Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sult : Svimmelhed (Conrad Sound, 2014) / Street Priest : More Nasty (Humbler, 2014)

sult svimmelhed

C’est le retour de Sult et il va falloir faire un point sur ce que j’attends du groupe d’improvisateurs norvégiens. Première chose les deux basses sont toujours là mais elles ne décident plus de tout, comme c’était (presque) le cas avec Harm. Non, on dirait qu'elles se sont faites aux préparations et aux attouchements légers, ce qui laisse donc plus de place à la guitare acoustique et aux percussions.

Et l’effet est payant. Je me suis renseigné : « Svimmelhed » veut dire « vertiges », ce qui explique la pochette renversée et même toute la musique de Sult. Ce vague-à-l’âme instable (pour m’auto-citer moi-même personnellement) est plus instable encore car les micro-jeux et les provocations instrumentales de Jacob Felix Heule et Håvard Skaset ne se laissent plus faire. Ce qui fait qu’agréablement votre tête tourne… Vertiges, vous disais-je…

écoute le son du grisliSult
Svimmelhed (Bandcamp)

Sult : Svimmelhed (Conrad Sound)
Edition : 2014.
CD : 01/ Jern 02/ Doren II 03/ Fryst 04/ Snylter 05/ Uvel 06/ Doren I
Pierre Cécile © Le son du grisli

street priest more nasty

Street Priest (d’après le nom d’un disque de Ronald Shannon Jackson) est un autre projet de JF Heule (qui est aussi un des deux Basshaters rappelons-le) avec guitare (Kristian Aspelin) et basse (Matt Chandler). Sur la face A c’est un power trio (la guitare est cette fois électrique) qui est autant volontaire qu’indécis (c’est le bon côté de l’improvisation) et sur la B un essai ambient bruitiste puis free grassouillet un peu moins captivant. Inégal, mais le label a aussi un Bandcamp qui aidera à faire le tri.

Street Priest : More Nasty (Humbler)
Enregistrement : 2012. Edition : 2014.
Cassette : A1/ Turk A2/ Taylor A3/ Sixth A4/ Market
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sult : Harm (Bocian, 2013)

sult harm

Il y a deux contrebasses dans Sult, maniées par Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe. Il y a dans Sult d’autres instruments quand même, qui sont la guitare acoustique d’Håvard Skaset et les percussions de Jacob Felix Heule. Mais c’est bien la (dons les !) contrebasse qui est au centre des débats.

Car c’est elle qui tricote le canevas de souffre & de fiel dont le groupe fait ses partitions. C’est elle qui gémit sous le grattage, elle qui rôde partout sur ce disque de modal expérimental. C’est encore elle qui décoche un pizzi qui renverra lentement mais sûrement la guitare frottée ou les toms frappés à leurs études. Elle qui symbolise ce vague à l'âme instable qu’est la musique de Sult. Vague-à-l'âme dont on ne peut que s’éprendre des ruines et des ravages qu'il fait.

Sult : Harm (Bocian)
Edition : 2013.
LP : A1/ Lunge A2/ Mince A3/ Skade A4/ Fange A5/ Wince
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Bark! : Fume of Sighs (Psi, 2012) / Sult : Bark (Bug Incision, 2012)

bark fume os sighs le son du grisli

Si l'histoire du groupe s'enracine au début des années 90, c'est à la fin de cette décennie que Bark! a stabilisé son effectif et trouvé, au fil des disques publiés par Matchless et Psi, en « functioning like one big electronic rhythm section », son « groove » – je cite ici le livret fort détaillé de Phillip Marks (percussions).

Le trio que complètent Rex Casswell (guitare électrique) et Paul Obermayer (samples – on connaît ses accointances avec Richard Barrett, dans Furt ou l'Electro-Acoustic Ensemble d'Evan Parker) développe effectivement une dynamique particulière, manière de bounce atomisé, de réactivité sèche, articulée, ciselée, incisive, digne d'un flipper fracassé. Dans cette session d'octobre 2009, en studio londonien, à force de brisures, de rebonds et de cliquètements, la tension électrique s'accumule, jusqu'à ce que Bark!, enfin, craque et lâche, sporadiquement, quelques aboiements libérateurs et d'autant plus appréciés que, même à fort volume, l'intensité des échanges virevoltants avait pu lasser au long des cinquante minutes de ce disque.

Bark! : Fume of Sighs (Psi / Orkhêstra International)
CD : 01/ Romeo 02/ Zodiac 03/ Trampoline 04/ Fume of Sighs 05/ A Room Each 06/ What is it else? 07/ Crobes 08/ Morse Eyes 09/ The Theoretician 10/ Vexed, a Sea
Guillaume Tarche © Le son du grisli

sult bark bug incision le son du grisli

Certes ce Bark là – à qui il manque le point d’exclamation – n’est qu’un titre. Celui d’un disque de… Sult, association peu commune de deux contrebassistes (Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe), d’un guitariste (Havard Skaset) et d’un percussionniste (Jakob Felix Heule) – Dryer et Heule, entendus déjà en Basshaters. En conséquence : un précis de gravitude dont nœuds, tensions, râles et décharges, font le gros du discours. Sept onomatopées en tout qui, persuasives presque toutes, forment un vocabulaire signifiant.

Sult : Bark (Bug Incision)
Edition : 2012.
CD : 01/ arkb 02/ bkra 03/ brak 04/ rabk 05/ krab 06/ rakb 07/ abrk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Basshaters : Live Spring 2009 (Young Girls, 2009)

bassgrislers

Je ne connaissais rien de Basshaters avant d’écouter cet enregistrement d’un de leurs concerts. Au fil des recherches, une page myspace m’en apprend plus : un duo d’Américains constitué de Tony Dryer et Jacob Felik Heule = contrebasse et batterie et de l’électronique (ce serait moins drôle sans). Le duo a déjà joué avec les saxophonistes Jack Wright et Michel Doneda, alors j’imaginais un dialogue déconstruit et cérébral...

Or, quand le disque démarre, un bruit de rotatives retentit, assourdissant si le volume est assez fort, qui vient peut être de micros que l’on gratte. Pour suivre, un larsen se fait entendre, des chants d’oiseaux (ou sinon c’est moi qui fantasme…) perdus dans un brouillard sonore épais et cataleptique. Les moteurs ne cesseront plus de suffoquer, de s’emballer même jusqu’à faire craquer le plancher (ou sinon c’est moi qui fantasme). Des pauses essayent bien de calmer le tout, mais rien n’y fait : le duo continue de protester, haut et fort. Le tout est aride et très impressionnant, Basshaters m’a convaincu que je fantasmais moins que je ne pouvais le penser…

Basshaters : Live Spring 2009 (Young Girls Records)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD-R :01/  Eugene, OR / Epic Space / June 4 02/ Santa Fe, NM / High Mayhem / May 31 03/ Portland, OR / The Wail / June 5
Pierre Cécile © Le son du grisli

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