Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Wayne Horvitz : Some Order, Long Understood (Black Saint, 1982)

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Ce texte est extrait du deuxième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

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A l’époque de l’enregistrement de Some Order, Long Understood, le pianiste Wayne Horvitz se cherche encore avant d’embrasser la cause Naked City sous l’influence de John Zorn puis de se perdre tout à fait – il faut avoir entendu le groupe Zony Mash pour le déplorer définitivement.

A New York où il ancrera sa réputation de claviériste éclectique, Horvitz entre donc en studio pour enregistrer d’une traite deux de ses compositions (« Psalm » et le morceau-titre) en compagnie de Lawrence ‘’Butch’’ Morris – cornettiste avec qui il réenregistrera (Nine Below Zero et Todos Santos) – et William Parker – contrebassiste qu’il connaît bien et qui fut déjà de l’enregistrement de Simple Facts, sur lequel on trouve aussi Roy Campbell et John Zorn.

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Pas de répétition, et l’improvisation qui s’en mêle : Some Order, Long Understood. C’est du ventre du piano qu’Horvitz tire ici son chant – dans les notes de pochette, il avoue que sa préférence va à la musique vocale (celle de Billie Holiday en tête, cités ensuite Janis Joplin, Otis Redding, Magic Sam, Jimi Hendrix et Captain Beefheart) ; du ventre du piano, qu’il extirpe des morceaux d’atmosphères – dans le même texte, il invoque Charles Ives et Olivier Messiaen et fait savoir que la musique javanaise servie par le kacapi et la suling le ravit littéralement.

Sous influence, Horvitz emmène ici son trio avec nonchalance ; le traîne, voire. Il n’attend rien du swing pas plus qu’il ne demande à ses partenaires de « jouer free » : son intention est de jouer « vraiment librement », sans autre idée en tête que de laisser les choses se faire. Ainsi le lent désœuvrement de « Psalm » longtemps conduit par le cornet pourra provoquer un soulèvement acoustique qui le mettra à mal : un peu d’électricité aidant, Horvitz conclut l’épreuve en dompteur de grave feedback sur un son fabuleux et en conséquence répété. Ainsi « Some Order, Long Understood » alternera moments de recherches sonores et minimalisme libéré de toutes contraintes rythmiques. Pour ne pas être cantonné à une manière de faire (stricte lecture de la partition, improvisation libre, interactions forcées…) et avoir réclamé « some order », l’éclectisme de Wayne Horvitz aura profité à sa discographie. Pour la dernière fois ?

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