Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Au rapport : Festival Le Bruit de la MusiqueParution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Rivière Composers' Pool : Summer Works 2009 (Emanem, 2010)

rivieresli

Deux jours d’août et quelques instants de la mi-septembre 2009. Quatre musiciens, cordes et anches, dans différentes combinaisons et situations (studio & concert). Un triple disque… et une inquiétude : que l’exhaustivité documentaire d’une telle somme – en noyant la musique, si ce n’est l’auditeur – ne nuise…

C’est autour de la personnalité de Kent Carter (contrebasse), auquel Emanem doit une belle série de « disques à cordes », que les échanges s’organisent, improvisés dans un plaisant esprit chambriste. Le premier disque offre un trio au son superbe : Albrecht Maurer (violon, alto) et Theo Jörgensmann (clarinette – qui avait recruté Carter pour son Fellowship sur hatOLOGY) rejoignent le bassiste sur de brèves pièces spontanément composées avec élégance et célérité ; les jeux de reprises, de motifs, d’allures forment, dans leurs condensations et étirements, d’assez weberniennes et convaincantes danses.

La galette suivante se partage entre le duo de Carter avec Etienne Rolin (clarinettes, flûte) et le quartet regroupant tous les musiciens présents. La relation épanouie des deux premiers est dominée par une connivence qui permet de fécondes distances : leur impeccable sens de l’espace se voit donc nettement modifié dans la configuration plus touffue qui succède. Tresses et trajectoires, si elles se multiplient alors, n’obscurcissent néanmoins pas le propos (faut-il le regretter ?).

Le troisième disque saisit le quartet en concert ; de front, en mêlée, échappés ou tactiquement groupés pour porter alternativement l’un et l’autre, les musiciens développent, avec un soin particulier porté à la forme, une suite chantante qui s’autorise digressions et échauffourées.

Les craintes de l’auditeur, au seuil de ces trois heures d’enregistrements, n’avaient pas lieu d’être : il faut saluer la magnifique abondance avec laquelle cette musique se déploie, évidente.

Rivière Composers’ Pool : Summer Works 2009 (Emanem / Orkhêstra International)
CD1 : 01/ Ways of Moving 02/ Spaces 03/ Horizon 04/ Persistent 05/ Pinwheel 06/ Music for A Ghost Story 07/ Dance to This 08/ Suite of Actions 09/ Pilgrimage for Two 10/ Up and away – CD2 : 01/ Hi 02/ Sky Cry 03/ And What is This? 04/ Folksong 05/ Eye for I 06/ Alto Flute Story 07/ By 08-14/ The Summer Works Suite, Part One to Part Seven – CD3 : 01-04/ The Summer Works Concert, First Movement to Fourth Movement
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.

Guillaume Tarche © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Marcin & Bartlomiej Brat Oles: Directions (Fennomedia - 2005)

oles

Ayant déjà collaboré sur Miniatures, Marcin, Bartlomiej Brat Oles et le clarinettiste allemand Theo Jörgensmann, signent avec Directions un hommage à leurs maîtres tout en oeuvrant en faveur d’un jazz européen érudit mais altruiste.

Ouvrant le bal, Alpha-Beta-Blanka est une pièce éclatante, qui fait se succéder une progression tempétueuse, improvisée, et une autre plus lente, charriant un blues extrait de sous les dunes. Ce dernier filtrera encore sous Giuffree, composition de Jörgensmann qui mêle improvisation mesurée et impression cool jazz - clin d’œil au musicien américain entamé dès Per Rata.

Si l’on rencontre ailleurs d’autres réminiscences de cool (Voices of The Trees), le trio peut aussi s’attacher à rendre un free déclaré – décisif (Aesthetic Direction) ou non (January 5) - ou, sur Parbat, un mélange d’improvisation baroque (l’archet de Marcin Oles) et de klezmer aride (la clarinette de Jörgensmann). A chaque fois, malgré les accrocs faits à l’interprétation bienséante, les trois hommes n’en oublient pas d’arranger assez leur musique pour ne pas frustrer l’amateur de repères.

Au détriment de quelques titres, ici ou là (Zen deTractorist, ou Byway, morceau sur lequel Jörgensmann confond politesse et mièvrerie). Sans que cela n’enlève grand-chose à la qualité d'ensemble de Directions, enregistrement engageant, et plus qu’encourageant.

CD: 01/ Alpha-Beta-Blanka 02/ Per Rata 03/ January 5 04/ Giuffree 05/ Aesthetic Direction 06/ Zen deTractorist 07/ Parbat 08/ Byway 09/ Voice of The Threes

Commentaires [0] - Permalien [#]
>