Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Balloon & Needle Compilation : Music Made with Balloon and/or Needle (Balloon and Needle, 2014)

Music Made with Balloon and or Needle

A l’intérieur de l’objet de carton, on trouve un ballon (rouge) et une aiguille (sous plastique) : le message est clair, on en fera ce qu’on voudra. Clair aussi, celui des deux disques qu’il renferme sous le titre Music Made with Balloon and/or Needle – souffle, menace, explosion…. parfois, le site du label Balloon & Needle délivre une note d’intention.

Certes, les dix-huit titres de cette compilation ne resteront pas tous dans les mémoires – c’est d’ailleurs là l’une des caractéristiques de la compilation – mais c’est presque un disque entier qui intéressera. Au son des discours chantés d’Eugene Chadbourne, des bizzareries qu’Attila Faravelli et Enrico Malatesta réservent aux objets proposés, des cris d’animaux terribles de Dave Phillips, de l’obsession digitale et frénétique de Judy Dunaway, des craquements de navigation de Ricardo Arias, des respirations industrieuses de Frans de Waard, des tremblements mécaniques d’Horio Kanta ou encore de l’impertinence d’Hong Chulki ou la conclusion de l’expérience d’EVOL… L’ailleurs se jouant entre noise et discrétion. Preuve qu’on peut faire – parfois plus qu’avec un saxophone ou une guitare – avec un ballon et une aiguille…

balloon

Music Made with Balloon and/or Needle
Balloon and Needle
Edition : 2014.
CD1 : 01/ Davide Tidoni : A Balloon for My Spine 02/ Judy Dunaway : Fracture 03/ Una Lee : 98 Needle Points 04/ EVOL : Three Hundred Grams of Latex and Steel in One Day (Outtake) 05/ Attila Faravelli / Enrico Malatesta : Senza Titolo (Parte 4 : Omaggio a Mr. Dark) 06/ Gen 26 (Matjaz Galicic) : KLK26 07/ Choi Sehee : Point, Line, Plane 08/ Benedict Drew : Balloon & Cymbal 2009 09/ Eugene Chadbourne : Election Day – CD2 :  01/ Jim Sangtae : Fifty Seven 02/ Ricardo Arias : Crackle (Low) 03/ Dave Phillips : Colony Collapse Disorder 04/ Horio Kanta : Mike Player 1 05/ Hong Chulki : No Balloon But a Needle 06/ Luciano Maggiore : Intorno #1 07/ Umeda Tetsiya : Use Paper As a Needle Put Microphone in a Balloon 08/ Frans de Waard : Ballon Mix 09/ Lee Miyeon : Needle and My Town
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Feedback: Order from Noise (Mikroton, 2014)

feedback order for noise

L’ordre venu du bruit (le bruit mis en ordre ?) – parfois au plus proche du silence (là où les acouphènes peuvent faire œuvre, elles aussi) – que cette compilation nous propose n’est pas nouveau. Son esprit l’est encore moins. C’est (déjà) qu’elle est le fruit d’une tournée organisée en 2004, au Royaume-Uni. C’est (ensuite) que ses  participants (Knut Aufermann, qui a pensé le projet et cette compilation, et puis Xentos Fray Bentos, Nicolas Collins, Alvin Lucier, Toshimaru Nakamura, Billy Roisz, Sarah Washington et Otomo Yoshihide) ont une réputation à entretenir, si ce n’est à défendre.  

Alvin Lucier, bien sûr, qui, avec Bird and Person Dyning, n’en compose pas moins une pièce qui convoque chants d’oiseaux et aigus de synthèse qui interrogent la résistance de l'oreille ; Otomo Yoshihide, aussi, qui, à force de vrombissements de guitares et de soubresauts de platines, organise un bel ouvrage de feedbacks (DDDD) ; Toshimaru Nakamura, encore, qui commande des déferlantes électroniques sur un silence capable de les avaler les unes après les autres (nimb 24/06/04) ; Nicolas Collins, enfin, qui, grâce à des machines de son invention, maîtrise de longs larsens et même d’impressionnantes oscillations (Pea Soup + Mortal Coil).

Et puis il y  a cet Order from Noise Ensemble, c’est-à-dire tous les musiciens (si ce n’est Lucier) chantant ensemble : qui se mettent à distance de tout bruit excessif (Lullaby), travaillent à un crescendo de noise définitivement sage (Block 3) ou étouffent le thème imposé (le feedback, rappelons-le) sous un coffre de graves (Block 2). Cette dernière prise est, comme quatre autres, illustrée par Roisz sur un DVD : si ses vidéos « péritel » n’apportent pas grand-chose au propos des musiciens – ni à l’œil de l’auditeur –, elles n’empêchent pas qu’on les entende : d’autant qu’au son de son duo avec Nakamura (CNS), la voici toute excusée.

Feedback: Order from Noise (Mikroton)
Enregistrement : juin-juillet 2004. Edition : 2015.
2 CD + 1 DVD : Feedback: Order from Noise
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Delmark, 55 Years of Jazz (Delmark - 2008)

Delsli55

Voici cinquante-cinq années que Bob Koester fonda Delmark, label de Chicago qui fête aujourd’hui cet anniversaire au son de 55 Years of Jazz, compilation éclectique, voire tolérante.

Là, trouver ainsi sur disque une sélection qui profite d’extraits de quelques grandes références (Equinox du tromboniste Curtis Fuller, In My Morning Song de Kalaparusha, ou encore Brainville de Sun Ra) aux côtés de tentatives musicales moins abouties (signées Yves François ou Deep Blues Organ). Et puis, un DVD revient sur les derniers films produits par le label : extraits de concerts de Fred Anderson, Ari Brown, Kahil El Zabar, Nicole Mitchell ou Chicago Underground, qui aideront l’amateur à faire son choix parmi les plus récentes références d’un label d’envergure. 

CD: 01/ Yves François : Lester Leaps In 02/ Deep Blue Organ Trio : Goin’ to Town 03/ King Curtis : Dynamite at Midnight 04/ Ted Sirota : Saro-Wiwa 05/ Curtis Fuller : Equinox 06/ Francine Griffin : It’s Crazy 07/ George Lewis : Doctor Jazz 08/ Malachi Thompson : Black Metropolis 09/ Kalaparusha : In My Morning Song 10/ Eric Alexander : Mode for Mabes 11/ Coleman Hawkins : Bu-De-Daht 12/ Sun Ra : Brainville 13/ Art Hodes : Panama Rag - DVD : 01/ Nicole Mitchell : Creator Has Other Plan for Me 02/ Ari Brown : Richard’s Tune 03/ Jazz O’Maniacs : My Baby 04/ Fred Anderson : Flashback 05/ Kahil El Zabar Ritual Trio : Big M 06/ Chicago Underground Trio : Power >>> Delmark, 55 Years of Jazz - 2008 - Delmark. Distribution Socadisc.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Vicki Bennett : Smiling Through My Teeth (Sonic Arts Network, 2008)

smilingthrewgrisli

Des liens (souvent tendus) qui unissent musique et humour, Vicki Bennett (People Like Us) dresse sur Smiling Through My Teeth un constat contrastant.

Parce qu’il convoque aussi bien les déflagrations extrêmes de Ground Zero qu’une Ouverture de Guillaume Tell revue par un Spike Jones partageant vraisemblablement avec John Zorn un goût appuyé pour les cartoons, ouvre une boîte à rires hallucinés comme fait confiance à un collage swing de John Oswald, joue des décalages attendus (pseudo lyrisme et hip-hop réunis par Komar & Melamid and Dave Soldier ou reprise de Take on Me signée Rank Sinatra) et exhume dans le même temps les Viennese Seven Singing Sisters à l’ironie involontaire. Au final, puisqu’il s’agissait davantage de traiter des façons d’aborder l’humour en musique et non d’en collecter les preuves les plus efficaces, pas toujours amusant : mais assez anecdotique et documenté pour réveiller tout pataphysicien endormi.

Vicki Bennet : Smiling Threw My Teeth (Sonic Arts Network)
Edition : 2008.

CD : 01/ Spike Jones and his City Slickers “William Tell Overture” 02/ Raymond Scott “Girl at the Typewriter” 03/ Paul Lowry “I Got Rhythm” 04/ Leif Elggren & Thomas Liljenberg “9.11 (Desperation Is The Mother of Laughter)” (edit) 05/ Komar & Melamid and Dave Soldier “The Most Unwanted Song” (edit) 06/ Ground Zero “China White” 07/ John Oswald “Pocket” 08/ Nurse With Wound “You Walrus Hurt The One You Love” (edit) 09/ Rudolf Eb.er’s Runzelstirn & Gurgelstøck “Eel Dog Rap Mix” (edit) 10/ Nihilist Spasm Band “It’s Not My Fault” (edit) 11/ ‘The Freddy McGuire Show’ with Anne McGuire, Don Joyce & Wobbly “Dark Days Bright Nights” 12/ Vomit Lunchs “Total Pointless Guidance Mix” (Stock, Hausen+Walkman) 13/ Gorse “Interlude” 14/ Rank Sinatra “Take On Me” 15/ DJ Carhouse & MC Hellshit “Motha Fuck Mitsubishi” 16/ DJ Brokenwindow “Kit Clayton vs. Roscoe P. Coltrane” 17/ Christian Marclay “Maria Callas” 18/ Viennese Seven Singing Sisters “William Tell Overture” 19/ M.A. Numminen, Tommi Parko, Pekka Kujanpää “Eleitä Kolmelle Röyhtäilijälle” 20/ Justice Yeldham and the Dynamic Ribbon Device “Berlin, Germany, 270104” (edit) 21/ Adach i Tomomi “Lippp” 22/ Bill Morrison “Single Breath Blow” 23/ Zatumba “Natchung” 24/ Nihilist Spasm Band “Going Too Far” (edit) 25/ People Like Us & Ergo Phizmiz “Air Hostess” 26/ Christian Bok “Ubu Hubbub” 27/ Gwilly Edmondez “Cock!” 28/ Spaz “Spaz” 29/ Komar & Melamid and Dave Soldier “The Most Unwanted Song” (edit 2) 30/ Xper. Xr. “Ride On Time” 31/ Richard Lair and Dave Soldier “Thai Elephant Orchestra Perform Beethoven’s Pastorale Symphony First Movement” 32/ Nurse With Wound “You Walrus Hurt The One You Love” (edit 2)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

andré_salmon_léon_léhautier

Commentaires [0] - Permalien [#]

le son du grisli: 1ignes [1]

b11b4

Commentaires [2] - Permalien [#]

The Garden of Forking Paths (Important, 2008)

thegardenofforkinggrisli

Compilation pensée et mise en place par le guitariste James Blackshaw, The Garden of Forking  Paths recueille six pièces pour instruments à cordes jouées en solo par Chieko Mori, Helena Espvall, Jozef van Wissem, et Blackshaw lui-même.

Aux déviances improvisées de deux archets de violoncelle d’une Espvall sortie d’Espers (Home of Shadows And Whirlwinds) font alors face les divagations modernes d’hommes de la Renaissance : Wissem élaborant en 3 mouvements un Mirror of Eternal Light alambiqué ; Blackshaw ayant plus de mal à convaincre sur le folk clair et bourré de hammers d’un Broken Hourglass rendu à la guitare douze cordes.

Et puis, deux fois, Chieko Mori. Au koto, la musicienne revisite la tradition japonaise (Tokyo Light) ou impose ses obsessions répétitives à Spiral Wave – pas loin : Otomo Yoshihide et Jim O’Rourke. Mori, responsable pour beaucoup de la réussite du projet.

The Garden of Forking Paths (Important Records)
Edition : 2008.

CD : 01/ Chieko Mori Spiral Wave 02/ James Blackshaw The Broken Hourglass 03/ Helena Espvall Home Of Shadows And Whirlwinds 04/ Josef van Wissem The Mirror Of Eternal Light 05/ Chieko Mori Tokyo Light
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Junko Wada: Music Dances Itself (Sonic Arts Network - 2006)

wadasliCarte  blanche  et  sonore  donnée  à  l’artiste  Junko  Wada – pratiquant la danse et responsable depuis plus de vingt ans de performances singulières -, Music Dances Itself expose un panorama charmant de musiques minimalistes et percutantes.

En dix titres, Wada décline sa sélection de musiques capables de l’inspirer. Improvisations ou collages installés au creux d’enregistrements champêtres (celles du flûtiste Akio Suzuki ; ceux d’Arno P. Jirir Kraehahn), odes à l'abstraction confectionnées à partir de pratiques instrumentales originales (David Moss, Arnold Dreyblatt) ou compositions électroacoustiques plus méthodiques (Werner Durand).

Et puis, évidemment, quelques pièces rythmiques, élaborées selon différentes méthodes : bourdonnements marquant bientôt la cadence de Gordan Monahan, électronica burlesque du Supafly RMX de Kraehahn, ou prosodie arrangée au piano par Arnold Dreyblatt.

Affaiblie par trois choix moins judicieux – expérimentations prosaïques rassemblées, pour plus de commodité sans doute, en fin de compilation -, Music Dances Itself peut tout de même se prévaloir de révéler quelques musiciens rares, transcendés par une pratique adroite des musiques expérimentales.

CD: 01/ Arno P.Jiri Kraehahn: Sequined Seed Pply 02/ Werner Durand: Hearthunters 03/ Akio Suzuki: Tanabata 04/ Gordan Monahan: Speaker Swinging 05/ David Moss: ...Leaning Into The High Grass… 06/ Arno P.Jiri Kraehahn: Supafly RMX 07/ Arnold Dreyblatt: Nodal Excitation 08/ Rolf Julius: Walzer für ein Dreieck 09/ Christina Kubisch: Circles 1 10/ Hans Peter Kuhn: Chidori IV-2

Junko Wada - Music Dances Itself - 2006 - Sonic Arts Network.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Product (Cronica Electronica - 2006)

productgrisli

Sixième compilation de la série Product initiée par le label Cronica electronica, celle-ci rassemble 4 projets soucieux de varier le propos d’une ambient expérimentale parfois trop rigoriste. L’enjeu, pas impossible, demandait pourtant d’autres efforts.

Ouvrant le bal, Pawel Grabowski imbrique field recordings et drones, reverses et larsens, dans le but d’illustrer cette étrange fatalité, qui veut qu’un citoyen polonais installé en Irlande ne peut avoir d’autre état d’esprit que celui du désespoir. N’apportant rien de plus à ce qui a déjà été fait dans le domaine, But I’m Not n’a pourtant rien à envier à l’Ariane de Jorge Mantas (The Beautiful Schizophonic), qui réécrit sur effets de masses une nouvelle bande originale au film Eraserhead.

Se contentant de quelques souffles rapportés (Elektra, Nadja) ou d’une promenade en méandres obscurs (Lorelei), Mantas termine en conciliant une nouvelle atmosphère pesante et une chansonnette, légère et hors sujet, extraite du film La captive (Aquatica). Impeccable de lourdeurs, donc, jusqu’au bout.

Pour effacer ses maladresses, il faudra au Product convier les aînés : le Portugais Paulo Raposo et l’Américain James Eck Rippie. Sur Natureza morta, le duo mêle avec inspiration la musique concrète, le field recording et des inserts électroniques choisis. Installant sans y toucher une progression récréative, les deux hommes démontrent que l’ambient, même expérimentale, a d’autres cartes à jouer que celle, assommante, de l’affliction sans âme.

CD: Pawel Grabowski, But I'm Not : 01/ But I'm Not 02/ Product Silence - The Beautiful Schizophonic, Love Songs for a Psychoacoustic Girl : 03/ Ariane (I have tasted the fire in her mouth) 04/ Nympha (Sleep is my favourite innocence) 05/ Neina (Is she dreaming me?) 06/ Venusiana (Post-romantic suite) 07/ Oriana (Draconian girlfriend) 08/ Nadja (I still can smell the darkness in her skin) 09/ Elektra (Skywatcher) 10/ Sophia (Lonely hearts are the new deads) 11/ Lorelei (She always makes love with the dark on) 12/ Aquatica (Canto-beijo) 13/ Product Silence James Eck - Rippie & Paulo Raposo, Natureza Morta : 14/ Natureza Morta 15/ The Beautiful Schizophonic: A Feather in My Bathtub (Physical evidence of a dreamscape)

Product - 2006 - Cronica Electronica.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Tim Steiner: Big Ears – Fitzgerald’s Manifesto (Sonic Arts Network - 2005)

bigearsgrisli

Tombé un jour sur un vieux manifeste consacré aux façons de fabriquer au mieux une émission radiophonique, Tim Steiner ne s’en est jamais remis. Historien reconnu du domaine, il s’amuse de temps à autre à imaginer, selon les règles du manifeste en question, quelques compilations sophistiquées de thèmes rares ou décalés - oubliés ou écrits pour l’occasion.

Dernière émanation en date des aspirations créatrices de Steiner, Big Ears – Fitzgerald’s Manifesto est une compilation fouillée, décalée ou surprenante. Là, se mêlent savamment les élucubrations polyglottes de Ben (Some Ideas For Fluxus) et le fox-trot fait exemple de The Beau Hunks (Smile When The Raindrop Falls), un échantillon de rires mis en boîtes au début du 20ème siècle par la firme Parlophone et une rengaine d’Henry Champion tout droit sortie de la Plouc Amérique de Steinbeck (A Little Bit Of Cucumber).

Une fois échappé des parenthèses amusantes, Tim Steiner fait œuvres de quelques expérimentations minimales : collages personnels de voix de poètes choisis (Marinetti, Apollinaire, Artaud) et d'artistes (Schwitters, Duchamp) sur The Pretentious MysteryVoice, ou déconstruction / reconstruction d’un accompagnement de guitare rendu sur différents tons (The Inkspot).

Accueillant deux enregistrements d’Otomo Yoshihide aussi différents qu’inventifs (bidouillages électroniques violents sur 0A-21, swing gonflé à la variété sur Playgirl), la compilation s’amuse des différentes manières d’établir des contrastes. A l’intérieur même des morceaux, lorsque Manuel Rocha Iturbide fredonne mollement par-dessus un disque jouant Chofer Indú, ou quand The Duel Pan propose Nocturne en Si mineur de Chopin, à gauche, et une programmation aliénante de parasites électroniques, à droite (Nocturne in B Minor / Le Corpsbis).

Contraste encore, le phrasé ravissant des Mils Brothers (Caravan) côtoie les chorales d’enfants d’une autre époque - qu’elles entament un air de bienvenue (Welkommen) ou rendent un hommage appris par cœur au camarade Staline (Song About Stalin). Soit, un bouillon de culture surréaliste, activiste et un rien élitiste, Big Ears – Fitzgerald’s Manifesto est un loisir tout aussi récréatif que savamment conceptualisé.

CD: 01/ TIM STEINER “JINGLE — OPENING” 02/ THE CHILDREN’S CHOIR OF SKRANEVATNET SKOLEKOR “VELKOMMEN” 03/ OTOMO YOSHIHIDE “PLAYGIRL” 04/ TIM STEINER “JINGLE — PORTUGUESE LADY” 05/ HUGH LE CAINE “THE SACKBUT BLUES” 06/ TIM STEINER “THE MYSTERY SOUND” 07/ THE MILLS BROTHERS “CARAVAN” 08/ BEN VAUTIER “SOME IDEAS FOR FLUXUS” 09/ UNKNOWN “THE PARLOPHONE LAUGHING RECORD” 10/ TIM STEINER “JINGLE — BLACK BEAUTY” 11/ THE BEAU HUNKS “SMILE WHEN THE RAINDROPS FALL” 12/ TIM STEINER “THE PRETENTIOUS MYSTERY VOICE” 13/ HALIM EL-DAHB “VENICE” 14/ FREDERIC CHOPIN // HENRI CHOPIN “NOCTURNE IN B MINOR // LE CORPSBIS’’ 15/ TIM STEINER “JINGLE — ENGLISH LADY” 16/ FRIEDRICH JURGENSON “EINSPIELUNG” 17/ EDWARD KEAN “IT’S HOWDY DOODY TIME” 18/ NAM JUNE PAIK “ETUDE FOR PIANOFORTE” 19/ TIM STEINER “THE INKSPOT” 20/ SOL HOOPII “KOHALA MARCH” 21/ LEON THEREMIN “POLYPHONIC AETHERPHON” 22/ OTOMO YOSHIHIDE “OA-21” 23/ TIM STEINER “JINGLE — TWO PAIRS OF EARS” 24/ HARRY CHAMPION “A LITTLE BIT OF CUCUMBER” 25/ LOUIS AND BEBE BARRON “NOTHING LIKE THIS CLAW FOUND IN NATURE” 26/ TIM STEINER “JINGLE — MONITVERDI DRIVETIME” 27/ MOSES ASCHSOURCE “ANIMAL IMITATIONS FROM THE NAKED PREY SOUNDTRACK” 28/ SCHWIMMER, CAINE AND FELDMAN “THE BOOKSTORE” 29/ PHILIP CORNER “LUCINDA’S PASTIME PT.3” 30/ CHILDREN'S ENSEMBLE OF THE MOSCOW UNION OF DRIVERS “SONG ABOUT STALIN” 31/ RICHARD NONAS “WHAT DO YOU KNOW” 32/ CHARLES BOGART “THE MYSTERY FROG” 33/ MANUEL ROCHA ITURBIDE “CHOFER INDÚ” 34/ GLENN MILLER // TIM STEINER “MY MELANCHOLY BABY // CRYING BABY” 35/ THE RHYTHM RATS VOCAL GROUP “BRING ME SUNSHINE”

Tim Steiner - Big Ears – Fitzgerald’s Manifesto - 2005 - Sonic Arts Network. Import.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>