Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jitter : Jitter (Barefoot, 2016)

jitter jitter barefoot records

Le genre d’improvisation des suédodanois de Jitter, normalement, me laisse plutôt froid. Je retourne la pochette du vinyle et j’y vois une énième préparation (à moins que ça ne soit une lampe vue du dessous) qui n’arrange guère leurs affaires. Mais allons-y pour deux faces, enregistrées par Sture Ericson (saxophone & clarinette), Anders Lindsjö (guitare) et Adam Pultz Melbye (contrebasse) à Berlin que ce-dernier connaît bien…

Il n’a pas fallu longtemps au trio pour retourner mes aprioris (pas tous, d’accord, mais pas loin) notamment parce qu’il sait jouer avec ses influences, que nous qualifierons de « diverses ». A la clarinette jazz la contrebasse répond par exemple par un blues qui glisse dans le grass et la guitare par des excentricités à la Frith / Ribot. La seconde face est d’accord plus commune (le genre de truc qui vous perd à coup sûr dans un blindfold-test : quoi ? Braxton vs. Bailey ? Non ? Alors quoi ?...) mais passe aussi bien. Et puis il y a chez Jitter cette facétie constante qui l’empêche de tomber dans l’impro sèche et ses travers « post-free post-sérieux mais so décalqué », voire « improbable » pauvre cruche… Voilà pourquoi Jitter me convient. Et pourtant (je le répète) c’était pas gagné.



jitter

Jitter : Jitter
Barefoot Records
Edition : 2016.
Enregistrement : 7 & 8 juin 2014. Edition : 2016.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ears On / Socks Off (Barefoot, 2013)

ears on socks off

Riche idée qu’a eue le Copenhagen Jazz Festival de donner la parole à quelques-uns des francs tireurs du label Barefoot. C’est ainsi que dix-huit concerts mêlant groupes existants et groupes formés à cette occasion se succédèrent l'année dernière sur la scène du Christianshavns Beboerhis.

Moins bonne idée pour le chroniqueur que de rendre compte des neufs combos choisis illustrant ce double CD, les extraits musicaux ne dépassant pas les dix minutes pour la plupart. On se bornera donc ici à une simple – mais alléchante – énumération de quelques-uns des moments forts de ces soirées. Donc : l’inquiétude larvée d'Her Majesty’s Ship avec un saxophoniste (Sture Ericson) habile en harmonique ; l’étrangeté électrique de Pistol Nr.9 ; les roulis, chocs et autres grincements du trompettiste Tobias Wilkund ; le duo crissant et dissonant du pianiste Morten Pedersen et du violoncelliste Thommy Andersson ; les miaulements écarlates de la chanteuse Sofia Jernberg ; l’irrévérence salivaire des saxophonistes Maria Faust et Luidas Mockunas et le trio incendiaire de Lars Greve (saxophones), Peter Friis Nielsen (basse électrique), Håkon Berre (batterie). Mais c’est le trio Angel (Stephan Sieben, Adam PultzHåkon Berre) augmenté du saxophoniste Luidas Mockunas qui casse la baraque : improvisation fiévreuse, admirable progression du crescendo, gargouillis de sax – avant explosion finale –, ce trio mérite un très large détour.

Ears On : Socks Off (Barefoot Records)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
2 CD : CD1 : 01/ Vestibulum 02/ Auricula 03/ Tuba Eustachii 04/ Malleus – CD2 : 01/ Fenestra Ovalis  02/ Modiolus 03/ Cerumen Auris 04/ Incus 05/ Capitulum Mallei
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Pet : Pet (Ilk, 2010)

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Du trio danois Pet, on retiendra une inquiétude toujours captivante. Des harmoniques d’alto tournoyant sans trouver proie. Une clarinette crachotant une angoisse tenace, resserrant le souffle jusqu’à la limite autorisée. Et sans doute de drôles d’objets encombrant le pavillon du ténor.

On visitera un piano aux traits sournois. Une cérémonie de fiel prodiguée sans scrupule pour mieux pulvériser les claires lignes qui viendraient à passer par là. Les toms déboulent, eux-aussi, gravement. Les peaux sont détendues à l’extrême ou couvertes de tissus étouffants. Et toujours, rejettent la possibilité d’un rythme.

De cette improvisation proposée par Sture Ericson, Simon Toldam et Anders Provis, on admirera la sombre beauté, les éboulements finement contrôlés et, bien sûr, les riches inquiétudes dispensées.

Pet : Pet (Ilk Music)
Edition : 2010.
CD : 01/ Short-Long-Long-Short-, Short, Long 02/ Sir Evans Drop 03/ Insects or Snowflakes ? 04/ Front Slide  05/ Funk from a Far 06/ As Modernist Runes 07/  No Modal Mist 08/ Our Secret Sin 09/ Let’s Melt Down There 10/ I 11/ II 12/ III 13/ Two-Seventy Flip
Luc Bouquet © Le son du grisli

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The Electrics : Live at Glenn Miller Café (Ayler, 2006)

elecgrisliEnergique quartette germano-scandinave, The Electrics profite de passages éclairés sur scène pour alimenter leur discographie. Après Chain of Accidents, enregistré en 2000 au Copenhagen Jazz House, voici Live at Glenn Miller Café, datant d’octobre 2005.

Eclatants dès l’ouverture, les musiciens estiment les libertés (saxophone ténor de Sture Ericson) et limites (trompette d’Axel Dörner) de leur pratique, progressant au son d’expérimentations osées à peine mais signifiantes (Electrips, Electrance). Ailleurs, le groupe soumet son improvisation à quelques postures de jazz érudit (swing sur Electroots, free sur Electrash).

Passé à la clarinette basse, Ericson ouvre enfin Electraps : les interventions exaltée de Raymond Strid sur percussions et grinçante du contrebassiste Ingebrigt Håker Flaten y imposant une charge rugueuse, cette pièce d’heavy jazz oblige Dörner et Ericson à trouver des options de défense qu’ils n’avaient pas soupçonnées jusqu’alors.

Autrement dire qu’au Glenn Miller Café, The Electrics persistent, signent, et outrepassent les qualités dévoilées sur leur premier enregistrement. Pour concevoir leur évolution en tant que progrès.

CD: 01/ Electrips 02/ Electrance 03/ Electrash 04/ Electroots 05/ Electraps

The Electrics - Live at Glenn Miller Café - 2006 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International. 

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