Les arbres ont bougé pendant la nuit (Musique en friche, 2013)

Pendant une semaine, Nicolas Souchal (trompette), Julien Martin (voix), Sylvain Marty (percussions) et Sébastien Cirotteau (prise de son) ont rôdé à travers champs et sous-bois. Ils ont enregistré les vents, les oiseaux, les insectes. Ils ont joué en proximité ou en éloignement. Ils ont raclé les bidons. Ils ont concassé, écartelé. Trouvé quelques roulis précieux. Ils ont chanté – jamais vociféré –, étreint le circulaire. Ils ont écouté le rossignol et griffé le silence. La trompette s’est élevée et a claironné quelque vert éden. Voix et vent se sont croisés.
Puis, ils se sont retrouvés en studio. Ont composé d’autres zones. Ont brouillé les pistes. Ont fait du mystère un territoire d’appel(s). Et surtout : ont dépassé les sphères du convenu et de l’attendu.
Les arbres ont bougé pendant la nuit : Les arbres ont bougé pendant la nuit (Musique en Friche)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013
CD : 01/ Sous bois 02/ Colza nuit 03/ Humus 04/ Sioule 05/ Viaduc 06/ Colettes
Luc Bouquet © Le son du grisli

9 juin 2013 : Les arbres ont bougé pendant la nuit sera de la quatrième édition du Jardin Singulier qu'organise, à Couëron, Nantes Jazz Action (Pannonica).

Spoo : Freaks (Les Nourritures Terrestres, 2013)

Spoo (Eric Vagnon, Nicolas Lelièvre, Eric Brochard) aime le bruit, la fureur, le danger. Après tout, Spoo est peut-être en colère.
Ces trois-là aiment la caresse du fouet, les cris et les gesticulations. On dira rock hardcore et on n’aura rien dit. Spoo est une machine de dérégulation massive. Chez eux, l’axe est le plus souvent répétitif. Il enfle jusqu’à sa perte. Et si le trio calme parfois le jeu, le temps d’une frêle respiration, il ne quitte jamais la brûlure ancestrale. Le socle est maintenant tribal, sauvage. En ce sens, il rappelle les meilleures heures de The Ex.
Le saxophoniste s’époumone à s’en faire péter les jugulaires comme disent les poètes. Le batteur martèle un tempo brutal. Le bassiste sature ses riffs, rejette toute douceur. Et ce sont nos tympans qui, plongés dans cette foudroyante apocalypse, demandent que cesse ce doux ballet. N’en doutons point : live, ça doit être pire.
EN ECOUTE >>> Freaks (extraits)
Spoo : Freaks (Les nourritures terrestres)
Edition : 2013.
LP / DL : 01/ A Random Insanity Continuum 02/ Spoodification 03/ Vampyre 04/ When u Put a Finger 05/ Technical Details 06/ A Permanent Failure 07/ Koo Koo Part 2 08/ Koo Koo Part 1
Luc Bouquet © Le son du grisli

Barbara Romen, Kai Fagaschinski, Gunter Schneider : Here Comes the Sun (Mikroton, 2012)

Premier disque d'une association qui, depuis 2006, met en commun l'intérêt que Barbara Romen (hammered dulcimer), Gunter Schneider (guitares) et Kai Fagaschinski (clarinette), trouvent à la recherche de sons inusuels, Here Comes the Sun donne à entendre un couple de Viennois inquiet de musique contemporaine autant que d'Echtzeitmusik – collaborations avec Burkhard Stangl, Christof Kurzmann – et l'un de ses plus brillants fureteurs.
Leur démarche est lente, bien sûr, mais les premiers reliefs, bien qu'ajourés, ne sont-ils pas considérables ? Propice à la contemplation, l'air ambiant fait naître quelques questions : Sun Ra, par exemple, n'aurait-il pas trouvé chez Romen et Schneider d'autres Strange Strings que les siennes ? Pincées ou délicatement agacées, en appelant à l'arpège s'il accepte d'être court, rétablissant d'un grave ou d'un feedback l'équilibre menacé, toutes ont ici leur place, et même leur rôle.
Quant à Fagaschinski : sa première ascension n'était-elle pas un message adressé à ses deux partenaires : qu'ils quittent donc le champ de la rumeur et rejoignent, à force de flux et de reflux, le domaine de l'affirmation ! Alors, voici le dulcimer changé en soufflerie et la guitare accusant quelques coups, double transformation dont les conséquences feront le pouls de l'enregistrement... Et le soleil fut.
EN ECOUTE >>> Here Comes the Sun (extraits)
Barbara Romen, Kai Fagaschinski, Gunter Schneider : Here Comes the Sun (Mikroton)
Enregistrement : 31 mai 2008. Edition : 2012.
CD : 01/ Who's There ? 02/ Feelings Without End 03/ Dazed and Diffused 04/ The Last Words 05/ At the End Of the Tunnel There Is Always A Lie 06/ Plainchant and Goodbye
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


30 mai 2013 : C'est avec Chris Abrahams, sous le nom de The Dogmatics, que Kai Fagaschinski donnera un concert aux Instants Chavirés.

Lytton, Wooley, Mori, Vandermark : The Nows (Clean Feed, 2012) / Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira, 2012)

Deux enregistrements de concerts ont permis à Paul Lytton et Nate Wooley de peaufiner leur entente et d’enrichir leur discographie commune – d’un disque double, qui plus est : The Nows.
Le concert donné au Stone de New York date du 2 mars 2011. Le batteur charge en impatient, le trompettiste lui répond en frénétique : le repli viendra ensuite, au son de recherches percussives impertinentes et de notes de trompette qui y résistent ou se laissent par elles subtilement modifiées. Alors, Ikue Mori rejoint le duo : l’électronique éloigne un temps Wooley, qui reparaîtra pour parfaire l’ouvrage électroacoustique à coups d’exclamations franches. L’association aura brillé.
Le concert donné au Hideout de Chicago date du 16 mars 2011. Lytton et Wooley sur deux plages d’abord : notes longues de trompette contre claques redoublées, les secondes réussissant bientôt à faire danser les premières ; dialogue intergénérationnelle qui s’amuse de ses différences sur une même pratique de l’improvisation alerte. Alors, Ken Vandermark rejoint le duo : une fois que la clarinette basse aura charmé Wooley, ce sera au ténor que le trompettiste devra s’opposer avec force. L’un comme l’autre amateur de déroute, les deux souffleurs construiront un interlude comme privés soudain de leurs nerfs, avant de reprendre les hostilités : baryton répétitif que la trompette pourra citer pour mieux l'agacer encore. L’association aura autrement brillé.
Paul Lytton, Nate Wooley : The Nows (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2 mars 2011 & 16 mars 2011. Edition : 2012.
CD1 : 01/ Free Will, Free Won’t 02/ Abstractions and Replications 03/ Berlyne’s Law – CD2 : 01/ Men Caught Staring 02/ The Information Bomb 03/ Automatic 04/ Destructive to Our Proper Business 05/ The Ripple Effect
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Est-ce pour l'enregistrer par correspondance (France / USA) que Bruno Duplant confectionna ce Movement and Immobility mi-écrit mi-improvisé ? Le trajet serait en mesure d’expliquer le délayage des notes de trompette (Wooley) et de saxophone alto (Héraud) qu’on y trouve, animées à peine par son électroacoustique et ses battements. Trucs et astuces de pratique, divagations atmosphériques, bruitisme et harmoniques : malgré un louable son de trompette, la timidité de Duplant, l’imprécision d’Héraud et peut-être l’approximation du « projet » tout entier le fragilisent à l'excès.
Nate Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira)
Enregistrement : 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Continental Drif 02/ Climate Disruption 03/ Continuity Strata
Guillaume Belhomme © le son du grisli

Dead Neanderthals : Polaris (Utech, 2013)

« FUCK conventions and FUCK expectations » : sans forcément faire fi des conventions ni des attentes – ce serait oublier qu’avant eux sont passés dans le champ d’une improvisation revêche opposant saxophone et batterie Brötzmann et Bennink, Flaherty et Corsano ou encore Gustafsson et Nilssen-Love –, Dead Neanderthals s’adonne tout de même sur Polaris à une joute opiniâtre.
Sous l’influence de forces naturelles qui menacent quand ce n’est pas plus cérébralement inspirés par les nœuds de Shinkichi Tajiri, O (ténor) et R (batterie, donc) sonnent une demi-heure durant l’alerte d’instants rageurs. Avec un art non négligeable de la torpille ou du laisser-aller, le saxophoniste accuse les coups secs et les trombes de cymbales de son partenaire. Sous effervescence et sur le fil du rasoir, le duo se montre ainsi capable d’un jazz in opposition sinon insolite, en tout cas fort alerte.
EN ECOUTE >>> Plissken
Dead Neanderthals : Polaris (Utech Records / Metamkine)
Enregistrement : 6 novembre 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Neck-AIDS 02/ The Pit 03/ Knot 04/ Yamatsuka Eye 05/ Plissken 06/ Yolk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Charlemagne Palestine, Z’ev : Rubhitbangklanghear Rubhitbangklangear (Sub Rosa, 2013)
S’ils ont attendu 2007 pour enfin jouer ensemble, Charlemagne Palestine et Z’ev se connaissaient depuis le milieu des années 80. Avec Rubhitbangklanghear Rubhitbangklangear, ils franchissent un autre pas… celui de l’enregistrement. Et c’est Sub Rosa qui a l’honneur d’éditer ce double CD – dans une nouvelle collection, « Laboratoire Central / Sub Rosa Sessions », consacrée à des lives sans public.
Le premier CD renferme trois dialogues sur lesquelles le (ci-dedans) carillonneur tinte et résonne alors que le percussionniste l’enveloppe sous ses murmures et ses gémissements. Affront fait au minimalisme : son allure est toujours mise en déroute, la plus belle preuve étant donnée par le troisième duo, où le sonneur de métaux prend le dessus sur le sonneur de cloches. S’ensuivent trois duos : un de Palestine (crescendo, il cadence ses coups et ses contrecoups, ses échos et ses retours d’échos…) et deux de Z’ev (le premier, superbe, bat un tambour qui change cent fois de peau ; le second, trois fois plus long, expérimente avec un art du hasard finement ciselé). Comme par miracle, ces trois solos qui se répondent montrent une autre manière de dialoguer et une autre manière d’accorder des intérêts vieux (disons) d'une vingtaine d’années. Cognac !
EN ECOUTE >>> Rubhitbangklanghear Rubhitbangklangear (extraits)
Charlemagne Palestine, Z’ev : Rubhitbangklanghear Rubhitbangklangear (Sub Rosa)
Enregistrement : 18-20 juin 2010. Edition : 2013.
CD / LP : 01/ Duo C/Z #1 02/ Duo C/Z #2 03/ Duo C/Z #3 04/ Solo C #1 05/ Solo Z #1 06/ Solo Z #2
Pierre Cécile © Le son du grisli

Pat Thomas : Al-Khwarizmi Variations (Fataka, 2012)

Le 19 juin 2011, Pat Thomas donnait à ses extravagances quelques variations supplémentaires. Dix pour être plus précis. A chaque fois, une nouvelle géographie prenait corps. A chaque fois, un paysage se découvrait, se reconquérait, s’intensifiait.
Le clavier n’était pas assez large : le pianiste puisait à l’intérieur de l’instrument quelque marche à piano préparé et à idées fortes. Plus loin, l’improvisateur jouait des coudes, faisait siens symétrie, dissymétrie et parallélisme. Le jazz s’y percevait parfois, alourdi et déconstruit. Puis s’en allait, pulvérisé par quelques sombres martellements. Une tempête de graves annonçait des aigus embrassés. Le pianiste comprimait le clavier, balayait l’inutile et ne restait alors qu’oubli, effacement et résonnance. Ne restait qu’une saine et folle imagination. Oui, dix belles extravagances.
EN ECOUTE >>> Variation 8
Pat Thomas : Al-Khwarizmi Variations (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Variation 1 02/ Variation 2 03/ Variation 3 04/ Variation 4 05/ Variation 5 06/ Variation 6 07/ Variation 7 08/ Variation 8 09/ Variation 9 10/ Variation 10
Luc Bouquet © Le son du grisli

McPhee, Moore, Nace : Last Notes (Open Mouth, 2013) / Moore, Connors : The Only Way to Go... (Northern Spy, 2013)
Ainsi le passage par Roulette l’année dernière de Joe McPhee, Thurston Moore et Bill Nace, aura-t-il donné un disque : Last Notes – pour être exact, il s’agit là du premier set du concert, le second pouvant être téléchargé via l’utilisation d’un code fourni avec le vinyle. Comme hier avec Paul Flaherty (s/t) ou Mats Gustafsson, les guitaristes (duo Northampton Wools) y interrogent l’adéquation de leur art électrique avec un souffle à l’imagination considérable.
Pour McPhee, c’est encore l’histoire d’un chant intérieur qu’il faut (et qu’il parvient à) extérioriser puis adapter aux préoccupations mais aussi à l’écoute, attentive et alerte, de ses partenaires. Affûtés, Moore et Nace ne forcent jamais le trait, fomentant plutôt à force de gestes indolents des nappes qui donneront à l’alto aspiration et élan, et des caches dans lesquelles il pourra se replier à l’envi. C’est d’ailleurs là que le trio décidera de la forme à donner au fracas inéluctable.
Après lequel un retour au « calme » sera opéré. La suite n’est pas calquée, sa rumeur tirant sa substance d’arabesques, de grésillement d’amplis et de dérapages à la véhémence anéantie par une distension autrement sonnante. Butant sur un paquet de notes, le saxophoniste finira quand même par provoquer ses partenaires, qui mitrailleront en conséquence, le pousseront à bout, et gagneront ainsi leur propre déroute.
Joe McPhee, Bill Nace, Thurston Moore : Last Notes (Open Mouth)
Enregistement : 31 mai 2012. Edition : 2013.
LP : A-B/ Last Notes
Guillaume Belhomme © le son du grisli

Sous prétexte de Record Store Day, voici la paire Thurston Moore / Loren Connors publiée sur vinyle Northern Spy : The Only Way to Go Is Straight Through rassemble deux sets d’une vingtaine de minutes chacun. Donné le 14 juillet au Stone de New York, le premier défend une suite atmosphérique sous effets multiples, frottements et vibrato nonchalants, arpèges comptés. Datant du 17 octobre 2012, le second, enregistré au Public Assembly, peint avec moins d’embrouille mais aussi moins d’ampleur un paysage pourtant plus accaparant encore.
Thurston Moore, Loren Connors : The Only Way to Go Is Straight Through (Northern Spy)
Enregistrement : 14 juillet & 17 octobre 2012. Edition : 2013.
LP : A/ The Stone B/ Public Assembly
Guillaume Belhomme © le son du grisli

Philipp Schmickl, Jim Denley, Marzen Kerbaj : Theoral 5 (Theoral, 2012)
Les numéros de Theoral sont, de Philipp Schmickl, les carnets de voyages et de rencontres. L’homme est amateur de transport, d’arts et de musique, de sciences humaines… En conséquence, ses publications célèbrent Marco Eneidi et Andre Gingrich (Theoral 1), Mira Sidawi et Xavier Charles (Theoral 2), Paul Lovens (Theoral 3), Nicole Brooks et Clayton Thomas (Theoral 4)… Quant à la cinquième livraison de Theoral, elle raconte le séjour de Schmickl à Beyrouth en 2012, où l’homme a pu croiser Jim Denley (le 7 avril) et Mazen Kerbaj (le 14 avril).
A chaque fois, Schmickl et son acolyte prennent le temps, improvisent en mots, passent par l’anecdote pour dire de belles et parfois essentielles choses, perdent le fil de la conversation pour en attraper un autre, qui la rafraîchira. Ainsi, Denley aborde-t-il ses liens avec l’Australie, sa découverte de Beyrouth, lorsqu’il ne se souvient pas plutôt de Derek Bailey qu’il côtoya à domicile au début des années 1990 ou ne recommande la lecture d’un livre de Trevor Wishart. Comme toute improvisation valable, la conversation est faite d’expérience et d’instant même.
Avec Kerbaj, le même principe opère : faire le parallèle entre l’angoisse de la page blanche du dessinateur et celle du son à découvrir de l’improvisateur, pour parler ensuite des chanteurs français qu’il écouta beaucoup – Gainsbourg, Brassens, Lapointe –, de son partenaire et alter ego Sharif Sehnaoui et de leur éducation musicale commune, puis de ses rencontres avec Raed Yassin, Charbel Haber, Evan Parker… L’écho de la guerre civil, enfin, et c’est déjà les dernières pages. Au sommaire du sixième Theoral, sont annoncés Franz Hautzinger et Hans Falb…
Philipp Schmickl, Jim Denley, Marzen Kerbaj : Theoral 5 (Theoral)
Edition : 2012.
Revue : Theoral
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Reg Schwager, Michel Lambert : Trio Improvisations (Jazz from Rant, 2013)

Ici, 3 fois 3 trios. Et à neuf reprises, le duo Reg Schwager / Michel Lambert se frottant aux audacieux Kenny Wheeler, Michael Stuart ou Misha Mengelberg.
Avec le trompettiste, la connexion est immédiate : climats introspectifs ou plus éclatés, ils cisèlent le naturel et diffusent les phrasés avec douceur et connivence. A (presque) chaque note, la beauté et l’évidence. Avec le saxophoniste, ils puisent en des profondeurs fécondes. Mélodies approchées mais jamais diffusées, sens du cadre et sages harmoniques, le saxophoniste excelle à varier ses effets. Avec le pianiste, ils découvrent le royaume de l’aléa. Dissonances, réduction du motif, errance et égarements, ils doivent compter sur leur sang froid pour éviter le hors sujet. Ce qu’ils réussissent merveilleusement bien ici, et ce, sans se défaire de leurs qualités habituelles : sens de l’écoute et de la répartie, abondance de suggestions et propositions, scintillement des cymbales et clarté des arpèges. Ici, 3 fois 3 beaux trios.
EN ECOUTE >>> Trio Improvisations (extraits)
Reg Schwager, Michel Lambert : Trio Improvisations (Jazz from Rant)
Enregistrement : 2001-2002. Edition : 2013.
CD : 01/ Out Class 02/ Gander 03/ After Thought 04/ Undertow 05/ Cross Talk 06/ In Sight 07/ Sense Less 08/ Hamlet 09/ Dysfunctional Harmony
Luc Bouquet © Le son du grisli























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