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Linda Sharrock : They Begin to Speak (Improvising Beings, 2016)

linda sharrock they begin to speak

Linda Sharrock. Donc le cri. Pas le cri bien appliqué et discipliné des bons élèves (on s’y laisse prendre parfois). Donc le cri de rage. Donc le cri d’amour. Le crescendo qui monte. La gorge et la poitrine en feu. Le cri des chaos d’hier. Et de ceux à venir. L’écartèlement. Le cri des origines. Le cri toujours indompté. Et des diables (Mario Rechtern, Itaru Oki, Eric Zinman, Makoto Sato, Yoram Rosilio, Claude Parle, Cyprien Busolini) surgissant des murs. Forts. Enthousiastes. Bondissants. Envoûtés. 20 mai 2015 – Paris : le cri qui dure.

Linda Sharrock. Donc la blessure. Donc les blessures. Donc les bleus. Et toujours le cri. Chez les anglais (Derek Saw, John Jasnoch, Charlie Collins + Mario Rechtern) une autre rage. D’autres équilibres. Des horizons sans barreaux. Trompette et saxophone en bataille. Et toujours le cri en pleine poire. Et Linda qui guide le cri. Chef d’orchestre plus qu’on ne le croit. 5 mai 2015 – Sheffield : le cri et son insupportable beauté.


they begin to speak

Linda Sharrock : They Begin to Speak
Improvising Beings / Orkhêstra International
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.  
2 CD : CD1 : 01/1 02/2  03/3 - CD2 : 01/1 02/2  03/3
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Linda Sharrock : No Is No (Improvising Beings, 2014)

linda sharrock no is no

D’un des deux mots que lui a laissés la maladie – « Tu dois savoir qu'elle ne prononce plus que deux mots, Yes, et No », précisait Julien Palomo –, une musicienne a composé un disque double et une sentence qui vaut bien un langage entier : No Is No. Ici, entre deux No, c’est un « être » qu’on trouve, dont le nom est Linda Sharrock.

Comme pour en finir. Avec le free jazz, la liberté en musique et la fièvre suggestive. Avec les standards funambules, même. Désormais contenue, la virulence n’en est que plus vive. Black Woman assise, Sharrock – avec ses partenaires Itaru Oki, Mario Rechtern, Eric Zinman, Yoram Rosilio et Makoto Sato – signe un manifeste qui balaye tout passé et relativise le présent. Au chant c’est un râle qu’on oppose et à la verve libre un autre message que l’on suspend : brillants, Itaru Oki et Mario Rechtern démontrent aux trompette et saxophones une invention qui pardonne l’affectation sporadique (en studio, surtout) de Zinman ; impeccable, la section rythmique offre au rôle d’accompagnateur une subtile démesure.  

Sur la couverture, c’est Jeanne d’Arc au bûcher ; sur disques, c’est une fronde musicale qui anéantit toutes les « prises de risque » d’imitateurs qui, sur les grands boulevards de l’improvisation, découvrent l’Amérique. Là encore, entre deux No, c’est un vocabulaire autrement riche que l’on agite pour s’amuser des illusions du verbe et annoncer sans lui qu’après des années de recherches on peut désormais affirmer que le free jazz n’est non plus seulement disparu, mais bien mort, et que son dernier mot a été No Is No.

Linda Sharrock : No Is No (Don't Fuck Around With Your Women) (Improvising Beings)
Edition : 2014.
2 CD : CD1 : 01/ No Is No (CD) – CD2 : 01/ No Is No (Live)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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