Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Rapoon : The Kirghiz Light (Zoharum, 2015)

rapoon the kirghiz light

Après avoir quitté le cultissime Zoviet France, Robin Storey forma le projet Rapoon. Encore un peu indus mais surtout ambient-ique et (surtout au carré) d’inspiration ethnomusicologique, ce n’est pas The Kirghiz Light (première collaboration de Storey avec la vocaliste Vicki Bain, sortie à l’origine sur Staalplaat) qui nous dira le contraire.

Réédité aujourd’hui par l’écurie Zoharum, le double album est enrichi d’un troisième, un remix 2016 de cette production qui date de vingt ans. Si l’on ne sent pas forcément que la remasterisation est passée par là, l’atmosphère est toujours moins étouffante que sur les ZF. Nappes de synthé, loops sur loops (d’un répétitif tech tout simplement ralenti) de voix célestes ou d’instruments souvent exotiques (tablas, cithare…), peu de rythmes et encore moins d’envolées…  

C’est ce qui est intéressant, d’ailleurs, même dans les moments un peu longuets (et il y en a plusieurs, étant donné les deux CD), cette « platitude », si je puis dire… ce jusqu’au-boutisme ambient-ethno-indus assez bellement réactualisé sur le remix par d’autres synthés (beaucoup de cordes), la même voix (mise plus en avant) et les mêmes percussions (mises en arrière)… Un pas de plus vers l’étrange pour le Rapoon et Robin Storey, et c’est normal : le monde n’est-il pas plus étrange qu’il y a vingt ans ?



kirghiz light

Rapoon : The Kirghiz Light
Zoharum
Réédition : 2016.
3 CD : The Kirghiz Light
Pierre Cécile © le son du grisli

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Sourdure : La virée (Tanzprocesz / Astruc, 2015)

sourdure la virée

Pour présenter vite et bien (autant que faire se peut) Sourdure on dira que Sourdure c’est Ernest Bergez et qu’Ernest Bergez fait (bien) normalement de la musique électrique dans le duo Kaumwald (enchanté). Ce qui ne m’a pas empêché d’écouter son Sourdure de disque qu’est La virée.

Avec des invités (Jacques Puech, El-g, Karelle, Françoise et Michel Tournilhac, Laura Mentik + l’intéressante Clémence Cognet à la voix), Bergez fait sien un répertoire de chansons traditionnelles avec de drôles de voix, des instruments exotiques (genre gambri, cornemuse…) et des inserts d’électrobidouille. Le mélange est détonnant, surtout sur les trois premiers titres où l’on croirait entendre une fiction sonore virant psychédélique où se croiseraient Oum Khalthoum, Ghédalia Tazartès, Burger & Cadiot, les Fabulous Trobadors et Ramuntcho Matta.

Malgré sa cradélectro fastoche et ses samples de base, Sourdure tient le cap sur trois pistes. Mais au-delà, il s’écoute et c’est dommage : à force de se la jouer bizarre on n’en est que plus normal, et l’anormalité qui faisait le sel des trois premiers titres a fini par se gâter. On retiendra quand même les chants du départ de La virée, en attendant la prochaine.


la virée

Sourdure : La virée
tanzprocesz / Astruc
Edition : 2015.
CD : 01/ Bonsoir belle bergère 02/ Joana d’aime – lo mes de mai lo mes d’abrieu 03/ Quand io zere chas ma maïre 04/ Marion dins son jardin 05/ Les quinze segments 06/ L’ergot-loupe 07/ Retirez-vous gens de la noce/La genta nóvia 08/ Jésus s’habille en pauvre – l’assona fantauma 09/ Pour aller voir Virginie 10/ Dans le ventre de la maison huileuse
Pierre Cécile © Le son du grisli

sp logo grisliSourdure est à l'affiche du festival Sonic Protest, qui se déroulera à Paris, Montreuil et ailleurs, du 2 au 15 avril. Le 6, il jouera à l'église Saint-Merry avec Ellen Fullman et William Basinski.

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Thomas Barrière : Primaire (Cassauna, 2014)

thomas barrière primaire

Thomas Barrière fait bien de prévenir « no loops no overdubs » car sa guitare à deux cous (double neck guitar, six cordes sur un manche et douze cordes sur l’autre) réserve bien des surprises (d’autant que des objets sont de la partie : EBow, walkman, pièces…).

Inspiré par toutes sortes de folklore, le guitariste fait couler une cascade de notes sur des drones sur Shemêhaza, arpège en Castafiore sur La danse des singes ou percute banal sur Crossroads, et gâche son pourtant superbe Rapaces en muezzinant de sa voix… Quand il chasse son goût pour l’exotique, on peut entendre des relents de La Monte Young ou d’Alan Licht (sur Ziqiel, sans doute le plus beau morceau de la cassette). On suivra donc l’évolution de son folk expérimental…

Thomas Barrière : Primaire (Cassauna Tape Company)
Edition : 2014.
K7 / DL : A1/ Shemêhaza A2/ Crossroads A3/ Rapaces – B1/ La danse des singes B2/ Harmattan B3/ Ziqiel
Pierre Cécile © Le son du grisli

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