Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Diatribes : Great Stone / Blood Dunza (Aussenraum, 2015) / Diatribes : Augustus (Insub, 2013)

diatribes great stone blood dunza

Jamais trop occupés, D'incise & Cyril Bondi transformaient récemment, sous l’influence de King Tubby, deux pièces de dub des années 1970. Et le divertissement opère.

A la vitesse qu’un dubplate fiché dans le sable mettrait à fondre au soleil, le duo réduit ses instruments (mélodicas, micros, haut-parleurs…) en poudre et en filtre les sons. Diffuse, alors, une électroacoustique où les basses et les vibrations rivalisent d’équilibre sur mille plateaux tournant. Désarticulé, le dub encore promis est ensuite filé : consolidé par un rythme minuscule ou un drone défaillant sur Blood Dunza ou ouvragé par quelques basses fuyantes sur Great Stone – ici, la subtile progression du duo rappelle le YMCA d’Alan Licht ou le Pablo, Feldman, Sun, Riley de Dax Pierson et Robert Horton. Inspirés par le dub, Diatribes signe là une référence indispensable de sa discographie.


Diatribes : Great Stone / Blood Dunza (Aussenraum)
Edition : 2015.
LP / Téléchargement : A/ Blood Dunza B/ Great Stone
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

diatribes augustus

S’il faudra de toute façon télécharger Augustus, l’objet du même nom existe : poster enfermé dans une pochette de carton noire. Au son, c’est une musique du temps qui passe et même de temps à passer dans la rumeur d’un tambour grave et le chant de réductions mécaniques qui, détachées de tout si ce n’est de l’instant qu’elles marquent, font la ronde.

Diatribes : Augustus (Insub)
Edition : 2013.
Téléchargement : 01/ Augustus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Michael Rodach, Burkhard Schlothauer, Andreas Weiser : Fuzzylogics (Timescraper, 2015)

michael rodach, burkhard schlothauer, andreas weiser fuzzylogics

Voilà un CD qui ne brille ni par sa couverture ni par son titre. Était-ce une raison pour délaisser le meeting Michael Rodar / Andreas Weiser (un guitariste et un batteur passés par la fusion dans Die Elefanten dès le début des années 80) et le violoniste Burkhard Scholthauer (qui a à son actif plusieurs références Wandelweiser) ?

Non, bien sûr. D’autant que le guitariste a sorti des pédales d’effets qui (selon toute logique) ont donné la trame du projet (et nom du trio) Fuzzylogics. La distorsion de la fuzz, d’accord, mais pas que... Jugez : chorus, overdrive, pitch shifter, trémolo… ? N’en jetez plus, il y a déjà de quoi tisser pas mal de tapis sonores que le violon et la batterie sont prêts à secouer. Et cela donne huit morceaux, mais huit morceaux liés les uns aux autres, comme les séquences d'un même fuzzyfilm.

On passe  donc du krautrock mâtiné de dub à de l’impro à drones ou à une sorte de prog rock halluciné. Malheureusement, malgré les différentes séquences, rien n’est jamais bien neuf (c’est même un peu vieillot) ni très inventif. Nul doute : un vieux Rhys Chatham et un Can passés en même temps nous auraient fait plus… d’effets !

Michael Rodach, Burkhard Schlothauer, Andreas Weiser : Fuzzylogics (Timescraper)
Enregistrement : 2011. Edition : 2015.
CD : 01-08/ Fuzzylogics
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Lasse Marhaug, Bruce Russell : Virginia Plane (The Spring Press, 2013)

lasse marhaug bruce russell virgina plane

Ce n'est pas la première fois que Bruce Russell et Lasse Marhaug collaborent. Mais Virginia Plane – où le label The Spring Press nous promet de la musique concrète, du dub, des power electronics et du free noise – pourrait être à ce jour l'ouvrage le plus concluant qu'ils aient fabriqué ensemble.

Quatre morceaux par face de trente-trois tours gondolé à force de cracher des bruits qui piquent (marteau piqueur ou machine à coudre, M. Marhaug ?), motorisent, grincent, percutent (des bols ou un piano), déferlent en canalisations creusées profond, croulent et explosent sous le chutes de gravats, etc. Musique concrète : ok. Power electronics & free noise : ok.

Pour le dub, il faut attendre les sirènes en rut de Pyjamarama (un nom comme un autre) qui dansent sur du melodica étendu et bien sûr Numberer Dub. Mais, on s'en doutait, ce dub est loin d'en être, car il est plutôt récréation avant qu'un orgue ne revienne en démontrer. Ses drones résistent à l'appel des crépitements sur une conclusion, In A Dream-Home, qui résumerait à elle seule  l'attraction qui fait que Marhaug et Russell jouent régulièrement ensemble : le goût des bruits que tout oppose et qui pourtant s'arrangent au poil.

Lasse Marhaug, Bruce Russell : Virginia Plane (The Spring Press / Metamkine)
Edition : 2013.
A01/ Both Ends Burning A02/ Remake/remodel A03/ For Your Pleasure A04/ The Numberer B01/ Do the Strand B02/ Pyjamarama B02/ Numberer Dub B03/ In a Dream-home
Pierre Cécile © Le son du grisli

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NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN, 2012)

nhk koyxen dance classics 1

Producteur aux innombrables pseudonymes (NHK, NHKyx, Koyxen...), Kouhei Matsunaga nous offre, le titre est suffisamment explicite, une sélection très vivace de ses divagations dancefloor. Largement à l'ouest de ses œuvres noise ou abstraites, notamment les morceaux basés sur Henri Chopin qu'il avait écrites pour la WDR de Cologne, l'artiste japonais évite, c'est très heureux, le piège de la monotonie kilométrique en 4/4 sur les onze pistes de Dance Classics Vol. 1 – dont plusieurs sont de simples transitions de moins d'une minute.

A vrai dire, l'ensemble est vachement fun tout en oubliant de nous prendre pour des veaux parqués au Blue Disco Club de Gueugnon – oui, celui entre l'Intermarché et Flunch. Variés et efficaces sans jamais franchir le seuil de la putasserie from Ibiza (think Berlin meets Osaka), les rythmes syncopés de NHK'Koyxen s'inscrustent avec bonheur entre techno dub(step) et video games experiences, voire électro-pop de traviole où ne manque qu'une ligne vocale black soul genre Shara Nelson. La bête s'intutulant Volume 1, ne reste plus qu'à espérer un second volet du même tonneau, celui-ci n'est pas des Danaïdes.

NHK.Koyxen : Dance Classics Vol. 1 (PAN)
Edition : 2012
LP : A1/ 587 A2/ 57 A3/ 476 A4/ 568_491 A5/ 638 A6/ 625 B1/ 521 B2/ 530 B3/ 55 B4/ 572_2 B5/614
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Vladislav Delay : Vantaa (Raster Noton, 2011)

vladislav_delay_vantaa

Habitué de la corde raide qui sépare l’indispensable (notamment sous son pseudonyme de Luomo) du secondaire, Vladislav Delay inaugure en ces premiers frimas une collaboration avec la maison Raster-Noton – souhaitons qu’elle soit aussi fructueuse que ses échappées aux côtés d’AGF et du Moritz Von Oswald Trio et, surtout, qu’elle laisse de côté les expérimentations foireuses genre Tummaa.

A vrai dire, et c’est devenu une habitude féroce chez Sasu Ripatti, on ne sait trop sur quelle jambe fricoter à l’approche d’une nouvelle étape de sa discographie, la dixième en l’occurrence. Variation dub techno épousant les contours élégants d’une minimale épurée, Luotasi imprime dès le départ un rythme faussement alangui – il éloigne sans doute définitivement le producteur finlandais des dancefloors en échange d’une galerie d’art contemporain où l’on guette le moindre pas transversal. Saccade ambient techno (en sourdine) d’une splendide beauté sonore, Henki est un temps fort de l’album, sorte de confrontation magnifiée entre Lawrence English et GAS dont on ressort grandi. Le troisième track, Lipite, s’inscrit en vrai marqueur de la plaque, qui résiste d’autant mieux aux écoutes prolongées que l’on met un frein à nos vies sans doute trop fébriles. Autre moment (presque) de grâce, Narri évoque, ô bonheur, un transfert espace-temps de la mythique série Made To Measure en notre décennie, version R-N indeed, alors que le morceau-titre renvoie à M. Wolfgang Voigt en mode dubstep pour élégants distingués. On aime.

Vladislav Delay : Vantaa (Raster-Noton)
Edition : 2011.
CD : 01/ Luotasi 02/ Henki 03/ Lipite 04/ Narri 05/ Vantaa 06/ Lauma 07/ Levite
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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