Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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CABLE#8 : Emptyset, Yann Leguay, Greg Pope, John Hegre, Aaron Dilloway : Nantes, du 19 au 22 février 2015

festival cable 8 le son du grisli

J’aimerais être capable de rendre au moins partiellement le plaisir renouvelé chaque année d’assister (un peu) au festival Cable#, de l’enchantement de sa diversité (de programmation et de lieux), de son exigence générale, de toutes ces forces et finesses concentrées sur quelques journées. Extraits...

Emptyset (Vendredi, Espace Cosmopolis)
Des résonances qui s’intègrent physiquement, ré-agencent et ré-organisent le corps. Un instant, suivre un battement technoïde. Se raccrocher à une trame comme un retour de virus électronique qui, en son temps, avait peut-être su justement affranchir des corps encombrants, les engrenant dans une dynamique libératoire. Et permettre la perte de soi par répétition. Que le genre soit plus convenu n’importe pas réellement, bientôt il sera noyé dans la qualité d’un son âpre, d’une extrême rigueur, qui, s’il s’empare du corps, laisse l’esprit s’aiguiser à en découvrir les multiples dimensions. Le même soir aura vu la très délicate prestation d'Anne Guthrie ainsi qu’une lecture foisonnante d’Olivier Cadiot.

Emptyset James Ginzburg and Paul Purga   Yann Legay

Yann Leguay (Samedi, Blockhaus DY.10)
Etonnamment, dans le cadre aride du blockhaus (ruin porn forever), l’impression prédominante a été celle d’une véritable sensualité. Ici, ce n’est pas tant d’une sensualité machinique dont il serait question mais plutôt de l’expression de quelque chose qui aurait très bien pu emprunter un biais plus classique et qui, malgré l’apparent paradoxe de devoir s’interpréter par les voies/x de disques durs malmenés, s’épanouit, matière souple et dense, tout en cohérence avec le lieu. S’ajoute à cela, la mise en abyme du disque dur, objet physique et donc sonore mais aussi lecteur de données tout autant audibles. Vertiges délicieux.

Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula   Greg Pope, Aaron Dilloway, Aurélie Percevault, Carole Thibaud and Mariane Moula performs light-trap

Greg Pope (Vendredi, Espace Cosmopolis / Samedi, Ateliers de Bitche)
Les deux performances de Greg PopeCipher Screen avec John Hegre le vendredi à l’espace Cosmopolis, Light Trap avec Aaron Dilloway et trois autres projectionnistes (Aurélie Percevault, Carole Thibaud et Mariane Moula), le samedi, aux ateliers de Bitche — vont certainement rester longtemps dans les mémoires des spectateurs. Pour la première, deux projecteurs 16 mm (horizontal / vertical), diffusent l’image de boucles de film qu’il détériore au fur et à mesure, poinçons, scratch, etc., de l’imperceptible à l’embrasement. Pour la seconde, quatre projecteurs installés en carré autour du public rayonnent vers le centre, leurs faisceaux créent un territoire de lumière qui se peuple suivant les mêmes procédés de sculpture directe de la bande. Difficile de faire la part du son produit par ailleurs, tant il semble être de prime abord une traduction directe du visuel puis, progressivement, s’installe dans une même intensité de frénésie créative ; on ne sait plus qui de l’image ou du son nous porte le plus, jusqu’à procurer une expérience totale, immersive et intense.

CABLE#8 : 19-22 février 2015, à Nantes.
C. Baryon © Le son du grisli
Photos : Emptyset / Yann Leguay / Performance de Greg Pope & Aaron Dilloway par Jean-Daniel Pauget.

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Yann Leguay : Ground (Tanuki, 2017)

lsdg4150Cette chronique de disque (cassette) est l'une des 90 à lire dans le quatrième numéro papier du son du grisli, à commander d'urgence !

yann leguay grisli

Yann Leguay est un artiste sonore belge. Un Belge sonore. Et c’est ce qui nous rapproche (notez que nous ne nous connaissons pas : c’est juré). Sur la première face de cette cassette il se promène en clamant (en douce) partout « Here I Am ».

Sauf que cette phrase est à peine entendue par le monde qui l’entoure (Yann Leguay) qu’il est déjà à quelques mètres (Leguay Yann). J’aime la poésie sonore, et son ego trip me va très très bien d’autant que comme Marc j’ai reconnu des enfants là-dessus. Mais surtout parce que Yann Leguay a un rire en pointe.

J’en déduis alors qu’un Belge sonore qui rit, eh bien, c’est un vrai Belge. Et un vrai Belge, c’est déjà ça. Je retourne la cassette et c’est tout différent : une sorte d’electroldschoomenampli faite comm' ein' beat d'ours. Et pour un grisli, ein’ beat d’ours c’est l’occase de rêve comme on dirait chez Stefantiek : entre la poésie sonore et la tech minimaliste, on pourra bien passer pour des Belges qui parlent aux Belges, mais alors ? Ça me goûte ! 

PS : Rien ni personne n’est infaillible, même pas un chroniqueur du son du grisli, hélas. Ici, deux erreurs : Yann Leguay n’est pas Belge mais Français (Pierre, m’entends-tu ?, est-ce par un fait exprès ?) ; et sur Here I Am, ce n’est pas Yann Leguay qu’on entend mais Brad Downey (que Leguay enregistre). Décidemment, impossible de se fier à la Belgique ! [gb]

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