Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Splinters : Split The Difference (Reel, 2009)

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A l’instar de Coleman Hawkins aux Etats-Unis, le saxophoniste et flûtiste Edward “Tubby” Hayes et le batteur Phil Seamen purent, en Angleterre, estimer le potentiel du dialogue intergénérationnel entre créateurs curieux.

Ancien partenaire de Ronnie Scott, Hayes s'oppose à tout clivage en se rendant en 1972 au 100 Club de Londres histoire d’échanger avec quelques représentants d’un art musical forcément plus novateur : Trevor Watts (saxophone alto), Kenny Wheeler (trompette et bugle), Stan Tracey (piano), Jeff Clyne (basse) et John Stevens (batterie). Propulsée par une section rythmique renforcée, la rencontre prend d’abord l’allure d’un swing capable de recueillir toutes interventions fantasques : archets de contrebasse rivalisant d’invention avec les entrelacs que dessinent les instruments à vents. La longue pièce, d’imposer ensuite ses allures : bop favorable aux déviations, et puis ballade écartée afin que sonne l’heure des scansions libertaires, grands écarts qui rappellent à Londres les fameux usages de Mingus.

Deux pièces seulement, sur lesquelles les individualités s’accordent sur une concession grandiose, le respect et la confiance en guise de langage commun. L’année suivante, Hayes disparaissait, laissant jouer sans lui les grands représentants d’un autre jazz britannique.


Splinters, Two in One Hundred (extrait). Courtesy of Reel Recordings.

Splinters : Split The Difference (Reel / Orkhêstra)
Enregistrement : 1972. Edition : 2009.

CD :  01/ One in One Hundred 02/ Two in One Hundred
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Stan Tracey, Evan Parker: Crevulations (Psi - 2005)

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Enregistré en 2004 au Festival d’Appleby (Angleterre), Crevulations revient sur la rencontre attendue d’Evan Parker, personnage incontournable de la musique improvisée européenne, avec Stan Tracey, figure tutélaire du jazz britannique.

Pianiste résident du Ronnie Scott’s Club de Londres dans les années 1960, Tracey a eu l’occasion d’apprendre le jazz comme on le faisait alors. Soit, de mille manières différentes malgré les origines semblables, aux côtés de Ben Webster, Stan Getz, Sonny Rollins ou Roland Kirk. Toujours à l’affût, c’est aux côtés d’un maître de la discipline qu’il investit aujourd’hui le champ improvisé.

Apaisant, Bendalingo’s Dream inaugure le contraste fait compromis convaincant. Sur la réverbération des accords de piano, Parker ose quelques mélodies intuitives, thèmes possibles à travailler, avant d’opter pour les silences. Sensiblement, se met en place un discours contemporain gonflé par endroits par les excès nuancés du saxophoniste.

Qu’il impose la rythmique ou laisse courir ses legatos inspirés, Tracey ne perd jamais de vue ce qui l’anime vraiment : revêtir l’habit d’accompagnateur. Capable pourtant de multiplier les accroches mélodiques avec finesse (Crevulation), c’est sans cacher sa préférence qu’il offre au saxophone arabisant le décors de sable adéquat sur The Streatham Walk, ou répète inlassablement les quelques accords qu’il décortique afin d’élargir l’éventail des possibilités de Parker (Babazuf).

Issu du rapport stimulant d’expériences différentes de l’improvisation en musique, Crevulations est un disque d’une singularité rare dans sa catégorie. Assez intelligent pour expliquer autrement et le jazz et l’improvisation libre.

CD: 01/ Bendalingo’s Dream 02/ Crevulations 03/ The Streatham Walk 04/ Babazuf

Stan Tracey, Evan Parker - Crevulations - 2005 - Psi. Distribution Orkhêstra International.

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