Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Christina Kubisch à NantesA paraître : le son du grisli #5En librairie : Bucket of Blood de Steve Potts

Sun Ra : College Tour Volume One (ESP, 2010)

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Entre comédie musicale intergalactique et free incandescent, Sun Ra n’en fait qu’à sa tête. La prochaine étape sera Saturne nous prévient-il. Et Mars, tout de suite après. Cette nouvelle mouture de Nothing Is… est une pure bénédiction pour les fans : un premier set offert dans son intégralité, un second presque complet et quelques extraits du sound check pour finir. Tout ceci, rendu possible grâce au producteur Michael D. Anderson, archéologue avisé et grand admirateur du pianiste.

18 mai 1966 – St. Lawrence University – New York : c’est donc la « tournée des collèges ». L’orchestre est au grand complet (John Gilmore, Marshall Allen, Pat Patrick, Robert Cummings, Teddy Nance, Ali Hassan, Clifford Jarvis, Ronnie Boykins, James Jackson, Carl Nimrod). Le pianiste Burton Greene présente les musiciens. La joie est palpable. Marshall Allen s’écorche les doigts à trop vouloir harponner l’ultra-aigu. Les thèmes s’enchaînent. Parfois, le leader interrompt une improvisation et ordonne un nouveau thème. La musique est au bord du précipice, toujours prête à se rompre le cou, toujours en fusion-action mais jamais en attente. Les riffs sont dissonants ici, plus rassurants ailleurs ; les joutes batterie-percussions crépitent, la musique chaloupe, chavire, jamais ne dérive. C’est une musique de mirages et de certitudes (le rôle essentiel de Ronnie Boykins et Clifford Jarvis, essentielle cheville ouvrière de l’orchestre ; l’omniprésence d’un John Gilmore au sommet de son art). Bref un disque qui est de l’ordre de l’indispensable.

Sun Ra : College Tour Volume One : The Complete Nothing Is… (ESP / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1966. Edition : 2010
CD1 : 01/ Burton Greene Introduction 02/ Sun Ra & His Band from Outer Space 03/ The Shadow World 04/ Interpolation 05/ The Satellites Are Spinning 06/ Advice to Medics 07/ Velvet 08/ Space Aura 09/ The Exotic Forest 10/ Theme of the Star Gazers 11/ Outer Space Ways Incorporated 12/ Dancing Shadows 13/ Imagination 14/ The Second Stop Is Jupiter 15/ The Next Stop Mars - CD2 : 01/ The Satellites Are Spinning 02/ Velvet 03/ Interplenetary Chaos 04/ Theme of the Star Gazers 05/ The Second Stop Is Jupiter 06/ We Travel the Spaceways 07/ Nothing Is 08/ It Is Eternal 09/ State Street 10/ The Exotic Forest
Luc Bouquet © Le son du grisli



The Sun Ra Arkestra : Points on a Space Age (MVD, 2009)

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A bout de souffles et en manque patent de meneur malgré les efforts de Marshall Allen, l’Arkestra continue le voyage. Ce dont atteste Points On A Space Age, film que réalisait récemment Ephraim Asili.

Comme le soulignait il y a peu un Jean Dezert ayant, quelques heures durant, quitté Liège pour Londres (Cafe Oto Is the Place) : on n’est pas dupe et on sait que le groupe n’attire plus à lui parce qu'il parvient à inventer encore. Alors, on regarde défiler les images : l’Arkestra poussif en représentation dans une lugubre salle de messe pentecôtiste, quelques archives en noir et blanc montrant Sun Ra en gourou – « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » –, soit, partout : un now (lugubre) and then (regrettable) en conséquence peu enthousiasmant. Et puis, rempli qu’il est d’anciennes figures, voire de vieilles présences que quelques programmateurs font encore danser, le film pose la question de la place de la jeunesse dans « tout ça » : peut-elle être encore admirative ? Puisque non, doit-elle alors se montrer respectueuse ou avoir à tolérer de se sentir gênée ?

Ephraim Asili : Points on a Space Age (MVD / Orkhêstra International)
Edition : 2009.
DVD : Points On A Space Age
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Sun Ra : The Heliocentric Worlds of Sun Ra II (ESP, 2009)

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Mille nouvelles copies vinyle du second volume de The Heliocentric worlds of Sun Ra tournent aujourd'hui. Milles planètes redécouvertes tournant autour du soleil ou de Sun Ra, au choix.

Enregistré à New York en 1965, le disque fait évoluer un octette qui, à lui seul, aura concrètement – et peut être mieux que les autres formations du pianiste – mis en scène et en espace une esthétique bouleversante. En ouverture, The Sun Myth progresse lentement au gré des fluctuations de l'archet de Ronnie Boykins et de la clarinette basse de Robert Cummings avant que le meneur commande l'invasion d'un free chaotique, enfoncé à coups de baryton par l'inégalable Pat Patrick. Mais les reliefs sont changeants, et les attitudes s'y adaptent : redescente obligée le temps de laisser la musique évoluer sur quelques glissements de terrains surprenants.

L'autre face contient deux pièces, exploration d'un palais des glaces sur lequel le groupe sera tombé finalement : flûte de Marshall Allen illustrant le ravissement sur A House of Beauty qui en appelle déjà au champ dévasté : Cosmic Chaos forcément percussif, et cédant sous l'alto de John Gilmore malgré les pansements et piqures de rappel au jazz ancien prescrits par la trompette de Walter Miller. Soudain, sur Cosmic Chaos, le soleil n'est plus par sa lumière (clarinette basse encore, ombreuse, insistante, de Cummings) mais par son énergie : l'essentiel, donc.

Sun Ra : The Heliocentric Worlds of Sun Ra II (ESP Disk / Orkhêstra International)
Enregistrement : 16 novembre 1965. Réédition : 2009.
LP : A01/ The Sun Myth B01/ A House of Beauty B02/ Cosmic Chaos
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Sun Ra : Featuring Pharoah Sanders and Black Harold (ESP, 2009)

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Afin de célébrer le passage de l’année 1964 à l’année 1965, Sun Ra et son Arkestra – assez rare, celui-ci, puisqu’on y trouve Pharoah Sanders en lieu et place de John Gilmore, alors parti tourner en compagnie d’Art Blakey – prenait place dans une manifestation organisée par la Jazz Composers Guild de Bill Dixon.

Auprès du pianiste, trouver aussi les saxophonistes Marshall Allen et Pat Patrick, les contrebassistes Ronnie Boykins et Alan Silva, les percussionnistes Clifford Jarvis et Jimmy Johnson, enfin, et la liste n’en sera pas pour autant moins incomplète, le flûtiste Black Harold (Harold Murray). Sorti à l’origine sur Saturn Records – et aujourd’hui augmenté de six pièces –, l’enregistrement démarre au son de solos timides et d’un tout percussif qui augure de la suite.

Délurée, celle-ci : entre la reprise de We Travel The Spaceways et The Voice of Pan aux flûtes forcément débordantes, trouver un free jazz plus vindicatif encore que celui qui aura fait la réputation de Sun Ra : Sanders éructant sur ce Rocket Number 9 à la découpe déjà singulière, rivalité des vents sur The Now Tomorrow, sur lequel Black Harold parvient quand même à faire entendre une mélodie délicate. En guise de conclusion, le mouvement lent instigué au piano, et beaucoup de flûtes encore : Space Mates au bout d’une odyssée grandiose.

Sun Ra : Featuring Pharoah Sanders and Black Harold (ESP / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1964. Réédition : 2009.
CD : 01/ Cosmic Interpretations 02/ The Other World 03/ The Second Stop is Jupiter 04/ The Now Tomorrow 05/ Discipline 9 06/ Gods On A Safari 07/ The World Shadow 08/ Rocket Number 09/ The Voice Of Pan 10/ Dawn Over Israel 11/ Space Mates
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Archives Sun Ra


Ronnie Boykins: The Will Come, Is Now (ESP - 2009)

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« Bernard Stollman nous approchait à l’occasion de concerts, venait nous parler puis nous offrait la possibilité d’enregistrer un disque », confiait récemment Henry Grimes au moment d’évoquer The Call, disque qu’il signa pour ESP. Après avoir fait, dans les années 1960, la connaissance de Sun Ra, le producteur s’empressa de faire la même proposition à Ronnie Boykins, contrebassiste de l’Arkestra qui prit son temps avant d’entrer en studio pour l’enregistrement de The Will Come, Is Now, unique référence de sa discographie personnelle.

Aujourd’hui réédité par ESP, l’enregistrement, datant de 1974, retient de brillantes preuves du talent de compositeur de son leader : premières secondes imposant sans attendre la langueur d’un morceau-titre qu’épouseront les solos des saxophonistes Jimmy Vass, Monty Waters et Joe Ferguson, et du tromboniste Daoud Haroom avant que Boykins donne un aperçu définitif de son art à l’archet.

Plus loin, l’alto de Vass rappelle celui de Dolphy sur une ballade vieille école à la progression chancelante (Starlight at The Wonder Inn) avant qu’une confusion amusée ne s’empare de Demon’s Dance et de The Third I – ici, Boykins passé au sousaphone. Reste à célébrer Dawn Is Evening, Afternoon, boucle lasse et tombante (gimmick de contrebasse contre unisson des souffles) interrompue par des parcelles d’un swing déviant sur lequel s’accordent toutes pratiques libertaires. Se poser alors la question : combien de musiciens à discographie débordante accepteraient de renoncer à celle-ci pour un seul disque de la qualité de The Will Come, Is Now ? Autant, sans doute, qu’il pourrait en exister de sensés.

CD: 01/ The Will Come, Is Now 02/ Starlight At The Wonder Inn 03/ Demon’s Dance 04/ Dawn Is Evening, Afternoon 05/ Tipping on Heels 06/ The Third I >>> Ronnie Boykins - The Will Come, Is Now - 2009 (réédition) - ESP Disk. Distribution Orkhêstra International.



Sun Ra: Live in Cleveland (Leo Records - 2009)

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D’un son déjà approximatif, ce Live in Cleveland de Sun Ra, daté de janvier 1975, brille seulement par sa fantaisie endormie, qui lui refuse de loin le titre de réédition de l’année lumière.

Si les incontournables de l’Arkestra (John Gilmore, Marshall Allen, June Tyson) font partie du voyage, difficile pour eux de se faire entendre auprès de la basse électrique envahissante de Dale Williams, qui enterre à chaque fois qu’elle se fait remarquer tout espoir valable de fusion. Alors, les scansions collégiales insistent sans y croire parmi un mélange abusif d’influences : jazz, funk, soul et gospel, tous fatigués.

Pour relever un peu le document, Sun Ra devra effectuer un repli vers le format chanson (Enlightment, long de deux minutes à peine, ou Sophisticated Lady au free jazz mélancolique) ou la divagation transcendante (Friendly Galaxy 2, que les instruments à vent réussissent à sauver du naufrage). Pour ces trois exceptions – auxquelles ajouter un solo de synthétiseur à l’expérimentation amusée –, Live in Cleveland ne pourra être totalement déconseillé.

CD: 01/ Astro Nation (of the United World in Outer Space) 02/ Enlightment 03/ Live in Outer Space 04/ Theme of the Stargazers (The Satellite are Spinning) 05/ Friendly Galaxy 2 06/ Synthsizer Solo 07/ Sophisticated Lady >>> Sun Ra - Live in Cleveland - 2009 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

Sun Ra déjà sur grisli
Some Blues but Not The Kind Thats Blue (Atavistic - 2007)
Strange Strings (Atavistic - 2007)
Pathways to Unknown Worlds (The University of Chicago Press - 2007)
Concert for the Comet Kohoutek (ESP - 2006)
The Wisdom of Sun Ra (The University of Chicago Press - 2006)
What Planet Is This ? (Leo Records - 2006)
Springtime in Chicago (Leo Records - 2006)
Nothing Is... (Atavistic - 2005)


Sun Ra: Some Blues But Not The Kind Thats Blue (Atavistic - 2007)

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Publiée par Saturn en 1978, voici rééditée par le label Atavistic la somme d’interprétations rares qu’est Some Blues But Not The Kind Thats Blue – standards et compositions du pianiste enregistrés à neuf ou dix en 1977 –, augmentée de deux versions de I’ll Get By, enregistrées en trios en 1973.

D’un amas d’instruments geignant parvient d’abord à s’extirper le thème de Some Blues qu’impose un piano leste, attentif aux solos – instruments pas tous à la même distance du micro – de John Gilmore, Marshall Allen  et Akh Tal Ebah. Traités avec grâce, ensuite : le thème de My Favorite Things : instruments à vents (dont le ténor rauque de Gilmore) portés par l’accompagnement sombre du leader ; celui de Nature Boy, évoqué par les arpèges de piano puis croulant sous les dissonances dues aux flûtes.

Et puis, I’ll Get By, deux fois interprétée : par Sun Ra à l’orgue, Ronnie Boykins et Akh Tal Ebah, version au cool décalé un peu par l’intervention d’un clavier parfois excentrique ; par un second trio, ensuite, Gilmore remplaçant le trompettiste et mesurant ses écarts pour ne pas trop rompre avec les intentions convenables. Autant d’atouts en faveur d’une autre réédition, d’un autre document d’importance.


Sun Ra, I'll Get By. Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Some Blues But Not The Kind Thats Blue 02/ I’ll Get By 03/ My Favorite Things 04/ Untitled 05/ Nature Boy 06/ Tenderly 07/ Black Magic 08/ I’ll Get By 09/ I’ll Get By

Sun Ra - Some Blues But Not The Kind Thats Blue - 2008 (réédition) - Atavistic. Distribution Orkhêstra International. 


Sun Ra: Strange Strings (Atavistic - 2007)

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Réédition d’un album enregistré en 1966 et publié sur le propre label de Sun Ra, Strange Strings revient sur la rencontre entre l’Arkestra et d’hétéroclites instruments à cordes.

Hétéroclites, parce qu’aussi bien glanés en pays étrangers que sortis des claviers électroniques du leader, et arrachant au petit bonheur leurs combinaisons instables : Ronnie Boykins suivant à la viole l’allure éléphantesque de Worlds Approaching malgré les perturbations des saxophones de Pat Patrick, Marshall Allen et John Gilmore ; archets extirpant des plaintes longues et aigues sur l’accompagnement aléatoire d’une section rythmique perturbée (Strings Strange).

Expérimental, l’enregistrement l’est peut-être plus encore qu’aucun autre de Sun Ra, et se voit forcément refuser le titre d’introduction idéale à l’œuvre du pianiste. Mais celui-ci a-t-il encore besoin d’être découvert ? Et ne faut-il pas baser toute réédition sur tel ou tel aspect de sa musique qui aurait pu échapper à l’initié ? La secte des connaisseurs prend alors acte de la réédition de l’excellent Strange Strings, augmenté de Door Squeak, morceau sur lequel Sun Ra convainc Ronnie Boykins de l'intérêt de dialoguer avec une porte.

CD: 01/ Worlds Approaching 02/ Strings Strange 03/ Strange Strings 04/ Door Squeak

Sun Ra - Strange Strings - 2007 (réédition) - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.


Sun Ra: Pathways to Unknown Worlds (The University of Chicago Press - 2007)

pathwaysgrisliLe 13 avril 1956, Sun Ra enregistre Super-Sonic Jazz, premier album du catalogue de son propre label, El Saturn Records. La réalisation de la pochette est confiée à Claude Dangerfield, qui jette sur le papier les touches noires et blanches d’un piano entouré d’éclairs et de planètes. A la suite de cette première collaboration, Sun Ra entamera une véritable réflexion sur la place de l’illustration dans une esthétique globale à mettre en place. Pathways to Unknown Worlds en donne les preuves.

Edité à l’occasion d’une exposition consacrée à l’univers d’El Saturn Records et, donc, de son grand patron, le livre reproduit sur papier glacé pochettes de disques et feuilles extraites de cahiers jaunis, sur lesquelles des artistes semi professionnels oeuvrant alors à Chicago (Dangerfield, LeRoy Butler, James Bryant, Evans) et Sun Ra lui-même (travaillant davantage sur les logos et la typographie), développent un répertoire graphique collant à la mystique musicale et extraterrestre du maître. Alors, fusées, ovnis, planètes et oeils divins, se partagent le monde d’en haut, séparés quelques fois par des failles spatiotemporelles ou un manche de contrebasse, quand, ailleurs, des femmes à la renverse et en lévitation rivalisent d’importance avec des anges déviationnistes tenant quand même à leur Annonciation.

A côté des images, les mots d’Adam Abraham à propos de son père, Alton, ami le plus proche de Sun Ra, et les souvenirs de musiciens ayant côtoyé le pianiste : Robert Barry, Von Freeman (qui raconte comment Sun Ra lui révéla, un jour, son véritable nom) ou Art Hoyle. Plus concrets, presque souvenirs amassés pour satisfaire la curiosité la moins sérieuse, des tracts annonçant concerts, des cartes de visite ou de vœux, sont reproduits. La manie du collectionneur appliquée à la portée universaliste du maître, qui complète de façon légère The Wisdom of Sun Ra, recueil de textes récemment publié par le même éditeur.

Elms, Anthony, John Corbett, and Terri Kapsalis, Pathways to Unknown Worlds: Sun Ra, El Saturn and Chicago's Afro-Futurist Underground, 1954-68, Chicago, The University of Chicago Press, 2007. Cet ouvrage (en anglais) est disponible auprès de The University of Chicago Press.


Dax Pierson & Robert Horton: Pablo Feldman Sun Riley (Nosordo - 2006)

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Sur Pablo Feldman Sun Riley, un membre de Subtle (Dax Pierson) et un punk sur le joli retour (Robert Horton) adressent un hommage à quatre compositeurs de premier ordre, tous genres exigeants confondus : Augustus Pablo, Morton Feldman, Sun Ra et Terry Riley.

Entamant la construction d’un univers reconnaissant, mais aussi en train de se construire, Winterlong convoque un mélodica et un violoncelle déraillant, une voix grave fantasmant le râle d’une bête imaginaire et quelques silences. Sans cohérence évidente, le duo travaille ensuite à une composition répétitive changée bientôt en amas de drones sortis de guitares (When A Stone Speaks), puis à une pièce dont les premiers airs de baroque non aboutis disparaîtront au profit de boucles et d’interventions bruitistes (Winterworld Dub).

Sûrs de leur bon droit, Pierson et Horton continuent de multiplier les effets, et l’inspiration de ne pas faiblir : des field recordings choisis du Drive Along the Boundaries of Nothingness remixé par Subtle aux dérélictions électroniques de Piece of the Sun, des larsens minuscules infiltrés par quelques clics d’Offguard aux conspirations des guitares de Living Room Music, les charges sont nombreuses, et souvent prodigieuses. Prétexte sensible et évocation permettant toutes les libertés, Pablo Feldman Sun Riley trahit sur toute sa longueur les influences profondes de Dax Pierson et Robert Horton : de celles qui refusent toute copie ; là, davantage, pour être sublimées.

Dax Pierson, Robert Horton : Pablo Feldman Sun Riley (Nosordo)
Edition : 2006.

CD: 01/ Winterlong 02/ When a Stone Speaks 03/ Winterworld Dub 04/ Piece of the Sun 05/ Drive Along the Boundaries of Nothingness (remix of Subtle) 06/ Offguard 07/ Living Room Music
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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