Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Thomas Borgmann Trio : One for Cisco (NoBusiness, 2016)

thomas borgmann trio one for cisco

Au milieu des années 1990, on a pu entendre Thomas Borgmann auprès de Lol Coxhill ou de Peter Brötzmann, mais c’est en trio avec Wilber Morris et Denis Charles – que Reggie Nicholson remplacera à sa disparition – qu’il a surtout travaillé sa sonorité aux saxophones ténor, soprano et sopranino.

Après avoir documenté l’association Borgmann / Morris / Nicholson (Nasty & Sweet), NoBusiness publie un enregistrement récent du saxophoniste, en trio encore : le 31 janvier 2015, celui-ci se produisait ainsi au Tenor Sax Festival de New York aux côtés du contrebassiste Max Johnson et du batteur Willi Kellers – deux autres habitués du label lituanien.

C’est de façon plutôt informelle que débute cette improvisation en deux parties – bien distinctes l’une de l’autre, le vinyle ne gêne donc pas l’écoute. Allégeance faite à l’école FMP, Borgmann ne craint pas les comparaisons et emmène son trio avec une volonté certaine, mais avec subtilité aussi. D’autant que ses phrases turbulentes comme ses élans retenus profitent d’un archet accrocheur et d’une batterie changeante – si c’est à Nicholson que Kellers fait penser en première face, c’est à Charles qu’il semble en appeler en seconde. Reste à un harmonica de conclure : la gentillesse des deux notes entre lesquels il va et vient « excuse » tous les écarts dont le jeu s’est nourri.



one for cisco

Thomas Borgmann Trio : One for Cisco
NoBusiness Records
Enregistrement : 31 janvier 2015. Edition : 2016.
LP : A/ One for Cisco (Part 1) – B/ One for Cisco (Part 2)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers : Intricacies (NoBusiness, 2015)

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S’il fallait encore démontrer de quelle manière il est possible de diriger une formation – un quintette, ici, qui réunit Paul Hubweber (trombone), Frank Paul Schubert (saxophones alto et soprano), Alexander von Schlippenbach (piano), Clayton Thomas (contrebasse) et Willi Kellers (batterie) – de derrière un piano, Intricacies – concert enregistré à Berlin le 24 février 2014 – serait d’une aide précieuse.  

C’est donc Alexander von Schlippenbach qui, une fois encore, se charge de la démonstration. Ainsi impose-t-il avec un naturel déconcertant trois pièces sur lesquelles il offrira autant d’espace à ses partenaires qu’il saura s’en réserver. Parmi ceux-là, c’est d’abord le trombone et le saxophone que l’on remarque : Paul Hubweber et Frank Paul Schubert, qui conservent leur équilibre sur les reliefs et les rapides d’une section rythmique en butte, justement.

Qu’ils se prennent les notes dans quelle partition ou se plient aux codes percussifs qui décident des répétitions comme des changements de cap, Hubweber et Schubert ne font pas défaut à l’invention du trio qui les accompagne et les oblige tout à la fois. Mais l’obligation n’interdit pas la surprise : ainsi, les souffleurs peuvent lui préférer soudain la suspension de notes approchantes (sur Come to Blown), la citation (de Mingus, notamment) ou cette envie de doublage qui pousse l’alto à surpasser en fougue les fougues cumulées de l’entier quintette (sur Intricacies).

Assez parlé des souffles, d’autant que leur révélation eut sans doute été impossible sans le trio qui les accompagne : au tapage ou taponnage, Schlippenbach reste du groupe le musicien qu’on ne peut retenir par la manche quand, au défi d’un accompagnement délicat, Thomas et Kellers répondent par un art impeccable. Voici, en conséquence, Intricacies faite référence des discographies de Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Clayton Thomas et Willi Kellers. Mieux encore, de l’œuvre d’Alexander von Schlippenbach aussi.

écoute le son du grisliPaul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers
Intricacies (extrait)

Paul Hubweber, Frank Paul Schubert, Alexander von Schlippenbach, Clayton Thomas, Willi Kellers : Intricacies (NoBusiness)
Enregistrement : 24 février 2014. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : 01/ Come to Blows – CD2 : 01/ Intricacies 02/ Encore
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness, 2013) / Grid Mesh : Live In Madrid (Leo, 2013)

fabric trio murmurs

La radiographie n’est pas claire, sa lecture pas évidente. Tout de même, ses blancs et gris disent un peu des préoccupations du Fabric Trio – saxophones alto et soprano de Frank Paul Schubert, contrebasse de Mike Majkowski et batterie de Yorgos Dimitriadis.

Ainsi, cinq improvisations enregistrées le 30 novembre 2010 à Berlin accordent les intervenants sur une musique de contrastes : pointant, piquant, brassant, Majkowski donne toujours consistance à l’improvisation, qu’elle rampe pour prendre discrètement possession de tout l’espace (Decomposer), attise les rivalités afin de contrarier le plan rythmique (Jaw) ou au contraire revient à l’éternelle combinaison soliste / section rythmique pour permettre à Schubert de faire entendre ses influences (Coleman, Ayler, Ware) et même quelques qualités.

Malgré celles-ci et celles, non moins remarquables, de Dimitriadis, c’est bien la contrebasse qui guide le trio dans l’ombre. Elle, qui dessine la voie que le groupe doit suivre pour, six stations plus loin, admettre avoir changé l’épreuve en beau parcours.

écoute le son du grisliFabric Trio
Jaw

Fabric Trio : Murmurs (NoBusiness Records)
Enregistrement : 30 novembre 2010. Edition : 2013.
LP : A1/ Jaw A2/ The Salt of Pleasure A3/ Hook A4/ Bristles B1/ Decomposer B2/ Acorn/Tongue
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

grid mesh live in madrid

Formé en 2006, Grid Mesh associe le même Frank Paul Schubert à Johannes Bauer (trombone), Andreas Willers (guitare électrique) et Willi Kellers (batterie). Point d’archet, donc, et moins de subtilité dans le jeu du saxophoniste : alors l’improvisation de ce Live in Madrid court après un lyrisme rocailleux, parfois bruitiste (cependant, les devices de Willers manquent de corps), et frise le brouillon quand Bauer n’y intervient pas.

Grid Mesh : Live in Madrid (Leo /Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 février 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Part I 02/ Part Iia 03/ Part IIb
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 

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