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The Body : Christs, Redeemers (Thrill Jockey, 2013)

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En couverture du digipack, il y a une fleur qui bat du pétale, à l’intérieur c’est une épée et une hache : bienvenue dans l’univers de The Body. Un goût de médiéval-revival à la bouche (deux petits morceaux aux chants « additionnels » rappellent, tiens... Dead Can Dance), batterie lourde, guitare martiale et basse grasse à souhait : le groupe envoie bien plus que le bois !

Car The Body ne se cantonne pas à l’éternelle rengaine (Earth) metal. Non, il brise ses progressions, hache ses morceaux, y glisse des inserts un peu plus expérimentaux (rythmiques ou polyrythmiques, voix aigues d’aliénés, vols de corneille à ras du sol) que ceux qu’on a coutume d’entendre dans le genre. Il reste quand même des textes noctambules qui parlent de prières, d’échec, de désir, de mort… Mais c’est que ça leur tombe dessus, à Chip King & Lee Buford, que ça vient d’un ailleurs dont ils nous transmettent malicieusement le message. Pour séduire le chaland, ils abusent parfois (dans les violons par exemple) mais leur maîtrise du pieu (saturation & sustain) touche le plus souvent au core.

The Body : Christs, Redeemers (Thrill Jockey)
Edition : 2013.
CD / LP / DL : 01/ I, The Mourner of Perished Days 02/ To Attempt Openness 03/ Melt Away 04/ An Altar or a Grave 05/ Failure to Desire to Communicate 06/ Night of Blood in a World Without End 07/ Prayers Unanswered 08/ Denial of the Species 09/ Shrouded 10/ Bearer of Bad Tidings
Pierre Cécile © Le son du grisli



The Body : I’ve Seen All I Need To See (Thrill Jockey, 2021)

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En introduction, du talking sur des basses d’outre-bombe. Les guitares de Chip King tonnent déjà et je ne vous parle pas de la batterie de Lee Buford. Mais avant de prendre son plaisir, on vérifie les branchements de la hifi, même si l'on sait que le duo s’amuse souvent à un jeu de démembrement sonore qui impose à tout le monde des craquements et même des coups de gomme sur pistes.

Les enceintes tiennent bon, alors à nous maintenant. Dès la deuxième plage, The Body en met un grand coup (plus grand que d’habitude, je veux dire) = une marche velléitaire derrière laquelle pourrait courir Earth sous speed. C’est Tied Up And Locked In – locked in, c’est fait, et attaché c’est pour bientôt. Car I’ve Seen All I Need to See est un disque attachant.

Au concours des métalleux à gros bras tatoués, The Body n’est pas le dernier pour vous retourner le studio. D’autant que Chip King et Lee Buford sont venus avec des renforts (Ben Eberle aux voix, Chrissy Wolpert au piano, Seth Manchester aux claviers et programmations rythmiques et Max Goldman à l’autre batterie). Un pas de plus vers le doom, et débarrassée de ses oripeaux lyriques (que je regrettais sur Christ, Redeemers), l’équipe nous rejoue stupeur et tremblements avec un panache dont a du mal à se remettre. Suffit d’écouter ou de réécouter The Handle/The Blade, je vous dis.

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The Body : I’ve Seen All I Need To See
Thrill Jockey
Edition : 2021
Pierre Cécile © Le son du grisli

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