Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Black Bombaim & Peter Brötzmann (Shhpuma, 2016)

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Que ce disque sorte sous étiquette Shhpuma et non Clean Feed atteste sa nature hybride – c’est là, sorti de Last Exit et plus récemment d’enregistrements avec Keiji Haino et Jim O’Rourke (Two City Blues) une nouvelle embardée de Peter Brötzmann en milieu « rock ».

Black Bombaim est un trio guitare / basse / batterie portugais qui court après l’épaisseur : ici sur un air de rock progressif, là de post-rock remonté, ailleurs encore de metal valable. Arrimé au Brötzmann, on pourrait craindre qu’il tourne en rond – c’est quand même quelques fois le cas, mais on dira alors l’ennui « psychédélique » – ou ne soit là que pour offrir au saxophoniste une nouvelle heure de liberté obligée, une autre promenade dans la cour, toujours la même, même si la couleur de ses murs change parfois.

Or Black Bombaim sait éviter la plupart des pièges qu’on lui tend et, en conséquence, contredit les attentes. Mieux, il parvient à tenir la dragée haute à son aîné : la guitare de Ricardo Miranda, agacée peut-être par ses sombres vocalises (ses râles, aussi), jouant de rivalité autant que d’invention sur la troisième partie de l’enregistrement. C’est donc là une rencontre comme une visite, entre musiciens de générations différentes, qui vaut d’avoir été organisée.

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Black Bombaim, Peter Brötzmann : Black Bombaim & Peter Brötzmann
Shhpuma / Orkhêstra International
Edition : 2016.
CD / LP : 01-04/ Part I – Part IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gunwale : Polynya (Aerophonic, 2016)

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De sa collaboration avec Vandermark, Dave Rempis a gardé cette envie de brouiller les pistes, voire les cartes, en multipliant les projets. En ce Gunwale lancé en décembre dernier – dont Polynya est donc le premier disque –, on le trouve ainsi pour la première fois auprès de deux jeunes musiciens de Chicago : Albert Wildeman (contrebasse) et Ryan Packard (percussions, électronique).

Enregistrés en concerts (Elastic Arts le 7 janvier 2016 et Hungry Brain le 31), les trois improvisations ici consignées démontrent des intérêts divers mais accordés : l’épaisseur – alerte toujours – des saxophones (alto, ténor et baryton) y envisage une horizontalité suggérée par une ligne électronique à peine ciselée par les percussions quand celles-ci n’ont pas directement raison d’elle : c’est alors un trio plus affirmé qui, comme sur Liner, s’amuse de motifs qu’il fait tourner, décoche des coups (grincements, sifflements, déchirures…) capables d’accrocher un riff pseudo-rock… C’est de cette manière que Rempis fait, autrement qu’en Wheelhouse, dériver l’exercice du trio saxophones / contrebasse / percussions.



polynya

Gunwale : Polynya
Aerophonic
Enregistrement : 7 & 31 janvier 2016. Edition : 2016.
CD : 01/ Wire 02/ Bevel 03/ Liner
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Drifting Box Celebration : Nœud-Col (BeCoq, 2015)

drifting box celebration noeud-col

Cuivres en poursuite (Frank Pilandon, Clément Gibert, David Audinet), violoncelle resquilleur (Alexandre Peronny), contrebasse et batterie en groove cisaillant (Stéphane Arbon, Sylvain Marty) : Drifting Box Celebration nous accueille avec Step Turn. Ça caquette déjà pas mal. Ça caquettera encore.

DBC, ça va très vite. Ça change de tableau sans prévenir. Ce sont des tempos sans déviation possible. Ça joue le faux déraillement. C’est très rock finalement. Ça fuit le solo comme la peste car ça pense collectif. Toujours collectif. Ça vous jette à la figure riffs, récifs, breaks et autre balles traçantes. Ça ne s’épuise jamais. Ça virevolte et ça se superpose. Ça s’encastre comme par magie. C’est de l’audace et ça n’épargnera que ceux qui l’ignoreront. Dommage pour eux.



noeud col

Drifting Box Celebration : Nœud-Col
BeCoq Records

Enregistrement : 2015. Edition : 2015.
CD : 01 /Step Turn 02/ Noeud-col 03/ Toupie 04/ Power Move 05/ Chute 06/ Rouge
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Hal Russell NRG Ensemble + Charles Tyler : Generation (Nessa, 2014)

hal russell nrg ensemble charles tyler generation

Les compositions des membres du NRG Ensemble d’Hal Russell – six titres enregistrés en 1982, augmentés de deux autres, datant de l’année précédente, sur cette réédition – ont, sur Generation, une fantaisie en commun. Une extravagance, même, que rehausse la présence de Charles Tyler.

Sans celui-ci, c’est en introduction une marche contrariée faite d’un gimmick de basse, puis de courts solos de guitare saturant et combien de saxophones (Russell, Chuck Burdelik) multipliés : une fanfare qui piétine avec panache au son d’un mélange de jazz créatif (proche de celui du World Saxophone Quartet), de funk goguenard, de folitude kitsch et, même, de no wave.

Avec Tyler, au baryton, à l’alto et à la clarinette, ce sont quatre pièces qui ramènent l’NRG dans le champ (miné) d’un jazz déroutant : marche portée par la basse de Curt Bley, grands airs de déroute voire de déconstructions, répétitions obsédantes qui font effet jusque sur les musiciens, élucubrations acoustiques (dans la trompette de Brian Sandstrom) ou électriques (dans la guitare du même). S’il faut lier le tout, Russell n’en abandonne pas moins, ici ou là, ses saxophones et sa batterie pour un cornet… C'est que, même remuante, sa facétie l’inspire.  



Hal Russell NRG Ensemble, Charles Tyler : Generation (Nessa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 9 septembre 1982 (01-06) & 10 janvier 1981 (07-08). Réédition : 2014.
CD : 01/ Sinus Up 02/ Poodie Cut 03/ Sponge 04/ Tatwas 05/ Cascade 06/ Generation 07/ This Fence
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Hearing Things : Stalefish (Hawks, 2015)

hearing things stalefish

Deux faces de quarante-cinq tours suffiraient-elles à exprimer les influences de Matt Bauder – ces musiques qui, en tout cas, semblent l’inspirer ?

En première face, une rengaine « éthiopique » : ce n’est pas la première fois que le souffleur débute un disque dans cet esprit (aller entendre ceux de Day In Pictures), style désuet mais en vogue qu’un saxophone soigne avec orgue (JP Schlegelmilch) et batterie (Vinnie Sperrazza) – ce nouveau projet est donc un trio : Hearing Things. En seconde face, c’est soutenu par une guitare baryton (qu’il a lui-même enregistrée) que Bauder s’adonne à un rock au swing induit : les feulements du saxophone donnant un peu de couleur à ce qui n’aurait pu être qu’un simple exercice de style.

Deux temps, donc : de charmantes récréations tournées vers le passé, en attendant que Matt Bauder mette au jour un fond aussi singulier que peut l’être la forme de son art instrumental – pour obtenir et l’un et l’autre, on retournera à Paper Gardens et Memorize the Sky

Hearing Things : Stalefish (Hawks Records)
Edition : 2015.
45 tours : A/ Stalefish B/ Transit of Venus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Schnellertollermeier : X (Cuneiform, 2015)

schnellertollermeier x

La jeunesse suisse n’est plus ce qu’elle était. Cradolubriques, voici trois de ses représentants (Andi Schnellmann, David Meier et Manuel Troller derrière le beau nom-valise de Schnellertollermeier) qui s’emparent de la formule guitare / basse / batterie pour tranquillement suppurer sous cloche.

Quelle est la signification de cette expression, me direz-vous ? Rien de précis, comme la musique du trio, qui débute hardcore (la première plage, X, reproduite ci-dessous, est de loin la plus intéressante de toutes) pour donner dans le post-rock avec des bouts de metal dedans. Certes, il y a là une efficacité, et on est heureux de tomber sur des passages de « recherche » plus expérimentale entre les gimmicks, les glissandi à la truelle et les larsens. Mais l‘esprit garage sied-il à nos Suisse ? Pas sûr, avec un peu de recul on s’aperçoit que tout est bien propre sous la couche de graisse active…



Schnellertollermeier : X (Cuneiform / Orkhêstra International)
Edition : 2015.
CD : 01/ X 02/ Backyard Lipstick 03/ Riot 04/ Sing for Me 05/ Massacre du printemps 06/ /// ///
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Peter van Huffel’s Gorilla Mask : Bite My Blues (Clean Feed, 2014)

van huffel gorilla mask bite my blues

Et Zu, un peu de trash ! Mais à la différence des bruyants italiens, la sportivité n’est pas le seul domaine de nos trois gorilles masqués (Peter van Huffel, Roland Fidezius, Rudi Fischerlehner). Ainsi, entendra-t-on un altiste aylériser son souffle ou un bassiste électrique jazzer en solo. Oui, la terre brûlée n’est pas leur unique domaine : il faut compter sur cet altiste obstiné, têtu, tenace et ne faisant jaillir le cri que dans l’absolue nécessité. Il faut compter sur ce bassiste dévissant le bruit pour lui offrir quelques soutes salvatrices. Il faut compter sur ce batteur pour délivrer les métriques du genre.

Mais il faut aussi que le trash se sache. Ainsi, l’obligation d’enserrer le cercle, de convoquer pelleteuse et bétonneuse, d’activer lyrisme vicié et crachats soniques seront respectés à la lettre. Rien d’anormal donc. Vous reprendrez bien un peu de trash ?

Peter van Huffel’s Gorilla Mask : Bite My Blues (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Chained 02/ What?! 03/ Skunk 04/ Bite My Blues 05/ Broken Flower 06/ Fast & Flurious 07/ Z
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Hal Russell NRG Ensemble (Nessa, 2012)

hal russell nrg ensemble

Des nombreuses vertus contenues dans les compositions d’Hal Russell (1926-1992), on a envie de retenir, avant tout, la diversité des formes. Soit ne jamais s’asseoir sur une certitude mais en faire bouger les axes. Et donner ainsi à chaque musicien un espace de liberté et de développement rarement rencontré ailleurs. Puis renforcer la confiance que l’on porte en eux en leur donnant la possibilité d’additionner leurs potentiels : Brian Sandstrom est contrebassiste, trompettiste puis percussionniste ; Steve Hunt est batteur ou vibraphoniste. Sans oublier le leader, tour à tour batteur, vibraphoniste, saxophoniste et cornettiste.

De ce jazz insaisissable et abrupt, on retiendra le ténor fougueux de Chuck Burdelik (qu’est-il devenu ?), les nervosités – pas toujours inspirées – du contrebassiste Curt Bley, la batterie débordante de Russell, un humour qui ne sombre jamais dans la caricature et cet enthousiasme impétueux qu’il semble urgent de reconsidérer aujourd’hui.

Hal Russell : Hal Russell NRG Ensemble (Nessa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1981. Réédition : 2012.
CD : 01/ Uncontrollable Rages 02/ Kit Kat 03/ Linda Jazz Princess 04/ Seven Spheres 05/ Last Or? 06/ C.Melody Maria
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Empan : Entraxes inégaux / Tankj : Craquer les liants (Trace, 2012)

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Deux rééditions d’un coup, avec des « bonux traques » ! A chaque fois, c’est Jean-Noël Cognard en 2009 avec un trompettiste (entre autres) : Jac Berrocal dans Empan (dont je ne dirais malheureusement pas plus de bien ici que jadis) et avec Serge Adam dans Tankj (qui me permet de ne pas toujours dire de mal)…

Nouvelle chronique pour d'Entraxes inégaux ? Allez !… Une trompette milesienne qui roule sur des jeux de mots, un free rock prêt-à-porter, un synthé cracheur de sons cabots-ringards, bref le retour des années 80 organisé dans ta maison alors que tu n’avais rien demandé. De toute façon, si vous (tu) faîtes l’acquisition de la réédition Tankj, vous pourrez gratuitement jeter une oreille sur la chose. Une musique de cauchemar qui fait mal…

Dans Craquer les liants de Tankj, il y a un quartette qui fournit un bien (plus) bel effort de musique électroacoustique, libre, délurée, concrète... Les percussions peuvent lui donner des tons (que l’on dira) marocains, la contrebasse de Titus Oppmann sortir des aigus que les effets-borborygmes de Jérôme Noetinger accueilleront avec félicité, la batterie mener la danse d’une troupe de zombies… Une belle musique de cauchemar qui fait du bien !  

Empan : Entraxes inégaux / Tankj : Craquer les liants (Trace)
Enregistrements : 2009. Réédition : 2012.
2 CD : CD1 : Empan : Entraxes inégaux – CD2 : Tankj : Craquer les liants
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Wozzeck : Act III: Comics (Intonema, 2012)

wozzeck comics

Evadés du jazzcore, le saxophoniste Ilia Belorukov et le bassiste électrique Mikhail Ershov invitent quelques-uns de leurs amis musiciens (Dmitriy Vediaskhin, Dmitriy Krotevich, Mikhail Tsypin, Maria Grigpryeva) à venir partager leur tendu capharnaüm.

Avec pour référant le Zorn des Cobra et autre Archery, voici donc que s’incrustent quelques échos familiers : grouillements et gargouillis, chocs et chaos, irruptions et mitraille sonique. Rien de neuf sous le soleil, on en conviendra. Le remix à la charge d’Arturas Bumsteinov et Piotr Kurek bénéficie, lui, d’une horizontalité perturbée par la clarinette lancinante du second. Le résultat, ici, est plus convaincant.

Un disque de courte durée : 33 minutes. En aurions-nous supporté plus ?

Wozzeck : Act III : Comics (Intonema)
Enregistrement : 2008, 2010 & 2011 / Edition : 2012
CD : 01/ Act III: Comics  02/ Act III: Remix
Luc Bouquet © Le son du grisli

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