et Chromium n’oublient pas les racines de l’aîné de la bande, qu’ils intègrent à une alerte incendie qu’on jugerait sortie du pouce des Einstrürzende Neubauten d’avant la gentrification. Un sacré compliment.

Günter Schickert, Pharoah Chromium : OXTLR (Grautag)
Edition : 2014
3 LP : A/ Bamiyan B/ Campfire C/ A6 D/ Katharsis E/ Galaktik Debris F/ Muzik D'Ascenceur Pour L'Échafaud
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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