Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Fritz Hauser, Boa Baumann : Architektur Musik (Niggli)

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En 1987, invité par l’architecte Boa Baumann à donner un concert à Castel Burio dans le Piémont, Fritz Hauser découvrait dans le même temps et un collaborateur inspirant et un pays – dans lequel le percussionniste s’est depuis aménagé un asile : Casa delle Masche. C’est l’histoire de cette rencontre et des fruits qu’elle ne cesse de donner que racontent, chacun à sa manière, un livre et un disque.

A l’œil, le premier réserve des couleurs qui parsèment la chronologie qu’Hauser et Baumann ont en commun : photographies et/ou plans du Castel Burio (où furent notamment donné Pensieri Bianchi et installé Fundus) et de Casa delle Masche, des projets d’architecture envisagée comme partition que sont Polyblox à Zurich et Triobox à Aarau, des scénographies de Schallmaschine (l’auditeur pouvant s’y promener à la Caserne de Bâle), Stilllifes et Schraffur (pour gong et théâtre). A l’image, ajouter la présentation par Hubertus Adam de chacun de ces travaux ainsi qu’un long entretien dans lequel Hauser dit voir en l’architecture l'alliée de la musique avant de louer les « boîtes à sons » que Baumann conçoit pour et avec lui.

A l’oreille, le disque découvre la voix de matériaux chantant qui se souviennent ou inventent des scènes de genres étonnamment musical : on y prend plaisir à entendre tomber la pluie ou à suivre le voyage d’un animal pressé, à chercher ce que nous cache Hauser et ce que nous révèle dans le même temps le tour qu’il nous joue, à nous repérer enfin dans cet espace-temps qu’il a pour nous pensés, décomptes dont les codes et balises se chevauchent et interfèrent. La cloche d’une vieille église nous ramène à la réalité : voilà un nouveau rêve que le culte, jaloux sans doute, ravit.

Hubertus Adam, Fritz Hauser, Boa Baumann : Architektur Musik (Niggli)
Edition : 2012.
Livre & CD : Architektur Musik
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Steve Peters : Three Rooms (Sirr, 2007)

steve peters three rooms

Créateur d'installations sonores quiètes, Steve Peters mène sur Three Rooms la visite d'univers précieux ou instables, captivants toujours.

Delicate Abrasions, d'abord, sorti des murs d'un ancien entrepôt de Santa Fé, capable de déployer une batterie de sons hétéroclites (assimilables quand même : souffles, craquements, cliquetis et larsens), chacun se refusant à dire plus haut ou plus fort que les autres, histoire de ne pas déranger la progression enveloppante en cours. Au moyen de son seul souffle et d'un processeur, le musicien construit ensuite Center of Gravity, exposé d'attaques fulgurantes séparées par de longs silences.

Pour finir, Peters investit un temple bouddhiste, sort de l'une de ses cloches un premier son prétexte au développement d'une esthétique de la transformation: Mountains Hidden in Mountains, oeuvre de résonances qui fantasme l'éternel retour d'une note originelle quand la vérité veut que celle-ci, changée en drone oscillant, dévoile au fur et à mesure ses insoupçonnables possibilités sonores. Soit, une composition délicate, qui propose encore et parle de retour à l'heure de sa conclusion.

Steve Peters : Three Rooms (Sirr)
Edition : 2007.
CD : 01/ Delicate Abrasions 02/ Center of Gravity 03/ Mountains Hidden in Mountains
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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