Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
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Gaap Kvlt : Jinn (Zoharum, 2016)

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Je me suis toujours méfié de l’incorporation des appels à la prière (muezzin ou autre) dans la musique. Mais là, je veux dire… un hommage à Paul Bowles en pleine frénésie PompidouBeat… version downtempo ? Et de beats, justement, il est ici (le second disque de Gaap Kvlt) question… piano pianissimo… avec des loops diverses qui rappelleraient Long Fin Killie de temps en temps (mais en plus lent).

Une ambiance ressort donc, mais pas forcément de Tanger... Plutôt le genre de truc crépusculaire qui va bien au Jinn du titre du CD. Les Jinn (de l’arabe) ce sont ces esprits invisibles qui nous frôlent un peu partout : celui de Gaap Kvlt ce serait alors le fantôme de Bowles ? Sur différents beats (parfois techno à grosse basse, bizarrement mais bizarrement qui passe), un progamme ou des voix à deux cordes vocales du noise, le revoilà qui danse et se trémousse jusqu’à ce qu’il regagne ses pénates. Oserais-je écrire (en ai-je même le droit ?) que le jinn sied bien à notre écrivain beat ?

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Gaap Kvlt : Jinn
Zoharum
Edition : 2016.
CD : 01/ Prayer 02/ Abu Kamal 03/ Bou Rattat 04/ Peninsula 05/ Prayer 8 (Death) 06/ Larache 07/ Tangsir     08/ Ovidius 09/ Vient
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Gudrun Gut : Vogelmixe (Run United, 2016)

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J’aurais bien (avec plaisir même) fait escale à Berlin pour m’envoler avec Gudrun Gut pour un tour du monde. Les avions nous auraient trimballés dans les pays d’où proviennent les airs traditionnels qu’elle a remixés. D’un coucou à l’autre, j’en aurais sûrement appris sur Einstürzende Neubauten ou Malaria! (subtile moyen pour moi de vous rappeler qui est Gudrun), mais bon.

Non, pas de voyage, mis à part celui que j’ai fait en musique en écoutant le deuxième CD de Vogelmixe. Lesdites chansons (au nombre de huit) y sont présentées dans leur version originale, et elles m’ont permis de découvrir Trio Fado ou Ricardo, Rafael y Pedro (j’ai été moins emballé par les titres africains, pour ne rien dire du refrain allemand du groupe Heide).

DJ émérite (et même grande prêtresse radiophonique) Gut n’a bien sûr ni inventé le remixe, ni la house, ni le chill-out, ni la robotik… Rien de nouveau sous le ciel gris, alors, juste des relectures qui fleurent parfois le Marrs ou le Kraftwerk, avec un léger supplément d’âme expérimentale. Plaisant, donc, mais de loin. De Bruxelles, ça va. Tant qu’on ne me retire par mes galettes de Malaria!, tudo bem.



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Gudrun Gut : Vogelmixe
Run United
Edition : 2016.
2 CD : Vogelmixe. Gudrun Gut remixes Heimatlieder aus Deutschland Vol. 2

Pierre Cécile © Le son du grisli

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Automatisme : Momentform Accumulations (Constellation, 2016)

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Derrière Automatisme se cache un homme (du moins, un Canadien) : William Jourdain. M. Jourdain est un producteur adepte de l’autoproduction – un autoproducteur, en somme – mais cet album sort sur Constellation. C’est donc une présentation de son travail électronique (electronica, rhythm, ambient, drone…) depuis 2013 bien qu’il soit actif depuis le milieu des années 1990.

Le rythme est toujours bien présent sur les six morceaux choisis et le minimalisme en semble le fil rouge. L’écoute n’est pas désagréable et quelques sons de basse valent le coup d’oreille, mais on ne trouve pas grand-chose de neuf là-dedans. Du post (voire du sous) Alva Noto / Four Tet / Kruder & Dorfmeister / Pole… Peut-être pas suffisant pour le moment…


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Automatisme : Momentform Accumulations
Constellation
Edition : 2016
CD / LP / DL : 01/ Transport 1 02/ Simultanéité 3 03/ Transport 2 04/ Sumultanéité 1 05/ Transport 3 06/ Simultanéité 4
Pierre Cécile © Le son du grisli

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André Gonçalves : Currents & Riptides (Shhpuma, 2016)

andré gonçalves currents & riptides

Collaborateur de Kenneth Kirschner (sur Resonant Objects) ou de Richard Gareth & Ben Owen (dans l’international project EA), ingénieur chez les fabricants de synthés analogiques ADDAC Systems, André Gonçalves accouche (presque seul) de deux plages d’électronique à couches pour le label Shhpuma « powered by » Clean Feed.

Avec Pedro Boavida au Fender Rhodes, notre Portugais entame l’enregistrement sur une (et une seule) note de synthé modulaire (à moins que ce ne soit un feedback de guitare) qu’il fait tenir plus de quatre minutes. C’est fragile et haletant à la fois, mais malheureusement ça ne dure que le temps annoncé. Plus rien d’haletant après mais des tas d’aigus de synthé sur des voix préenregistrées sur des guitares qui trifouillent sur des bruits de jacks branchés à l’arrache... Un fatras laborieux.

Mais ce sera mieux sur l’autre piste. Avec Rodrigo Dias à la basse et Gonçalvo Silva à la guitare (attention, leurs présences sont très très discrètes), il fait gonfler une ambient à reverses (pas renversante mais) qui s’écoute bien quand même, entre Lawrence English et Taylor Dupree. Cette fois, on garde. Et d'ailleurs, avec le plus modeste des logiciels d’enregistrement disponibles gratuitement sur internet on peut découper les quatre premières minutes du premier pour les conserver précieusement.  



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André Gonçalves : Currents & Riptides
Shhpuma / Orkhêstra International
Edition : 2016.
CD : 01/ Long Story Short 02/ Will Be Back In A Few
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Frank Benkho : A Trip To the Space [Between] (Clang, 2016)

frank benkho a trip to the space between

Une orgie de synthétiseurs, signée Frank Benkho. On est presque habitués, deux après son The Revelation According To... où le Chilien se présentait au monde avec des armes du même acabit. On en avait gardé un bon (et lointain) souvenir. Bad news for him, la prolongation dans nos mémoires n'est plus garantie sur A Trip To The Space [Between].

Quelques effets kosmische typés seventies essaient de nous faire tripper. C'est loupé, ça sonne plus ringard que vintage. Dans le genre, autant rester sur le mystère Ursula Bogner. Ou bien ça se lance en marche de Raster-Noton, ça fait sourire, c'est déjà ça. Puis, ô audace, un compteur Geiger répond à la convocation, il n'a pas lu la date de péremption, c'est ballot. Merde, on est passé à deux doigts d'un grand disque. S'il était sorti en 1976. Pas de bol, on est quarante balais plus tard.



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Frank Benkho : A Trip To the Space [Between]
Clang
Edition : 2015.
DL : 01/ Escapte to Planet Mars 02/ Deep Love Beneath Earth 03/ Jogging on Venus 04/ The Space Between Us 05/ No Money, No Planet 06/ The Brightest Object On the Night Sky
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Ytamo : Mi Wo (Room40, 2016)

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Au début, on ne pige absolument rien. Trois minutes dans le vide, c'est long. Et puis, bam le miracle, signé Ytamo, nommé Mi Wo ! On se laisse porter, sans trop savoir comment. Ni pourquoi. Juste par une multitude de sons que, séparément, on dédaignerait d'un air blasé. L'alchimie opère, c'est magique.

L'abstraction électronique plante le décor, l'électro pop de l'artiste japonaise nous ramène sur les terres de Tujiko Noriko, on sent poindre des envies de Véronique Vincent et d'Aksak Maboul. Chaque titre s'envole vers le large, un goût de saké avant de détendre les gambettes. De la légèreté avant tout, elle aurait pu être signée Felix Kubin qu'on l'aurait cru. On n'est pas à Hambourg ou à Bruxelles, c'est Osaka qui vient à nous. C'est encore mieux, c'est même sensationnel. Tiens, il parait que les billets vers le Japon sont en promo, plus une seconde à perdre.



mi wo

Ytamo : Mi Wo
Someone Good / Room40
Edition : 2016
CD : 01/ Hamon 02/ Autopoiesis 03/ Colorfoul Waves 04/ Human Ocean 05/ Hen 06/ You Me 07/ 100 Bird Stories 08/ Sensorial Area
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Sourdure : La virée (Tanzprocesz / Astruc, 2015)

sourdure la virée

Pour présenter vite et bien (autant que faire se peut) Sourdure on dira que Sourdure c’est Ernest Bergez et qu’Ernest Bergez fait (bien) normalement de la musique électrique dans le duo Kaumwald (enchanté). Ce qui ne m’a pas empêché d’écouter son Sourdure de disque qu’est La virée.

Avec des invités (Jacques Puech, El-g, Karelle, Françoise et Michel Tournilhac, Laura Mentik + l’intéressante Clémence Cognet à la voix), Bergez fait sien un répertoire de chansons traditionnelles avec de drôles de voix, des instruments exotiques (genre gambri, cornemuse…) et des inserts d’électrobidouille. Le mélange est détonnant, surtout sur les trois premiers titres où l’on croirait entendre une fiction sonore virant psychédélique où se croiseraient Oum Khalthoum, Ghédalia Tazartès, Burger & Cadiot, les Fabulous Trobadors et Ramuntcho Matta.

Malgré sa cradélectro fastoche et ses samples de base, Sourdure tient le cap sur trois pistes. Mais au-delà, il s’écoute et c’est dommage : à force de se la jouer bizarre on n’en est que plus normal, et l’anormalité qui faisait le sel des trois premiers titres a fini par se gâter. On retiendra quand même les chants du départ de La virée, en attendant la prochaine.


la virée

Sourdure : La virée
tanzprocesz / Astruc
Edition : 2015.
CD : 01/ Bonsoir belle bergère 02/ Joana d’aime – lo mes de mai lo mes d’abrieu 03/ Quand io zere chas ma maïre 04/ Marion dins son jardin 05/ Les quinze segments 06/ L’ergot-loupe 07/ Retirez-vous gens de la noce/La genta nóvia 08/ Jésus s’habille en pauvre – l’assona fantauma 09/ Pour aller voir Virginie 10/ Dans le ventre de la maison huileuse
Pierre Cécile © Le son du grisli

sp logo grisliSourdure est à l'affiche du festival Sonic Protest, qui se déroulera à Paris, Montreuil et ailleurs, du 2 au 15 avril. Le 6, il jouera à l'église Saint-Merry avec Ellen Fullman et William Basinski.

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Andreas Trobollowitsch : Roha (Crónica Electronica, 2016)

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Je dois avouer que le « basé à Vienne » Andreas Trobollowitsch (la moitié d’Acker Velvet, que je ne connaissais pas, & de Nörz que j'avais déjà entendu) m’a fait asseoir et m’a inspiré du respect dès le premier titre de son (pas long) Roha (pourtant, c’était comme un drone sourd, rien que ça, qui me tournait autour…).

Je suis donc resté assis et j’ai écouté la suite. Toute la suite. De 1 à 8. Des pièces électroacoustiques qui donnent du rythme et de la boucle (pour ne pas dire de la « répétition »), dans le bizzaroïde en planque, dans le piano d’un autre âge qui souffrète d’accords carrés, et même dans le métal qui gangrène !

Lui qui joue de tous les instruments sauf quand il se sert de la batterie de David Schweighart ou de la contrebasse de Manuel Brunner (un titre pour chacun), comment Trobollowitsch fait-il pour donner le change d’une piste à l’autre ? Après écoute, j’en ai conclu que son instrument de prédilection est le piano. Comment expliquer la place que prennent le rythme et l’électronique dans son jeu ? A tel point qu’on pense à Radian ou Heaven And alors que l’Andreas est seul et bien seul. Et nous seul (aussi) avec nos questions. Mais si bien avec !



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Andreas Trobollowitsch : Roha
Crónica Electronica
Edition : 2016.
CD : 01/ 1’11’’ 02/ Ratt 03/ Tapco 04/ Tuul 05/ i.ii 06/ Ssbeat 07/ Zain 08/ Klavirzinho
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tim Hecker : Love Streams (4AD, 2016)

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C’est bizarre, la musique d’aujourd’hui. Souvent ça patauge dans les références et ça se contente de tout mélanger sans qu’il se passe grand-chose. Ce qui n’empêche pas qu’on écoute : c’est la fatigue qui explique et puis (après tout) y’a des mélanges qui tiennent.

Prenons le dernier CD de Tim Hecker par exemple, Love Streams, à sortir sur 4AD (jusque-là, c’était Alien8 & Kranky qui s’étaient chargés des recs du Canadien). Moins sombre que certains de ses précédents, ce sont pourtant les mêmes collages synthétiques (beaucoup de claviers dans l’affaire) où s’immiscent des loops d’instruments acoustiques (clarinette basse, luth, steel-pan…) et des voix (d’un liturgique souvent grotesque, au Cocteau Twins / Bel Canto exacerbé).

Sa pop ambient, Hecker la voudrait complexe mais elle n’est que trop chargée. Les voix beuglent pour se faire entendre au-dessus d’une prototechno dislexique… La lutte pourrait être belle faute d’être originale mais plus les secondes passent plus le mélange s’avère indigeste. Trop de sucre épaissit le sirop et c’est donc au risque de s’engluer qu’on parcourra Love Streams.

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Tim Hecker : Love Streams
4AD
Edition : 2016.
CD / LP / DL : 01/ Obsidian Counterpoint 02/ Music of the Air 03/ Bijie Dream 04/ Live Leak Instrumental 05/ Violet Monumental I 06/ Violet Monumental II 07/ Up Red Bull Creek 08/ Castrati Stack 09/ Voice Crack 10/ Collapse Sonata 11/ Black Phase
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Machinefabriek : Wendingen (Zoharum, 2016)

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Il est difficile de suivre l’actualité de Machinefabriek, alors autant s’attaquer à la chronique du dernier disque en date et faire comme si c’était un choix… Enfin, je veux dire, dans le cas de Wendingen, c’est quand même un choix, car le CD compile des remixes de morceaux qui datent d’entre 2005 et 2015… Ce qui devrait donner un aperçu satisfaisant du travail de Rutger Zuydervelt.

Si je ne connais pas tous les treize groupes ou musiciens remixés, je peux dire qu’ils officient dans des genres parfois différents (n’est-ce pas The Moi Non Plus, Amon Tobin, De la Mancha ou Coppice ?) à en croire les éléments d’origine encore présents dans les remixes. Maintenant, saluons les efforts de Zuydervelt.

Car qu’il repeigne les façades sonores dans une veine ambient-claustro, construct-downtempo ou psyché-dronisant (j’ai déposé hier tous ces termes, ils sont donc à moi) ou qu’il procède par couches successives qui oppressent le ou les musiciens qu’il devait retoucher, Zuydervelt impose sa patte tout en laissant affleurer le son d’origine. Autant dire que ce n’est pas donné à tout le monde, et quand en plus ça atteint des sommets comme sur une relecture de Fieldhead ou de Coppice, alors là : félicitations à la remixfabriek !

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Machinefabriek : Wendingen
Zoharum
Enregistrement : 2005-2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Mensenkinderen : Een Blauwe Maandag (Machinefabriek Remix) 02/ Wouter van Veldhoven : Schetsje (Machinefabriek Remix) 03/ Fieldhead : Songs Well (Machinefabriek Remix) 04/ Aaron Martin : Necks Of Wire (Machinefabriek Remix) 05/ Coppice : Hoist Spell (Machinefabriek's Philicorda Version) 06/ De La Mancha : Release All Night (Machinefabriek Remix) 07/ The Moi Non Plus : Where Is Everything (Machinefabriek Remix) 08/ Djivan Gasparyan : Moon Shines At Night (Machinefabriek Remix) 09/ Amon Tobin : Lost & Found (Machinefabriek Deconstruction) 10/ Gareth Hardwick : Lost in the Memory (Machinefabriek Remix) 11/ Fiium Shaarrk : Krypton Tunning (Machinefabriek Remix) 12/ Vladimir : Compare & Contrast (Machinefabriek Remix) 13/ Red Stars Over Tokyo : Guilded Houses (Machinefabriek Remix)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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