Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Et\Ou : En chute libre (ORAL, 2014)

et ou en chute libre

Comme Martin Tétreault enregistra Le dernier disque de jazz du XXe siècle avec Pierre Tanguay et Xavier Charles, on ne sera pas étonné d’apprendre que le Canadien aux platines s’adonne sur ce CD au rock ! A la colle avec le batteur Michel Langevin (du groupe de metal Voivod dont je l’avoue j’ignore tout), leur duo s’appelle Et\Ou. Première question, qui du duo fait le Ou du Et et le Et du Ou ? Tétrault, Langevin ? Bien, qu’importe, l’un ou/et l’autre.

Deuxième question : tient-on là le dernier disque de rock du XXIe siècle ? Pourquoi pas. Mais d’un rock vaudou qui fait tressauter et danser le tourne-disque, d’un rock sans complexe qui ose parfois le balourd (comme sur le Duo 8), d’un rock noise et saccadé, brut et abrupt… De quoi oublier toute dénomination, et ne plus bouder notre plaisir à l’écoute de ce rock qui n’en est tout simplement pas un.  

écoute le son du grisliEt\Ou
En chute libre (extraits)


Et\Ou : En chute libre (ORAL / Metamkine)
Edition : 2014.
CD : 01/ Duo 14 02/ Duo 2 03/ Duo 8 04/ Duo 6 05/ Duo 3 06/ Duo 16 07/ Duo 11 08/ Duo 13
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble : Mental Shake (OTOroku, 2014)

peter brötzmann jason adasiewicz john edwards steve noble mental shake

Pour peu que l’on goûte le vibraphone (et l’effet de ses harmoniques), il faut aller entendre ce Mental Shake enregistré par le trio que composent Peter Brötzmann, John Edwards et Steve Noble – dont on se rappelle … the Worse the Better sur le même label – en compagnie de Jason Adasiewicz au Café OTO le 12 août 2013.

Partageant une même conviction – que Noble martèle d’ailleurs –, les quatre musiciens y font en effet preuve d’une inspiration qui met au jour un folk au mystère épais. Ainsi, tarogato puis saxophones et clarinette explorent l’espace avec une fantaisie et une opiniâtreté qui déstabilisent son équilibre : insistants, Edwards et Noble le sont heureusement autant que le souffleur, quand les suspensions vibrantes d’Adasiewicz finissent de fleurir une improvisation courte mais ô combien remuante.

écoute le son du grisliPeter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble
Mental Shake (extrait)

Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble : Mental Shake (OTOroku)
Enregistrement : 12 août 2013. Edition : 2014.
CD / LP / DL : 01/ Mental Shake
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Insiden : Above Us (In Paradisum, 2014)

insiden above us

Pour avoir été jeune (et je l’espère l’être encore un peu), je me méfie beaucoup de la jeunesse. Et quand arrive dans ma boîte un LP de jeunes inconnus qui improvisent sur des vidéos, je crains le pire en imaginant un disque de plus de post-kraut-post-rock ou sinon d’impro-nihilo-inculte. Mais j’apprends qu’au mastering il y a James Plotkin (le Plotkin de Lotus Eaters, Isis et, accessoirement, de Plotkin), alors tout s’illumine (c’est bien sûr une façon de parler)…

Et j’ai bien eu raison d’avoir tout de suite fait confiance à ce groupe de (trois) jeunes : Amédée Somaticae De Murcia (programmation et effets), Romain de Ferron (synthé et ahanements) et Guillaume Mikolajczyk (violoncelle préparé et amplifié). Car ce sont des bons jeunes, qui ont retravaillé en studio leurs improvisations pour se construire leur propre cage d’escalier où traîner leur ennui. Quand on y entre à notre tour, on avance prudemment, comme dans une zone dangereuse. Les alarmes, les drones taillés à la tronçonneuse, les nappes de synthé lentement fouettées, les effets utilisés avec justesse et la voix délayée dans ce grand tout… Une dark ambient de caractère, une music for ghost airports ou une dream pop dont le shiny est d’O))). Bref, engageant à plus d’un titre !

écoute le son du grisliInsiden
Le puits et le pendule

Insiden : Above Us (In Paradisum)
Edition : 2014.
LP / DL : A1/ Le puits et le Pendule A2/ La tour A3/ Comme un navire pris dans la glace B1/ Symbols B2/ Reikä B3/ Sitting Near an Imaginary River B4/ Above Us
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Henri Roger, Eric-Maria Couturier, Emanuelle Somer, Bruno Tocanne : Parce que ! (Facing You / IMR, 2014)

henri roger eric-maria couturier emmanuelle somer bruno tocanne parce que

Henri Roger fait référence à Pierre Soulages et décide d’improviser Parce que ! en s’abritant derrière une citation : « Pourquoi noir ? La seule réponse, incluant les raisons ignorées, tapies au plus obscur de nous-mêmes et des pouvoirs de la peinture c’est : PARCE QUE ». Le noir (l’outrenoir, pour être exact) du peintre va bien au piano de Roger. En apposant des noires graves et des blanches de lumière il construit un cadre qu’investissent sur son modèle Eric-Maria Couturier au violoncelle, Emmanuelle Somer à la clarinette basse, au cor anglais, au hautbois ou au saxophone, et Bruno Tocanne à la batterie.
 
C’est épais, dense, emporté, secret, soufflant et fier. C’est un peu de Soulages en effet, surtout lorsque celui-ci revient sur les origines de ses Outrenoirs : « Un jour de janvier 1979, je peignais et la couleur noire avait envahi la toile. Cela me paraissait sans issue, sans espoir. Depuis des heures, je peinais, je déposais une sorte de pâte noire, je la retirais, j’en ajoutais encore et je la retirais. J’étais perdu dans un marécage, j’y pataugeais. Cela s’organisait par moments et aussitôt m’échappait… » Ce n’est pas le même « marécage » pour Roger et ses comparses, c’en est un autre, qui s’organise et, heureusement, lui (leur) échappe aussi.

Henri Roger, Eric-Maria Couturier, Emmanuelle Somer, Bruno Tocanne : Parce que ! (Facing You / IMR / Les Allumés du Jazz)
Enregistrement : 18 novembre 2013. Edition : 2014.
01/ Trace ouate 02/ Coulures apparences 03/ Signe banquise 04/ Ratures brumes 05/ Griffures au fond
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Sonny Simmons & Co. : Instrumental Martial Arts of Tomorrow / Chasin' the Bird (Improvising Beings, 2014)

sonny simmons instrumental martial arts of tomorrow

Trop volage pour battre pavillon, le vaisseau dans lequel a récemment embarqué Sonny Simmons arborait quand même un étendard, qui claqua au vent avant d’être arraché au fuselage. C’est que l’engin sut atteindre les hauteurs auxquelles la mission Leaving Knowledge, Brilliance And Wisdom l’obligeait. Retrouvé en proche banlieue de Birmingham, Alabama, ce qu’il reste de cet étendard présente aujourd’hui encore, inscrite en lettres de feux, une devise qui dit assez bien le grand air de défi qu’affichaient Simmons et les membres de son équipage (Anton Mobin, AKA_Bondage, Michel Kristof et Julien Palomo) au moment du départ : Instrumental Martial Arts of Tomorrow.

Le voyage a été long, mouvementé, et ce ne sont que cinq de ses « moments » que l’Instance Bienveillante (IB) a jugé bon, sinon de révéler au public, en tout cas de ne pas taire plus longtemps. Fragmenté, c’est là un journal de bord qui raconte par le son – on y distinguera même quelques instruments – les tremblements de la machine avant son décollage, les appréhensions de ses passagers, leurs réactions contrariées devant l’Inconnue comme les façons qu’ils auront eu d’éviter ses écueils à coup d’improvisations bravaches, de disputes salutaires, d’accords suspendus, enfin, de charmes que souffle Simmons à l’approche du Serpent.

Après avoir croisé le fer avec satellites, poussières et comètes, l’appareil adressa un message à l’étranger qui, peu méfiant, répondit par une aimable invitation : là, le saxophone accuse les différents paliers de la descente, le métal fait grincer sa fatigue, et c’est la rencontre. Cordiale, surprenante même : l’hôte fit en effet part de son exaltation dans un langage imprévisible, qui fuse et crépite… de quoi plaire au commandant Simmons, qui saisit alors tout le sens de la mission rétro futuriste qui lui a été confiée (suite aux explorations de Paul Bley et Annette Peacock, Joe McPhee avec John Snyder, Anthony Braxton ou George Lewis avec Richard Teitelbaum). Sens, qu’il s’empressa de signifier à la faune en liesse – selon l’état actuel de nos recherches, employer le mot « faune » n’est pas faire injure à l’hôte en question – en usant d’un idiome qu’elle et elle seule pouvait sans doute comprendre : « Shaga-Uga ».

La formule est plusieurs fois répétée. Après quoi, silence radio. Les enregistrements ne disent rien des conditions dans lesquelles a été effectué le voyage de retour ni à quel moment ses jeunes coéquipiers se sont aperçus de la disparition du commandant. Leurs témoignages n’ont pu faire avancer l’enquête ; à cette heure, le mystère reste entier. Pour ne pas être suspectée de conspiration, l’IB a fait nommer Huey Sonny Simmons Chevalier du Grand Ordre du Clavier Galactique et, à un journaliste qui l’interrogeait sur l’affaire, a répondu en ces termes : « C’est la vie… »

Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings)
Edition : 2014.
8 CD : CD1-CD4 : Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance – CD5-CD8 : Chasin the Bird?
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings, 2014)

sonny simmons leaving knowledge wisdom and brilliance chasing the bird

Oubliez les balises, oubliez les repères, oubliez les raccords. Oubliez l’homme noir, oubliez l’homme blanc. Oubliez le musicien, oubliez le producteur. Oubliez le commerce, les traités. Mais prenez tout de Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance. Et prenez tout de Chasing the Bird? Prenez tout de ces huit disques, prenez tout de cette folle épopée.

Laisser (en héritage) la Connaissance, la Sagesse et la Brillance dit beaucoup de choses du délestement. Et de l’oubli. Et de la mémoire. Ici, des traces de Trane, Ustad Bismillah Khan. Et des traces du lendemain. Du lendemain sans la question. Ici, mille vibrations de cérémonies. Prêts pour la Cérémonie ? l’Inde, l’Afrique, le jeu de l’ordre et du désordre. La cathédrale indéfinie. Un festin nu, ce jazz qui pointe ? Ici, on ne garde que l’amorce. Le reste nous est donné, à compléter. Mais qui le voudrait ?

Chasin the Bird?, c’est encore l’oubli et la mémoire. Mais c’est aussi les flammes et les forges. C’est le son devenant ocre. C’est la magie noire. C’est la frayeur et la paix et encore le délestement. C’est le phrasé qui se déchire car le blues gagne toujours. C’est du crachin sonique. C’est un doux exorcisme. C’est du psychédélisme s’effaçant. C’est une montagne de sagesse en action. C’est l’autre langage. Celui que l’on n’osait plus imaginer, invoquer.

Je ne puis rien écrire sur cette musique. Je l’ai imaginé. J’étais loin du compte. Cette musique résiste au chroniqueur. Ou l’oblige à avoir quelque (petit) talent. Je vous livrerai seulement les noms de ceux qui furent les sages héros de cette épopée : Sonny Simmons, Bruno Grégoire, Michel Kristof, Julien Palomo, Anton Mobin, AKA_bondage, Nobodisoundz, Other Matter.

écoute le son du grisliSonny Simmons
Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance (extraits)

Sonny Simmons : Leaving Knowledge, Wisdom and Brillance / Chasin the Bird? (Improvising Beings)
Edition : 2014.
8 CD : CD1-CD4 : Leaving Knowledge, Wisdom and Brilliance – CD5-CD8 : Chasin the Bird?
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Ingar Zach, Frédéric Blondy, Eivind Lønning, Espen Reinertsen : Paris, 30 mai 2014

ingar zach frédéric blondy streifenjunko église saint-merry

Carré magique : à Saint-Merry, le taulier et pianiste (in- et outside) Fred Blondy avait déjà invité Ingar Zach à jouer (avec Xavier Charles) dans le cadre de l'excellent festival automnal Crack. Le percussionniste norvégien revient cette fois avec Streifenjunko, duo soufflant composé de ses  jeunes compatriotes Eivind Lønning (trompette) et Espen Reinertsen (saxophone ténor). Deux jours de résidence ont suffi à ce quatuor pour trouver ses marques, les inscrire dans le temps et l'espace d'un concert, et prendre son envol.
 
Une première pièce s'organise autour des sons d'allure spectrale que tirent Blondy et Zach des cordes graves du piano et du corps de la grosse caisse. Lønning et Reinersten, séparés par Zach,  insinuent leurs boucles dans ce tissu. Lorsque Blondy s'assoit au clavier, les canvas feldmaniens de Why Patterns? ne sont pas loin.
 
Après la pause, changement de registre. Carré fou : sous la baguette de Zach, place à l'éclatement, aux interjections, aux clusters et aux frappes sèches. Aucune dispersion cependant, aucune déperdition, tout est tenu – sauf la gestuelle de Blondy, qui danse avec son piano en frappant des agrégats de silence aussi fort qu'un Jerry Lee Lewis « étendu ».
 
Cette seconde pièce, par un processus mystérieux, se transmuera en une ample ad libitum aux sonorités profondes et douces, suspendu loin au-dessus de l'abstraction, dans une espèce d'immatériel glorieux, peint en quatre dimensions : carré blanc.

Ingar Zach, Frédéric Blondy, Eivind Lønning, Espen Reinertsen, Paris, Eglise Saint-Merry, 30 mai 2014
Claude-Marin Herbert © Le son du grisli

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Foole, Flaherty, Baczkowsky, Nace, Corsano : Wrong Number (Open Mouth) / Flaherty, Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)

wrong number

Est-ce un « jazz » (un « iazz » ?) compressé qu’il faut déchiffrer sur la couverture de ce nouvel enregistrement – daté du 30 janvier 2013 – de Paul Flaherty, Bill Nace et Chris Corsano ?  Parlant de « compressé », comment Steve Baczkoswky et le (ci-devant) vocaliste Dredd Foole pourront-ils s’imposer auprès du trio ?

Assez bien – le suspense fut de courte durée –, à entendre Foole, voix lointaine mais que les musiciens écoutent à tel point qu’un parfum de Body/Head flotte sur la première face : aux appels lancés, répondent les soupirs des saxophonistes… Mais la tension monte.

En seconde face, Foole, en chef d’orchestre éconduit, essuie les foudres d’improvisateurs aux coudées franches : Corsano cogne et même mitraille, Nace élabore à distance rapprochée d’ampli, Flaherty et Baczkowsky bronchent. Si l’ensemble met à mal les éléments de langage que Foole a plus tôt osés, la cacophonie à naître, ambiante et accaparante, se passe très bien de ne rien signifier. Son « iazz » est non seulement compressé, mais bel et bien serré et menaçant.

Dredd Foole, Paul Flaherty, Steve Baczkowsky, Bill Nace, Chris Corsano : Wrong Number (Open Mouth)
Enregistrement : 30 janvier 2013. Edition : 2014.
LP : A-B/ Wrong Number
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

paul flaherty randall colbourne ironic havoc

Poursuivant une collaboration qui commence à dater, Paul Flaherty et Randall Colbourne enregistrèrent  en mai 2013 Ironic Havoc en duo. Inspirés par un phénomène atmosphérique (plus de détails dans les notes du disque, que signe Flaherty), le saxophoniste et le batteur peaufinent un autre jazz d’intensité, free possible ou swing défait qui font leurs reliefs d’accrocs supérieurs.  

Paul Flaherty, Randall Colbourne : Ironic Havoc (Relative Pitch)
Enregistrement : mai 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Jumping Spiders 02/ Moving Outside a Million Years 03/ Bstry 04/ Revenge of the Roadkill 05/ Watching 06/ Conclusion
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


musique actionCe dimanche 1er juin, à 18H30, Bill Nace sera de concert avec Kim Gordon en Body/Head à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action.

 

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Tilbury, Chang, Drouin... : Variable Formations (Another Timbre, 2013) / Tilbury : Triadic Memories (Atopos, 2008)

johnny chang jamie drouin john tilbury angharad davies lee patterson phil durrant various formations

Au Café Oto le 16 février 2013, Johnny Chang et Jamie Drouin invitèrent John Tilbury, Angharad Davies, Phil Durrant et Lee Patterson à composer au gré de formations changeantes : solo du pianiste, duo Chang / Drouin, trio Davies / Durrant / Patterson, enfin, sextette à entendre sur ce disque.

En faisant écho à la musique jouée plus tôt (celle d'Eva-Maria Houben, par exemple, pour le trio), les musiciens improvisèrent ensemble : le piano, sur deux notes, attire à lui l'archet du violon et une ligne électronique tremblante ; un lot de cordes lasses accentue les appréhensions, et même les angoisses, d'un clavier sur l'éternel retour ; une délicatesse partagée soigne les reliefs d'une pièce de musique électroacoustique où les évocations et les références enrichissent une électroacoustique de belle déconvenue.

John Tilbury, Johnny Chang, Jamie Drouin, Phil Durrant, Lee Patterson, Angharad Davies : Variable Formations (Another Timbre)
Enregistrement : 16 février 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Variable Formations
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

john tilbury triadic memories

En concert à Londres, le 6 octobre 2008, Triadic Memories par John Tilbury. Cette note aigue, encore, non pensée mais révélée par Morton Feldman, qui à sa traîne en commande deux ou trois autres, plus graves qu’elle mais qu’elle fait tourner au rythme d’un balancement perpétuel. Dont les effets sont imprévisibles. Plus loin, Tilbury interprète Notti Stellate a Vagli, hommage à Feldman signé Howard Skempton. Les notes sont liées davantage mais la délicatesse est de rigueur encore. Tout est une autre fois affaire de notes défaites et suspendues.

John Tilbury : Triadic Memories / Notti Stellate A Vagli (Atopos)
Edition : 2008.
2 CD : CD1 : 01/ Triadic Memories Part 1 – CD2 : 01/ Triadic Memories Part 2 02/ Notti Stellate A Vagli
Guillaume Belhomm © Le son du grisli

musique action

Ce dimanche 1er juin à 14 heures, John Tilbury sera de concert avec Isabelle Duthoit, Anne-James Chaton et Frantz Hautzinger, à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action

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Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac, 2014)

hélène breschand les incarnés

Une fois le chant des sirènes dévoilé, il ne nous reste plus qu’à admettre le parcours. La harpe d’Hélène Breschand nous guide. Le tableau semble souterrain, réverbéré. De petites notes s’écartèlent. Après les sirènes, les fées. Un effet de pendule s’accroche à la corde. La corde devient tôle. Se dissipe.

A-t-on rêvé ou l’a-t-on bien entendue, cette music box ? C’est si simple ce soupir. Les cordes sollicitent  et chuchotent la solitude. Hélène nous guide toujours. Ces petits bruits, qu’annoncent-ils ? Une note ogresse semble vouloir tout avaler. La clameur se renforce. Le chaos serait-il avenir ? Maintenant, l’atelier est hurlant. Verra-t-on la lumière ? Au lointain s’ânonne le chant des sirènes. Chant enfermé, chant clôturé, chant barricadé. Et si tout cela n’était que piège ? Nul doute : nous y retournerions. Encore et toujours.

Hélène Breschand : Les Incarnés (Dac Records)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Les Incarnés 1  B/ Les Incarnés 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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