Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Newsletter

suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Interview de Quentin RolletAlan Silva à ParisA paraître : le son du grisli #5
Archives des interviews du son du grisli

Sudden Infant : Wölfli’s Nightmare (Voodoo Rhythm, 2014)

sudden infant wölfli's nightmare

Que la brut(al)e existence d'Adolf Wölfli ait inspiré Joke Lanz n’a rien de surprenant. Il y a en effet de quoi faire en piochant dans l’enfance de l’artiste (abandonné par son père), ses visions et son long enfermement. Pour mieux se balader dans le « cauchemar », JK a invité deux de ses compatriotes : le bassiste Christian Weber et le batteur Alexandre Babel.

En cette compagnie, on retrouve du plaisir à se plonger dans les textes des « chansons ». Car c’est une histoire terrible que nous raconte avec autorité Sudden Infant… Celle d’un enfant qui rêve d’être conducteur de grue pour toucher le ciel et qui… (mais dois-je dévoiler la fin ?). Voilà en tout cas un disque-livre qui vous met le frisson (je veux dire : vous l’injecte direct !). Comme toujours dans la veine indus / noise, Joke Lanz excelle, et ici il signe une performance où les claques pleuvent, les coups se répètent et leurs répétitions vous saignent à blanc. Bien sûr, ce sang est noir, puisque c’est le sang du cauchemar.



Sudden Infant : Wölfli’s Nightmare (Voodoo Rhythm)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Wölfli’s Nightmare 02/ Hold Me – Prawn Version 03/ Crane Boy II – Electric Version 04/ Father 05/ Kiss 06/ Endless Night 07/ Sleep Little Death 08/ Girl 09/ Human Fly 10/ Crane Boy I – Acoustic Version 11/ Tandoori Chicken Scooter IV 12/ Stairs
Pierre Cécile © Le son du grisli

imageEvent_1409672767Le 20 octobre prochain, Sudden Infant donnera un concert à Paris, Espace B. Avant lui, auront joué Zad Coquart et Hasar de Doria.

 



Cassettes expéditives : Hheva, Andreas Brandal, Talweg, Vomir, Sloth, Josselin Arhiman

cassettes expéditives le son du grisli septembre 2014

hheva

Hheva : Drenched in the Mist of Sleep (Diazepam, 2014)
Voilà pour moi tout d’abord du travail bien rustre : dégager la cassette de sa gangue de cuir (de cuir, vraiment ?) ficelée façon paquet grand-mère. Cela fait, offrons une oreille attentive au projet maltais de musique « post-industrielle », Hheva : grosse basse, des percussions à la Z’EV et des vocals dans le fond. Le post-indus, ce serait donc de l’indus ambientique… Pourquoi pas.

andreas brandal then the strangestAndreas Brandal : Then the Strangest Things Happened (Stunned, 2011)
Or voilàtipa qu’Andreas Brandal sème le doute : son synthé analogique, sensible aux vibrations, diffuse une autre ambient sur laquelle le monsieur tapera fort. Chocs ferreux, sifflets, surprises de toutes espèces, Brandal ne ménage ni son auditeur ni ses instruments, dans un délire sonore que l’on qualifiera de vangoghien.

andreas brandal turning pointAndreas Brandal : Turning Point (Tranquility Tapes, 2012)
Et quand ce n’est pas Van Gogh qui nous inspire le Brandal, c’est William Friedkin. Peut-on parler d’ambient pour la sorte de B.O.de film de frousse qu'est Turning Point ? Une loop et un clavier minimaliste suffisent à m’hypnotiser et les bribes de mélodies pop nous cachent ce qui nous attend : la frousse, donc, d’une ambient toute kampushienne (autrement dit : élevée en cave).

talwegTalweg : - (Anarcho Freaks, 2014)
Pourtant, des caves, j’en ai fréquentées, parfois contraint et forcé moi aussi. Et en frousse, je m’y connais – dois-je balancer les noms de Substance Mort & Hate Supreme ? Alors, je retrouve mon minotaure : vite fait (la bande n’est pas longue) mais bien fait. En face A, la batterie assène et les voix donnent fort, accordées sur un même diapason hirsute. En face B, deux autres morceaux se répondent (le second se nourrirait peut être même du premier, dont il renverserait les pistes ?) dans un genre folk gothique : poignant !

sloth vomirVomir / Sloth : Split (Sloth, 2014)
Vomir et Sloth (de l'Ohio) ont-ils choisi le format cassette pour s’essayer au grabuge sur platine ? Mais des platines utilisent-ils seulement ? Si « que de questions ! », c’est que leur split les pose. Car Sloth donne dans un harsh noise qu’on imagine le fruit de la rencontre d’un saphir sautillant et d’un vinyle 156 tours gondolé, et que si Vomir c'est à force de tourner sur un 16,5 tours rayé. Le pire, c’est que ça marche : la cassette n’arrête pas d'autoreverser. 

josselin arhiman

Josselin Arhiman : Grains de table (Hum, 2013)
Dans le vomi(r), j’ai trouvé des grains de table ! Josselin Arhiman (normalement pianiste) ne donne pas que dans le piano (& pas que dans le jeu de mots non plus)... Mais en plus dans des jeux de construction électronique qui vibrionnent, dronent, scient, assaillent, à vous de choisir. Toujours ludiques, pas toujours hostiles, ces Grains de table valent qu’on y jette nos portugaises (qu’elles soient, après l’écoute de cette salve de cassettes, entablées ou non).


Andreas Brandal : The Merchant of Salt (Dumpster Diving Lab, 2011) / Drive Home With A Hammer (Quasipop, 2005)

andreas brandal merchant of salt

Si les deux personnages de couverture ne respirent pas la joie, ils sont raccords avec l’univers d’Andreas Brandal. « Instable » car aussi dark ambient que pop indus, électro à la Fennesz ou dronysiaque (et j’en passe).

Le comble, c’est que The Merchant of Salt est un CD d’une cohérence incroyable qui ne justifie pas la dizaine d’années qu’il a fallu pour le voir sortir. Ces messages que Brandal envoie à destination des extraterrestres les singent ou les fantasment, et pour peu qu’ils retombent dans l’oreille d’un humain de passage voilà l’humain ravi ! On pourra maintenant citer encore Eno, Jan Jelinek (dans les rebonds de synthés old school) ou je-ne-sais-quel « maître » de B.O. de série Z : l’effet est immédiat !

Andreas Brandal : The Merchant Of Salt (Dumpster Diving Lab)
Enregistrement : 2001. Edition : 2011.
CDR : 01/ Existence Is Elsewhere 02/ Anemic Cinema 03/ School Of the Thread 04/ Staircase 05/ Kinetic 06/ Chance Operations 07/ End Game 08/ The Merchant Of Salt
Pierre Cécile © Le son du grisli

andreas brandal drive home with a hammer

Parfois avec l’aide de Bjarte Brandal (guitare électrique) et Svein Age Lillehamre (batterie), Andreas Brandal avait déjà enregistré Drive Home with a Hammer (mais dans quel but ? je vous le demande). Sur ce CD, comme le dit le nom du label, c’est une pop quasi parce qu’elle fait référence à l’indus, le noise ou encore le doom. Et encore une fois : l'effet est immédiat !!

Andreas Brandal : Drive Home With A Hammer (Quasipop)
Edition : 2005.
CD : 01/ Level 02/ The Factory Myth 03/ Herzog  04/ There Is No In-Between  05/ File Under Lost 06/ Vintage Velvet Body 07/ Drive Home With A Hammer 08/ A Double Negative 09/ Light Ghost Outfit 10/ Resistant 11/ Scarlet Street
Pierre Cécile © Le son du grisli


The Noiser : The Black Symphony (Monochrome Vision, 2013) / KK Null, The Noiser (Monotype, 2013)

julien ottavi the noiser black symphony

Le nom de scène de Julien Ottavi est The Noiser et c'est certain qu'il n'est pas immérité – il est autant musicien (de noise? de harsh-noise même..) qu'activiste – il porte depuis plus de dix ans la structure APO33, à Nantes, qui est aussi inhabituelle qu'exemplaire en France, soutenant non seulement les musiques « autres » (ou expérimentales) mais également toutes activités artistiques avec une idée forte de leur politisation – que ce soit par des politiques de « copyleft », de leur distribution, que plus simplement par une réflexion sur leur positionnement dans notre monde.

Et parfois le travail d'Ottavi le musicien a pu être occulté par ces activités. Mais cette nouvelle production devrait remettre les proverbiales pendules à l'heure : le nom de « symphonie » n'est pas usurpé pour cette pièce (électronique) basée essentiellement (ou exclusivement) sur l'utilisation de bruits, tels que définis physiquement – bruit blanc, rose, noir, bleu ou fractal, resynthèse granulaire et waveshaping – mais dont la structure est de toute finesse, comprenant (élément inhabituel dans les productions « noise ») des silences ou des ruptures de dynamiques soudaines et surprenantes. Loin du bruit en quelques sorte bien qu'en plein dedans, un des disques les plus réussis de son auteur.

Julien Ottavi (The Noiser) : The Black Symphony (Monochrome Vision / Metamkine)
Edition : 2013.
CD : 01/ Prelude 02/ Silcenzio 1 03/ Adagio Mouvement Primo 04/ Canon Mouvement Primo 05/ Silcenzio 2 06/ Mouvement Secundo Presto 07/ Mouvement Secondo Variation 08/ Fugue Mouvement Tercio 09/ Silcenzio 3 10/ Canon Mouvement Tercio 11/ Suite Allegro 12/ Suite Variation Menuet 13/ Finale Lento
Kasper T. Toeplitz © Le son du grisli

kk null the noiser

Un des maîtres incontestés du noise et collectionneur de collaborations (avec Merzbow, Z’EV, Anla Courtis…), KK Null rencontre ici un Noiser français en la personne de Julien Ottavi. Dans ce CD remuant avec des bouts de live dedans, on trouve de la prototechno poussée ou de l’indus technoïde, des lasers et des saturations, des synthés qui mitraillent et des délires de claviers old school. Et tout ça provoque les mêmes choses que les montagnes russes : un super frémissement ou alors la nausée.

écoute le son du grisliKK Null, The Noiser
Untitled

K.K. Null, The Noiser (Monotype)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01-08/ Untitled
Pierre Cécile © Le son du grisli


Pacific 231, Lieutenant Caramel : Aunt Sally (Alone At Last, 2013)

pacific 231 lieutenant caramel aunt sally

Field recordings, guitare, electronics, art acousmatique… Du début à la fin (six morceaux dont deux captés en concert), la (nouvelle) rencontre des deux figures indus que sont Pacific 231 et Lieutenant Caramel tire dans tous les sens, s’en tenant quand même à une citation de Pierre Schaeffer, qui dit : « Le bruit est le seul son parfaitement adéquate à l’image, car l’image ne peut montrer que des choses et le bruit est le langage des choses. »

Et puisque les choses que nous montrent Pierre Jolivet (Pacific 231) et Philippe Blanchard (Lieutenant Caramel) sont bruyantes et folles, leur langage doit bien s’adapter... Tour à tour concret, usurpé, polyglotte, abstrait, il semble chercher une chose et une seule : ne surtout pas chercher à entrer en contact avec l’autre (en l’occurrence... avec moi). A force, et sans la poésie de leurs camarades Hjuler & Bär, les deux hommes nous servent à la place de leur « Tante Sally » une « attente salie » (pardon tata) qui se montre passablement ennuyeuse…

Pacific 231, Lieutenant Caramel : Aunt Sally (Alone at Last)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Yellow House in Beirut 02/ Birolo 03/ Bagliore 04/ Perhentian Kecil 05/ Angela Palnep Chu 06/ L’autre massacre
Pierre Cécile © Le son du grisli



Giel Bils : Somme (Under, 2013)

giel bils somme

Année de célébration oblige, on ne pourra pas passer à côté de cette Somme aux Untitled 01-22. L’homme armé de la jaquette n’est pas celui de Guillaume Dufay mais celui du Belge Giel Bils, qui inaugurait il y a peu sa discographie (ou sa cassettographie, pour être exact).

Enregistrés entre mars et juillet 2013, ces vingt-deux (je suppose) morceaux sans nom sont aptes à faire fuir l’ennemi, et comment ! La frousse le prendra au bruit que Bils (entre Kommissar Hjuler, Eric Lunde et son compatriote Patrick Thinsy) fait lorsqu’il astique le métal, aiguise ses armes blanches à la roue de pierre, actionne des moteurs qui déclenchent des pétarades… Le plus beau, c’est lorsqu’en creusant et retournant la terre Bils fait chanter les fantômes des corps qu’elle enfouissait. Ça arrive deux fois, une fois sur chacune des faces, et ça vous met la chair de… pull.

écoute le son du grisliGiel Bils
Somme (extrait)

Giel Bils : Somme : Untitled 01-22 (Under)
Enregistrement : 2013. Edition : 2013.
K7 : A-B/ Somme : Untitled 01-22
Pierre Cécile © Le son du grisli


Mika Vainio : Kilo (Blast First Petite, 2013)

mika vainio kilo

On a connu Mika Vainio* plus sur la réserve, mais est-ce là une raison pour bouder notre plaisir au moment de prendre ce (nouveau) Kilo ? D’autant qu’on sait bien qu’à la comparaison, un kilo de plumes et un Kilo d’électro-techno-dark-ambient, c’est la même chose…

Et pourtant, si je puis me permettre, Kilo, c’est du lourd ! Pour sûr, le disque envoie des rythmes binaires & des basses bonnes & du son lourd comme fer. Mais il contient aussi des expérimentations qui rendent originale cette compilation de tracks bien sentis. Comme Docks, par exemple, d’un asphyxiant qui aurait bouleversé David Carradine. Ou comme Sub-Atlantic, dont l’indus rêve de faire sauter toutes les bases sous-marines du monde…

Comme quoi, il fait bon attendre, car c’est dans ces pièces déçues par les beats que l’on trouve tout le miel de Kilo. Au point que Vainio en change son programme et qu’au contact de ces expérimentations, il transforme son projet en boîte à petits chefs-d’œuvre d’épouvante (Rust, Freight, Weight). On lui pardonne alors son esbroufe du début, on la mettra même sur le compte de son humour noir.    

* La pochette de mon disque annonce « Mika Vanio » (une erreur d’impression sans doute) quand d'autres m'ont rapporté posséder un Kilo de Sylvain Vainio. 

Mika Vainio : Kilo (Blast First Petite / Differ-ant)
Edition : 2013.
CD / 2 LP : 01/ Cargo 02/ Cranes 03/ Load 04/ Docks 05/ Sub-Atlantic 06/ Rust 07/ Wreck 08/ Scale 09/ Freight 10/ Weight
Pierre Cécile © Le son du grisli


Eric La Casa, Cédric Peyronnet : Zones portuaires (Herbal International, 2013) / La Creuse (Herbal International, 2008)

eric la casa cédric peyronnet zones portuaires

C'est sous la forme d'un « double split » – chacun des artistes se réservant un des deux disques associés dans cet album en diptyque – qu’Eric La Casa et Cédric Peyronnet rendent compte d'un projet collaboratif mené au Havre (en mars 2010) et à Liège (en septembre la même année), entre ports et usines de recyclage.

Bien loin des déambulations curieuses ou des promenades documentaires, leurs pièces respectives confinent, par un subtil travail de composition (condensation, agencement, progression), à de musicales et littérales évocations – tout comme leur cartographie sensible de La Creuse, publiée en 2008 par le même label. Si La Casa entre-tisse ses enregistrements, jouant d'une belle combinatoire des présences pour créer une prenante scénographie du sonore, Peyronnet extrait du matériau de quoi « écrire », comme dans le dernier volet de sa contribution, une suite où viennent éclore, dans la succession qui les dévoile puis les ravale, de poétiques instantanés ; assemblés, ils transportent.

écoute le son du grisliCédric Peyronnet
kdi dctb 258 [b]


Eric La Casa, Cédric Peyronnet : Zones portuaires (Herbal International / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.
2 CD : CD1 : Eric La Casa : 01/ Le Havre radio 02/ Le Havre 2 03/ Liège témoins 04/ Liège 2 – CD2 : Cédric Peyronnet 01/ kdi dctb 255 [d] (Le Havre 2 rmx) 02/ kdi dctb 255 [f] 03/ kdi dctb 258 [b]
Guillaume Tarche © Le son du grisli

éric la casa cédric peyronnet la creuse

En juillet 2006, Eric LaCasa et Cédric Peyronnet ont sillonné la Creuse, l’enregistrant pour la revivre et la réinventer ensuite – de septembre 2006 à juin 2007. En rivières ou forêt, sur un pont, sous une ligne électrique à haute tension, à proximité d’une route départementale ou à flanc de colline…, chacun « collecte des données » qui serviront à cette composition commune : carte miraculeuse où les sons ont remplacé les reliefs, et qui « révèle » une géographie nouvelle, une réalité inédite.

écoute le son du grisliEric La Casa, Cédric Peyronnet
La Creuse (extrait)

Eric La Casa, Cédric Peyronnet : La Creuse (Herbal International / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Composition : 2006-2007. Edition : 2008.
CD : 01/ La roche des fées 02/ Le rocher Jupille 03/ Le Peu 04/ Le bois de Parnac 05/ Le Confolent 06/ La cascade de la Mouline 07/ Le moulin Tenèze 08/ Anzème 09/ Sardeix
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Miguel A. García, Nick Hoffman : Vile Cretin (Intonema, 2013) / Nick Hoffman : Bruiser (Pilgrim Talk, 2013)

miguel a garcia nick hoffman vile cretin

Sans queue ni tête (comme le monstre sur la pochette), foutraque, fantastique, surréaliste (voire buňuelien tant les sons qui le traversent sont insolents et drôles)… le cinéma pour l’oreille du Basque Miguel A. García (xedh) et de l’Américain Nick Hoffman (patron du petit mais néanmoins foisonnant label Pilgrim Talk) m’a transformé en vil crétin (qu’il faut ici prononcer à la mode basque) balloté d’une partie à l’autre de son cerveau, essayant de raccrocher des plans-séquences entre eux comme d’autres le font avec des queues de cerises parce que chacun ses goûts ses défauts et donc ses activités.

Dans un tunnel, un nain fameux danse sur de l’indus. En salle d’opération, des infrabasses vous raniment (oui, vous qui me lisez, en étiez aussi). Assis sur du verre pillé, l’Indien que je croise tous les jours dans l’ascenseur me sourit. J’ai même croisé Albert Camus aux lavabos et cru reconnaître nos deux hommes en train de tourner un nouvel épisode de Twin Peaks (pour les besoins de l’autopsie, ils ont déterré Laura Palmer, ont commencé à entreprendre à l’intérieur de la défunte avant d’être éloigné par l’apparition d’une mouche assez bruyante).  

Voilà en tout cas ce que j’ai vu (je ne dis pas tout, il y a quelques scènes inavouables) dans ce Vile Cretin… & si ce crétin-là c’était moi, croyez bien que je ne m’en porte pas plus mal.

écoute le son du grisliMiguel A. García, Nick Hoffman
Vile Cretin (preview)

Miguel A. García, Nick Hoffman : Vile Cretin (Intonema)
Edition : 2013.
CD : 01/ Sepulcros Futuras 02/ Amo de los Gusanos 03/ Rata Ahogada 04/ La peste
Pierre Cécile © Le son du grisli



nick hoffman bruiser

Ses collaborations avec Aaron Zarzutzki et une apparition en petit maître bruitiste aux côtés d’Utan Kawasaki et Takahiro Kawaguchi (Noise Without Tears, enregistré en 2010 à Tokyo) avaient attesté l’art sonore fantasque de Nick Hoffman. Seul derrière un ordinateur, certes il cogne encore, mais en « bruiser » inconstant, inquiet de fréquences et d’ondes (non létales). Ainsi, une électronique tourmentée, obnubilée par les aigus, plus tard augmentée de collages néo-dadaïstes, révèle la nature de ce qui anime Hoffman : tout et rien, réunis dans un élan bravache.

Nick Hoffman : Bruiser (Pilgrim Talk)
Enregistrement : 2008. Edition : 2013.
CD-R : 01/ Tarred & Feathered (sine) 02/ I'll Be The Wolf (square) 03/ Green Dust (fm) 04/ Bruiser (mix)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Ravi Shardja : Grün ist grau (Grautag, 2013)

ravi shardja grun ist grau

Vous n’aviez jamais osé transposer la musique concrète de Pierre Schaeffer en Inde ? Pas d’angoisse, Ravi Shardja l’a imaginé – et réalisé – pour vous. Oeuvre totalement à part dans la discographie mondiale (oui, oui), son Grün ist grau multiplie les fractures et les horizons, entre échos de la rue à Bombay, sonorités échappées de Throbbing Gristle ou Merzbow, sans bien sûr omettre des souvenirs de sitar passés à la moulinette Prurient.

Pas sûr qu’au premier coup, on saisisse toutes les nuances du bidule, tant les idées foldingues pulluent et s’entrechoquent... On est en revanche certain d’enchaîner les découvertes planquées dans le mix au fil des écoutes.

En écoute >>> Grün ist grau (quatre extraits)

Ravi Shardja : Grün ist grau (Grautag Records / Souffle Continu)
Edition : 2013.
2 LP : A1/ Bombay Boobies Battle B1/ Curry Nelli Occhi Un'Acromatopsia Momentanea C1/ Attaque Sournoise Du Kopassus À Wamena D1/ Gartenfest Fessenheim Abgesagt
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli



Commentaires sur