Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Premier bruit Trente-six échosAu rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Colin Faivre : Les dormeurs des abysses (Sémaphore, 2016)

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Colin Faivre joue du banjo, la plupart du temps solo. Ce CD présente neuf morceaux nés d’un « voyage intérieur », comme il l’appelle.

L’impression que donne son écoute c’est qu’au fil du voyage, Faivre ne se contente pas d’explorer. Non, il découvre en fait son instrument, tente des expériences même s’il reste bien accroché au ton qu’il s’est choisi au début de chacune de ses improvisations. Sa pratique n’est donc pas expérimentale mais rêveuse & chercheuse ; peut-être qu’elle impressionne moins que d’autres (celle de Chadbourne par ex. au même instrument) mais elle laisse derrière elle de beaux souvenirs.

Des pastilles d’ambient acoustique, des instantanés de poésie naïve… Quitte à passer pour un dangereux réactionnaire (remarquez, c’est peut-être le moment de dévoiler mon vrai visage ?), les petites mélodies effleurées de Faivre font du bien entre deux morceaux bruitistes écervelées. Alors tant pis, je me lance : « Amis réactionnaires, faites comme moi, essayez Les dormeurs des abysses ! »

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Colin Faivre : Les dormeurs des abysses
Sémaphore
Edition : 2016.
CD : 01/ Ascension libre 02/ Juste avant 03/ Descente précipitée 04/ Là où l’eau est noire 05/ Immersion 06/ Au bord de la fosse 07/ Chute libre 08/ Tout en bas 09/ Les dormeurs des abysses
Pierre Cécile © Le son du grisli

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JC Jones, Raphaël Saint-Rémy : Serendipity (Kadima Collective, 2016)

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Duchamp des possibles visités par Raphaël Saint-Rémy (piano, electronics, haut-cuivre, trompette, etc…) et JC Jones (guitare, banjo, contrebasse, etc…), il nous reste une féerie de bruissements, frottements, brouillages, borborygmes. Comme si, échappés du tréfonds des entrailles terrestres, se déversaient les fantômes – pas toujours bienveillants – des surréalismes passés. Comme si  les esprits se réveillaient d’un long sommeil et hantaient ce joyeux indéfini épinglé par les deux improvisateurs.

A force d’insister sur le farfelu, d’armer leurs garnis(s)ons de chocs et de cordes slappées puis de s’offrir quelques respirations – certes anxiogènes –, Raphaël Saint-Rémy et JC Jones sont comme furets au milieu de la basse-cour : de dangereux prédateurs étouffant des systèmes bien trop huilés pour être honnêtes.

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Raphaël Saint-Rémy, Jean-Claude (JC) Jones : Serendipity
Kadima Collective
Enregistrement : 2016. Edition : 2016.
CD :  01-09/ T1 – T9
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Glenn Jones : Fleeting (Thrill Jockey, 2016)

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My Garden State a pas mal tourné depuis sa sortie, à la maison. Alors que Fleeting, le nouvel album du guitariste Glenn Jones, commence par une sorte de variation guillerette sur le thème de Bergen County Farewell, le « tube » de My Garden State, ce qui n'est pas mal pour faire le lien.

Mais le premier titre, Flower Turned Inside-Out, est en fait l’arbre qui cache la forêt (de bouleaux). En effet, est-ce la disparition de sa mère à qui ce disque est dédié ?, l'ex Cul de Sac s’y montre plus contemplatif, plus sombre, et ce même au banjo qu’il attrape quelques fois. C’est donc un Glenn Jones plus mélancolique que ce disque nous permet d'entendre. Et c’est sur une impression de grave légèreté que Fleeting diffère de ses précédents enregistrements : moins dans la démonstration (même s’il ne l’a jamais été totalement), plus dans la sensibilité. Qui s’en plaindrait ?


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Glenn Jones : Fleeting
Thrill Jockey
Edition : 2016.
CD / LP / DL : 01/ Flower Turned Inside-Out 02/ In Durance Vile 03/ Cleó Awake 04/ Mother's Day 05/ Gone Before 06/ Spokane River Falls 07/ Portrait Of Basho As A Young Dragon 08/ Close To The Ground 09/ Cleó Asleep 10/ June Too Soon, October All Over
Pierre Cécile © Le son du grisli

Glenn Jones donnera un concert en appartement parisien, le 1er mai prochain. Pour plus de renseignements, cliquer sur l'image ci-dessous.

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Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq, 2014)

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L’excellente idée d’un rapprochement Jean-Luc Guionnet / Thomas Bonvalet fut notamment concrétisée en octobre 2010, au temple protestant de Bergerac. Là, le premier investissait l’orgue (capable de présider à un autre genre de Carnaval des âmes) quand le second passait de banjo en diapasons, orgue à bouche, micros et amplis – ce qu’atteste donc Loges de souffle: refuges multiples et unique soupir.

La résonance de l’endroit est d’abord interrogée par une corde qui, plusieurs fois, claque, et de longues notes timidement soufflées. Désormais bourdons, celles-ci trouvent un écho dans les feedbacks que dompte Bonvalet, murmures en filigrane ou périphériques. Comme de grands vents engouffrés par-dessous les portes du temple prendraient sournoisement possession du lieu, Guionnet et Bonvalet confectionnent à coups de rumeurs et d’usinages divers une berceuse adéquate aux attentes des fidèles (de l’un, comme de l’autre musicien). 

Thomas Bonvalet, Jean-Luc Guionnet : Loges de souffle (BeCoq)
Enregistrement : 23 octobre 2010. Edition : 2014.
CD : 01/ Loges de souffle
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey, 2013)

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Glenn Jones, avec sa guitare et son banjo, défrisera plus d’un hipster chercheur de pépites à quarante euros le vinyle rayé – pas soigné, le look, et d’un classique dans la fioriture ! Mais ce n’est pas là son principal mérite, non. Le principal mérite du guitariste est qu’il donne une actualité, et comme pour lui-même, à l’ « American Primitive Guitar » de John Fahey – ce qui ne l’empêche pas de rappeler parfois le jeu d’Egberto Gismonti ou de Ralph Towner (The Vernal Pool).

Parfois accompagné de Laura ou Meg Baird, Jones tisse un ouvrage (son troisième sur Thrill Jockey) un brin mélancolique, aux mélodies qui ont souvent la simplicité de l’évidence, qui illustrent une aventure de Buster Keaton (Accross the Tappan Zee) ou adressent un clin d’œil à Charles Ives (Like A Sick Eagle Looking at the Sky). Capodastre tendu, arpèges et lignes de basse assurés, tapping, picking, pull-off… tout concourt à mettre au jour le goût d’hier qui coule dans les veines de Jones.

Et comme par enchantement, folk, country, blues, se mélangent au profit d’une légèreté musicale / bande-son de beaux moments contemplatifs (il arrive à Jones de dialoguer avec un orage ou le vent dans les arbres) et même parfois : poignants (Berger County Farewell, à déguster ci-dessous).

Glenn Jones : My Garden State (Thrill Jockey)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Chimes 02/ Across the Tappan Zee 03/ Going Back to East Montgomery 04/ Blues for Tom Carter 05/ The Vernal Pool 06/ Alcouer Gardens 07/ My Garden State 08/ Like a Sick Eagle Looking at the Sky 09/ Bergen County Farewell 10/ Chimes II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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