Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Interview de Quentin RolletAlan Silva à ParisA paraître : le son du grisli #5
Archives des interviews du son du grisli

Frode Gjerstad: Nothing Is Forever (Circulasione Totale - 2008)

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Sur son propre label, Frode Gjerstad publie un enregistrement récent du trio qu’il forme en compagnie de Paal Nilssen-Love et Oyvind Storesund : Nothing Is Forever, sixième référence sur disque du groupe.

C’est en musicien presque apaisé que Gjerstad retrouve ses partenaires, élaborant avec eux des constructions délicates (graves de clarinette basse investissant la profondeur d'Is Nothing) ou servant une mélodie inattendue entre certaines insistances et quelques sifflements (Is Forever). Brut, il évolue ailleurs à l’alto sur la programmation rythmique contrariée de Nothing, ou consacre le temps de Forever au dialogue : avec l’archet de Storesund, puis la batterie de Nilssen-Love.

Nouvelle et brillante étape dans l’histoire du trio – recommander aussi les enregistrements publiés par FMR et Cadence –, Nothing Is Forever ignore de quoi demain sera fait pour, évidemment, tout donner tout de suite.

CD: 01/ Nothing 02/ Is Forever 03/ Forever 04/ Is Nothing

Frode Gjerstad Trio - Nothing Is Forever - 2008 - Circulasione Totale Records.



Dikeman, Barrios, Makihara : We Need You (Eh?, 2008)

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Enregistré en concert à Philadelphie en 2006, We Need You assemble deux improvisations du trio John Dikeman (saxophone ténor) / Jon Barrios (contrebasse) / Toshi Makihara (batterie) – section rythmique déjà repérée aux côtés du saxophoniste Jack Wright.

La particularité du groupe, d’apparaître dès les premières minutes : qui façonne avec soin la texture sonore chaleureuse de l’ensemble, et offre un compromis intelligent entre un héritage reçu du free jazz – graves puis sifflements intempestifs du ténor – et un autre glané du côté d’une histoire plus européenne de l’improvisation – emportements secs et gardés en retrait de la section rythmique. Déjà éclairée, l’inspiration ne craindra pas une fois le spectre de l’essoufflement.

John Dikeman, Jon Barrios, Toshi Makihara : We Need You (Eh?)
Edition : 2008.

CDR: 01/ - 02/ -
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Charles Gayle, William Parker, Rashied Ali : Touchin' On Trane (Jazzwerkstatt, 2007)

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Réédition d’un enregistrement jadis produit par FMP, Touchin’ On Trane revient sur l’hommage à John Coltrane rendu par Charles Gayle, William Parker et Rashied Ali, en 1991 à Berlin.

Florilège de deux soirs de concerts, le disque assemble ses dédicaces au rythme imposé par l’ancien batteur du maître : celui de Giant Steps, d’abord, sur Part AGayle passant des aigus aux graves sous l’effet d’un grand solo d’Ali –  ou celui, toujours aussi soutenu, de Part C – le ténor évoluant dans les hauteurs quand Parker se charge d’ensevelir ses interventions sous des cordes qu’il accroche par deux.

Plus las, Part B et Part E donnent à entendre Gayle tituber pour avoir pris le parti d’une densité plus obscure, quand Part D déploie sur près de 30 minutes son incantation redoutable, faite des plaintes d’un ténor déchiré entre le souvenir du maître et l’affirmation nécessaire de l’élève et les emportements disparates d’une section rythmique éclatante. L’hommage à Coltrane soignée par l’ardeur de ses plus convaincants disciples. 

Charles Gayle, William Parker, Rashied Ali: Touchin' On Trane (Jazzwerkstatt)
Enregistrement : 1991. Edition : 2007.

CD : 01/ Part A 02/ Part B 03/ Part C 04/ Part D 05/ Part E
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

john coltrane luc bouquet lenka lente


Interview de Ken Vandermark

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Poly instrumentiste protéiforme, meneur singulier de groupes différents (du Vandermark 5 à Bridge 61, en passant par Spaceways Inc), Ken Vandermark est un musicien aussi incontournable qu'étrangement discret. Plus enclin à multiplier les collaborations qu’à sacrifier son œuvre aux efforts de communication sans laquelle l’auditeur moyen ne peut rien découvrir, il amasse les épreuves convaincantes d’un jazz qui doit beaucoup au free élaboré jadis à Chicago, mais qui n’arrête pas, aussi, d’aller voir ailleurs. Dernier enregistrement en date : Beat Reader du Vandermark 5, sur le label Atavistic.

… J’ai commencé à jouer d’un instrument de musique en CM1, j’avais 9 ans. Il s’agissait d’une trompette. Cela n’a pas été une grande réussite à cause de problèmes d’embouchure, alors je me suis tourné vers le saxophone ténor à l’âge de 16 ans.

Comment vous êtes-vous tourné vers le jazz, et le free notamment ? Très jeune, mon père m’emmenait avec lui dans des clubs de jazz pour me faire entendre la musique qu’il aimait, et que j’ai à mon tour adorée. C’est devenu quelque chose de naturel pour moi. J’ai probablement dû voir des centaines de concerts de tous les genres de jazz possible avant de quitter mes parents pour l’université, en 1982. Quant à mon intérêt pour ce que l’on appelle communément le free jazz, il est surement né lorsque j’ai entendu l’album Tenor de Joe McPhee, j’avais alors 17 ans. Bien sûr, j’avais à cet âge déjà entendu des enregistrements d’Ornette Coleman, et vu Archie Shepp ou l’Art Ensemble of Chicago en concert, mais, pour je ne sais quelle raison, la musique de McPhee m’a parlé davantage et m’a révélé la substance de tout ce que j’avais entendu avant et que je n’arrivais pas à m’expliquer jusque-là. Une fois l’avoir entendu, j’ai vraiment su ce que je voulais faire de ma vie.

Vous restez d’ailleurs redevable envers les musiciens qui vous ont précédé, et mettez un point d’honneur à reprendre des morceaux signés par de grands représentants de la New Thing. Est-ce un moyen de conférer enfin à ces morceaux un statut de standard ? Oui, en un sens, il s’agit de cela. Il y a tellement de compositions fantastiques qui n’ont été défendues que par leur créateur, et qui, pourtant, comme d’autres grands thèmes, ont beaucoup à dire à des musiciens de générations différentes, d’époques différentes. Mais il est toutefois nécessaire de les réinventer, pas simplement de les réinterpréter à la manière de ce qui a déjà été fait par le passé.

L’improvisation joue bien sûr un rôle dans cette « réinvention »… Quelle différence faites-vous entre jazz et improvisation aujourd’hui, soit : après le passage de Derek Bailey ? Je pense que la grande différence est que le jazz a à voir avec la relation entre des éléments prédéterminés, ou pré-composés, et une pratique spontanée qui charrie une autre forme de matériau musical, tandis que l’improvisation totale renvoie toute la composition à ce qui est créé sur l’instant.

La pratique de l’improvisation rassemble aujourd’hui des musiciens de natures différentes. Vous êtes l’un de ces musiciens, qui n’hésite pas à collaborer avec des groupes issus de la scène rock indépendante, par exemple. Quel est votre regard sur ces collaborations ? Je dirais qu’il s’agit ici d’attitude, d’improvisation et de créativité. Pour moi, la chose essentielle est de relever des challenges et de créer un travail qui ait de l’intérêt, voilà pourquoi j’aime collaborer avec n’importe qui pourvu qu’il aime repousser un peu les limites imposées par les convenances ou le manque de largeur d’esprit de certains. Le background des musiciens est donc bien moins important que leurs perspectives artistiques.

N’existerait-il pas en jazz plus de différences entre les musiciens, celles inhérentes aux scènes auxquelles ils se rapportent, notamment – prenons l’exemple de la scène jazz de New York et de celle de Chicago. Avez-vous jamais envisagé votre musique comme rattachée au jazz de Chicago ? Eh bien, je pense que chacune des grandes villes musicales a une scène qui lui est propre, qui a quelque chose d’unique. L’une des grandes différences entre Chicago et New York est le prix de la vie – les loyers étant par exemple deux fois plus élevés à New York qu’à Chicago. Actuellement, beaucoup plus de musiciens vivent à New York, mais la ville compte bien moins d’endroits où ils peuvent se produire que Chicago. Tous ces facteurs rendent plus facile les collaborations entre musiciens de Chicago, il y a moins de compétition à propos de l’argent à gagner ou des opportunités de jouer, ce qui a attiré une variété de musiciens, aux idées différentes, et a permis de développer plus d’expérimentations, empêchant par là-même la constitution d’autant d’écoles ou de courants de pensée qu’il n’en existe à Manhattan en ce moment. Pour clarifier les choses, cela ne veut pas dire que la musique de qualité est moins l’apanage de New York que de Chicago, mais seulement que ces musiques ont des caractéristiques différentes. Bien que la scène new yorkaise soit davantage reconnue sur le plan international, la scène jazz de Chicago remonte aux années 1920, à une époque où Louis Armstrong a changé la face du monde musical. Depuis, Chicago a toujours continué de réfléchir, ce qui a pu profiter au développement d’organisations du genre de l’AACM, dans les années 1960, et à sa renaissance actuelle. 

Votre participation à ces efforts ont récemment donné Beat Reader, enregistré avec le Vandermark 5, pouvez-vous nous parler de ce disque ? Beat Reader est le dernier document enregistré en studio d’un groupe qui évolue depuis plus de dix ans. Durant cette période, le groupe a connu des changements de formation et de styles, et je pense que chaque disque que nous avons enregistré rend compte de mon évolution en tant que compositeur pour le groupe et de notre réflexion esthétique au moment précis de l’enregistrement. Comme le quintette est le plus ancien de mes projets, il révèle le mieux mon parcours de compositeur pour un groupe d’improvisateurs. Et puis, je pense que les membres du groupe – Tim Daisy (batterie), Kent Kessler (contrebasse), Fred Lonberg-Holm (violoncelle) et Dave Rempis (saxophones) – sont parmi les personnes les plus talentueuses avec lesquelles j’ai jamais travaillé.

Les 1000 premiers exemplaires de Beat Reader ont été (puisque aujourd’hui épuisés, ndlr) livrés avec un autre disque : New York Suite, sur lequel vous rendez hommage à différents artistes  ayant évolué à New York dans les années 1950, un peu à la manière de Morton Feldman. Pouvez-vous nous parler de ce projet ? C’est Dave Rempis qui m’a poussé à écrire New York Suite. Pendant la tournée que nous avons effectuée aux Etats-Unis durant l’hiver 2007, nous avons donné un concert à New York qui a tout eu du fiasco. En pensant à la situation économique désastreuse avec laquelle doivent faire les artistes – la fermeture d’endroits où jouer, la hausse des loyers – j’ai un peu déprimé, pensant au sombre avenir des arts vivants à New York. J’en parle à Dave pendant le voyage, et je décide qu’il serait plus productif de créer quelque chose à partir de ce sentiment plutôt que de continuer à me morfondre, et cela a donné cette idée de « suite new yorkaise ». Alors, en effet, j’ai appliqué à ma manière de composer cette image de peintres et de musiciens s’influençant l’un l’autre dans les années 1950 à New York.

Avec quels musiciens rêvez-vous encore de jouer ? J’ai toujours souhaité avoir une chance de jouer avec Derek Bailey. Ceci étant, je sais ma chance de jouer avec tellement de personnes d’horizons et d’idées différentes. Je ne pourrais rien demander de plus que cela continue.

Autre chose à ajouter ? Toujours.

Ken Vandermark. Photo: Juan Carlos Hernandez. Remerciements: Ken Vandermark & Cale.


Two Bands And A Legend: I See You Baby (Smalltown Superjazz - 2007)

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Restes de l’enregistrement du premier album de Two Bands And A Legend – projet réunissant The Thing, Cato Salsa Experience et Joe McPheeI See You Baby présente trois reprises valant bien le pressage d’un EP.

Celle d’I See You Baby de Groove Armada, d’abord, sur lequel Cato Salsa prend l’ascendant, et commande les riffs efficaces prêts à porter la voix de Joe McPhee en personne. En fond, un baryton tare de ses graves une balance jusque là dévolue aux guitares. Plus anecdotique, la courte interprétation du Nation Time de McPhee, ouverte ensuite par un grand duo de saxophones évidemment free, mais poussive, bientôt, notamment à cause de l’inspiration peu convaincante du clavier.

En guise de conclusion : Our Prayer, thème signé Donald Ayler qui dépose en filigrane le portrait de son frère, hymne aylérien au carré sur lequel déraillent, intuitifs, les instruments à vent. Pièce, aussi, qui vaut presque à elle seul la raison d’être du EP.

CD: 01/ I See You Baby 02/ Nation Time 03/ Our Prayer

Two Bands And A Legend - I See You Baby - 2007 - Smalltown Superjazz. Distribution Differ-ant.



Kioku: Both Far and Near (Quiet Design - 2007)

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Partagés entre approche libre du jazz et leur intérêt pour les traditions musicales asiatiques, les trois membres de KiokuWynn Yamami (taiko, percussions), Ali Sakkal (saxophones) et Christopher Ariza (électronique) – rendent avec Both Far and Near une épreuve hésitante.

Pour ne pas savoir décider ni trouver le bon dosage entre recueillement oriental et grands emportements propres au free jazz, l’équilibre semble d’abord tenir, avant de céder bientôt. Sur les résonances des percussions, quelques moments décisifs, auxquels met un terme un saxophone tout à coup trop lyrique. Both Far and Near vaudrait donc aussi pour l’auditeur.


Kioku, Pinari (extrait). Courtesy of Quiet Design.

CD: 01/ Pinari 02/ Yatai Bayashi 03/ The Drum Thing 04/ Binalig 05/ Miyake 06/ Spirits 16

Kioku - Both Far and Near - 2007 - Quiet Design.


Vandermark 5: Beat Reader (Atavistic - 2008)

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Sur Beat Reader, Ken Vandermark offre une place de choix à l’un de ses partenaires : le violoncelliste Fred Lonberg-Holm, qui s’en sort ici bien mieux que d’habitude.

Le long de nouvelles compositions de son leader (dédiées notamment à Ligeti, Paul Rutherford ou Max Roach), le Vandermark 5 remet donc ses intentions éclatées sur l’ouvrage, qui combine à son tour bop et free jazz, swing, blues et funk. Toujours, et avec la même persuasion, l’efficacité immédiate et cet attrait pour la dissonance qui remet tout en cause, tout à coup.

Alors, Dave Rempis et Ken Vandermark (de saxophones en clarinette basse) improvisent d’autres fois avec passion, et accueillent, bienveillants, les déflagrations sonores sorties d’un violoncelle sous effet ou de machines électroniques maniées, elles aussi, par Lonberg-Holm. Qui donne un peu d’inédit à l’exercice, voire, en rehausse encore l’intérêt.


Vandermark 5, New Acrylic (extrait). Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Friction (for Gyorgy Ligeti) 02/ New Acrylic (for Andreas Gursky) 03/ Any Given Number (for Bernd and Hilla Becher) 04/ Signposts (for Lee Friedlander) 05/ Speedplay (for Max Roach) 06/  Compass Shatters Magnet (for Paul Rutherford) 07/ Further From The Truth (for Walker Evans) 08/ Desireless (for Daido Moriyama).

Vandermark 5 - Beat reader - 2007 - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.


Bill Dixon: With Exploding Star Orchestra (Thrill Jockey - 2008)

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Emmené par le trompettiste Rob Mazurek, l’Exploding Star Orchestra (dont font entre autres partie le guitariste Jeff Parker, la flûtiste Nicole Mitchell et le tromboniste Jeb Bishop) faisait, en septembre 2006, une rencontre inattendue : celle de Bill Dixon, légende, à sa manière détachée, des premières heures du free.

Au programme : un hommage du jeune trompettiste au plus ancien (Constellations For Innerlight Projections) inséré entre les deux mouvements d’Entrances : suite d’embouteillages instrumentaux qui réussit à placer quelques solos brefs sur un rythme soutenu avant de traîner son univers d’impressions lentes (One), puis clin d’œil au Third Stream assemblant des morceaux d’atmosphère de plus en plus denses jusqu’à l’apparition de sirènes reposantes (Two).

Entre les deux, la dédicace de Mazurek : Damon Locks récitant un texte plein de notes et de constellations, d’images et de planètes. A la suite de Sun Ra, donc, une faille spatio-temporelle que l’on investit avant que l’Exploding Star Orchestra envisage sa chute au son inquiet des hurlements, free grandiose en voie d’apaisement quand même, histoire de mieux faire le lien entre l’avant et l’après. Tout comme la rencontre, le fruit de celle-ci : inattendu.

CD: 01/ Entrances/One 02/ Constellations For Innerlight Projections (For Bill Dixon) 03/ Entrances/Two

Bill Dixon With Exploding Star Orchestra - 2008 - Thrill Jockey. Distribution PIAS.


Sun Ra: Some Blues But Not The Kind Thats Blue (Atavistic - 2007)

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Publiée par Saturn en 1978, voici rééditée par le label Atavistic la somme d’interprétations rares qu’est Some Blues But Not The Kind Thats Blue – standards et compositions du pianiste enregistrés à neuf ou dix en 1977 –, augmentée de deux versions de I’ll Get By, enregistrées en trios en 1973.

D’un amas d’instruments geignant parvient d’abord à s’extirper le thème de Some Blues qu’impose un piano leste, attentif aux solos – instruments pas tous à la même distance du micro – de John Gilmore, Marshall Allen  et Akh Tal Ebah. Traités avec grâce, ensuite : le thème de My Favorite Things : instruments à vents (dont le ténor rauque de Gilmore) portés par l’accompagnement sombre du leader ; celui de Nature Boy, évoqué par les arpèges de piano puis croulant sous les dissonances dues aux flûtes.

Et puis, I’ll Get By, deux fois interprétée : par Sun Ra à l’orgue, Ronnie Boykins et Akh Tal Ebah, version au cool décalé un peu par l’intervention d’un clavier parfois excentrique ; par un second trio, ensuite, Gilmore remplaçant le trompettiste et mesurant ses écarts pour ne pas trop rompre avec les intentions convenables. Autant d’atouts en faveur d’une autre réédition, d’un autre document d’importance.


Sun Ra, I'll Get By. Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Some Blues But Not The Kind Thats Blue 02/ I’ll Get By 03/ My Favorite Things 04/ Untitled 05/ Nature Boy 06/ Tenderly 07/ Black Magic 08/ I’ll Get By 09/ I’ll Get By

Sun Ra - Some Blues But Not The Kind Thats Blue - 2008 (réédition) - Atavistic. Distribution Orkhêstra International. 


Anthony Braxton: (Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)

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Cinq soirées passées au Yoshi’s d’Oakland en 1997 permirent à Anthony Braxton de développer son concept de Ghost Trance Music. Sur ce quatrième volume de la rétrospective publiée par Leo Records : deux compositions au programme, évocations de transes amérindiennes sur Composition N°213 et Composition N°214, rendues à la tête d’un ensemble de neuf musiciens – section rythmique assurée par Joe Fonda et Kevin Norton.

Ici, la progression instable, souvent précipitée, des instruments à vent ralentis soudain par la guitare à contre-emploi d’O’Neil, les cacophonies minuscules déposées sur résonances, et les entrelacs spécieux évoquant une version revue et étirée du Hat and Beard de Dolphy. Morceau que l’on pourrait aussi bien retrouver là : Composition N°214 aux graves imposants, portant aux nues le trio flûte / alto / guitare avant le retour implacable d’un duo assuré : contrebasse et clarinette basse. Inspirés et insistants, Braxton et son groupe, sur cet autre souvenir d’un passage mémorable au Yoshi’s.

CD1: 01/ Composition N°213 - CD2 : 01/ Composition N°214

Anthony Braxton Ninetet - (Yoshi’s) 1997, Vol.4 - 2007 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.



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