Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Stefano Leonardi, Stefano Pastor, Fridolin Blumer, Heinz Geisser : Conversations about Thomas Chapin (Leo, 2015)

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Se souvenir de Thomas Chapin dix-sept ans après sa disparition ne peut que réjouir un chroniqueur, déjà froissé à l’époque, par le peu de considération porté de son vivant à ce vibrant saxophoniste et flûtiste natif de Manchester (Connecticut). Aujourd’hui, si des musiciens éloignés de l’esthétique de Chapin lui rendent hommage, c’est que les traces de l’ancien élève de Jackie McLean demeurent particulièrement vives. Ainsi de Stefano Leonardi (flûte), Stefano Pastor (violon), Fridolin Blumer (contrebasse) et Heinz Geisser (batterie), nous témoignerons de cette douceur naturelle propre à transformer la mélancolie en élégie profonde.

Car oui, ces quatre-là font l’apologie de la douceur. Mais d’une douceur qui ne serait pas de guimauve ni de funérailles. Cette tendresse, entre songe et action, s’appuie sur les contrechants hantés d’un violon agile et d’une flûte insistante. Ces deux-là savent se trouver, s’amuser de leurs traits, s’effacer au profit d’un silence prenant parole. Et l’aimante et courtisée contrebasse de l’un, et la batterie résonante de l’autre de se mouvoir dans cet espace souvent microtonal et toujours recommencé. Et tous de s’effacer quelques courtes secondes avant qu’une poignante mélodie de l’au revoir ne surgisse telle un appel à revisiter l’œuvre magistral d’un saxophoniste nommé Thomas Chapin.

écoute le son du grisliStefano Leonardi, Stefano Pastor, Fridolin Blumer, Heinz Geisser
Conversations about Thomas Chapin (extrait)

Stefano Leonardi, Stefano Pastor, Fridolin Blumer, Heinz Geisser : Conversations about Thomas Chapin (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Conversations about Thomas Chapin 02/ Let the Creative Force Take Over 03/ The Way Everything Works 04/ Transcendental Journey 05/ Musix Exists Because We Love It 06/ Anima 07/ The Melody Remains
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Stefano Pastor : Songs (Slam, 2012) / Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman : Narcéte (Slam, 2012)

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Après Chants (Slam 519), voici Songs. Mais l’effet de surprise est passé. L’âpreté du violon de Stefano Pastor ne nous surprend plus. Idem pour sa voix de crooner fragile. Il faut donc trouver d’autres pistes. C’est ce que fait ici Pastor en s’érigeant metteur en scène et en sons des six chansons de ce nouveau disque solo. Le violon se démultiplie. Il est accompagnateur, coloriste, soliste, bagarreur. Et insatiable, toujours. Il racle la corde jusqu’à la rupture quand il s’agit de convoquer le I Got Rhythm de Gershwin. Il se pare d’un romantisme toc et navrant quand le Brésil s’invite (Beatriz, Quem E Vocé). Il se fait rageur quand surgit le réjouissant Purple Haze d’Hendrix. Et il retrouve le chemin d’un jazz déviant – et néanmoins poignant – quand You Go To My Head et Duke Ellington’s Sound of Love empruntent sa route. Rien de révolutionnaire, ici, mais une singularité à ne surtout pas négliger.

Stefano Pastor : Songs (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 2006 & 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ I Got Rhythm 02/ Beatriz 03/ Quem E Vocé 04/ You Go To My Head 05/ Purple Haze 06/ Duke Ellington’s Sound of Love
Luc Bouquet © Le son du grisli

Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman - Narcéte

Se jouant du contrepoint pour mieux accueillir la voix (très) peu assurée d’Erika Dagnino ; George Haslam (saxophone), Stefano Pastor (violon & contrebasse) et Steve Waterman (trompette) ont à cœur de ne jamais encombrer la matière première à savoir les dix chants-poèmes de l’Italienne (textes en anglais et italiens reproduits à l’intérieur de la pochette). Remarquées ici : l’épaisseur de Steve Waterman, ses percées solaires et son art consommé du contre-chant. Ailleurs, les instrumentistes se laissent aller à entremêler leurs élans, à se décliner en blues languide ou à durcir leurs souffles. Et dans tous les cas, veillent et respectent l’étrange poésie d’Erika Dagnino.

Erika Dagnino, George Haslam, Stefano Pastor, Steve Waterman : Narcéte (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.  
CD : 01/ Chant I 02/ Chant II 03/ Chant III 04/ Chant IV 05/ Chant V 06/ Chant VI 07/ Chant VII 08/ Chant VIII 09/ Chant IX 10/ Chant X
Luc Bouquet © le son du grisli

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Stefano Pastor : Freedom (Slam, 2010)

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S’étonner ici de ce violon (un alto ?) qui est presque saxophone. Rauque et trainant la note, c’est Stefano Pastor. Deux saxophonistes entourent le violoniste. Ce sont George Haslam et Claudio Lugo.

Les lignes se croisent, les solos sont rares mais le contrechant est roi. Chacun, ici, de se fondre en un acte collectif, rarement nié. Et ainsi de naviguer ensemble, improvisant sans structure établie ou se servant des compositions–béquilles du leader pour solidifier, plus encore, un jazz que tous veulent et réalisent collectif.

Et ne pas oublier, celui qui, mine de rien, donne direction. Giorgio Dini possède un archet épais mais c’est quand il joue pizzicato que la forme s’impose. Et ainsi de libérer un free jazz qui, finalement, ne demandait que cela.

Stefano Pastor : Freedom (Slam Productions)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Freedom 02/ Rebellion 03/ Emancipation 04/ Elevation 05/ Dance 06/ Opposition 07/ Meditation 08/ Freedom
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Borah Bergman, Stefano Pastor : Live at Tortona (Mutable, 2009)

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Ce disque du pianiste Borah Bergman et du violoniste Stefano Pastor a été enregistré en juillet 2007 lors du festival Jazz fuori tema. Les trois premiers morceaux sont des compositions du premier et les deux suivants des improvisations des deux musiciens.

Bergman est largement mis en avant dans ses propres compositions, au point que le violoniste n’est souvent là que pour illustrer le propos d’un pianiste en pleine possession de ses moyens. Avec un lyrisme tantôt apaisé, tantôt fougueux, chacune de ses mains place sur le clavier des lignes mélodiques distinctes, mais complémentaires. L’évidence et la force de ces compositions ne sont troublées que sur la fin de la ballade When Autumn Comes, lorsque résonnent les cloches de l’église du village.

Pour les pistes improvisées, le propos de Stefano Pastor est plus largement perceptible. Son objectif est de faire sonner son violon comme un instrument à vent, lui adjoignant des cordes de guitare afin de lui donner plus de souffle et de puissance. Cet aspect est largement exploité sur The Mighty Oak où le dialogue, de chaos en réconciliation, démontre l’opportunité de la rencontre.

Borah Bergman, Stefano Pastor : Live at Tortona (Mutable Music)
Enregistrement : 1er juillet 2007. Edtion : 2009.
CD : 01/ Spirit Song 02/ When Autumn Comes 03/ Wellspring 04/ Crescent 05/ The Mighty Oak
Jean Dezert © Le son du grisli

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Stefano Pastor : Chants (Slam, 2009)

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Le propre de l’artiste étant d’être là où on ne l’attend pas ou plus, Stefano Pastor ne se gène pas de nous surprendre ici. Partenaire régulier de Borah Bergman, George Haslam ou Paul Hession, le voici poussant la chansonnette de sa voix medium-grave. Surprise et étonnement d’abord, questionnement ensuite. Quelle mouche a donc piqué le violoniste ? Mais la voix n’est pas le tout d’une musique mettant en éclairage standards et compositions personnelles.

Il y a Naima naviguant entre beauté, chute et déséquilibre. Une Naima qui s’invente de nouvelles distances, de nouveaux ports sans houle ou fracas. Une Naima finalement si proche de la version originale de Coltrane. Il y a le violon de Pastor, toujours aussi crissant ; un violon-souffle à l’archet épais, inventeur de lignes fortes, persistantes et entêtantes. Il y a ici ce qui est sans doute un disque récréation, un désir de puiser au plus profond des mélodies. On l’aimera ou on le détestera mais il ne laissera personne indifférent.


Stefano Pastor, Fortytude. Courtesy of Slam Records.

Stefano Pastor : Chants (Slam Records)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009
CD : 01/ Naima 02/ I’ll Remember April 03/ Chi mi Ho Insegnato 04/ Caravan 05/ Easy Living 06/ The Song Is You 07/ La chambre 08/ Fortytude 09/ There Is No Greater Love 10/ Dança da solidao
Luc Bouquet © Le son du grisli

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