Le son du grisli

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Celer : Inside the Head of Gods (Two Acorns, 2016)

celer inside the head of gods

J’ai déjà été assez sévère avec Celer (Dying Star) mais j’ai aussi été moins sévère (Sky Limits). Je m’attendais donc à l’être encore moins – il faut bien que l’on progresse, non ?, musiciens comme critiques – en gavant ma platine de ce nouveau rond de polycarbonate, mais pas à ce point…

Dix petits morceaux d'orgue que Will Long (désormais seul à la tête de Celer) a enregistré pour une exposition de peintures de Taichi Kondo (peut-être que le disque passait toute la journée en mode repeat ?). Dix petits morceaux accrochés les uns aux autres qui donnent un grand tout (mais un grand tout de 24 minutes seulement) qui m’a, je dois bien le reconnaître, soufflé.

J’ignore de quel orgue jouait Long mais ses notes, que l’on suit de leur naissance à leur extinction, ont de quoi surprendre. Notre homme peut s’en tenir à une couche ou soutenir cette couche en sous-marin grâce à un grave continu, de toute façon son destin est joué et tout en haut de la courbe il faut la descendre jusqu’au trou béant. Des drones ? Oui mais interrompus par des silences. Une ambient ? Oui mais une ambient qui infuse et qui provoque des choses dans celui qui l’écoute. Au point que celui qui écoute demande pardon pour tout ce qu’il a écrit sur Celer (c’était il y a longtemps, et puis c’était de votre faute)…



inside the head of gods

Celer : Inside the Head of Gods
Two Acorns
Enregistrement : 2016. Edition : 2016.
01-10/ Inside the Head of Gods
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Celer : Sky Limits (Baskaru, 2014)

celer sky limits

J’ai déjà été assez sévère avec Celer (Dying Star) mais je le serai moins pour ce Sky Limits sorti sur Baskaru. Moins, d’accord, mais encore ! Oui, encore, mais moins !

C’est peut-être une question de projet. En effet, s’il reste attaché à son « ambient diaphane » à base de loops de nappes de synthés, Will Long y ajoute des field recordings (de très petites choses, plus pétiques que vraiment concrètes) capturés en 2012 et 2013 au Japon. C’est donc une sorte d’invitation au voyage qu’il nous enverrait dans un digipack.

Les paysages ou les instants passés (le Shinkansen qui quitte Kyoto, le retour rue Kawaramachi) qu’il recrée avec des sons sont assez « cinématographiques », certains au volume très appuyé, d’autres étouffés au contraire. Assez proche des anciens Eno (toujours ce fichu problème d’identité), aussi, donc pas très neuf. Certes, mais quand même estimable.

Celer : Sky Limits (Baskaru)
Enregistrement : 2012-2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Circle Routes 02/ (12.5.12) Making Tea Iver a Rocket Launch Broadcast 03/ In Plum and Magenta 04/ (12.21.12) On the Shinkansan leaving Kyoto 05/ Tangent Lines 06/ (12.20.12) Back in Kawaramachi, Kyoto 07/ Equal to Moments of Completion 08/ (4.8.13) A Morning 09/ Wishes to Prolong 10/ (4.8.13) An Evening 11/ Attempts to Make Time Pass Differently
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9, 2013) / CMKK : Gau (Monotype, 2013)

sergio sorrentino machinefabriek vignettes

On aurait bien vu Rutger Zuydervelt alias Machinefabriek à l’affiche du récent Stream Machines. Toutefois, au lieu de suivre le panneau Den Haag, c’est du côté de l’Italie de Sergio Sorrentino que les pas du Rotterdamois se sont dirigés pour des Vignettes nuancées et délicates (mais…).

Très présente, l’électronique du Néerlandais s’inscrit en contrepoint du jeu de guitare de l’Italien. Parfois, l’apport de ce dernier tend carrément vers la sourdine, et le travail d’orfèvre-pâtissier de Zuydervelt imprime des caractères numérisés à l’extrême – d’ailleurs, Echi Del Tempo / Echo’s van de tijd est le titre le plus réussi, because à l’opposé de cette vision étriquée.Car oui, la recette ne fonctionne que partiellement, et la compatibilité des deux protagonistes guère évidente pour qui aura laissé au clou son casque de mineur. Et pour le coup de grisou, on retournera en 2009, quand Zuydervelt s’amourachait d’Andrea Belfi (Pulses And Places).

Sergio Sorrentino, Machinefabriek : Vignettes (Fratto9 Under The Sky Records)
Edition : 2013.
CD : 1/ Prefazione / Introductie 2/ Caduta Libera / Vrije Val 3/ Trotto / Draf 4/ Buco Nero / Zwart Gat 5/ Echi Del Tempo / Echo's Van De Tijd 6/ Rettile / Slakkegang 7/ Pendolare / Forens 8/    Frammenti / Fragmenten 9/ Perdersi / Dwaling  10/ Ghirigoro / Doedel 11/ Trasformazione / Transformatie     12/ Alba / Dageraad 13/ Nebbia Fitta / Dichte Mist
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

cmkk gau

Insatiable, l’ami Machinefabriek, le revoici membre du trio CMKK aux cotés de Jan et Romke Kleefstra, soit trois des quatre équipiers du merveilleux projet Piiptsjilling, dont on ne vantera jamais assez l’unique Wurdskrieme. Habitués des titres en Frison, les trois compères remettent le couvert avec Gau, qui exprime une idée de vitesse et d’urgence. En prime, Jan Kleefstra lit de sa fascinante voix rauque les textes dans sa langue maternelle, soutenus de main de maître par Machinefabriek et son Jan de frangin. C’est formidablement troublant, parfois carrément trippant, on sent le vent glacé souffler de la Mer du Nord en novembre et ça donne une envie bandante d’apprendre la langue séance tenante.

écoute le son du grisliCMKK
Gau (extrait)

CMKK : Gau (Monotype)
Edition : 2013.
CD : 01/ Gau
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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