Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Jason Kahn, Adam Süssmann, Matt Earle : Carnage (Pulled Out, 2014) / Kahn, Takahiro Yamamoto, Takuji Naka: Yugue (Akuseku, 2013)

jason kahn adam sussmann matt earle carnage

Accompli à huis clos avec les membres du Stasis Duo (Adam Süssmann & Matt Earle), en marge du festival australien où fut gravé le vaste Open space, ce Carnage a été enregistré en janvier 2012 dans la chambre qu'occupait Jason Kahn (electronics) à Sydney, ranimant au passage une plaisante tradition rock de destruction hôtelière...

Pour cette troisième publication du groupe – après le compact Draught et l'album téléchargeable Concerts Melbourne + Sydney – c'est un disque vinyle qui fait état des dégâts occasionnés à la literie et au mobilier.

Superpositions de couches grésillant, de pulsations cherchant à s'agglomérer puis se froissant, de plateaux d'attente avant les assauts d'infiltrations virales et les lointaines déflagrations : le spectre est grand ouvert, des monstrueux coups de sonde en profondeur jusqu'aux missiles fissiles qui vrillent les oreilles et font péter les fusibles (c'est d'ailleurs ce dont témoigne le livret qui rapporte les difficultés, si ce n'est la dangerosité, à masteriser ces archipels de fréquences extrêmes). La piaule a été soigneusement retournée !

écoute le son du grisliJason Kahn, Adam Süssmann, Matt Earle
Carnage (sample)

Jason Kahn, Adam Süssmann, Matt Earle : Carnage (Pulled Out)
Enregistrement : 21 janvier 2012. Edition : 2014.
LP : Pulled Out
Guillaume Tarche © Le son du grisli

jason kahn takahiro yamamoto takuji naka yugue

Associé, pour la première moitié de ce concert japonais, à Takahiro Yamamoto (platine) et Takuji Naka (saxophone, bandes, electronics), Jason Kahn (synthétiseur analogique, table de mixage, radio) contribue à l'ambiance d'atelier qui règne sur l'improvisation : on fourbit, on s'avance, on ajuste ; les établis s'accolent, dans une approche acoustique et des gestes qui vont s'affirmant au fil des minutes. Sur la seconde pièce du disque, sans Kahn, c'est une autre dramaturgie qui émerge, faite de connivences et de complémentarités plus attendues ou explicites, sur un long flux corrodé.

Jason Kahn, Takahiro Yamamoto, Takuji Naka : Yugue (Akuseku)
Enregistrement : 2 octobre 2012. Edition : 2013
CD : 01/ jk / ty / tn 02/ ty / tn
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Jason Kahn Expeditives

jason_kahn_expeditives

kahn_beautiful_ghost_waveJason Kahn : Beautiful Ghost Wave (CD, Herbal, 2011) C'est l'excellent label malaisien Herbal qui livre, sous une pochette évocatrice, cette pièce éraillée et grésillante, feuilletée et décapante, menaçante par l'explosion qu'elle semble promettre. Un peu moins de quarante minutes (particulièrement présentes grâce à une prise de son efficace) qui défient les scénarios que l'auditeur tente pourtant de recréer d'instant en instant, et qui déjouent les attentes de l'amateur d'un Kahn habituellement moins éruptif. Stimulant donc.

kahn_walcheturmJason Kahn : Walcheturm (cassette, Banned Production, 2011) Captées – avec le même soin que le disque évoqué ci-dessus – dans le vaste volume réverbérant de la Walcheturm à Zurich en avril dernier, ces deux pièces d'un quart d'heure chacune jouent de la résonance du lieu sans s'abandonner à la seule contemplation, loin s'en faut... Craquements hétéroclites, pouls s'empilant et nuages électromagnétiques sur ciel de traîne sont autant de matériaux qui viennent s'amalgamer sur les deux faces de cette cassette (un support adéquat) très réussie.

jason_kahn_music_for_an_empty_cinemaJason KahnFrancisco Meirino : Music for An Empty Cinema (CD-R, Authorised Version, 2011) Élégamment encartonné et confidentiellement tiré à cent exemplaires, cet enregistrement rend compte de la collaboration de Kahn (synthétiseur analogique, radio ondes courtes) avec Meirino (ordinateur, détecteurs de champs magnétiques) dans un cinéma de Lausanne, courant 2009 : qu'ils percent ou enveloppent, les drones – sables nuancés, scories en escadrons – font apparaître des mirages dans leurs densités variables, dans leurs vibrations étagées. A bon volume, une belle expérience.

jason_kahn_melbourne_sydneyJason Kahn, Matt Earle, Adam Sussmann : Concerts Melbourne + Sydney (téléchargement libre, AvantWhatever, 2011) Le label l'indique : ce disque « is dense with frequencies and activity but possesses a remarkable stillness »... peut-être faut-il ajouter que, si les trois musiciens (dont les membres du Stasis Duo) associés pour ces prestations australiennes de janvier 2011 sont sensibles aux moindres altérations (par ondulation, injection ou incision dans la linéarité) de l'espace sonore qu'ils sculptent, ils ont également la capacité de convoquer sans chichis des masses électriques à la « remarkable harshness »...

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Yusef Lateef, Celer, Thomas Ankersmit, Tomas Phillips, Bent Spoon Duo, Carl Ludwig Hübsch, Christoph Schiller, Stasis Duo

expeditsli

lateef

Yusef Lateef, Adam Rudolph : Towards the Unknown (Meta, 2010)
Towards the Unknown est la rencontre de deux multi instrumentistes (Adam Rudolph et Yusef Lateef) et aussi un hommage adressé par le premier au second. Malheureusement, Towards the Unknown est aussi un disque peu recommandable sur lequel de petits orchestres donnent sérieusement de la voix, du tambourin ou du synthétiseur. De bons sentiments évoluant en vase clos, donc : irrespirable. (gb)

celer

Celer : Dying Star (Dragon’s Eye Recordings, 2010)
Avec Dying Star de Celer (Will Long et Danielle Baquet-Long), les codes de l’écurie Dragon’s Eye Recordings sont respectés : on est ici dans une ambient diaphane. C’est délicat et ça se contente d’une note et de ses variantes automnales. Mais, le soleil de la pochette nous aveuglant, impossible d'y reconnaître la moindre identité. (pc)

ankersmit

Thomas Ankersmit : Live in Utrecht (Ash International, 2010)
Il aurait fallu assister à ce Live in Utrech de Thomas Ankersmit pour savoir d’où sortaient tous ces bruits (drones, chuintements, éructations, larsens, notes de synthés et des samples pour couronner le tout). Il aurait fallu assister à ce live pour connaître aussi notre réaction face à autant d’agressions (des représailles, peut-être ?). Mais pour calmer ses ardeurs et les nôtres, Ankersmit terminait sa prestation sur un air de folk : très bizarre et très acceptable tout ça. (pc)

phillips

Tomas Phillips : Quartet for Instruments (Humming Conch, 2010)
Le titre est simple et la musique est plutôt belle. Quartet for Instruments est une pièce de tendresse où un piano, une clarinette, un violoncelle et des traitements électroniques, se disputent des cauchemars éclairés à la bougie. On pense parfois à Michael Nyman ou à Taylor Deupree alors que l’œuvre est celle de Tomas Phillips. (hc)

bent

Bent Spoon Duo : Cover Prince (Bug Incision, 2010)
Sur Cover Prince, Chris Dadge (violon et guitare) et Scott Munro (violon et « partial trombone ») se frottent l’un à l’autre. Eloge du crin-crin et souffles courts pour tout panache, le duo démontre d’un je m’enfoutisme contagieux puisque l’auditeur finit par relativiser lui aussi. Trois applaudissements sur la fin du disque. (gb)


Hubschiller

Carl Ludwig Hübsch, Christoph Schiller : Giles U. (Another Timbre, 2010)
Sortis de Millefleurs, Christoph Schiller et Carl Ludwig Hübsch dialoguent à l'épinette et au tuba. Passé les premières craintes – notamment celle de voir le duo se satisfaire de la juxtaposition de souffles souffreteux et de cordes étouffées –, un système évolutif se met en place qui saura jouer des contrastes. Grâce à l'usage que Schiller fait de l'électricité et à la grave répartie d'Hübsch, Giles U. parvient à convaincre d’un bout à l’autre de ses sept mouvements. (gb)

stasis

Stasis Duo : - (L’innomable, 2010)
Après 3, Adam Sussman et Matt Earle continuent de donner dans les bruits blancs. Sur ce disque sans titre, ils travaillent le numérique un peu à la manière d’Ikeda si ce n’est en plus agressif. Leurs armes sont des larsens qui forment une œuvre trop clinique pour être honnête. (pc)

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Stasis Duo : 3 (The Sorg Noise, 2009)

stasisli

Les Australiens Matt Earle et Adam Sussmann forment Stasis Duo. Entre 2003 et 2009, ils enregistrèrent les trois titres de 3, disque qui a été produit à 160 exemplaires sur le label Organized Music from Thessaloniki.

Earle et Sussmann fouillent sur ces trois titres dans des samplers vidés du son le plus infime, mais trouvent quand même de quoi tracer des droites ténues qui, de gauche à droite (c'est le principe), pourront interpeller ou surprendre. Un larsen, en premier lieu, tient la dragée haute au silence, que le duo modèlera ou laissera quasi tranquille plus loin. Un disque blanc qui dévoile sa belle amplitude au fil du temps qui passe...

Stasis Duo : 3 (Organized Music from Thessaloniki)
Enregistrement : 2003-2009. Edition : 2009.
CD-R : 01/ - 02/ - 03/ -
Pierre Cécile © Le son du grisli

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