Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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L'ocelle mare : Temps en terre (Murailles Music, 2017)

l'ocelle mare temps en terre grisli

Avec les ans, Thomas Bonvalet – « L’ocelle mare est Thomas Bonvalet » – semble se transformer en homme-orchestre (certes, intéressé toujours par le minimalisme). On le savait jouant de la guitare et soufflant en harmonica et voici que Temps en terre débute au son d’un piano, désaccordé un peu (forcément) et enregistré mal (au téléphone) : l’ouverture du disque est une progression timide, comme celle d’un musicien dictant maladroitement une mélodie soudaine dont il craint perdre le souvenir.

S’il ne sait certainement plus où donner de la tête, Bonvalet garde toujours en elle cette idée d’atmosphère et de brouillon, en tout cas de non-fini, qui fait le charme des disques de L’ocelle mare. Si le dernier d’entre eux est abstrait encore, il l’est moins que les précédents : souvent, en effet, une pulsation l’anime (qui peut évoquer le Moondog des rues de New York) ; plus loin, c’est l’histoire d’une sonorité que l’on détériore ; ailleurs encore, une scène de théâtre où se succèdent un métronome, une bande qui peine à la déroule, un lot de cordes molles, une résonance, un larsen…

Et si la musique de Thomas Bonvallet ne nous surprend plus guère, si ses décors nous sont désormais coutumiers (mais qui s’en plaindrait ?), peu importe : il jaillit de ce nouvelocellemare une tension cotonneuse, quand ce n’est pas une angoisse sourde, qui fait forte impression.

ocelle grisli

L’ocelle mare : Temps en terre
Murailles Music
Edition : 2017.
CD : 01-09/ Temps en terre 1-9
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

 lsdg3Cette chronique de disque est l'une des soixante que l'on trouvera dans le son du grisli #3, à paraître fin décembre.

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Brian Harnetty, Bonnie 'Prince' Billy : Silent City (Atavistic / Ruminance, 2009)

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De mémoire d’Américain, on n’avait encore jamais vu personne s’endormir au concert. Bonnie 'Prince' Billy jouait à peine depuis un quart d’heure. Posant sa voix sur la musique de Brian Harnetty, l’effet est le même, à ceci près qu’il arrivera ici à l'auditeur qui s'endormira d’être réveillé par un témoignage…

Ceci parce que Silent City dépeint une ville imaginaire dans laquelle les voix de toutes les âmes perdues d’une Amérique vertueuse et triomphante – celle de Will Oldham comprise ? – se seraient donné rendez-vous. Extirpés d’archives sonores, des inconnus parlent sur une musique à ranger sous l’étiquette « Americana », dont Brian Harnetty échaffaude les plans en se servant d'instruments classiques : un piano ou un accordéon.

A l'écoute de la composition, l’auditeur peut se sentir venir le cœur au bord des lèvres devant des rapprochements sonores incapables de faire preuve d’une identité propre (et même d’identités, malgré les archives dans lesquelles pioche Harnetty) ou se laisser porter par un ensemble vaporeux que rehaussent les interventions salvatrices du batteur Sam Paxton. De l’avant-folk au deep-folk – comme il y a le Deep South –, Silent City franchit le pas et offre autant d'élans dignes d’intérêt que d'amères désillusions (l'originalité qui fait défaut étant la première de toute).

Brian Harnetty : Silent City (Atavistic / Ruminance / Amazon)
Edition : 2009.
01/ The Night Is 02/ The Top Hat 03/ Sinclair Serenade 04/ Sleeping In The 05/ Well, There Are 06/ Silent City 07/ And Under the Winesap 08/ It’s Different Now 09/ Papa Made the Last 10/ Some Glad Day 11/ As Old As the Stars 12/ To Hear Still More
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Alan Sondheim, Myk Freedman : Julu Twine (Porter Records, 2009)

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Poète, performer, vidéaste, multi instrumentiste, Alan Sondheim n’a pas encore vingt ans en 1967 quand il enregistre Ritual-All-70-7 pour le label ESP, disque OVNI par excellence. Aujourd’hui, en duo avec le guitariste Myk Freedman et quarante ans après, il remet le couvert d’une musique toujours aussi désarticulée.

Puisant dans on ne sait quelle improbable americana malade et désemparée, ils provoquent l’aléatoire et l’argumentent à toutes les sauces : avant-folk, psychédélisme appuyé, improvisation radicale. Guitare, cithare et banjo pour Sondheim, steel guitare pour Freedman (une steel guitare aux saillies hybrides, parfois proche du theremin) ; les arpèges se croisent et s’entêtent, inachevés et filandreux. Libérés d’une académie qu’ils semblent n’avoir jamais croisée, ils avancent, s’amusent et enfouissent de bien singulières pépites. Seront-elles aussi surprenantes  dans une trentaine d’années ?


Alan Sondheim, Myk Freedman, Track F. Courtesy of Porter Records.


Alan Sondheim, Myk Freedman, Track A. Courtesy of Porter Records.

Alan Sondheim, Myk Freedman : Julu Twine (Porter Records / Orkhêstra International)
Edition : 2009
CD : 01/ Track A 02/ Track G 03/ Track in Banjo Solo 04/ Track B 05/ Track M Lap Steel Solo 06/ Track C 07/ Track D 08/ Track E 09/ Track I Di Giorgio Classical Guitar Solo 1  10/ Track K 11/ Track H 12/ Track J Di Giorgio Classical Guitar Solo 2 13/ Track F
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Mary Halvorson, Jessica Pavone : Thin Air (Thirsty Ear, 2009)

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Mary Halvorson / Jessica Pavone, c’est tout simple : une guitare (Mary), un violon (Jessica), deux voix (Mary & Jessica), une dissonance de chant et d’arpèges, de petites mélodies entêtantes et déraillantes, des ritournelles venimeuses, des bibelots soniques singuliers, des fusées envoyées vers on ne sait quel heureux cosmos, des glissendi éraillés, une complicité et une entente qui devraient charmer au-delà de la seule sphère de l’improvisation (pop innovante, avant-folk…).

Vous m’excuserez de faire aussi court mais il faut, précisément, que je parte à la recherche de leurs deux premières productions… Que j’imagine aussi ensoleillées et jubilatoires que celle-ci. Si vous avez une piste…

Jessica Pavone, Mary Halvorson : Thin Air (Thirsty Ear / Orkhêstra)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ For You or Them 02/ Thin Air 03/ Juice 04/ Barber 05/ Sinking 06/ Ten Years 07/ Lullaby 08/ ? And Goodnight

Luc Bouquet © Le son du grisli

Mary Halvorson déjà sur grisli
Crackleknob (HatOLOGY - 2009)

Jessica Pavone déjà sur grisli
Walking, Sleeping, Breathing (Nowaki - 2007)

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