Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Stephen Cornford, Ben Gwilliam : On Taking Things Apart (Winds Measure, 2016)

stephen cornford ben gwilliam on taking things apart

Il y a de l’idée et, plus encore, du prêt-à-expérimenter dans l’étrange instrumentarium que se partagent Stephen Cornford et Ben Gwilliam – à en croire leurs précédentes réalisations, un intérêt inspirant pour John Cage rapprocherait les deux musiciens. Enregistrés en 2012 à Bruxelles, ils improvisent ici une quarantaine de minutes.

C’est d’abord l’impression d’interrompre des préparatifs : le souffle de la bande, un (discret) remue-ménage ou l’exploration d’une boîte à outils, se font ainsi entendre. Et puis il y a ce petit moteur qui pétarade, première expression assumée derrière laquelle se lèveront des sifflements. Eux vont à l’allure du tour sur lequel Cornford et Gwilliam semblent jeter tous leurs artifices, leurs objets comme leurs illusions. Les projections à suivre ont alors raison de leur intention première : ni brute ni vraiment abstraite, leur musique d’atelier – pour ne pas dire « de bricole » – laisse ainsi chanter les circonstances.

écoute le son du grisliStephen Cornford, Ben Gwilliam
On Taking Things Apart
(extrait)

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Stephen Cornford, Ben Gwilliam : On Taking Things Apart
Winds Measure
Enregistrement : juin 2012. Edition : 2016.
CD : On Taking Things Apart
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

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John Cage : The Works for Organ (Mode, 2013) / Cartridge Music (Another Timbre, 2013)

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Malgré tout l’amour que je porte à John Cage, je me méfais encore de l’orgue – il faut dire que l’église m’a fait m’en méfier. Et ces deux disques sont arrivés par un jour de neige : The Works for Organ. Tout John Cage pour orgue y est (1978, 1983, 1985, 1987).

Ce jour de neige n’a pas été un jour de neige comme les autres. Plus d’un mètre de blanc dehors. Alors, quand retentit l’orgue de Gary Verkade, celui du village-église de Gammelstad... Parfois seul, parfois avec des assistants, Verkade entreprend un marathon blanc. Un marathon de jour de neige, un marathon de grand matin. Some of ‘’The Harmony of Maine’’ où les tirants de l’orgue aspirent des lamelles sonores de bois blanc : treize temps, treize stations, treize strates-states.

Il y a aussi la mélodie en sourdine d’un Souvenir, les couples de notes, allongées, d’Organ2/ASLSP et, surtout, le chef d’œuvre pour orgue qu’est ASLSP. Il bourdonne dans le soupçon, chuchote avec gravité, sa partition est une ligne que l’on trouve tout en bas et qui commande tout l’espace blanc qui est au-dessus d'elle, toute la montagne qui la pèse. C’est ici que ce grand pays de neige est le plus blanc, mais d’un blanc mêlé. Impossible à définir. Tout simplement fantastique.  

John Cage : The Works for Organ (Mode)
Edition : 2013.
CD1 : 01/ Souvenir 02-14/ Some of ‘’The Harmony of Maine’’ (Supply Belcher) – CD2 : 01/ ASLSP 02/ Organ2/ASLSP
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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john cage cartridge music

Les intervenants sont nombreux, qui ont pour noms Stephen Cornford (direction), Rob Curgenven, Ferran Fages, Alfredo Costa Monteiro, Patrick Farmer, Daniel Jones et Lee Patterson. Les uns derrière les autres, ils font effet au son d’aigus, de souffles, de crépitements, de graves râles ou de percements. La frise d’effets sonores à naître de l’épreuve ravit, pour respecter l’intention de 1960 : pièce de musique électronique jouée en direct où la transparence a sa note à dire.

John Cage : Cartridge Music (Another Timbre)
Enregistrement : 29 février 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Cartridge Music
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Patrick Farmer, Sarah Hugues : No Islands / Droplets (Another Timbre, 2011)

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Au Four6 de John Cage, Patrick Farmer (platine, électronique), Kostis Kilymis (électronique), Sarah Hugues (cithare) et Stephen Cornford (piano amplifié) ajoutent sur ce CD deux improvisations. Ce qui n’empêche pas les trois pièces d'être des boîtes gigognes (de la plus petite à la plus grande : Improvisation #1, Improvisation #2, Four6) comme autant de No Islands.

De ces boîtes fuit une électroacoustique qui filtre des sons en résonance et entre en contact avec le bruit que fait un avion qui passe, des oiseaux qui pépient. L’accueil de la nature fait le charme de cette démarche sonore, participative & destructurée. Le quatuor opère à la manière des impressionnistes mais arrange ses compositions comme un collectif d'abstraits. Entre les phrases que jetent les instruments il y a la nature. Cette nature est artificielle. Rien d’anormal, puisque les îles du quatuor ne sont qu’un mirage.



Patrick Farmer, Kostis Kilymis, Sarah Hugues, Stephen Crawford : No Islands (Another Timbre)
Edition : 2011.
CD : 01/ Improvisation #1 02/ Improvisation #2 03/ Four6
Héctor Cabrero © le son du grisli

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Sarah Hugues et Patrick Farmer appartiennent au Set Ensemble du contrebassiste Dominic Lash. Sur Droplets, les trois improvisent ou interprètent des œuvres d’Eva-Maria Houben et Taylan Susam (du Collectif Wandelweiser). C’est à ce moment que des field recordings (j’entends une mouche ou une cascade, de la pluie ou un avion, des moutons…) s’invitent dans un solo de contrebasse qui célèbre la rondeur et la gravité de l’instrument. Impressionnant de solennité. 

Dominic Lash, Patrick Farmer, Sarah Hugues : Droplets (Another Timbre)
Edition : 2011.
CD : 01/ For Maaike Schoorel  (realisation #1) 02/ Elusion 03/ For Maaike Schoorel 04/ Nachtstück
Héctor Cabrero © le son du grisli

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