Le son du grisli

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Evan Parker Expéditives

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evan parker hasselt

Evan Parker ElectroAcoustic Ensemble : Hasselt (Psi, 2012)
C’est une tournée de l’Evan Parker Electroacoustic Ensemble déjà documentée par ECM (The Moment’s Energy) qu’Hasselt raconte encore aujourd’hui. Trois pièces datées du 20 mai 2010, une autre du lendemain (Electroacoustic Ensemble au complet), développent une musique d’atmosphère qui traîne d’abord derrière le piano d’Agustí Fernández, ensuite derrière la contrebasse de Barry Guy. Lentement, les machines prennent le dessus : la supériorité de l’électro sur l’acoustique n’étant écrite nulle part, les instruments à vents (soprano de Parker, clarinettes de Ned Rothenberg et de Peter van Bergen) changent la donne : au cuivre de mitrailler maintenant, avec un art altier de la subtilité.

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Grutronic, Evan Parker : Together in Zero Space (Psi, 2012)
Si ce n’est la faute (d’inspiration) des musiciens, alors on dira la machinerie de Grutronic peu facile d’usage, voire récalcitrante : sur Together in Zero Space, synthétiseurs, samplers, « drosscillator », sonnent parfois creux, d’autres fois avalent le soprano de leur invité, Evan Parker, pour le digérer sur l’instant dans un bruit de néant. Constructivisme d’électronique obnubilée par la musique concrète : hélas, l’effort est vain.

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Evan Parker, Okkyung Lee, Peter Evans : The Bleeding Edge (Psi, 2011)
Nouveau passage par la St. Peter’s Church Whistable : en compagnie d’Okkyung Lee et Peter Evans, Evan Parker s’adonnait ce 4 mai 2010 à une « séquence d’improvisations » (sous-titre du disque). C’est là un ballet que signent les musiciens : duos et trios allant de fantaisies pâles en emportements convaincants – sur la sixième pièce, trompette, ténor et violoncelle, fomentent ainsi une miniature de superbes excentricités.

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Evan Parker, Wes Neal, Joe Sorbara : At Somewhere There (Barnyard, 2011)
Enregistré à Toronto le 15 février 2009, At Somewhere There est une pièce de musique d’une quarantaine de minutes improvisée par le bassiste Wes Neal et le batteur Joe Sorbara en présence d’Evan Parker (au ténor). Son vocabulaire est celui d’un jazz poli et son contenu convenable à défaut d’être bouleversant.

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Evan Parker, Kenny Wheeler, Paul Dunmall, Tony Levin, John Edwards : Live at the Vortex, London (Rare Music, 2011)
La rencontre date du 2 janvier 2003. Les protagonistes : Evan Parker, Kenny Wheeler, Paul Dunmall, Tony Levin et John Edwards. En apesanteur, les saxophones piquent droit sur la contrebasse et les tambours : un free d’allure ancienne fait feu, puis ce seront des paraphrases appliquées sur de grands pans de décors sombres. L’enregistrement, d’être désormais indispensable dans la discographie de chacun de ses intervenants.

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Evan Parker : Set (Psi, 2010)

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Set est dédié à la microbiologiste Lynn Margulis, théoricienne de l’endosymbiotique. Deux courtes improvisations captées en studio ouvrent et clôturent le disque. On s’intéressera plutôt à la seconde – la plus longue, enregistrée en concert à Donaueschingen le 18 octobre 2003.

Set Part 2 (concert) débute, assez furieusement, avec le trio acoustique Evan Parker / Barry Guy / Paul Lytton. Jusque là, rien d’anormal. On connaît. On reconnaît. On peut s’y lasser ou s’y affoler. Ainsi, s’égrènent les cinq premières minutes avant que Richard Barrett, Paul Obermayer, Lawrence Casserley, Walter Prati et Marco Vecchi mettent en branle leur électronique dingue : transformations et déformations, monde grouillant, mitraillages continus, signalétique affolée, gargarismes et ressacs, prison sonique jamais tempérée. Pour peu que l’on soit un familier de l’Electro-Acoustic, la surprise n’est (toujours) pas de mise. Puis, à tour de rôle, saxophoniste, contrebassiste et percussionniste vont s’installer en solo (là aussi…). Solos très rapidement brouillés, décuplés, décapités, intrigués par un monde électronique halluciné et saillant (à ce petit jeu, c’est la percussion de Paul Lytton qui s’invite avec le plus d’étrangeté et de transmission). La surprise vient alors de ce chaos final énorme et bouillonnant. Presque définitif. Pour peu, on en redemanderait. Mais avec le boulimique Evan, on sait que ce n’est pas nécessaire. La suite ne sera pas très longue à venir…

Evan Parker : Set (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2003. Edition : 2009.
CD : 01/ Set Part I (studio) 02/ Set Part 2 (concert) 03/ Set Part 3 (studio)
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Evan Parker : The Moment's Energy (ECM, 2009)

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Si le premier enregistrement de l’Electro-Acoustic Ensemble avait été, il y a une douzaine d’années, une passionnante découverte – la « cellule anglaise » (Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton) s’y trouvant pistée par son « shadow trio » (Phil Wachsmann, Walter Prati, Marco Vecchi) – le cinquième* album du groupe (toujours chez ECM) ne renouvelle pas complètement l’enchantement.

L’accroissement de l’effectif (culminant ici à quatorze membres, dont Agustí Fernández, Joel Ryan, Richard Barrett et Paul Obermayer) au fil des disques, un temps vanté par des chroniqueurs admiratifs de ce qu’ils prenaient pour une performance (de quoi ?), ne fait rien à l’affaire – mais ne l’aggrave pas non plus, à mon sens ; l’impression d’empâtement semble davantage tenir à la nature même et à la densité des interactions à l’œuvre. Le principe parkérien de prolifération donnant de merveilleux résultats hallucinatoires et poétiques dans le contexte du solo (voire du solo « traité », comme avec Prati dans Hall of Mirrors [CD MM&T] ou Lawrence Casserley dans Solar Wind [CD Touch]), un jeu supplémentaire de diffractions croisées peut confiner à l’obscurcissement des beaux labyrinthes de verre, comme si, par inflation, on passait d’un essaim turbulent à un avion gros-porteur, masse vrombissante creusant la nuit en clignotant puis virant pesamment sur une aile. On guette alors, dans ce flux laminaire, tout autant les festons du soprano que les trouées de Ned Rothenberg (clarinettes, shakuhachi), les éclaircies de Peter Evans (trompette, trompette piccolo) que l’impeccable sho de Ko Ishikawa, véritable générateur acoustico-électronique…

*Après Toward the Margins (6 musiciens, 1996), Drawn Inward (7 musiciens, 1998), Memory/Vision (9 musiciens, 2002), The Eleventh Hour (11 musiciens, 2004)

Evan Parker : The Moment's Energy (ECM / Universal)
Edition : 2009.
CD : 01/ I 02/ II 03/ III 04/ IV 05/ V 06/ VI 07/ VII 08/ Incandescent Clouds
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Archives Evan Parker

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