Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire











Interview de Michael EspositoTalweg à ParisCahiers John Butcher
En théorie : l'improvisation par l'écritJohn ButcherEvan Parker

Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey, 2013)

glenn jones my garden state

Glenn Jones, avec sa guitare et son banjo, défrisera plus d’un hipster chercheur de pépites à quarante euros le vinyle rayé – pas soigné, le look, et d’un classique dans la fioriture ! Mais ce n’est pas là son principal mérite, non. Le principal mérite du guitariste est qu’il donne une actualité, et comme pour lui-même, à l’ « American Primitive Guitar » de John Fahey – ce qui ne l’empêche pas de rappeler parfois le jeu d’Egberto Gismonti ou de Ralph Towner (The Vernal Pool).

Parfois accompagné de Laura ou Meg Baird, Jones tisse un ouvrage (son troisième sur Thrill Jockey) un brin mélancolique, aux mélodies qui ont souvent la simplicité de l’évidence, qui illustrent une aventure de Buster Keaton (Accross the Tappan Zee) ou adressent un clin d’œil à Charles Ives (Like A Sick Eagle Looking at the Sky). Capodastre tendu, arpèges et lignes de basse assurés, tapping, picking, pull-off… tout concourt à mettre au jour le goût d’hier qui coule dans les veines de Jones.

Et comme par enchantement, folk, country, blues, se mélangent au profit d’une légèreté musicale / bande-son de beaux moments contemplatifs (il arrive à Jones de dialoguer avec un orage ou le vent dans les arbres) et même parfois : poignants (Berger County Farewell, à déguster ci-dessous).

Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Chimes 02/ Across the Tappan Zee 03/ Going Back to East Montgomery 04/ Blues for Tom Carter 05/ The Vernal Pool 06/ Alcouer Gardens 07/ My Garden State 08/ Like a Sick Eagle Looking at the Sky 09/ Bergen County Farewell 10/ Chimes II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Walter Zimmermann : Songs of Innocence & Experience (Mode, 2012)

walter zimmermann songs of innocence & experience

Quand Walter Zimmermann parle de « songs », il veut dire pièces de musique de petite taille, si ce n'est pièces de musique à l'horizontalité contrariée. Et quand il parle d’innocence et d’expérience, outre l'évocation de William Blake, il s’agit pour lui de se faire comprendre par le Sonar Quartett qui interprète ici l'intégrale de ses compositions pour quatuor à cordes.

Songs of Innocence & Experience couvre une période d'une trentaine d'années. Fränkische Tänze, qui date de 1977, tire sa saveur des dix chansons dissonantes qui se succèdent et cherchent le bon ton sur un très long bourdon (qui est même l'affaire d'un drone Quartet). Songs of Innocence & Experience, composé entre 1996 et 2004, c'est cette fois vingt-trois ritournelles qui font appel à des voix d'enfants, à la poésie d'Allen Ginsberg, à une flûte, à des bandes... La musique populaire est devenue savante, et la musique savante... d'une légèreté que s'interdit souvent la musique populaire. Entre les deux, Keuper et Festina Lente s'adressent à des danseurs qui devront disparaître, réapparaître, disparaître encore.

Le deuxième CD renferme Die Sorge geht über den FlussSuzanne Zapf joue seule, va de « fausse » note écrite en silence avec une tension désarmante, et ce, que son archet soit épais ou ultra fin. Nikolaus Schlierf se fera lui remarquer sur Taula/Novo Ben, que Zimmermann a écrit pour instrumentiste qui doit aussi savoir chanter. Enfin, c'est Fränkische Tänze qui nous revient dans une autre version : le Sonar Quartett l'interprète cette fois sans drone quartet. Le folklore est galant, d'une veine néo-classique qui donne d'autres couleurs à cette composition indispensable, comme l'est Walter Zimmermann dans le champ du contemporain sans oeillères.

Walter Zimmermann : Songs of Innocence & Experience (Mode)
Edition : 2012.
2 CD : CD1 : 01-10/ Fränkische Tänze (1977) 11/ Keuper : pour quartette strings 12-15/ Festina Lente 16/ Songs of Innocence & Experience – CD2 : 01-02/ Die Sorge geht über den Fluss 03-04/ Taula/Novo Ben 05-14/ Fränkische Tänze
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Zeitkratzer : Songs / Helium Clench : Sieve (Bocian, 2012)

zeitkratzer songs

Un intérêt pour le format ou l’exercice n’arrive pas toujours à changer un musicien adepte d’expérimentations en convaincant faiseur de chanson. N’empêche : avec la même ardeur qu’il mit à envisager la musique folklorique (Volksmusik), le Zeitkratzer de Reinhold Friedl s’essaya au genre lors de concerts donnés en 2011 en Slovénie et Croatie.

Passée une introduction d’une électronique démontée que dompte avec aplomb la voix de fausset de Mark Weiser, les arbres reproduits sur la pochette du disque révèlent l’existence d’oiseaux fabuleux : pic-vert narcoleptique et germanophone en quête d’Existenz ou coucou à bosses estampillé (sous les sous-caudales) Frank Gratkowski.

Engageant, l’enregistrement peine malheureusement à tenir ses promesses. C’est que l’étrangeté –  la rareté voire – des premiers sillons laisse peu à peu la place à un proto-folk sans entrain qu’alourdira encore un penchant pour le carnaval ou la grimace tribale. Tant pis.

Zeitkratzer : Songs (Bocian)
Enregistrement : Avril 2011. Edition : 2012.
LP : A1/ Krrr A2/ Bieps A3/ Children A4/ Sweet – B1/ Loop B2/ Waltz B3/ Sweet B4/ Groove
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

helium clench sieve


Autre référence Bocian, Sieve est l’œuvre du duo australien Helium Clench (David Brown et Tim Catlin). Guitares de tout acabit, préparées ou non, y servent une improvisation expérimentale qui crache, expectore ou grince à force d’interroger cordes grêles et mobiles rouillés. Comme l’ensemble manque de cohérence, le premier disque du duo en appelle un second.

Helium Clench : Sieve (Bocian)
Edition : 2012.
LP : 01/ Helium Clench 02/ Itchy 03/ Cork Interlude 04/ Destroy Occipital 05/ Fuzz Factory 06/ Sand Sellers 07/ Kitten's Dream 08/ Ring Accretion 09/ Wet Bells 10/ Wind Sieve 11/ Gathering of Shades 12/ Headstock Interlude
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Under the Carpet : Under the Carpet (Ruptured, 2012)

under the carpet

Comme dans les moutons de poussière que l’on glisse discrètement sous la carpette, il y a de tout dans l’Under the Carpet d’Under the Carpet (Stéphane Rives au laptop, Fadi Tabbal à la guitare élec-trique et Ipad, Paed Conca à la basse électrique et à la clarinette) : de l’expérimental, de la pop, du néo folk, de l’ambient, de l’indus mignon, de la proto dance… et tout ça improvisé.

Ca commence d’ailleurs plutôt bien avec des structures rythmiques qui se chevauchent, une belle guitare électrique sur le feu mais on a bien vite l’impression que le groupe se défoule en passant d’un style à l’autre sans avoir de vision d’ensemble de ce que doit être son magma sonre. Peu avant la moitié du CD, on commence à jouer de racks d’effets sans se montrer ni dans le jeu ni dans le son vraiment original. Après ça c’est la grand naufrage, un saxophone branchouilli-free, une boîte à rythmes branchouilli-ringarde, une guitare branchouilli-héroïque ou des bidons-reverses se montrent incapables d’intéresser. On attend quand même la suite, qui sait ?

Under the Carpet : Under the Carpet (Ruptured)
Edition : 2012.
CD : Under the Carpet
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Neil Carlill, Charles-Eric Charrier : 5 Little Elephants (Twindaisies, 2012)

neil carlill charles-eric charrier 5 little elephants

Acteur à part de la scène indépendante française, on le connaît entre autres sous le pseudonyme d’Oldman, Charles-Eric Charrier n’a guère froid aux yeux quand il se lance dans l’agitation de traviole. Après un excellent Silver paru len 2011 sur la passionnante maison Experimedia, où il complotait du jazz sous ombre post-rock, mais aussi après avoir tranché les intrigues blues de son spoken word enfumé sur Oldman, le Nantais s’associe au songwriter anglais Neil Carlill, homme aux multiples collaborations du haut de ses 45 ans, tel un rappel acoustique de la très réussie rencontre entre Christophe Bailleau et Neal Williams.

Après un début qui évoque sans broncher l’œuvre bricolo de Pascal Comelade, et qui donne l’occasion de se familiariser au chant revêche de l’ex-membre de Lodger, 5 Little Elephants s’oriente dans une direction folk étonnamment foldingue – où toute ligne droite est proscrite. Autant la démarche peut surprendre, voire rebuter, dans les premiers instants, autant ses montagnes russes dadaïstes achèvent de convaincre au fil des minutes et des écoutes. A une condition toutefois, oublier toutes ses certitudes trop ancrées dans un monde sans aspérités ni angoisses.

Neil Carlill & Charles-Eric Charrier : 5 Little Elephants (Twin Daisies)
Edition : 2012.
CD / Téléchargement : 5 Little Elephants
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli 2013

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Maggie Nicols, Phil Hargreaves : Human (Whi, 2012)

hargreaves nicols human

Réalisé par correspondance, morceau après morceau, Human est un disque de poésie sonore et même parfois musicale. D’un expérimental peu commun mais qui ne convainc pas à chaque fois, il mêle la voix de Maggie Nicols (langages inventés, récitation d’onomatopées, respirations profondes), quelques field recordings (morceaux de nature attrapés) et mille instruments qui claquent ou bourdonnent sur le mouvement de Phil Hargreaves.

Seuls un vieil orgue miniature et sa boîte à rythmes dissipent le mystère que cet Human contient. Ailleurs, ce sont partout les chants instables d’un folk incantatoire et les tentatives désespérées de dire encore dans le sillage de l’improvisation libre d’hier. Au détour d’une plage ombreuse, Nicols délivre peut-être un message : « Yes, we are searching ». Les recherches tiennent de la quête ésotérique et du théâtre de poche. C’est donc de façon étrange qu’elles mettent au jour des traces d'expression qui charment, interrogent ou déroutent. 

EN ECOUTE >>> Human (10 premières minutes)

Maggie Nicols, Phil Hargreaves : Human (Whi Music)
Enregistrment : 2008-2012.
CD : Human
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 2013

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Laura Cannell, Rhodri Davies : Feathered Swing of the Raven (Brawl, 2012) / Rhodri Davies : Wound Response (Alt.Vinyl, 2012)

laura cannell rhodri davies swing of the raven

La flûtiste Laura Cannell et le harpiste Rhodri Davies ont enregistré Feathered Swing of the Raven lors d'une résidence en 2011. Ce qui signifie qu’ils ont appris à se connaître, à jouer ensemble, à s’écouter, pour le meilleur du disque (d'autant plus prenant qu'il est court) qui résulte de leur rencontre.

On dirait les flûtes taillées dans du bois flotté et que la harpe s'évapore à leur approche. Si les drones qu’elles conçoivent « collent » à l’air du temps, elles sont aussi soumises à des influences qui enrichissent le dialogue (organum, faux-bourdon et baroque, mais aussi ambient pittoresque et folklore primitif que sert particulièrement bien la voix de Cannell). C’est d’ailleurs dans cette dernière région que le duo choisit de s’installer définitivement. Placé dous le signe du corbeau, son campement est un repère agréable où l’on chérit le romantisme de Keats et les jeunes femmes de Burne-Jones.

EN ECOUTE >>> Desperada

Laura Cannell, Rhodri Davies : Feathered Swing of the Raven (Brawl Records)
Enregistrement : décembre 2011. Edition : 2012.
CD : Feathered Swing of the Raven
Héctor Cabrero © Le son du grisli

rhodri davies wound response

Seul mais amplifié, Rhodri Davies a pensé Wound Response : abandonnant drones et notes en suspension, ce n’est plus son discours musical que le harpiste « réduit », mais à la place son instrument. Changé en piano à pouces – sanza, kalimba ou mbira, au choix –, la harpe décoche des notes qui souvent saturent et enchaînent des motifs d'un minimalisme d’expression furieuse. Noter que la couverture de ce bel objet – épuisé déjà – profite de dessins de Jean-Luc Guionnet.

Rhodri Davies : Wound Response (Alt.Vinyl)
Edition : 2012.
LP : Wound Response
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 2013

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Joëlle Léandre : Wols Circus (Galerie Hus, 2012)

joelle léandres wols circus le son du grisli

Les dernières nouvelles données par Joëlle Léandre dataient des suites d’une opération : patte désormais réparée. En attendant le retour sur scène de la contrebassiste, se pencher sur ces travaux composés inspirés des dessins d’Otto Wols. « 12 compositions pour contrebasse d’après 12 gravures de Wols » : voilà le sous-titre de Wols Circus et sa quasi complète explication.

Voir, c’est fermer les yeux, écrivit en son temps le tachiste. Pour avoir bien regardé la douzaine de gravures, Léandre la raconta comme personne le 30 novembre 2011 à la Maison rouge à Paris…  Yeux fermés, la contrebassiste se souvient aussi bien des trajectoires déposées sur le papier que des notes qu’elle accrocha à la partition : microtonale, elle murmure, vibrionne ou laisse venir à elle tous les chants parasites ; d’envergure, elle prend à la gorge un air d’un classique nouveau (Ohr), mélange d’un archet vif des blanches et des noires, donne enfin au fantôme la voix qui lui manquait.

Qui de Wols ou de Léandre a pris possession de l’autre ? Après avoir marié l’urgence de l’improvisation à la folie de son écriture, la contrebassiste crie « assez ! » Le temps que la musique retombe, et voici terminé un enregistrement qui fera – non pas tache mais – date.

Joëlle Léandre : Wols Circus (Galerie Hus / Instant Jazz)
Enregistrement : Edition : 2012.
CD : 01/ Grosse Tache 02/ Grosse Sterntache 03/ Herz 04/ Topographie 05/ Drei Vignetten auf Einem Blatt 06/ Kleiner Fleck 07/ Stadtzentrum 08/ Ohr 09/ Dunkle Stadt 10/ Baumhaftes 11/ Gesicht 12/ Die Stadt-quer
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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La vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors, 2012)

le retour de la Vierge de Nuremberg le son du grisli

Elle aurait pu ne pas être originaire de Nuremberg, Dieu que cette Vierge aurait été pareillement affolante ! Dedans, tout ce que Jean-Noël Cognard et ses amis ont envie d’y fourrer (le rock bagarreur version France 3 Régions des débuts m’a quand même fait craindre le pire)…

Après quoi c’est du meilleur, et même du bon : une trompette (oui oui, celle de Berrocal) qui rend hommage à Don Cherry, une guitare et un saxophone qui s’affrontent à fleurets empoisonnés, une voix féminine (en anglais ça passe, en français pas loin de casser) qui pousse un air d’Americana (la trompette s’y envolera), des loops et des reverses qui dégomment tous les clichés du rock. C’est quoi donc en fait ? Une brocante farfelue qui surprend sans arrêt et où le charme agit même parfois.

La Vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
LP : A1/ Malpartida A2/ Constantinople A3/ Soundcheck A4/ Die Nacht A5/ Asba A6/ Kiss My Blood – B1/ Rock'n'Roll Station B2/ Karambolage B3/ Kurzshluss B4/ Carmilla B5/ Les Ghoules
Pierre Cécile © le son du grisli

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Ce jeudi 13 décembre, La Vierge de Nuremberg se produira au Cirque électrique (Paris), dans le cadre d'une carte blanche offerte à... Chantal morte.

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Vinny Golia : The Ethnic Project (Kadima Collective, 2012)

vinny golia the ethnic project

Pour goûter les rencontres de Vinny Golia avec des contrebassistes – d'Haunting the Spirits Inside Them... (Music & Arts, 1992) à Mythology (Kadima Collective, 2000) en passant par 11 Reasons to Begin (Music & Arts, 1996) –, comment être déçu par The Ethnic Project, qui donne à l’entendre souffler en instruments exotiques (danso, moxeneo, kaval, ganzi, zurla, nokhan, tarogato, hulusi…) aux côtés de Joëlle LéandreLisa Mezzacappa, Barre Phillips et Bertram Turetzky ?

Déstructurations ludiques ou paysages miniatures avec Philipps, batailles prestes ou recherches sonores avec Léandre, délicats pas de deux ou chant de la terre avec Mezzacappa, harmonies rares et opposition féroces avec Turetzky – qui va de coups d’archet saillant en claques magistrales –, voilà les manières qu’a Golia de faire sien l’instrument rare. En conclusion, il joue seul et enregistre sur plusieurs plages des cornemuses écossaises en hommage à Paul Dunmall. De quoi revoir toute définition de l'ethnique.   

Vinny Golia : The Ethnic Project (Kadima Collective)
CD : 01/ Viba2 02/ Vibe6 03/ Vijo1 04/ Vili4 05/ Vibe5 06/ Viba4 07/ Vijo3 08/ Vili5 09/ Viba6 10/ Vili7 11/ Vibe1 12/ Vibe4 13/ Vijo2 14/ Viba5 15/ Bonus Track (dedicated to Paul Dunmall)
Enregistrement : 2011/ Edition : 2011.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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